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lundi 29 avril 2024

Nous nous verrons en aout


Résumé : 
Nous nous verrons en août est le roman inédit de Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature en 1982. Cette sortie mondiale est un événement éditorial majeur qui advient une dizaine d’années après la disparition de l’écrivain colombien, en 2014.

Chaque seize août, Ana Magdalena Bach prend un ferry pour se rendre sur une île des Caraïbes où est enterrée sa mère. Malgré la splendeur d’une lagune peuplée de hérons bleus, elle se contente de déposer un bouquet de glaïeuls sur sa tombe, ne passe qu’une nuit dans le vieil Hotel del Senador et retourne chez elle avec le bac du lendemain. Mais l’été de ses quarante-six ans, ses habitudes sont bouleversées. Le soir du seize août, Ana Magdalena remarque un homme qui finit par lui offrir un verre sur un fond de boléro. Lorsqu’elle se retrouve avec lui dans sa chambre, elle réalise que c’est la première fois qu’elle trompe son mari Domenico.
Prise pour une prostituée par cet homme dont elle ne connaît même pas le nom, Ana Magdalena repense sans cesse à lui. Enfin de retour sur l’île, le seize août suivant, Ana Magdalena ne retrouve pas son amant. Débute néanmoins une nouvelle phase de sa vie où chaque été, elle connaîtra une nouvelle aventure. De l’évêque en vacances au tueur en série en passant par l’ami d’enfance, Ana Magdalena multiplie les rencontres estivales tout en laissant son mariage partir à vau-l’eau. Lorsqu’elle comprendra la raison pour laquelle sa mère a choisi ce coin des Caraïbes comme ultime demeure, cette spirale érotique pourra-t-elle enfin se terminer ?
Nous nous verrons en août est un roman d’une intense sensualité. Avec la découverte de la passion à l’âge mur, Gabriel García Márquez déploie tout son humour pour brosser le portrait d’une femme libre. Des retrouvailles avec un immense écrivain autant qu’une publication historique.

Mon avis : 
C'est un privilège de pouvoir lire, dix ans après sa mort, une histoire inédite d’un grand écrivain et je suis contente de ma lecture même si bien sur elle a un gout d’inachevé.

Ana Magdalena Bach, le personnage principal du livre, est une femme d'une quarantaine d'années, mariée depuis vingt-sept ans et mère de deux enfants. Chaque année, le 16 août, Ana se rend sur une île des Caraïbes, à quelques heures seulement de chez elle, pour déposer un bouquet de glaïeuls sur la tombe de ma mère. Le cimetière, décrit comme dénué de ressources, contraste avec la vue impressionnante qu'il offre. Au fil des années, on voit l’ile changé, se moderniser : les hôtels de luxe et le tourisme transformé cette ile.

Mais ce n’est pas uniquement l’ile qui change mais aussi notre héroïne qui va utiliser sa visite au cimetière comme prétexte pour avoir des aventures extra-conjugales avoir un homme différent chaque année. Ces rencontres vont la transformer, lui faire ouvrir les yeux sur le désir, la vie de couple…

Un court roman ou une longue nouvelle intéressante, bien écrite malgré quelques incohérences dans le récit.


samedi 23 janvier 2021

Le salon de beauté


 Résumé : 

La Maison de la Beauté est un luxueux institut de la Zona Rosa, l’un des quartiers animés de Bogotá, et Karen l’une de ses esthéticiennes les plus prisées. Mais son rôle dépasse largement l’art de la manucure et de la cire chaude. Ses clientes lui confient leurs secrets les plus intimes. Un petit massage avant l’épilation… et Karen apprend tout sur leurs implants mammaires, leurs week-ends à Miami, leurs divorces ou leurs amourettes. Un après-midi pluvieux, une adolescente entre dans le salon – en uniforme d’écolière et sentant très fort l’alcool : Sabrina doit être impeccable pour une occasion très particulière. Le lendemain elle est retrouvée morte. Karen est la dernière personne à l’avoir vue vivante. Qui Sabrina a-t-elle rejoint ce soir-là? Que se sont confié les deux jeunes femmes lors de ce dernier rendez-vous?

Mon avis : 

Le salon de beauté est une belle surprise et si je me suis tournée vers ce roman c’est par nostalgie. Mon premier métier, de mes 18 a 22 ans, a été d’être esthéticienne. J’ai raccroché mon uniforme, il y a bien longtemps mais pourtant certains jours cela me manque. J’ai donc voulu y retrouver l’ambiance au fil de ces pages, et j’ai pu découvrir un excellent roman.

