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lundi 16 mars 2026

Les miettes


Résumé : 
Fille d'immigrés italiens et petite-fille d'un partisan de Mussolini, Adelina naît à Zurich dans les années 50. Elle a dix-huit ans lorsque, à la mort de son père, elle hérite de ses dettes. Forcée d'interrompre son apprentissage pour entrer à l'usine, elle rencontre Toto, un saisonnier dont elle tombe amoureuse. Mais peu après la naissance de leur fille, Toto disparaît. En ce début des années 70, dans une Suisse que l'essor économique rend impitoyable, Adelina n'a pas le choix : elle va devoir faire confiance à des hommes qui ne veulent pas tous son bien.
En racontant tambour battant la vie quotidienne de son héroïne - mère célibataire, précaire et épuisée, mais qui ne se résigne pas -, Lukas Bärfuss brosse une redoutable fresque de la société libérale et signe un grand roman sur l'injustice et la dépossession.

Mon avis : 
Un roman percutant sur la pauvreté et la violence sociale, porté par une très belle description de l’engrenage dans lequel est prise Adelina, jeune mère étranglée par les dettes et la précarité. Lukas Bärfuss réussit particulièrement bien a cerner la misère et comment le corps et le temps d’Adelina deviennent sa seule monnaie d’échange. 

Mais l’accumulation de malheurs, les décisions de plus en plus discutables de l’héroïne et une fin qui force un peu le trait donnent parfois le sentiment d’un roman trop démonstratif, qui s’acharne sur son personnage au risque de perdre en crédibilité, de la décrire comme un personnage de caricature. Une lecture forte et dérangeante, mais qui laisse aussi une impression de longueur et de construction un peu artificielle.

samedi 19 avril 2025

Le Tigre


Résumé : 
Au tout début du XXe siècle, un fait divers singulier défraye la chronique de Saint-Pétersbourg, la capitale de l'Empire russe : un tigre fait régner la terreur dans la lointaine Sibérie. Il décime les troupeaux et massacre les villageois. Rares sont les voyageurs qui échappent à ses assauts. Le Tsar promet alors une récompense fabuleuse à qui parviendra à abattre le fauve : le poids du Tigre en pièces d'or. Les chasseurs de prime affluent vers la Sibérie, mais sans grand succès. L'animal évente leurs pièges et disparaît dans la steppe. Jusqu'à ce qu'un jeune Pétersbourgeois, Ivan, décide de se lancer à son tour dans l'aventure. Pour venir à bout du Tigre, il conçoit un stratagème aussi implacable que terrifiant. Mais le piège ne risque-t-il pas de se refermer sur lui ?

Mon avis : 
J'adore Joel Dicker et j'adore les nouvelles alors forcement cette lecture m'a beaucoup plu. Je regrette simplement que ce ne soit pas un recueil de nouvelle mais une unique histoire ''Le tigre''. A la suite, on retrouve ''La panthère'' déjà lu dans ''Un animal sauvage''.

Pour autant, j'ai bien aimé ma lecture qui m'a entrainé en Russie,  la Sibérie est vraiment très bien décrite. La chasse au tigre était pleine de suspense et j'ai aimé le courage d'Ivan mais il m'a aussi paru détestable a certains moments. La fin de la nouvelle est inattendu et la morale de l'histoire intéressante. C'est aussi le cas pour ''La panthère''.

dimanche 30 mars 2025

Hiver à Sokcho


Résumé : 
À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale. C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes. Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.

Mon avis : 
Hiver a Sokcho est un magnifique roman sur une rencontre de deux êtres blessés et complètements différents. Un dessinateur de BD qui peine a trouver l'inspiration, qui semble survivre après une rupture / divorce et une jeune fille, qui après ses études, est revenue dans sa ville natale et qui travaille dans une petite pension défraichie. Elle souffre secrètement de troubles alimentaires dans une Corée ou l'on mise beaucoup sur l'apparence. 

J'ai adoré Sokcho, ce lieu qui est presque un personnage a lui seul, tant les descriptions y sont superbes. C'est une station balnéaire, totalement déserté en hiver. D'autant que dans le roman, l'hiver est particulièrement rude. Les lieux sont chargés d'histoire, proche de la frontière avec le Nord ou la réconciliation entre les deux pays semblent impossible.

