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mercredi 18 septembre 2024

Le harem du roi


Résumé : 
Seini, médecin, et Boussoura, professeure de littérature, mènent une vie épanouie à Yaoundé. Quand Seini, fils de roi, est appelé à prendre la succession de son père, il ne résiste pas à l'attrait du pouvoir, malgré les réserves de son épouse. Devenu lamido, commandeur des croyants et garant des traditions ainsi que de la religion, il se transforme en souverain tout-puissant.


Mon avis :
Après “Les impatientes” et “Coeur de Sahel”, j’avais hâte de lire ce nouveau roman et c’est encore une fois un vrai coup de cœur.

On fait la connaissance de Seini et Boussoura, un couple moderne qui vit à l’occidental, marié depuis vingt-cing ans. Il est médecin et elle est professeure, ils ont quatre enfants aujourd’hui adultes. Quand le lamido, chef politique et religieux, meurt, Seini décide de se lancer dans la course au trône. Il va alors devoir revenir sur ses convictions et se plier aux traditions au détriment de Boussoura. Le roman se déroule sur une vingtaine d'années dans les murs clos du palais où se côtoie des Djaagués, les esclaves et les Soulaabés, concubines du lamido, offertes par leur famille.

C’est un roman très émouvant sur l’amour et les changements qui qui surviennent dans une relation mais aussi sur la polygamie, le pouvoir et l’argent et bien sur les traditions qui perdurent. L’auteure essaye de rompre le silence et donner la parole à toutes ses femmes soumises de la société camerounaise : Une société patriarcale où la femme n’est la que pour le plaisir de l'homme. Toutes les femmes que l’on rencontre au fil des pages, sont extrêmement touchantes, prisonnière de leur sort et de cette cage dorée.

C’est un roman intense, une lecture qui secoue, Djaïli Amadou Amal a un vrai talent de conteuse et pour la troisième fois, elle signe un roman magnifique a la hauteur des deux précédents.

jeudi 13 juillet 2023

Coeur du Sahel


Résumé : 
Faydé vit dans les montagnes dans l'extrême-nord du Cameroun. Pour que sa mère, ses frères et sa soeur ne soient pas dans le besoin, son beau-père ayant disparu au cours d'une razzia de Bokko-Haram, la jeune adolescente décide de partir à Maroua, la ville la plus proche, où elle sera domestique. Comme ses comparses, elle devra se faire à sa nouvelle vie, citadine et difficile pour les filles. Mépris de classe, mauvais traitements, viols...
Comment Faydé parviendra-t-elle à se frayer son chemin dans un environnement, où son destin semble tracé à l'avance ?

Mon avis :
Un roman qui nous plonge au cœur du Sahel ou la vie des femmes est extrêmement difficile. Kondem essaie de faire vivre sa famille au village mais la sècheresse et les mauvaises récoltes se succèdent. Faydé, sa fille aine quitte donc la famille pour aller travailler en ville en tant que domestique. Elle va découvrir un monde hostile.

Après avoir adoré les impatientes, j’avais hâte de lire ce nouveau roman de Djaili Amadou Amal. Encore une fois, on découvre la vie au Cameroun avec les différences de classe, de religions, le poids des traditions (mariage arrangé, forcé, viols…) qui sont toujours d’actualité. Plane au-dessous des habitants la menace du groupe Boko Haram qui fait des ravages au cœur du Sahel.

J’ai adoré ce roman ou l’on croise des personnages féminins extrêmement forts qui luttent chaque jour pour gagner de l’argent, pour faire vivre leur famille, suivre des études…. Faydé est très attachante comme ses amies domestiques. Dommage que le livre soit si court car c’est toujours difficile de dire au revoir a des personnages que l’on a aimé. En tout cas, la fin heureuse m’a plus.

samedi 6 mars 2021

Les impatientes

 

Résumé : 

Ce magnifique roman retrace le destin de Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa sœur du même âge, est contrainte d’épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Quant à Safira, 35 ans, la première épouse d’Alhadji Issa, elle voit d’un très mauvais œil l’arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu’elle veut voir répudiée. Pour les aider dans cette étape importante et difficile de leur vie, leur entourage ne leur donne qu’un seul et même conseil : Patience !

Mariage précoce forcé, viol conjugal, consensus et polygamie. Avec Les Impatientes, Amal brise les tabous en dénonçant la condition de la femme dans le Sahel et nous livre un roman poignant sur la question universelle des violences faites aux femmes. 

Mon avis : 

Les impatientes faisait partie d’un colis de livre offert par mon papa pour mon anniversaire et je dois dire qu’il a eu très bon goût pour le choix de ce magnifique roman.

L’auteure dresse le portrait de trois femmes mariées de force et raconte leur vie au cœur du Sahel, dans cette région où la religion tient une place très importante. On découvre leur quotidien, leur devoir envers leur époux…

C’est un récit très difficile mais essentiel. C’est une lecture qui marque, dont on ne sort pas indemne, qui touche en plein cœur et l’on se rend compte qu’il est difficile d’être une femme dans certains coins du globe. L’auteure ne nous épargne rien : mariage forcé à l’adolescence, viol conjugal, maltraitance physique et morale.

