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vendredi 26 juin 2026

Tout ce que nous n’avons jamais été


Résumé : 
Leah est brisée. Leah ne peint plus. Leah n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis l’accident qui a emporté ses parents.
Axel est le meilleur ami de son grand frère. Lorsqu’il accepte d’héberger Leah quelques mois, il veut aider à recoller les morceaux de la jeune fille pleine de vie qu’elle a été. Mais il ne sait pas qu’elle est amoureuse de lui depuis toujours, ni que sa vie entière est sur le point de basculer.
Parce qu’elle lui est interdite, quand bien même elle embrase ses sens.
Parce qu’elle représente la mer et les nuits étoilées au son des vinyles des Beatles.
Parce que parfois, il suffit de lâcher prise et de se laisser tenter pour tout avoir.

Mon avis : 
Tout ce que nous n’avons jamais été est une lecture qui m’a profondément touchée, autant par son intensité émotionnelle que par la justesse de ses personnages. Alice Kellen parvient à créer une histoire à la fois douce et poignante, où les sentiments prennent toute la place sans jamais tomber dans l’excès.

Leah est un personnage particulièrement attachant. Fragile mais déterminée, elle avance malgré ses blessures et découvre peu à peu ce que signifie aimer. Sa relation avec Axel est au cœur du roman, et c’est justement cette dynamique qui rend l’histoire si prenante. Axel, avec ses défauts — égoïste, fêtard, séducteur — n’est pas idéalisé, et c’est ce qui le rend crédible et profondément humain. Derrière cette façade, il devient celui qui aide Leah à retrouver le sourire, à se reconstruire, et à vivre son premier amour avec une intensité rare.

Leur relation, marquée par la différence d’âge et le lien initial (meilleur ami du frère), apporte une tension constante, entre désir, culpabilité et tendresse. Alice Kellen explore avec finesse ces contradictions, rendant chaque interaction vibrante et sincère.

La fin, quant à elle, est particulièrement bouleversante. Elle laisse un goût d’inachevé et une émotion persistante qui donne immédiatement envie de se plonger dans la suite. 

Un roman que j’ai adoré, et dont j’attends désormais avec impatience de voir l’adaptation au cinéma.

lundi 8 juin 2026

Le Mécontentement


Résumé : 
Tous les matins, dans son bel appartement en plein coeur de Madrid, Marisa se réveille prise d’une angoisse existentielle à la pensée de la journée qui l’attend. Car elle déteste chaque aspect du travail en entreprise – les mensonges dont l’agence de publicité fait son blé, l’hypocrisie de la hiérarchie, la banalité abyssale des discussions –, et n’y survit que grâce aux vidéos YouTube qu’elle regarde en cachette et à une quantité massive d’antidépresseurs. Un équilibre fragile que viennent mettre en péril un été caniculaire et l’annonce d’un séminaire d’entreprise. Isolée dans la forêt autour de Ségovie et hantée par le souvenir de la seule collègue à laquelle elle ne se soit jamais attachée, Marisa voit son masque social se fissurer peu à peu, et naître en elle les pulsions les plus folles.

Mon avis : 
Le Mécontentement de Beatriz Serrano est une lecture qui m’a profondément marqué. J’ai été happé dès les premières pages par cette plongée lucide et sans concession dans le monde de l’entreprise, où les individus semblent peu à peu perdre leur humanité au profit de logiques absurdes et déshumanisantes.

Le personnage de Marisa est, à mes yeux, l’un des plus grands atouts du roman. Elle est incroyablement attachante, à la fois fragile, lucide et profondément humaine. À travers elle, on ressent toute la tension entre la nécessité de s’adapter à un système oppressant et le besoin de préserver son identité. Son regard sur ce qui l’entoure est souvent empreint d’une ironie discrète, mais aussi d’une grande sensibilité, ce qui la rend d’autant plus proche du lecteur.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la justesse avec laquelle Beatriz Serrano dépeint les dérives du monde professionnel : la perte de sens, les injonctions contradictoires, la pression constante, et cette impression d’être interchangeable. Rien n’est caricatural, tout sonne vrai, presque trop vrai parfois. On se reconnaît, ou on reconnaît quelqu’un.