La fin arrive très vite, j'ai été triste de laisser les personnages, j'aurai aimé en savoir plus sur leurs futurs, avoir plus de réponses a mes questions mais le roman se focalise plus sur l'instant présent, sur cette rencontre pendant quelques semaines, parenthèse dans la vie des deux héros qui seront définitivement changés.  C'est une belle lecture, jolie découverte et il me tarde de voir le film avec Bella Kim et Roschdy Zem. 

vendredi 21 mars 2025

La très catastrophique visite du zoo


Résumé : 
"Pendant des années, dans la petite ville où j'ai grandi, les esprits restèrent marqués par les évènements qui se produisirent au zoo local un vendredi de décembre, à quelques jours de Noël.
Et pendant toutes ces années, personne ne sut la vérité sur ce qui s'était réellement passé là-bas. Jusqu'à ce livre."

À la veille de Noël, une visite scolaire dans un zoo tourne à la catastrophe.
Que s'est-il passé exactement ? Les parents de Joséphine, qui participait à cette sortie et qui semble être l'une des protagonistes de cette affaire, sont bien déterminés à le découvrir.
Dans cette quête de vérité, on comprend peu à peu qu'une catastrophe n'arrive jamais seule. Les apparences sont trompeuses et le récit des évènements va prendre une tournure que personne n'était près d'imaginer.

Mon avis : 
Tellement différent des autres romans de l'auteur, La très catastrophique visite du zoo prouve que Joel Dicker est un écrivain grandiose qui peut exceller dans différents genres. 

Joséphine est la narratrice du livre, elle va nous raconter comment cette visite au zoo qui a tourné a la catastrophe est un enchainement d'évènements qui sont survenus lors de l'année scolaire. Car Joséphine est une petite fille, sacrement rusée pour son âge qui avec ses camarades de classes d'une école spécialisée, vont mener une vraie enquête. 

C'est un pari audacieux que propose l'auteur, écrire un livre qui peut être lu aussi bien par les enfants que les adultes, chacun comprendra le sens du texte en fonction de son âge. Les personnages sont tellement attachants, il y a plein de thèmes abordés qui sont d'actualité : la démocratie, l'éducation. 

Ce livre est une vraie bonne surprise, et surtout il faut le lire comme un roman a part et non le comparer a l'œuvre de l'auteur. 

lundi 4 mars 2024

Un animal sauvage

 

Résumé : 
2 juillet 2022, deux malfaiteurs sont sur le point de dévaliser une grande bijouterie de Genève. Mais ce braquage est loin d'être un banal fait divers...

Vingt jours plus tôt, dans une banlieue cossue des rives du lac Léman, Sophie Braun s'apprête à fêter ses quarante ans. La vie lui sourit. Elle habite avec sa famille dans une magnifique villa bordée par la forêt. Mais son monde idyllique commence à vaciller.

Son mari est empêtré dans ses petits arrangements.

Son voisin, un policier pourtant réputé irréprochable, est fasciné par elle jusqu'à l'obsession et l'épie dans sa vie la plus intime.

Et un mystérieux rôdeur lui offre, le jour de son anniversaire, un cadeau qui va la bouleverser.

Il faudra de nombreux allers-retours dans le passé, loin de Genève, pour remonter à l'origine de cette intrigue diabolique dont personne ne sortira indemne. Pas même le lecteur.

Mon avis : 
C’est sans doute le roman que j’attendais le plus cette année (je l’avais d’ailleurs précommandé depuis plusieurs semaines) et encore une fois, j’ai adoré ce nouveau livre de Joel Dicker.

Ce roman se situe en Suisse ou un braquage a lieu à Genève. On suit plusieurs personnages qui sont tous connectés les uns aux autres. Si le scénario semble simple, bien évidemment, l’auteur nous réserve de nombreuses surprises et révélations et nous entraine sur de multiples fausses pistes.

On retrouve la même construction qui fait son style, les retours en arrière, le point de vue des différents personnages…. C’est une construction très efficace car une fois commencé, encore une fois, il est difficile de lâcher le roman.

Les personnages sont attachants, j’ai adoré Sophie, un personnage tellement complexe. L’histoire de la panthère et de ce roman italien, roman dans le roman est vraiment intéressant et m’a beaucoup plu également.

