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mardi 24 mars 2026

La bienfaitrice


Résumé :
Anna Estcourt, vingt-cinq ans, emménage dans une petite propriété du Nord de l'Allemagne dont elle hérite à la mort de son oncle. Jolie, intelligente mais sans fortune, elle a grandi jusque-là avec son frère, sous la coupe de la femme de celui-ci, Susie.
Désormais en possession d'un revenu confortable, elle contrevient aux convenances de l'époque en ne se mariant pas, afin de conserver son indépendance. Mieux, elle propose généreusement un toit aux dames en détresse de sa nouvelle contrée, afin que celles-ci puissent faire de même - altruisme dont elle ne tardera pas à peser les inconvénients...
D'autant qu'Axel Lohm, un gentleman de la région que son oncle espérait lui voir épouser, est tombé amoureux d'elle. Il va tenter de la faire changer d'avis...

Mon avis :
Je ressors assez déçue de La Bienfaitrice d’Elizabeth von Arnim. Le roman avait tout pour me plaire sur le papier — une héroïne indépendante, une critique supposée du carcan social imposé aux femmes — mais j’ai trouvé que l’ensemble avait terriblement mal vieilli.


La narration traîne, les personnages secondaires semblent figés dans une époque où la bienséance écrase toute nuance, et le ton ironique de von Arnim, censé dénoncer les conventions, m’a souvent paru confus. On m’avait promis une héroïne libre ; j’y ai plutôt vu une femme prise au piège de la morale victorienne, et surtout une fin qui contredit tout le propos féministe qu’on voudrait y lire. Que vaut une critique du mariage si tout se résout… par un mariage ?


Certes, on peut replacer le texte dans son contexte historique, mais même avec cette indulgence, le roman manque d’intensité et de cohérence. Là où d’autres autrices de la même époque parviennent encore à nous atteindre, von Arnim m’a laissé froide. En refermant le livre, je n’ai ressenti ni admiration pour l’héroïne ni compassion, juste la sensation d’une leçon morale démodée.

mardi 6 mai 2025

Meurtre d'un baron allemand


Résumé : 
Angela Merkel vient de prendre sa retraite. Avec son mari et son chien baptisé Poutine, elle a déménagé dans une région rurale d'Allemagne où l'on ne trouve que de grandes forêts et des lacs. Elle passe ses journées à faire des balades dans la nature et à faire de la pâtisserie... Tout cela est d'un ennui absolument mortel ! Jusqu'au jour où son voisin, le baron Von Baugenwitz est retrouvé mort empoisonné et étouffé, vêtu d'une armure de chevalier, enfermé dans un donjon de son château.
Enfin un problème à résoudre pour Angela !
Avec l'aide de son mari, de Poutine et surtout de Mike, son jeune et séduisant jeune garde du corps, elle se lance tête baissée dans l'enquête. Et ce ne sont pas les suspects qui manquent, car le baron assassiné collectionnait les femmes comme des trophées, au risque d'attiser les jalousies dans le voisinage. Miss Merkel, reconvertie en détective amateur et digne héritière de Miss Marple, ne laissera rien passer. A moins que le tueur se charge d'elle avant qu'elle ait réussi à découvrir la vérité...

Mon avis : 
Un excellent cosy mystery venu d'Allemagne avec en prime une enquêtrice mondialement connu : Angela Merkel ! Le livre s'ouvre avec l'ex-chanceliere qui vient de prendre sa retraite et de s'installer dans un petit village loin de Berlin et le meurtre d'un homme va la pousser a enquêter. Je l'ai beaucoup aimé dans ce nouveau rôle, je trouve que c'est une femme forte et admirable, d'avoir été a la tête d'un pays si longtemps alors que la politique est un milieu très masculin. Le roman m'a fait sourire en l'imaginant faire de la pâtisserie et promener son chien, Poutine (le nom est très bien trouvé !)

L'enquête est plaisante, bien menée, les personnages secondaires sont attachants : Akim son mari avec lequel Angela forme un couple super mignon. Mais mon personnage préféré reste Mike son garde du corps. L'auteur est comme toujours très drôles et j'ai franchement rigolé a certaines blagues mais ca n'empêche qu'il arrive a glisser quelques références plus sérieuse a l'histoire allemande. 

C'est une lecture légère, parfaite pour l'été et j'ai hâte de lire la suite.

mardi 18 mars 2025

35 jours avant l'exécution


Résumé : 
Comment faire innocenter son père d’un crime dont il se dit coupable ?

Les jours de Florentin Carver sont comptés. Arrêté pour le meurtre d’un adolescent dans la ville paisible de Rosendale, il a plaidé coupable avant d’être condamné à la peine de mort.

Sa fille, Molly, reste convaincue de son innocence et espère bien le faire libérer avant qu’il ne soit trop tard. Elle décide donc de retourner à Rosendale sous une fausse identité afin de trouver le véritable assassin. Mais les secrets, les mensonges et les trahisons qu’elle découvre au fil de son enquête risquent de bouleverser tout ce qu’elle croyait savoir sur sa famille et son passé. Il se peut que la vérité soit bien plus choquante qu’elle ne l’imagine…

Avec 35 Jours avant l’exécution, Takis Würger signe un thriller où l’ambiance étouffante de l’Amérique rurale se mêle à un compte à rebours impitoyable.

Mon avis : 
J'avais beaucoup aimé ''La fraternité'' et c'est avec plaisir que je me suis plongée dans un nouveau roman de Takis Würger, lu en a peine deux jours. 