C’est un roman à la fois critique et profondément humain, qui questionne notre rapport au travail et à nous-mêmes. Une lecture que je recommande vivement, autant pour sa finesse psychologique que pour sa pertinence.

vendredi 13 février 2026

Je ne te verrai pas mourir


Résumé : 
La passion de Gabriel et Adriana semblait devoir durer toujours. Mais dans les années 1960, les stigmates de la guerre civile pèsent encore sur le destin des jeunes gens. Après cinquante ans sans un mot échangé, elle dans l'Espagne de la dictature, lui connaissant une carrière brillante aux États-Unis, ils se retrouvent au soir de leur vie pour une ultime rencontre.

Avec délicatesse, Antonio Muñoz Molina interroge les choix et les motivations profondes qui déterminent une vie entière et une identité. Comment, porté par le temps qui passe, par certaines lâchetés et complaisances, il est facile de s'égarer loin de celui qu'on pensait devenir. Pourtant, si une seconde chance nous était donnée, aurions-nous le courage de l'embrasser ?Une prose magnifique, sensuelle, une musicalité qui transcrit avec justesse la puissance de la nostalgie et ses dangers.

Les sentiments les plus intimes d'un homme et la dignité d'une femme. Certaines des plus belles pages jamais écrites par ce fin conteur de l'âme humaine.

Mon avis : 
Je ne te verrai pas mourir est un magnifique roman sur la mémoire, le temps qui passe, les vies manquées, les rendez‑vous impossibles à rattraper et de la nostalgie de la personne que nous avons été.

La première partie, ce long bloc sans points, qui s’étire sur une soixantaine de pages, est un début de roman le plus surprenant que j'ai été amené a lire. C'est un flot de mots ininterrompu qui épouse la pensée vacillante de Gabriel au moment des retrouvailles avec Adriana. Cela rend la lecture éprouvante mais finalement traduit assez bien le trouble intérieur du personnage, sa difficulté à démêler ce qui relève du souvenir réel, des rêves fantasmés ou du présent.

J'ai beaucoup aimé la différence entre les souvenirs de chacun. En effet, chaque partie du récit propose un angle différent, une version de l’histoire, qui ne coïncide jamais tout à fait avec les autres. On ne lit pas seulement une romance perdue dans le temps mais on assiste à la confrontation de deux mémoires : celle de l’homme parti faire carrière aux États‑Unis et comblé par la réussite, et celle de la femme restée en Espagne, prise dans une vie difficile, un mariage raté et un pays longtemps figé par la dictature et la religion.

J'ai trouvé Gabriel extrêmement lâche, au final c'est homme qui n’a jamais vraiment fait de choix personnels et s’est laissé porter par les ambitions de sa famille ou encore la promesse de l’ascension sociale aux Etats-Unis. Il renonce à ses aspirations profondes, la musique notamment et laisse Adriana derrière lui.

L’introduction de Julio Maíquez, dans la seconde partie, est intéressante car elle vient remettre en perspective le point de vue de Gabriel. Maíquez est un professeur a la carrière en demi-teinte, abandonné par sa femme et sa fille. Il s'avère d’abord être un simple médiateur entre Gabriel et Adriana, presque malgré lui. Mais finalement c'est un miroir déformant de Gabriel, un autre homme déraciné, exilé, qui interroge à sa manière le prix des vies qu’on n’a pas choisies. À travers ses yeux, Gabriel est décentré : l’ami brillant, riche et sûr de lui est aussi perçu comme un homme prisonnier de ses renoncements.