On fait la rencontre de trois femmes : Karen, esthéticienne, Claire, psychanalyste et cliente de Karen et Lucia, une amie de Claire. Autour d’elle, une sombre histoire de meurtre, une jeune adolescente qui est venue se faire épilée avant un rendez-vous avec son petit ami est retrouvée morte. Que s’est-il passé pour qu’elle perde la vie ?

Au-delà de l’enquête qui au final n’est présente qu’en arrière-plan, c’est toute la société colombienne qui nous est décrite et le constat n’est pas forcement très beau : corruption, violence, viol, drogue, meurtre… Bref, il n’est pas facile d’être une femme dans un pays comme celui-ci. En dehors de cette description de la société, on constate également que l’enquête est inexistante ou très bâclée sans le payement de pot-de-vin et sans argent donné aux bonnes personnes. C’est parfois tellement révoltant. Et la fin, le prouve. J’ai lu beaucoup de critiques où les lecteurs étaient déçus et pourtant, je l’ai trouvé fidèle à tout ce qui nous a été présenté au fil des pages. Est-ce que le roman aurait pu finir autrement, honnêtement je ne pense pas.

J’ai aimé le dépaysement et le voyage dans ce pays tellement fascinant. C’est une destination qui me fait rêver mais aussi extrêmement peur et après ma lecture, ce sentiment est encore plus présent. C’est dommage car il doit y avoir des choses tellement belles et une culture tellement riche à découvrir mais en même temps le pays semble terriblement dangereux.

Enfin, j’ai beaucoup apprécié nos trois héroïnes. Karen est peut-être la plus complexe, celle qui est la plus difficile à cerner par ses choix ou ses actions mais au final toutes ses décisions sont compréhensibles vu sa situation difficile. Claire est attachante et Lucia m’a fait beaucoup pitié par son attachement à un homme qui n’en valait vraiment pas la peine.

J’ai retrouvé avec plaisir l’univers de la beauté et des instituts : l’étroitesse des cabines et les confidences des clientes, l’ambiance parfois difficile entre les collègues féminines, les soins et les odeurs des produits. C’est une vraie réussite car tout est très bien décrit.

C’est en tout cas, une bonne découverte et j’espère que d’autres romans de l’auteure seront traduits dans le futur. 


 

Extrait  :

Comme la thérapeute ou le confesseur, l'esthéticienne doit faire vœu de silence.
Le fauteuil de soins tient du divan. Le corps de la femme y est sans défense dans une posture de don de soi. Obéissant à l'injonction "Détendez-vous, éteignez votre téléphone portable", elle entre en cabine, prête à déconnecter un moment. Pendant quinze minutes, une demi-heure, parfois plus, elle s'isole du monde, se connecte a son propre corps, au silence, et souvent a une intimité qui l'encourage à confier des choses qu'elle n'avoue a personne, pas même ses proches.

mercredi 24 février 2016

Le Carnaval des innocents

Résumé : 


Le docteur Justo Pastor Proceso a tout pour être heureux. Il est gynécologue dans une petite ville du sud de la Colombie, il a une résidence secondaire, une femme coquette, deux filles et un hobby : la recherche historique sur la véritable histoire de Simón Bolívar. Le carnaval de décembre 1966 met à mal l'harmonie de son univers. Obsédé par ses découvertes, il fait préparer par les meilleurs artisans de la ville un char de carnaval burlesque, pour montrer la vérité sur Bolívar : le Libérateur s'est attribué des victoires sur des champs de bataille où il n'a jamais mis les pieds, il mentait sans pudeur et enlevait et violait les petites filles à peine nubiles.
Sauf que pareille offense au héros national ne passe pas inaperçue, surtout dans la petite ville de Pasto : on crie au scandale, les notables se liguent contre lui, et don Furibard du Klaxon attaque même l'atelier à l'arme à feu. Pour couronner le tout, il découvre que sa femme le trompe (avec un général et quelques autres), ses filles le méprisent et ses amis se servent de lui. On quitte alors le vaudeville pour la farce, mais le drame n'est jamais loin.
Dans la Colombie de la fin des années 60 on préfère vivre dans le mensonge plutôt que de remettre les mythes en question. Dans ce roman à la fois ironique, drôle et totalement tragique, Evelio Rosero confirme son très grand talent de styliste et de raconteur d'histoires.

Mon avis :


Tout d'abord, je tiens a remercier Babelio pour leur opération masse critique ainsi que les éditions Métaillié pour l'envoi de ce roman.

Je ne vois que des critiques élogieuses pour ce roman et je suis bien embêtée au moment d'écrire cette critique car pour ma part, je suis partagée.