On fait la connaissance de Molly dont le père est dans le couloir de la mort en attente de son exécution prochaine. En effet, il y a dix ans, il a avoué le meurtre d'un jeune garçon. Molly en est sur, son père est innocent et elle décide de reprendre l'enquête pour lui éviter la peine de mort. 

Du suspense, une belle histoire et même si on devine le coupable assez rapidement, le livre est vraiment plaisant a lire. J'ai adoré Molly et sa détermination, j'ai été touché par sa relation avec son père puis avec son oncle, c'est vraiment une belle famille. 

L'ambiance américaine est bien décrite, l'appartement en sous-sol a New-York, le lobby des armes a feu, la peine de mort ou encore la misère qui pousse des familles a vivre dans des caravanes. C'est noir, habillement construit et une fois commencé, il est très difficile de lâcher le roman. 

lundi 16 septembre 2024

L'été où tout a commencé


Résumé : 
« C’était ce fameux été qui n’existe qu’une fois dans la vie. Cet été que tout le monde a connu, j’espère ; l’été où tout bascule. Oui. Peut-être n’est-ce pas tant le chagrin que la nostalgie de cet été-là – de ce miracle absolu des premières fois, de sa beauté foudroyante. »

Eté 77, dans une petite ville de l’ouest. Friedrich, seize ans, redoute les semaines qui s’annoncent : il doit passer des épreuves de rattrapage après une très mauvaise année scolaire. Pas de vacances en famille pour lui : il révisera chez son grand-père, un homme sévère. Heureusement, il y a Alma, Johann – et Beate, la fille de la piscine, en maillot de bain vert bouteille.
Friedrich va tout découvrir en même temps : l’amour et la mort, l’amitié, la peur, le respect et la confiance.
Jamais il n’oubliera cet été-là.

Mon avis : 
C’est l’été 1977, l’école est terminée mais Friedrich a raté son année scolaire. S’il veut passer dans la classe supérieure, il va devoir aller au rattrapage en septembre. Au lieu de partir en vacances avec sa famille, il reste chez sa grand-mère Nana et son mari Walther pour réviser latin et mathématique. Mais c’est surtout l’été ou sa vie va changer puisqu’il va rencontrer son premier amour, Beate ; il découvrira la profonde affection que son grand-père a pour lui ; il entrera en possession du journal de sa grand-mère et découvrira son histoire et enfin il verra pour la première fois la fragilité de son meilleur ami Johann.

Ce livre se lit quasiment d’une seule traite, c’est un magnifique roman initiatique, vraiment touchant. Friedrich est vraiment attachant, et j’ai beaucoup aimé comment l’auteur arrive à merveille à nous transmettre des émotions si fortes. L’adolescence n’est pas une période facile mais au fil des pages, on arrive vraiment bien à cerner l’enfant qui sommeille toujours en Friedrich mais aussi le futur adulte qu’il deviendra, et toutes les questions importantes qui sommeillent en lui : l’amour, la sexualité, la mort. Etant moi-même, maman de deux garçons, forcément, je les ai imaginé dans quelques années vivant un été comme celui-ci, et c’est sans doute pour cette raison que le roman m’a plu.


mardi 6 février 2024

Chère petite

 

Résumé : 
Une jeune femme est hospitalisée après un accident de la route. Elle explique avoir réussi à se libérer de son bourreau après une captivité particulièrement éprouvante. Mais quand son père arrive à l’hôpital pour la retrouver, c’est le choc : ce n’est pas sa fille.

Mon avis : 
Un excellent thriller que je n’aurais probablement jamais découvert sans la série Netflix. Comme souvent le livre est bien meilleur que la série qui prend quelques libertés.

Dès les premières pages, nous sommes happés par le suspense. Le schéma narratif est classique mais efficace : des chapitres courts, alternances des personnages, des révélations surprises qui arrivent petit à petit, des fausses pistes dissimulées ça et la et une fin grandiose.

Les personnages sont tous psychologiquement instables et loin d’être parfaits. Ils commettent des erreurs qui leur coutent très cher mais ça les rend vraiment humains. J’ai soupçonné tout le monde sauf le vrai coupable que je n’avais pas identifié.

Ce roman m’a vraiment donné envie de découvrir d’autres romans de l’auteure.

mercredi 17 janvier 2024

La noyée de Berlin


Résumé : 
1922
Hulda Gold est ingénieuse, intrépide et très populaire dans les quartiers de Berlin où elle travaille. Grâce à ses visites à domicile, la sage-femme rencontre les personnes les plus variées, et le sort des femmes lui tient particulièrement à cœur.
La Grande Guerre a laissé de profondes blessures, et la jeune république est empreinte d’une atmosphère de renouveau, mais aussi d’une pauvreté amère.

Dans le célèbre Bülowbogen, un des nombreux bidonvilles de la ville, Hulda s’occupe d’une femme enceinte bouleversée car sa voisine a été retrouvée morte dans la Landwehrkanal. Mais ce qui passait comme un tragique accident semble plus complexe, car l’inspecteur Karl North s’intéresse de près à cette affaire...

Hulda décide de faire des recherches et s’enfonce de plus en plus dans les profondeurs bien sombres de Berlin...

Mon avis : 
Enquête intéressante pour un premier tome même si parfois elle est un peu trop simple. Tout le monde se connait, les indices arrivent un peu trop facilement et Hulda a quand même beaucoup de chances de toujours sans sortir indemne et d’avoir un homme pour l’aider (Félix ou Karl arrivent toujours au bon moment). Malgré ça j’ai passé un très bon moment et le livre se lit très facilement grâce au suspense et à la construction des chapitres qui alternent entre les personnages.