Enfin la troisième partie est pour moi la plus émouvante : entendre enfin la voix d'Adriana, la femme abandonnée. J'ai trouvé cette vieille femme extrêmement lucide, elle, qui a payé le prix fort du départ de Gabriel. Elle peut paraitre froide, mais vient remettre une nouvelle fois en place Gabriel, qui était presque trop sur de lui, tellement sure qu'elle allait l'accueillir a bras ouvert après toutes ses années.

dimanche 21 décembre 2025

Monteperdido


Résumé : 
Monteperdido : un village de montagne acculé contre les plus hauts pics des Pyrénées. Des routes sinueuses, impraticables en hiver, des congères, des rivières qui débordent. Quelques familles, souvent coupées du monde, des sangliers et des chevreuils dans les forêts de peupliers et de pins noirs. C’est là que disparaissent un jour deux fillettes de onze ans qui, comme tous les soirs, traversaient la pinède de retour du collège. Malgré la mobilisation exemplaire du village, on n’a jamais retrouvé leurs traces.
Cinq ans plus tard, au fond d’un ravin, une voiture accidentée et le cadavre d’un homme. À ses côtés, une adolescente désorientée mais vivante : Ana, une des fillettes disparues. Si l’autre est toujours en vie, le temps presse. Qui se cache derrière cet enlèvement ? Deux inspecteurs de Madrid viennent rouvrir l’enquête mais se heurtent à l’hostilité des habitants qui chassent en meute, faisant front contre l’élément exogène, prêts à lutter jusqu’à la mort pour cacher leurs terrifiants secrets. Il apparaît pourtant qu’Ana connaît son ravisseur. Est-ce uniquement la peur et la proximité de son bourreau qui la musellent ? Comment comprendre la troublante triangulation qui s’est jouée pendant cinq ans dans le sous-sol exigu d’un refuge de montagne ? Un roman puissant, âpre et vertigineux à l’image de son saisissant décor.

Mon avis : 
Monteperdido est un roman vraiment puissant, une enquête passionnante dans un petit village de montagne au nord de l'Espagne. 

Ana et Lucia sont enlevées a la sortie de l'école alors qu'elles ont 11 ans. Cinq ans plus tard, lors d'un accident de la route, Ana est retrouvée blessée dans la voiture, le conducteur mort a ses cotés. L'enquête peut reprendre conduite par deux policiers venus de Madrid. Mais Ana ne semble pas décidée a parler et puis dans ce village ou tout le monde se connait, il n'est pas facile d'obtenir des informations. 

C'est passionnant, l'enquête est bien menée et prenante, la nature environnante est belle mais aussi tellement hostile, elle semble rappeler sans cesse ses droits. Chacun a ses secrets que l'on ne livre pas facilement. 

jeudi 8 mai 2025

Yerma

Résumé : 
Dans l'aride Andalousie, un paysan déserte la couche de sa jeune épouse pour surveiller l'irrigation de ses champs. Mais Yerma ne rêve que d'avoir un enfant. Les années passent sans que son corps porte de fruit. Aime-t-elle ce mari qu'on lui a donné ? A-t-elle jamais frémi dans d'autres bras ? Oui, naguère, ceux du berger avec qui elle dansa. Il y a eu maldonne. S'il est vrai que labours et brebis font richesse, seul l'amour est fécond. Stérile et vide, Yerma ira jusqu'au bout de l'espoir entre vaines promesses et hallucinantes processions où la vérité se fera jour. Lorca bâtit là, après Noces de sang et avant La Maison de Bernarda Alba, une tragédie de la frustration, composant, lyrique ou baroque, l'ardente mélopée d'une âme pure malmenée par la vie. Cette pièce magistrale, donnée deux ans avant la guerre civile, où une femme passionnée exalte sa soif de liberté et soulève tant de clameurs, allait devenir l'emblème du poète assassiné et assurer sa gloire.
 
Mon avis : 
Je ne connaissais pas cette pièce de García Lorca mais je suis a nouveau conquise par la plume de l'auteur. On fait ici la connaissance d'une jeune femme Yerma qui se traduit par "La stérile". Malgré plusieurs années de mariage, elle ne tombe pas enceinte. Son désir de maternité va alors tourné a l'obsession, elle va devenir victime des commérages de son village et la tension va monter petit a petit jusqu'à cette triste fin. 