Je n’ai plus qu’une attente : vivement le prochain roman de l’auteur.



mardi 21 février 2023

La disparition de Stephanie Mailer


Résumé : 
30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l'Etat de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu'une passante, témoin des meurtres. L'enquête, confiée à la police d'Etat, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l'appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration. Mais vingt ans plus tard, au début de l'été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu'il s'est trompé de coupable à l'époque. Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu'est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu'a-t-elle découvert ? Et surtout : que s'est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ?

Mon avis : 
La disparition de Stephanie Mailer est le quatrième roman de Joel Dicker que je lis et c’est le quatrième coup de cœur. Encore une fois, ce roman est un thriller très bien ficelé et intelligent.

Dès les premières pages, j’ai été captivé et il m’a été difficile de lâcher le roman. L’intrigue est passionnante, parfois sinueuse, les liens entre les deux périodes distinctes de vingt ans sont bien décrits tandis que le suspense monte progressivement. Aucune longueur sur les plus de six cents pages que compte le roman. L’auteur saute d’un rebondissement a un autre, d’’une époque a une autre ou encore d’un personnage a un autre et doucement les pièces du puzzle viennent s’emboiter les unes avec les autres.

J’ai été charmé par la petite ville d’Orphea qui semble être une ville ou il fait bon vivre (malgré tous ces meurtres). J’ai aimé que l’histoire tourne autour du festival de théâtre. Beaucoup de critiques disent que les personnages sont hystériques ou caricaturaux mais je pense que c’est volontaire de la part de Dicker qui souhaite nous ramener au théâtre et a ce festival. Tous jouent un rôle, cachent leur vrai visage, leurs secrets et ne montrent qu’une partie d’eux même.

Anna, Jessie et Derek forme un trio incroyable. Ils sont perspicaces, attachants et leur passé apporte encore un peu plus de mystères au roman. Leurs faiblesses et échecs les rendent terriblement humains.

C’est encore une fois une vraie réussite et il me tarde de lire un autre roman de l’auteur.

vendredi 15 avril 2022

L'Affaire Alaska Sanders


Résumé : 

Avril 1999. Mount Pleasant, une paisible bourgade du New Hampshire, est bouleversée par un meurtre. Le corps d'une jeune femme, Alaska Sanders, est retrouvé au bord d'un lac. L'enquête est rapidement bouclée, la police obtenant les aveux du coupable et de son complice.
Onze ans plus tard, l'affaire rebondit. Le sergent Perry Gahalowood, de la police d'État du New Hampshire, persuadé d'avoir élucidé le crime à l'époque, reçoit une troublante lettre anonyme. Et s'il avait suivi une fausse piste ?
L'aide de son ami l'écrivain Marcus Goldman, qui vient de remporter un immense succès avec La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, inspiré de leur expérience commune, ne sera pas de trop pour découvrir la vérité.

Mon avis : 

L'Affaire Alaska Sanders est le nouveau roman de Joel Dicker et je savais que j’allais adorer avant même de commencer ma lecture.

Ça commence avec un meurtre, celui d’Alaska Sanders, une jeune femme assassinée dans une petite ville américaine. L’enquête est bâclée et un homme jeté en prison. Quelques années plus tard, Markus Golman va reprendre l’enquête au côté de Perry Gahalowood.

On retrouve cet excellent duo d’enquêteurs avec grand plaisir : l’écrivain en quête de son prochain roman et le flic bourru tellement attendrissant.

La construction est efficace, reprend les mêmes mécanismes de narration que l’affaire Harry Québert mais l’auteur a cette capacité à tisser les liens petits a petits, à assembler les morceaux de puzzle lentement et à nous mener par le bout du nez. On va de découvertes en découvertes et c’est terriblement addictif.

L’ambiance de ces petites villes américaines est magnifiquement décrite, chacun a ses secrets ou quelque chose a cacher. C’est parfois noir mais on passe vraiment un bon moment.

Vivement le prochain roman de l’auteur.



Extraits : 

Vous savez, l'écrivain, les vraies blessures sont secrètes. Il faut les taire : elles ne cicatrisent que si on les garde pour soi.