J’ai adoré découvrir l’Allemagne des années 1920 et le contexte historique est très bien décrit. On côtoie la misère, la pauvreté, les abandons d’enfants, les avortements et la prostitution dans un pays ou le traumatisme de la grande guerre est encore omniprésent. On sent d’ailleurs pointer la montée du fascisme et de l’antisémitisme en arrière-plan.

Mais j’ai malgré tout un petit bémol concernant les personnages que je n’ai pas trouvé attachants et je n’ai pas réussi à m’identifier à eux. Hulda est trop intrépide, boit, se drogue et fait la fête. Il faut dire que nous sommes au début des années folles avec l’arrivée du jazz. J’ai adoré Felix mais je n’ai pas compris pourquoi ils ne formés plus un couple car ils vont si bien ensemble et il est clair qu’ils ont encore beaucoup de sentiments l’un pour l’autre. En ce qui concerne Karl, il est trop dans la caricature du flic taciturne, hanté par ces démons.

Pour autant, j’ai vraiment envie de lire la suite et de découvrir une nouvelle enquête.

vendredi 22 décembre 2023

Des meurtres qui font du bien


Résumé : 
La pleine conscience : pour le meilleur et pour le pire
Vous êtes anxieux, tendu, surmené ?
Vous êtes décidé à lever le pied, à prendre enfin du temps pour vous ?
La méditation de pleine conscience est ce qu'il vous faut.
Sous la pression de sa femme excédée d'avoir à supporter un mari trop stressé, Born Diemel a résolu de sauter le pas et de consulter un coach. Il espère mettre fin aux tensions qui l'habitent et retrouver la paix intérieure.
Mais quand, comme lui, on est avocat du crime organisé et que notre principal client est un mafieux aussi dangereux qu'imprévisible, il est parfois difficile de dire stop et de se débarrasser de ce qui nous encombre.
À moins de trouver une solution vraiment radicale... pour éliminer tout ce qui nuit à notre sérénité. Et enfin profiter du moment présent.

Mon avis : 
Des meurtres qui font du bien est le premier tome d’une série de livres écrits par Karsten Dusse. Comme la série TV débarque sur Netflix en 2024, j’ai eu envie de finir l’année avec le livre et j’ai vraiment adoré.

Born est un avocat qui défend un mafieux et qui va peu a peu tombé dans la violence et le crime, poussé par la frustration d’un mariage qui bat de l’aile, de ses heures de travail impossible avec une vie de famille et d’un cabinet d’avocat ou il ne peut pas progresser. Il est malin, incroyablement intelligent et est capable de se sortir de toutes les situations. Un vilain qui fait froid dans le dos mais pour lequel on s’attache vraiment.

C’est très bien écrit, drôle, plein de cynisme et l’on passe un super bon moment. Il faut dire que pour balancer la violence et les crimes, Born est aussi un adepte de la méditation et de la pleine conscience. C’est un excellent premier tome et il me tarde de lire la suite avant de découvrir l’adaptation.

Extrait : 
"La première fois que j’ai eu affaire à la pleine conscience, ça m’a vraiment mis le stress. Ma femme, Katharina, voulait m’obliger à me détendre. Pour que je travaille sur mon manque de disponibilité, de fiabilité et mes valeurs tordues. Pour redonner une chance à notre mariage.

Elle voulait récupérer le jeune homme équilibré, ambitieux et plein d’idéaux dont elle était tombée amoureuse dix ans plus tôt. Si, à un moment quelconque, j’avais osé dire à ma femme que j’aurais bien aimé moi aussi retrouver le corps dont j’étais tombé amoureux dix ans avant, notre mariage se serait terminé là. Avec raison, évidemment. Le temps peut bien sûr laisser des traces sur le corps d’une femme. Mais pas sur l’âme d’un homme, apparemment. Du coup, au lieu que ma femme aille chez le chirurgien esthétique avec son corps, j’ai emmené mon âme à un entraînement à la pleine conscience."

jeudi 15 juin 2023

Nouvel An

 

Résumé : 
Des vacances de Noël en famille sur l'île de Lanzarote - ce rêve de Henning, mari et jeune père plein de bonne volonté, risque de tourner au vinaigre. Le temps est maussade, le moral se détériore ; les crises d'angoisse qu'il redoute tant réapparaissent. Le premier janvier, il décide de s'éloigner des obligations familiales, d'un amour mêlé d'incompréhension et d'une paternité qui l'écrase. Il enfourche un médiocre vélo de location et entreprend, par défi, une ascension harassante.
C'est un homme épuisé qui arrive au sommet de la montagne, où paysage et village se révèlent. Tel un voile qui se déchire, il lui semble retrouver un lieu maudit de sa petite enfance, une expérience traumatisante dont la romancière ressuscite alors chaque instant enfoui dans sa mémoire.

Mon avis : 
J’ai terminé ce roman de Juli Zeh depuis quelques semaines mais j’ai laissé passer du temps avant d’écrire cette critique, tout simplement car je ne sais pas si j’ai aimé ou non ce roman.

Henning, son épouse et ses deux enfants partent passer le nouvel an à Lanzarote. Il aime sa femme, partage les tâches ménagères et l’éducation des enfants avec elle mais un matin, il décide de prendre du temps pour lui et de partir à vélo gravir un volcan. Cette ascension va réveiller en lui des souvenirs terribles de son enfance.

Nous accompagnons Henning dans cette quête de vérité, dans sa nouvelle année mais aussi le début de sa nouvelle vie. L’Ile de Lanzarote et sa beauté contraste avec les souvenirs sombres et terribles qu’il va se remémorer.