C'est une pièce très dure, noire et pleine de tristesse. L'infertilité y est très bien traité et la peine de la jeune femme qui n'aime pas son mari est vraiment palpable. le cadre de l'Andalousie aride et âpre se prête merveilleusement bien a cette pièce. 

Enfin j'ai adoré que dans l'éditions folio propose un dossier complet expliquant l'écriture de la pièce, de l'auteur et des thèmes abordés ici pour mieux cerner les idées de l'auteur. 

lundi 9 septembre 2024

Le jeu de l'âme


Résumé
New York, 2011. La journaliste d’investigation Miren Triggs reçoit la photo d’une adolescente bâillonnée. Sur l’enveloppe, un message anonyme : « Tu as envie de jouer ? ». En légende, ces mots : « Gina Pebbles, 2002 ».
Gina, portée disparue neuf ans plus tôt dans le quartier du Queens, est-elle encore vivante ?
Simultanément, dans le même périmètre, une autre adolescente est retrouvée crucifiée. Y a-t-il un lien entre les deux affaires ?
Miren et son mentor, Jim Schmoer, se lancent à corps perdu dans une double enquête. À la clé : un obscur secret dont la révélation pourrait chasser à jamais les fantômes qui hantent Miren...
Après La Petite Fille sous la neige, best-seller international et série n°1 sur Netflix, Javier Castillo renoue avec ses héros dans un thriller qui nous plonge au cœur d’un jeu macabre, aussi fascinant qu’effrayant.

Mon avis : 
J’attendais la traduction de ce second roman, mettant en scène Miren, depuis des mois et je suis ravie de ma lecture. Le jeu de l’âme est vraiment prenant, une suite a la hauteur du premier roman.

Après le succès de sa première enquête, et la publication d’un roman, Miren reçoit une enveloppe qui l’encourage à enquêter sur une autre disparition. Aidée de Jim, son mentor et ancien prof et Miller, le policier meurtri par des années de recherches d’enfants disparus (dont le sien), ils vont tout trois enquêter sur la mort d’une jeune fille sur fond de fanatisme religieux.

Les chapitres courts s’enchainent, le rythme est rapide et l’action omniprésente. Une fois le roman commençait, il est très difficile de le lâcher.

Les trois personnages sont tellement attachants, on ressent énormément d’empathie pour eux, qui sont tous les trois meurtris par la vie. J’ai beaucoup aimé le rapprochement entre Miren et Jim, ainsi que Miller et son épouse, un peu d’amour dans ce roman si noir ça ne fait pas de mal.

La fin laisse entrevoir une troisième enquête pour nos trois héros, celle de Daniel et j’attends la traduction avec impatience.

mardi 20 août 2024

Mrs March


Résumé : 
Mrs March vit oisive dans un appartement huppé de New York. Alors que George, son mari, atteint la consécration littéraire avec son dernier roman, l'existence de Mrs March se met à vaciller. Aurait-elle, comme on le dit, servi de modèle à l'un des personnages peu reluisant du livre de son mari ? Impossible, connaissant George. Mais le connaît-elle vraiment ? N'aurait-elle pas été aveuglée, toutes ces années, par son existence dorée ? Mrs March se met alors à enquêter sur la vie intime de l'homme qui partage sa vie. Et elle découvre que celui-ci se passionne pour l'étrange disparition d'une jeune femme. Simple travail de romancier ? Peu à peu, le doute s'installe, et ses soupçons la mènent bien au-delà de ce qu'elle pensait. Au-delà même de la raison ?

Avec ce portrait d'une femme dont le monde s'effondre, Virginia Feito nous offre un récit à la tension extrême. Un coup de maître, pour un premier roman, qui la place d'emblée en digne héritière de Patricia Highsmith. Les droits d'adaptation du livre ont été achetés par l'actrice Elisabeth Moss.

Mon avis : 
Premier roman de Virginia Feito et avec Mrs March, elle a déjà mis la barre très haute. On compare l’ambiance du livre à Patricia Highsmith ou encore à Alfred Hitchcock et je suis plutôt d’accord. Mise à part quelques longueurs, Mrs March est un roman que j’ai vraiment adoré.