J'ai aime le voyage en Colombie, j'ai appris beaucoup sur les croyances, les coutumes, la politique et l'histoire du pays. Le récit est richement documenté. Par contre je n'ai pas aimé le style de l'auteur. Les phrases sont longues et confuses, on s'y perd facilement et puis aucun des personnages n'est vraiment sorti du lot. Je ne me suis pas attachée à eux.

C'est une lecture fastidieuse ou je pense il faut prendre son temps, faire éventuellement quelques recherches, car pour ma part, je ne suis pas vraiment calée en Histoire sud-américaine. En tout cas, l'auteur réécrit l'histoire de manière beaucoup élogieuse notamment pour Bolívar.

Mon bilan n'est pas entièrement négatif et je vous invite a lire ce livre pour ma part, je pense que je m'attendais a quelque chose de diffèrent.


samedi 17 janvier 2015

La ligne Bleue

Résumé :


Buenos-Aires, années 1970. Julia, une jeune Argentine, a hérité de sa grand-mère un don précieux. De façon imprévisible, des scènes de l’avenir lui apparaissent à travers le regard de quelqu’un d’autre. À charge pour elle d’interpréter sa vision, et d’intervenir si elle le peut pour empêcher des événements malheureux.
L’histoire de Julia se déroule dans une période troublée de l’histoire argentine. Le retour de Perón, en 1973, s’effectue dans des conditions très mouvementées. Le vieux dirigeant s’aliène une partie de son soutien populaire en fermant les yeux sur le massacre de l’aéroport d’Ezeiza, lorsque l’armée tire sur la foule d’étudiants venue acclamer son retour. Un peu plus tard, la mort du leader va laisser le pays dans un état de grande agitation. Isabel Perón et son âme damnée Jose Lopez Rega (« El Brujo », « Le Sorcier ») veulent anéantir le péronisme de gauche ; des escadrons de la mort, les fameux AAA, éliminent les opposants. Les Montoneros s’organisent dans une résistance bientôt clandestine. Julia et son compagnon, Tim, s’impliquent dans le mouvement au contact d’un curé charismatique, le père Mugica – personnage qui a réellement existé –, précurseur de la théologie de la libération. Julia, Tim et leurs camarades vont connaître l’enfer des centres de torture, beaucoup disparaîtront. À la fin de la dictature, Julia tentera pendant des années de retrouver la trace de Tim, père de l’enfant qu’elle portait lors de son arrestation. Elle le retrouvera, mais tandis qu’elle regarde résolument l’avenir, Tim est incapable de se détacher des fantômes du passé…
Le tableau de l’Argentine des années noires est captivant, et Ìngrid Betancourt y introduit une note fantastique qui agit puissamment sur l’imagination du lecteur. Rien d’étonnant à ce que l’auteur renoue, dans ce premier roman, avec les thèmes qui traversaient le grand récit de sa captivité dans la jungle : la privation de liberté, le courage individuel et la servilité collective, l’espoir, la foi en l’avenir de l’humanité.

Mon avis :


J'avais beaucoup aimé la plume d'Ingrid Bétancourt dans "Même le silence a une fin" ou elle revenait sur sa captivité. J’étais donc curieuse de l'a découvrir en auteure de fiction. J'avais des craintes aussi, elle choisit encore l’Amérique du sud, le résumé parle d'une histoire d'amour, j'avais donc peur de tomber sur une histoire légère, une romance de plus. Et bien je me trompais sur toute la ligne !

Je pourrais comparé ce roman a ceux d'Isabel Allende, c'est la pensée que j'ai eu pendant toute ma lecture. De l'amour bien sur, mais aussi et surtout l'évocation de la dictature qui ont sévit en Amérique du Sud, ici en Argentine, avec juste une petite pointe de magie, de fantastique.

Mais revenons sur la dictature, Ingrid Betancourt choisit de ne rien épargner au lecteur. Autant vous dire que certains passages sont très durs, je pense au scène de tortures notamment. C'est un tout cas un très bon documentaire et témoignage qui m'a beaucoup appris.

Les personnages sont très attachants forcement et j'ai été prise du début a la fin. Ce qui m'a quand même dérangé c'est la construction du roman, on change d'époque très souvent et j'étais un peu perdue au début. Mais je vous rassure on s'y retrouve très vite et le roman se dévore. C'est en tout cas une très bonne découverte.

Lu dans le cadre des challenges :
- Variété 2015 : Un livre écrit par une femme
- Mille bornes livresque : 368 pages soit 50 km (avec le ralentissement)