La construction du roman est efficace même si parfois un peu confuse (je pense notamment au texto de sa femme qui demande le divorce puis il s’avère que Henning a tout imaginé). J’ai trouvé le personnage d’Henning difficile à cerner, je n’ai pas réussi à éprouver quoique ce soit pour lui et donc j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette histoire. Et en étant moi-même maman, j’ai été terrifié par l’histoire des enfants qui fait vraiment froid dans le dos.

Un long, si long apres-midi

 

Résumé : 
« Hier, j’ai embrassé mon mari pour la dernière fois. Il ne le sait pas, bien sûr. Pas encore. »

Dans sa cuisine baignée de soleil californien, Joyce rêve à sa fenêtre. Elle est blanche, elle est riche. Son horizon de femme au foyer, pourtant, s’arrête aux haies bien taillées de son jardin. Ruby, elle, travaille comme femme de ménage chez Joyce et rêve de changer de vie. Mais en 1959, la société américaine n’a rien à offrir à une jeune fille noire et pauvre. Quand Joyce disparaît, le vernis des faux-semblants du rêve américain se craquelle. La lutte pour l’égalité des femmes et des afro-américains n’en est qu’à ses débuts, mais ces deux héroïnes bouleversantes font déjà entendre leur cri. Celui d’un espoir brûlant de liberté.

Mon avis : 
Un long, si long après-midi est un excellent thriller domestique que je regrette de ne pas avoir lu avant.

Inga Vesper, allemande nous entraine au cœur des Etats-Unis dans les années 1950 et toutes les descriptions sont tellement réaliste que l’on s’’y croirait. Joyce disparait, sans ses enfants et l’on retrouve du sang dans sa cuisine. Meurtre, fugue, enlèvement que lui est-il arrivée ?

L’intrigue est racontée sous trois points de vue : Joyce elle-même qui retrace cette journée fatale, Ruby, sa femme de ménage noire et Mick, le policier. Cette construction est vraiment efficace, le rythme est bon et l’on dévore littéralement cette enquête.

Le livre aborde des sujets difficiles et toujours terriblement d’actualité : le racisme, l’émancipation des femmes, l’avortement, la santé mentale. Si l’histoire se déroule dans un quartier résidentiel ou toutes ses femmes blanches ont de l’argent et des jolies familles, ne vous y trompez pas tout le monde cache des secrets et l’atmosphère est sombre et tendue.

J’ai vraiment adoré ce roman et je lirai très vite Un destin sauvage, si sauvage pour retrouver la plume d’Inga Vesper.

vendredi 20 janvier 2023

Cuisine tatare et descendance


Résumé : 
Avec virtuosité et panache, Rosalinda nous fait partager sa façon d'affronter la misère matérielle et spirituelle de son pays l'URSS des années 1980, marqué par les pénuries et la corruption. Lorsque sa fille Sulfia tombe enceinte mais ignore de qui, Rosalinda remue ciel et terre pour empêcher l'arrivée d'une nouvelle bouche à nourrir. En vain. Une petite fille est née. Contre toute attente, Rosalinda se transforme en grand- mère fervente et donne aussitôt à la petite le nom de son aïeule tatare, Aminat.
Rien ne résiste à la jeune grand-mère désireuse d'améliorer le sort des siens. De ruse en subterfuge, elle fait subir d'insolites épreuves à sa petite famille, qu'à cela ne tienne, elle ne veut que leur bien ! Jusqu'au jour où Aminat grandit et cesse d'être dupe. Cuisine tatare et descendance est une chronique tumultueuse de plusieurs décennies en compagnie de trois femmes inoubliables.
Alina Bronsky, elle- même d'origine russe, donne la parole à des héroïnes de l'ombre et nous invite, en passant, dans les coulisses des destins qui mènent à l'émigration.

Mon avis : 
Cuisine tatare et descendance nous entraine sur trente ans dans la vie de Rosalinda. Le livre commence en ex-URSS, a la fin des années 1970, ou sa fille de 17 ans est enceinte. La survie dans un pays en proie au manque de nourriture, a la corruption n’est pas facile mais Rosalinda a plus d’un tour dans son sac.

En effet, c’est une femme a la poigne de fer, une reine de la débrouille mais aussi une femme tyrannique. Elle est fascinante en tant que personnage de roman et on prend plaisir à lire ses aventures mais on est drôlement heureux de ne pas avoir une femme comme ça dans son entourage.

J’ai adoré le ton qu’Alina Bronsky donne à son roman et je lui tire mon chapeau d’avoir mis autant de légèrement en abordant des thèmes si durs. Je suis conquise par ce premier roman que j’ai lu en 24h tant j’avais envie de connaitre le destin des trois femmes de la famille. Celui-ci me donne envie de lire d’autres romans de l’auteure mais aussi d’en découvrir plus sur la cuisine tatare.


Extraits :
“On m’a dit que vous collectiez des recettes”, ai-je dit dans l’espoir qu’il s’arrête ainsi de manger. J’avais déjà des haut-le-cœur. Pour Sulfia, c’était plus facile : en tant qu’infirmière, elle était habituée à pire.
Enfin, Dieter a fait glisser sa gorgée de vin au fond de son gosier.
“Tout à fait, tout à fait, a-t-il répondu de sa petite voix fluette.
— Et que comptez-vous en faire ?”
Il a saisi un coin de la serviette posée sur ses genoux et s’est tamponné les lèvres pour en essuyer le gras.
“J’écris un livre, a-t-il déclaré.
— Et sur quoi, puis-je vous demander ?
— Sur les recettes, les recettes de cuisine, a dit Dieter. Les recettes anciennes, traditionnelles.
— Et ces recettes, qui devra vous les cuisiner ? Votre femme ? ai-je demandé sans y croire.
— Je suis quelqu’un qui n’est pas marié avec une femme, a répondu
Dieter dans son drôle de russe.
— Votre mère, alors ?
— Dieu m’en garde.”
Je commençais à avoir mal à la tête. Dieter a souri d’une oreille à l’autre.
“C’est moi qui cuisine, a-t-il dit. Oui, moi, moi.
— Oh”, ai-je fait. Face à moi se tenait un vrai crétin venu de loin – comme si nous n’en avions pas suffisamment ici.