J’ai trouvé que le récit était très bien écrit, la plume et le style de Djaili Amadou Amal est plaisant. La construction du roman est superbe et les trois récits se mêlent parfaitement. Ces trois héroïnes sont touchantes, attachantes et l’on a envie de les aider face à toutes cette violence quotidienne dont elles doivent faire face. Malheureusement c’est uniquement le destin de trois femmes mais combien vivent cela au quotidien dans le monde ?


 

Extraits : 

Les conseils d’usage, qu’un père donne à sa fille au moment du mariage et, par ricochet, à toutes les femmes présentes, on les connaissait déjà par cœur. Ils ne se résumaient qu’à une seule et unique recommandation : soyez soumises ! 

 

La coutume impose la retenue dans les relations entre parents et enfants au point qu’il est impossible de manifester une émotion, des sentiments. C’est ce qui explique qu’il n’est pas particulièrement proche de nous. La seule preuve que j’aie de son amour paternel est celle d’exister. 

 

Une coépouse reste une coépouse même si elle est gentille et respectueuse. Une coépouse n'est pas une amie - et encore moins une soeur. Les sourires d'une coépouse ne sont que pure hypocrisie. Son amitié ne sert qu'à vous endormir afin de mieux vous terrasser. 

 

Patience, munyal, Hindou ! On te l'a déjà dit. Une peule ne pleure pas quand elle accouche. Elle ne se plaint pas. N'oublie pas. A chaque instant de ta vie, tu dois te maîtriser et tout contrôler. Ne pleure pas, ne crie pas, ne parle même pas ! Si tu pleures à ton premier accouchement, tu pleureras à tous les autres. Si tu cries, ta dignité sera bafouée. Il y a aura toujours quelqu'un pour raconter au quartier que tu es une poltronne. On serre les dents mais on ne se mord pas les lèvres. Si tu mords les lèvres, tu pourras les transpercer au plus fort de la douleur et sans même t'en rendre compte. C'est la volonté d'Allah d'enfanter dans la douleur mais un enfant n'a pas de prix. Patience ! C'est à cause de cette douleur qu'on dit que l'accouchement est le jihad des femmes. C'est grâce à lui qu'on va directement au Paradis si on y laisse la vie. C'est à cause de lui qu'un enfant sera toujours redevable à sa mère. 

dimanche 4 janvier 2015

Comment cuisiner son mari a l'africaine

Résumé :


Un petit roman pas comme les autres. Mademoiselle Aïssatou, parisienne pure black entre Bastille et Belleville, a des ennuis dans la vie. Tous les hommes sont des cochons, les femmes blanches des planches à pain, mais Monsieur Samedi, son tout proche voisin, est pourtant un hommes qu'elle aimerait bien séduire. En dépit de Mademoiselle Bijou dont il s'occupe vraiment trop et de sa vieille maman, omniprésente dans sa vie. Qu'à cela ne tienne ! Mademoiselle Aïssatou, pour le conquérir, va l'avoir par le ventre, grâce à ses incomparables recettes de cuisine héritées des conseils avisés de sa mère, qui en sait long sur la manière de garder les hommes. Et la voilà, entre deux confidences à Monsieur Eric, son meilleur ami blanc, ou deux visites au Marabout du coin, qui va faire son marché et s'atteler à ses fourneaux pour mitonner au bel indifférent des petits plats. Au début ils sont simplissimes, mais ils vont aller crescendo dans la saveur et le raffinement. Au point que Monsieur Samedi, le jour où sa mère aura trépassée, ne pourra plus résister.

Mon avis :

Vous avez envie de rire, envie de dépaysement, suivez Calixthe Beyala dans Comment cuisiner son mari a l'africaine, dans le titre tout est déjà dit !

L'intrigue est plutôt simple, Mademoiselle Aïssatou tombe amoureuse de son voisin du dessous. Mais voila, ce monsieur est un coureur de jupons et ne fréquente que de très jolies filles. La jeune femme va donc ressortir les bonnes recettes de cuisine traditionnelles de sa maman pour le séduire. Et la le dépaysement est total, au menu : du crocodile, du boa, de l'antilope, du ngombo (ne me demandez pas ce que c'est je n'en ai aucune idée !), le tout servi avec des bananes planteur et du jus de gingembre.

Les chapitres sont courts et se terminent toujours avec la recette. J'en testerai peut-être quelques unes par curiosité mais sans aucun doute les plus simple et les moins extravagantes.

L'histoire est drôle, le personnage principale, nous fait beaucoup rire dans ses tentatives de séduction.

Lu dans le cadre du challenge :
- Le tour du monde en huit ans : Cameroun
- La chalenge variété : Un livre que vous pouvez terminer en une journée
- Le mille-bornes livresque : 156 pages soit 50 km