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lundi 16 mars 2026

Dame merveille et autres contes d'Egypte


Résumé : 
Beautés silencieuses, vizirs félons, nomades rusés ou reines infanticides, toutes les figures des légendes orientales se trouvent réunies dans ces contes cruels, tendres, drôles ou grinçants.
Puisant dans le fonds traditionnel mondial, ces textes sont néanmoins spécifiquement égyptiens : ici, les femmes aiment la magie, le pauvres fument du haschisch à la lueur des bougies, les crânes humains tiennent leurs macabres promesses, et les tricheurs signent des pactes avec le diable.
Recueillis par une conteuse, traduits de l'arabe ou adaptés par elle, les contes d'Egypte que voilà ont été mis en bouche : de l'oralité, ils ont gardé la vivacité et la fraîcheur, mais aussi la force.

Mon avis : 
Un beau recueil de contes qui nous plonge au cœur de l’Égypte des sables et des légendes. 

Praline Gay-Para nous offre des contes riches, parfois poétiques, toujours nourris d’un vrai travail de collecte et de transmission. On sent la passion et la rigueur de l’autrice derrière chaque récit. 

Toutefois, l’ensemble m’a paru un peu inégal : certains textes m’ont captivé par leur mystère et la morale de fin, d’autres — plus brefs — m’ont semblé passer trop vite, certains textes ne font qu'une page. 

Reste une lecture dépaysante, entre mythe et sagesse populaire, qui fait rêver d’oasis, de pharaons et de vizirs.

mardi 18 juin 2024

Le piano oriental


Résumé : 
Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d'un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d'Orient de d'Occident, ce piano au destin méconnu n'aura vu le jour qu'en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s'abatte sur le Liban.

Une métaphore amusante - et touchante - de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son oeuvre.

Mon avis : 
Le piano oriental nous offre deux histoires parallèles du grand père musicien dans les années 1960 à Beyrouth, parlant français couramment puis de sa petite fille de nous jour qui quitte le Liban pour venir vivre a Paris.

C’est un roman graphique plein de contrastes : entre Orient et Occident, entre arabe et français, entre musique tonale (tradition européenne, basée sur les tons et demi-tons) et microtonale (tradition orientale, basée sur les quarts de ton), entre une Beyrouth belle et luxuriante d’hier et celle d’aujourd’hui, détruite et pleine de contrastes.

Pour illustrer l’histoire, les dessins géométriques luxuriants et magnifiques uniquement en noir et blanc comme les touches d'un piano.

J’ai vraiment adoré cette lecture qui m’a fait voyager dans le Liban d’avant-guerre civile. Je ne connaissais pas Zeina Abirached mais j’ai maintenant très envie de découvrir ses autres écrits.

jeudi 7 septembre 2023

Un piscine dans le désert


Résumé : 
Fausta quitte Beyrouth pour la maison de son oncle, dans un village entouré de montagnes, à la frontière de trois pays en guerre. Paradoxalement, pour Fausta, c’est le lieu doux des étés de son enfance, le seul endroit capable de l’apaiser. C’est là qu’elle a fait construire une piscine parfaite mais sur un terrain qui ne leur appartient pas. Fausta a juste envie de s’y plonger. Avant une dernière injection qui lui permettra peut-être d’avoir un enfant.
Leo Bendos perturbe son séjour. Il arrive du Canada pour régler cette affaire de piscine : vendre le terrain de sa famille et repartir. L’oncle l’accueille, Fausta l’observe. Ils se découvrent. Tous deux sont fascinés par ce village qui semble contenir le monde, le danger qui peut surgir à tout moment. Ces trois jours vont changer leur vie.

Mon avis : 
Première rencontre avec la plume de Diane Mazloum et je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non ce roman. Cette critique est donc assez difficile à écrire car je suis extrêmement confuse en refermant ces pages. Est-ce que j’ai vraiment compris ce que je viens de lire ? Honnêtement je ne sais pas.

Il y a du positif, j’ai adoré les personnages surtout celui de l’oncle que j’ai trouvé drôle et touchant. J’ai aimé les descriptions splendides du Liban, pays que je rêve de visiter un jour. L’écriture est fluide, le récit est court et se lit rapidement.