Je portais toujours des talons hauts. Sulfia n’en portait jamais. Ce dimanche-là, elle avait aux pieds une paire de croquenots qui tenaient à la fois des pantoufles et des tennis. Et c’était mon gendre, nous a-t-elle expliqué, qui lui avait rapporté ces chaussures des États-Unis. Des États-Unis ! Est-ce qu’on portait vraiment des horreurs pareilles, là-bas, ou est-ce que c’était ce qu’il avait trouvé de moins cher ? Si mon mari m’avait offert des chaussures aussi laides, je lui aurais interdit pendant plusieurs semaines l’accès au lit conjugal.

mardi 3 janvier 2023

La villa aux étoffes

 

Résumé : 

Dans l'Allemagne de 1913, dans l'apparat d'une somptueuse maison bourgeoise, maîtres et domestiques se croisent et se côtoient, partageant joies, drames, secrets et amours interdites.

La jeune orpheline Marie occupe le poste de femme de ménage dans l'imposante résidence de la famille industrielle Melzer. Alors que Marie cherche sa place parmi les domestiques, l’agitation règne lors de la saison du bal hivernal : Katharina, la belle et plus jeune fille des Melzers, doit être introduite en société. Seul Paul, l'héritier de la famille, se tient à l'écart et préfère sa vie étudiante à Munich - jusqu'à ce qu'il rencontre Marie...

Tandis que la guerre approche, petite et grande histoire se mêlent, palpitantes, pour nous plonger au coeur d'une saga inoubliable.

Mon avis : 

J’ai longtemps repoussé la lecture de La villa aux étoffes de peur d’être déçue. En effet, j’ai souvent entendu que ce roman était comparé a Downton Abbey, la barre était donc très haute. Et puis avec le froid, l’hiver et ses journées très courtes, j’ai eu envie de lire une romance, de me plonger dans ce domaine allemand avec ses aristocrates et ses domestiques. Je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt, car dès les premières lignes j’ai été captivé au point de commander immédiatement la suite que je devrais lire très vite en janvier.

On fait la connaissance d’une multitude de personnages : Marie, jeune fille qui arrive en tant que fille de cuisine au sein de cette grande maison. Elle fait la connaissance des autres domestiques qui lui mènent la vie dure mais aussi des maitres de la maison. Elle n’a pas eu une enfance facile et a grandit dans un orphelinat. Elle est déterminée à connaitre la vérité sur ses parents et l’on n’est pas au bout de nos surprises dans ce premier tome. On s’attache aux différents personnages Paul, dont je suis tombée amoureuse, Kitty pour son insouciance mais on adore en détester d’autres comme Elizabeth ou encore Maria.

J’ai aimé le dépaysement et me retrouver du coté allemand pour une fois, ou l’on sent un ressentiment pour les Français suite à la dernière guerre de 1870. L’arrivée de la Première Guerre Mondiale ne va sans doute pas arranger les choses et il me tarde de lire la suite.

jeudi 26 août 2021

La fraternité


 Résumé : 

Pour élucider malgré lui le mystère d’un crime dont il ignore tout, un jeune homme se fait introniser dans le club le plus select de Cambridge. Sur fond de campus novel et d’amours impossibles, un premier roman vertigineux.

Mon avis : 

La fraternité est un roman allemand qui nous emmène à Cambridge, en Angleterre. On y fait la connaissance de Hans, un jeune homme qui a la suite du décès de ses parents se retrouve dans un pensionnat. Après, ses études secondaires, sa tante maternelle, lui propose d’entrer à Cambridge et d’infiltrer un club très select où se sont passé plusieurs crimes.

J’ai beaucoup aimé tout le mystère qui plane autour de ce club. La construction du récit est intéressante car nous apprenons les faits en même temps que Hans. L’auteur nous force donc à enquêter, à analyser chaque petit détail disséminé au fil des pages. J’ai aussi apprécié les chapitres courts ou alternent les différents protagonistes.

L’ambiance universitaire est très bien décrite et le récit est vraiment plaisant. On ne devine rien avant la fin et j’ai été choqué par les faits et surtout tant d’années de silence. Le récit aborde des thèmes qui sont malheureusement très présents dans l’actualité : privilèges sociaux, pouvoir, masculinité toxique. Ces thèmes sont très bien traités et le roman sonne vraiment juste. Ce club élitiste fait tout simplement froid dans le dos.

Le personnage de Hans est vraiment très attachant. C’est un garçon qui n’a pas eu la vie facile mais qui a su rebondir. Sa relation avec Charlotte est vraiment touchante. C’est un personnage aussi très intéressant et qui au fil du récit grandit et se pose les bonnes questions sur la responsabilité envers sa famille et ses amis mais aussi la loyauté et ses limites.