— Est-ce que vous pensez qu'Eric est coupable ?
— Avez-vous des enfants, Marcus ?
— Non.
— Pour un parent, un enfant reste un enfant. On ne se pose jamais ce genre de question. Notre cerveau n'est pas capable de l'envisager. On appelle ça l'amour indéfectible : c'est un amour que seule la filiation peut engendrer et qui surpasse tout.

mercredi 9 juin 2021

Seule la haine


 Résumé :

Persuadé que Larry Barney, psychanalyste spécialisé dans les troubles de l'adolescence, est responsable du suicide de son frère, Elliot, quinze ans, se présente armé dans son cabinet.
Séquestré, Larry n'a d'autre choix que de laisser le jeune homme lui relater les derniers mois. Mais très vite, c'est l'escalade de l'horreur: Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l'abject et de l'inhumanité.
Au fil du récit, tandis que les détails se succèdent, une seule idée l'obsède: celle de s'en sortir, à tout prix...

 Mon avis : 

Seule la haine avait tout pour me plaire mais je ressors un peu déçue par cette lecture…

On fait la connaissance d’Elliot, quinze ans, qui prend en otage un psychologue. J’ai beaucoup aimé la partie en huis-clos avec toute la tension qui est présente au fil des pages. C’est un exercice périlleux mais l’auteur s’en sort très bien.

Niveau personnage, je suis moins convaincue : Elliot, tout d’abord, me semble peu crédible. Certes il est surdoué mais il tient vraiment des propos beaucoup trop adulte pour son âge. Je n’ai pas réussi a vraiment le cerner. Le personnage du psy est lui assez déconcertant et je trouve qu’il doute beaucoup et qu’il a une manière étrange de gérer cette situation.

J’ai trouvé que le récit était parfois confus et qu’on sautait un peu du coq à l’âne. Parfois, Elliot allait enfin se dévoiler un peu et l’on allait connaitre ses motivations et hop, on rebondissait sur une autre pensée du psy. Je me doute bien que l’auteur veut préserver le suspense mais la démarche m’a parfois semblait maladroite. De ce fait, il y a quelques petites longueurs par-ci par-là malgré le fait que le roman est court.

Je ne pense pas que le roman soit pour autant mauvais, il y a énormément de potentiel mais je n’ai pas réussie a rentrer pleinement dans le récit. Dommage.


Extraits : 

Il arrive quelquefois que la détresse soit si grande pour les adultes qu’ils en oublient celle des enfants qui gravitent autour d’eux, suppliant des explications qui parfois ne viennent pas. L’effet est souvent désastreux. Les mensonges détruisent l’être, mais l’ignorance torture l’esprit. Elle est plus vile, car invisible, elle s’implante dans la tête, provoque des idées noires et à terme, la pousse dans les méandres de la folie. 

 

« Elliot, pourquoi as-tu apporté cette arme dans mon cabinet ? »
Son regard se voile soudain.
« Parce qu’à mes yeux vous êtes en grande partie fautif.
– De… sa mort ?
– De son suicide ! »
Je suis pris de court. J’ignorais ce détail. Et je n’ai pas l’habitude que les rôles soient ainsi inversés. Puis, je suis pris d’un doute. Un furieux doute qui me noue le ventre et me sèche la gorge. Un doute qui va au-delà de tout ce que j’avais pu imaginer.
« Qui est-ce ? Quel est le nom de ton frère ?
– Quel était son nom ! » me reprend-il.
Dans un geste de folie, Elliot retourne soudain l’arme contre lui, et j’imagine déjà l’horreur. Il va se faire sauter la cervelle ici, devant moi. Il va se loger une balle en pleine tête et souiller mon cabinet d’éclats d’os et de morceaux de cervelle, et contaminer la pièce entière de l’odeur de la mort ! Et je n’aurais rien pu faire pour l’éviter !
Le gosse se fiche alors le canon du revolver dans la bouche, ferme les yeux et imite le geste du tir. Il bascule sa tête en arrière et émet un son rauque, un son totalement absurde et incohérent, un son sorti tout
droit de ces mauvais films de série B qui tentent d’approcher avec un minimum de professionnalisme l’agonie d’un mourant.  



« Je m’appelle Elliot. J’ai 15 ans aujourd’hui. Mon nom de famille ? Il n’a aucune importance. En tout cas pas maintenant, à l’instant où je vous parle. L’important ici, en ce moment précis, c’est que j’ai apporté un flingue. Il reste quelques balles dedans. Et je m’apprête à tuer un homme… »