Mais, il y a un mais, j’attendais une fin différente, un peu plus d’action qui n’est jamais arrivé. Le message que j’ai saisi est que ce retour a la terre d’origine les fait prendre conscience qu’ils ont fait des mauvais choix et qu’ils vont prendre tous un nouveau départ. Mais c’est un peu simpliste, cousu de fil blanc, et l’on reste avec énormément de questions sans réponse.

mardi 4 juillet 2023

Mon port de Beyrouth


Résumé : 
Le 4 août 2020, une monumentale explosion dans des entrepôts ravage le port de Beyrouth et les quartiers voisins. Elle fera des centaines de morts et plus de 4000 blessés. Lamia Ziadé a vécu cette catastrophe de trop pour Beyrouth depuis Paris, mais en lien constant avec sa famille et ses amis vivant sur place. Immédiatement, elle a voulu réaliser le carnet intime de cette catastrophe. Saisir dans ses dessins ce qu’elle voyait, ce qu’on lui racontait. Mais elle tient aussi son propre journal dans lequel elle témoigne de son émotion et de sa colère qu’elle partage avec ses compatriotes. Elle restitue la stupeur de l’événement : « Les effets de l’explosion sont incompréhensibles, répondent à un système mystérieux inverse à la logique ». Des verres intacts dans une pièce ravagée, des meubles retrouvés à 200 mètres de l’appartement qui les abritait. « Une sorte de maléfice semble avoir organisé les dégâts. » Lamia Ziadé dessine également les portraits de celles et ceux dont on ne doit pas « oublier les visages souriants », des sauveteurs dans les décombres, des victimes, mais aussi des politiques conspués.

Mon avis : 
Je découvre Lamia Ziadé avec ce roman graphique et j’ai été extrêmement touchée. Bien sûr, je gardais en mémoire les affreuses images qui nous parvenait dans les médias, il y a presque 3 ans mais de revivre cette tragédie avec les dessins de l’auteure est très touchant.

L’auteure vit en France mais lorsque toute sa famille lui montre l’ampleur de l’explosion via les réseaux sociaux, elle décide de prendre la plume, de réaliser des dessins et d’exprimer sa colère face a ce gouvernement qui ne fait rien. Elle nous explique la corruption, les secrets d’état, les exécutions pour que l’on comprenne comment on en est arrivé là. Elle brosse aussi le portrait de ces gens, martyres qui en ont payé le prix fort.

C’est une belle déclaration d’amour à Beyrouth et son port complètement défiguré aujourd’hui. J’espère qu’un jour le sort des Libanais s’améliorera.

dimanche 14 juin 2015

Sept pierres pour la femme adultère

Résumé :


Dans un village aux portes du désert, Noor attend son châtiment : coupable d'adultère, elle doit être lapidée. Elle n'imagine pas se soustraire à la justice. C'est compter sans une Française qui, pour la sauver, déploiera des trésors de volonté. Formidable conteuse, Vénus Khoury-Ghata brosse les portraits de femmes au destin tragique, déchirées entre le respect de la tradition et le droit à la liberté.

Mon avis :


Sept pierres pour la femme adultère nous raconte l'histoire d'une française qui se retrouve a Khouf, une village perdu, pour une mission humanitaire. La-bas, elle fait la connaissance de Noor, qui attend la lapidation, pour avoir été violé par un homme. La française va remuer ciel et terre pour sauver Noor mais rien n'est facile dans un pays ou les femmes n'ont aucun pouvoir.

Venus Khoury-Ghata dresse un beau portrait de femmes, tellement différentes par leur culture mais au final si semblable. La culture orientale et la culture occidentale s'oppose ici en tout points et le dépaysement est total : "Une main  te glisse un biberon entre les doigts, une autre t'aide a t'asseoir, cale ton dos avec des coussins, remplace tes chaussures par des babouches confortables. Elles son aux petits soins pour toi. Elles feront pareil pour toute nouvelle accouchée. Un loukoum fourré dans ta bouche pour enlever son acidité au lait. Un verre de jus d'amande pour le faire affluer. Deux gouttes d'essence de fleur d'oranger pour chasser les coliques, et pour la nuit la tisane de pavot, prodigieuse de sommeil." Malgré tout, le lecteur prend en pleine figure les dures lois du pays : lapidation, viol, jeune fille maltraité par leur époux ou par leur père.....

L'auteur a une plume très belle et ne cache rien de toute cette violence. La narration est aussi très surprenante au début car l'auteur s'adresse directement a ses personnages en les tutoyant. C'est parfois un petit peu déroutant mais ça ne gâche en rien cette très belle lecture.

Lu dans le cadre des challenges :
- Le tour du monde en huit ans : Le Liban
- 170 idées : idée 10, une / des mains