Extraits : 

Chelsea, ce sont des fenêtres inondées de lumières, de hautes haies, des allées de gravier blanc. C’est presque comme si on n’était pas à Londres. Je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours aimé être ici.
Avant l’internat, j’ai vécu dans une villa du Somerset. Le silence dans la nuit, le parfum des fleurs au matin, l’attente du jour où l’on presserait le raisin. Telle a été mon enfance.
À une époque, Londres, son béton et sa sarabande de lumières me rendaient dépressif. Le métro est le péché de la civilisation, on y est coincé comme un porc en route pour l’abattoir, on respire les vapeurs d’inconnus, il fait toujours trop chaud et il y a toujours quelqu’un pour éternuer. C’est le moyen de transport le plus grossier qui soit. Quand je pense aux visages des gens qui sortent des bouches de métro, mon humeur tourne toujours à l’aigre.
On dit que les Londoniens sont désagréables envers les étrangers. Je crois au contraire que les Londoniens sont des gens foncièrement sympathiques – jusqu’à ce qu’ils mettent les pieds dans le métro le matin et perdent la boule.




Longtemps avant cette soirée, quand je faisais mes premiers pas en boxe, j’avais appris que ce n’étaient pas les coups qui faisaient mal – les os du crâne sont solides –, mais l’humiliation, et comme j’étais plutôt petit, comme personne ne pensait que je pouvais vaincre un type de cent kilos en blazer bleu pâle, j’allais forcément gagner. Bien boxer quand on a peur, c’est difficile.




« [...] Il n’y a que deux catégories de gens à Cambridge. Ceux qui sont riches jusqu’à l’absurde, et ceux qui essaient de paraître plus riches qu’ils ne le sont. Parfois, je me dis que je suis le seul à être normal, ici », a-t-il dit.





Dans la cour, devant son bureau, les pavés avaient l’air d’avoir été posés au Moyen Âge, ce qui devait même être le cas. Au cours des siècles, le cuir durci de milliers de semelles d’étudiants en avait poli et arrondi chaque aspérité. J’étais resté dehors pendant une demi-heure, appuyé contre un mur, et j’avais observé les étudiants, qui ressemblaient à mes camarades d’internat. En les regardant, je n’avais rien vu en eux qui les unisse ni les distingue. Il y avait des étudiants à la peau sombre, des Asiatiques, des Blancs, des jeunes gens en pantalon de coton informe, en jupe courte, en costume, avec des sacs à dos, des attachés-cases, des sacs en toile ou des livres à la main. Je m’étais tout d’abord dit qu’il n’y avait pas de profil type de l’étudiant de Cambridge, puis j’avais remarqué que certains, les hommes surtout, levaient le menton un peu plus haut que ce à quoi j’étais habitué : ils semblaient savoir un peu mieux que les autres qui ils étaient, c’était du moins l’impression qu’ils m’avaient donnée.





Deux semaines plus tard, assis dans un bureau qui donnait sur la cour de la chapelle du St John’s College, à Cambridge, j’observais, derrière Alex, un tableau accroché au mur. Je me demandais si les vieux tableaux s’assombrissaient au cours des siècles ou s’ils avaient été peints ainsi.





Mes parents me manquaient, la maison, l’odeur du vieux plancher, les meubles que mon père avait construits, chaque recoin de mur frais auquel je rattachais un souvenir. C’était un peu comme la faim que j’avais éprouvée avant un combat de boxe, quand j’avais dû jeûner pour perdre deux kilos et
atteindre le poids de ma catégorie. La faim faisait un trou au niveau du ventre. La solitude me faisait un trou dans tout le corps, comme s’il n’était resté de moi que l’enveloppe vide d’un être humain.

mercredi 25 août 2021

Un jour nous nous raconterons tout

 

Résumé : 

Saxe, Allemagne de l'Est. Au lendemain de la réunification, Maria Bergmann, 16 ans, a quitté la maison de sa mère divorcée pour venir vivre, à quelques kilomètres, dans la ferme familiale de son petit ami Johannes Brendel, qui a 2 ans de plus qu'elle. Peu à peu, elle se rend indispensable dans cette famille qui l'accueille à bras ouverts. Jusqu'au jour où, contre toute attente, Maria tombe éperdument amoureuse de Henner, fermier solitaire, aussi bourru qu'il est cultivé, de 20 ans son aîné.
Ils entretiennent une liaison secrète, passionnée et d'une intensité stupéfiante qui va transformer Maria, notamment par sa découverte du plaisir féminin. Cette liaison ne sera pas sans conséquences...

Mon avis : 

Un jour nous nous raconterons tout est un très beau roman initiatique ou le temps d’un été Maria va découvrir l’amour, devenir femme et grandir.

Concernant l’intrigue, il ne se passe pas grand-chose dans ces pages, c’est le quotidien banal de Maria qui vit dans une ferme rurale en Allemagne de l’est. Les journées se déroulent lentement, on travaille dur pour faire tourner la petite boutique, pour nourrir tout le monde. Maria vit un amour de jeunesse avec Johannes mais fait vite la connaissance de Henner, quarante ans qui va devenir bien plus pour elle.

Le lecteur passe par tous les sentiments pendant la lecture car c'est une histoire incroyablement poignante, dramatique, dérangeante, incompréhensible et émouvante. La relation entre Maria et Henner occupe une grande partie du roman. Celle-ci est discutable à plusieurs niveaux : d'une part il y a l'aspect de la grande différence d'âge, qui détermine le rapport de force entre les deux et qui est plus que mal vu aux yeux de la société. D'autre part, le lien entre cette jeune fille de 16 ans et cet homme de 40 ans est également caractérisé par la violence et la douleur. L'auteure laisse le choix de ce qui est répréhensible et de ce qui ne l'est pas aux personnes qui tiennent le livre entre leurs mains. D'un autre côté, j'ai trouvé l'obsession qui se développe entre Henner et Maria excitante à suivre : j’en avais mal pour eux deux. La différence d'âge, les actes sexuels sont brutaux et violent. Et pourtant, comme Maria, vous avez hâte que les deux se retrouvent.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance post chute du mur de Berlin et les descriptions de l’ouest et de l’est sont fascinantes. L'auteure donne, malgré tout, à la fois un aperçu de la vie du village est-allemand peu avant la réunification, les inquiétudes et les besoins de la population, mais aussi l'anticipation et le regard sur l'avenir incertain. Le contexte historique dans lequel se déroule l'histoire est intéressant, mais pas toujours assez développé pour les non-allemands.

Enfin cette fin a été une grosse claque que je n’avais absolument pas vu venir Est-ce que ca pouvait finir autrement, certainement pas mais ca reste d’une terrible tristesse.




Extraits : 

Je suis couchée dans l’herbe derrière la scierie. Les mots du livre dansent et se brouillent.
Voila que le sommeil me prend comme un voleur, il descend du ciel voilé et pèse lourdement sur mon corps saccagé par l’amour. Les mains de Henner sont là de nouveau – rudes, douces, brutales, exigeantes, et j’ai envie d’elles.


En entrant, je cours vers lui et me jette à son cou. Et là, je pleure au moins autant que ma mère. Je crois, même encore bien davantage. En ce moment, il est tout pour moi, un père, une mère, mon amant et mon ami, et aussi un peu mon ennemi.



Hartmut est assis à côté de Frieda et lui tient les mains. Cet instant leur appartient, à eux seuls. Dans ce geste muet, il y a toute la souffrance d’avoir cru le fils perdu et toute la joie qu’il soit revenu.

jeudi 19 août 2021

Le diable de la Tamise

 

Résumé : 

Londres, 1889. Quand une victime du choléra est retrouvée dans la Tamise, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de son état, est appelé pour confirmer les causes du décès. Toutes les précautions sont prises pour éviter une épidémie. Les choses auraient pu en rester là si les résultats intrigants de l'autopsie n'avaient poussé Kronberg à s'intéresser de pus près à cette affaire. Alors que Scotland Yard souhaite classer le cas, Kronberg se rapproche de Sherlock Holmes. Et il ne faut que peu de temps au célèbre détective pour percer le secret du médecin qui, en réalité, est... une femme. Un secret qui pourrait la mener droit en prison s'il venait à être révélé. Mais tous deux vont unir leurs forces pour débusquer un criminel aussi redoutable que Jack l'Eventreur...

Mon avis : 

Le diable sur la Tamise est un très bon policier historique que je suis contente d’avoir découvert. Il s’agit du premier tome d’un saga et c’est une bonne entrée en matière malgré quelques défauts.

On fait la connaissance d’un personnage atypique : Anna qui se travestie en homme et devient Anton, pour pouvoir exercer son métier de médecin. C’est une femme résolument moderne pour l’époque, elle exerce une profession masculine comme je le disais précédemment mais elle n’est pas mariée et entretient une aventure avec un homme. C’est le coté plus moralisateur qui m’a dérangé : l’auteure veut en effet, un personnage fort, qui se bat contre toutes les injustices du monde. Le manque de soin, de propreté, la famine et les conditions de vie difficiles dans les bas-fonds londonien, mais aussi le fait d’être une femme dans un monde d’hommes. Pourtant, j’ai souvent eu l’impression qu’Anna n’était pas aussi droite et parfaite. Elle a des réactions extrêmes, poussée par l’impulsivité. Son passé la hante beaucoup mais nous apprenons les détails qu’au compte-goutte.

Bien évidemment, l’intérêt du récit repose aussi sur la présence du Docteur Watson et surtout de Sherlock Holmes. Je n’ai pas l’habitude de retrouver ces deux personnages étant plus familière avec les Austenneries. J’ai été ravie de les retrouver mais j’ai trouvé Holmes un peu fade.

L’intrigue est intéressante, bien construite même si au départ, on se demande un peu ou l’on va puisque notre duo enquête en sous-main, loin des policiers. Le suspense grandit au fil des pages et le roman se dévore.

L’auteure dresse, par contre, un portrait saisissant de Londres a la fin du XIXe. On frémit, on tremble à l’évocation d’un simple coin de rue mal éclairé, on se révolte face aux inégalités, a la promiscuité et à la misère de l’époque. Les épidémies sont fréquentes et touchent toujours les plus démunies en priorité.

En parlant de maladie, le lecteur n’est pas épargné par les descriptions bien croustillantes d’autopsies notamment. Ames sensibles s’abstenir.

Enfin, je dirai que le livre est trop court et manque un peu de profondeur mais il s’agit uniquement d’un tome un et j’imagine que la suite doit apporter un plus en termes de personnages et d’intrigues.





Extraits : 

Watson commença à s’agiter.
- L’un d’entre vous pourrait-il avoir l’obligeance de m’expliquer pourquoi le Dr Kronberg est une femme, et pourquoi vous enquêtez sur une affaire ou, de toute évidence, aucun crime n’a été commis ?



Londres était un monstre aux nombreuses têtes, ou plutôt aux nombreux visages. On pouvait se promener dans une rue propre et animée et. En s’engageant par erreur dans un chemin de traverse, se perdre dans un dédale de ruelles sombres et crasseuses qui abritaient des millions de rats énormes. Les rongeurs étaient les seuls ou presque à prospérer dans les taudis, car c’étaient les seuls occupants à avoir toujours assez à manger, que ce soir du chou fermenté, des excréments, ou des cadavres d’humains ou d’animaux. Une personne étrangère a ces lieux risquait fort de ne pas en revenir vivante, ou a tout le moins de se faire agresser ou rouer de coups. Il était très difficile de s’y procurer de l’eau potable, de la nourriture, un logis, de quoi se chauffer pendant l’hiver, des vêtements, enfin tout ce qui rendait la vie tolérable. A l’autre extrémité de l’échelle se trouvaient les quartier propres et paisibles de la haute société. Des dames et des messieurs élégamment vêtus, aux manières distinguées, pouvaient flâner tranquillement dans des parcs sans être importunés par des pauvres malodorants. Même les arbres et les buissons avaient un aspect soigné. Ces gens-la mangeaient à leur faim, même si ce n’était pas toujours le cas de leur domestique.
Tous les jours, le trajet entre mon domicile et l’hôpital m’amenait à traverser ces quartiers si contrastés de Londres.


Comme cela se produisait avec une certaine fréquence, j’avais le plaisir de travailler à l’occasion avec les inspecteurs de la police métropolitaine. C’était un groupe d’hommes fort divers, a l’esprit aussi affuté qu’un couteau à beurre pour les meilleurs d’entre eux, et digne d’une prune pourrie pour les plus médiocres.



Amusée, je songeai a un proverbe irlandais : « Si on n’en guérit avec du beurre et du whisky, c’est qu’il n’y a pas de remède pour ça » ; je me dis que je devrais peut-être essayer ce nouveau traitement avec mes patients.



Une des premières choses que j'ai apprises en tant qu'adulte, c'est que, pour les gens qui ont toujours vécu dans la peur et les préjugés, la connaissance et les faits n'ont strictement aucune importance.

lundi 27 avril 2020

The body on the beach

Résumé : 

One victim. One murderer. Which of them is guilty?

A man is found dead on a beach on a small island off the coast of Germany. The gruesome discovery rocks the close-knit community of Amrum: in a town where nothing stays secret for long, who among them has a motive for murder?

DI Lena Lorenzen is brought in to investigate. For her, it is an unwelcome homecoming to the isolated island she turned her back on fourteen years ago. But now her past – and the island’s – is catching up with her. As her investigation leads her to a children’s home, where rumours of abuse by the murder victim are rife, she learns that the town she thought she knew housed secrets darker than nightmares.

When it becomes clear that this is just the beginning, Lorenzen is faced with an unenviable task: in a case where the victims have blood on their hands, can she bring the true criminal to justice?

Mon avis : 

Si je vous dis Allemagne, vous pensez sûrement à ses villes magnifiques, à sa culture, à sa gastronomie, son histoire mais certainement pas à ses plages et ses îles. C’est pourtant là qu’Anna Johannsen plante le décor de ce premier roman qui ouvre une saga mettant en scène une femme flic : Lena Lorenzen.

Lena est de retour sur l’île d’Amrum qui l’a vu grandir, pour enquêter sur une mort mystérieuse. En effet, le corps sans vie d’un homme est retrouvé sur la plage. Suicide, meurtre, crise cardiaque, que lui est-il arrivé et surtout qui était cet homme qui faisait beaucoup parler les habitants de la petite île ?

J’ai tout d’abord adoré le dépaysement et le voyage offert à travers ces pages. Cet île nous offre un beau mélange de culture : allemande, scandinave et frisonne et je suis vraiment tombée sous le charme. En cette période de confinement, l’évasion m’a fait beaucoup de bien. « Until just a few weeks ago, the landscape bordering the Baltic Sea had been bright yellow with flowering fields of rapeseed. Now, in mid-June, temperatures were pleasantly warm at around twenty degrees.
Lena loved going for walks along the cliffs, with the wide-open space of the Baltic Sea to one side and blossoming rapeseed and green meadows to the other. Here, she could walk for hours, letting her thoughts drift.
»

L’enquête est prenante et bien menée. L’auteure nous entraîne sur des fausses pistes, les rebondissements se succèdent et j’ai pris plaisir à enquêter moi aussi. C’est une investigation qui n’est pas facile, beaucoup d’éléments apparaissent en cours de route mais la narration est claire et les éléments arrivent de manière logique et ordonnée.

Coté personnage, Anna est un peu caricaturale : la femme flic, au caractère bien trempé, indépendante, qui refuse de s’attacher, qui croque les hommes et qui surtout utilise des méthodes peut conventionnelles dans ses enquêtes. Peut-être faut-il vraiment être comme ça dans la police qui est un milieu toujours très masculin mais j’ai toujours un peu de mal à m’identifier à ce genre de femmes qui sont mon parfait opposé. J’ai malgré tout bien aimé les retrouvailles avec son ex, Erck, que j’ai trouvé un peu touchante et j’y ai entraperçue un peu du cœur de Lena. « 'I can't believe we ran into each other right away,' Erck sait with excitement. He stepped towards her to take her in her arms. 'Don't be angry with me,' he whispered, 'but I need to do this.' After a few moments, he took a step back and studied her face. 'You're even more beautiful than you used to be.'
Lena smiled in spite of herself. 'And you're an even bigger charmer than you were fourteen years ago.'
»
Elle cache aussi une blessure plus profonde avec la disparition de sa mère et les conflits avec son père et j’espère en apprendre davantage sur son passé dans les prochains tomes.

Johann m’a plu et je l’ai trouvé bon flic et surtout très dévoué à Lena qui le prend un peu trop souvent pour son larbin. Pourtant il ne se plaint jamais et continuer son travail avec beaucoup de zèle.

En tout cas, ces deux-là forment un chouette duo d’enquêteur et j’espère pouvoir les retrouver dans d’autres enquêtes. A ce jour, six tomes sont parus en allemand et seul le premier a été traduit en anglais pour le moment (toujours rien en français mais qui sait…).