Mrs March est l’épouse d’un écrivain très célèbre et ne vit qu’à travers son mari, elle se dévoue corps et âme à lui, quitte à s’oublier complètement et ne pas remarquer les changements dans sa vie. Au fil du récit, l’auteure va nous faire entrer dans la tête de la protagoniste et nous faire vivre ses journées marquées par la multitude de pensées intrusives. On se rend vite compte qu’il y a une grande souffrance, une phobie sociale, une peur d’interagir avec les autres, une peur du jugement et l’importance de toujours paraître parfaite aux yeux des autres. Les journées se suivent avec le même schéma obsessionnel, la dépression s’installe.

Petit à petit, on la voit sombrer dans la paranoïa, dans la folie et le lecteur perd aussi pied car très vite, on ne sait plus faire la différence entre réalité et folie, on perd nos repères chronologiques (on ne sait absolument pas à quelle époque se déroule le livre) et on se met à soupçonner tout le monde.


J’ai adoré la fin ou dans la dernière phrase, on découvre enfin son prénom. Elle n’est plus Mrs March, elle s’est enfin affranchie de son époux (d’une drôle de manière certes) et elle retrouve son identité.

Le prochain roman de l’auteure sort en 2025 et je pense le lire des sa sortie.

mardi 26 mars 2024

Un conte parfait

 

Résumé : 
Issue de la haute société madrilène, Margot gère avec brio la communication de l'empire familial, possède un dressing bien rempli et s'apprête à épouser le prince charmant dont chacune rêve en secret ! Sauf que le jour J : grosse crise d'angoisse. Margot prend la fuite.
David cumule trois jobs mal payés, dort sur un canapé chez un couple d'amis et ne possède rien à part une collection de T-shirts troués. Bref, un raté sans avenir ! Ce n'est pas lui qui le dit, mais la femme de sa vie... qui vient de le larguer.
Margot, 32 ans, et David, de cinq ans son cadet, n'auraient jamais dû se rencontrer, devenir complices, puis amants au cours d'une escapade en Grèce. Mais nous sommes dans un conte... Et, au sortir de cette parenthèse enchantée, Margot devra bien faire un choix.

Mon avis : 
Un conte parfait c’est l’histoire de deux personnages que j’ai vraiment adorée :

- Margot, vice-présidente de l’un des plus grands groupes hôteliers, a laissé tomber son fiancé, Filippo, le jour de leur mariage devant l’autel et leurs 500 invités.
- David, l’éternel ado cumule trois emplois et vit sur le canapé de l’appartement de son meilleur ami, a le cœur brisé depuis qu’Idoia.

Dès le début, j’ai senti une énorme étincelle entre David et Margot et je voulais qu’ils soient heureux ensemble. Je sais que certaines lectrices pensent que les personnages additionnent les clichés (richesse – pauvreté, maturité – immaturité…) mais cela n’a pas gâché ma lecture. Au contraire, dès les premières pages, je les ai trouvé super mignons.

La Grèce est ses iles me font rêver et je dois dire que j’ai été fascinée par tous les moments privilégiés que David et Margot ont vécus là-bas, dans ce petit paradis qui n’appartenait qu’à eux. La connexion, l’alchimie, les regards, les mots et les petits moments volés ont rendu cette histoire inoubliable.

La fin est comme le conte : parfaite. Elle est très ouverte et l’on peut choisir à notre guise. D’habitude je n’aime pas ce genre de fin mais elle se glisse parfaitement avec le reste de l’histoire.

Et que dire de la série Netflix qui est juste parfaite également : Anna Castillo et Alvaro Mel sont excellent et forme un très beau couple a l’image de Margot et David.

lundi 29 janvier 2024

Après toi, le chaos


Résumé : 
Raquel, jeune professeure de littérature, accepte un poste dans un lycée de Novariz en Espagne, la ville natale de son mari.
Dès son premier jour de travail, elle apprend que sa prédécesseure, Viruca, s’est suicidée. De plus, les élèves se montrent ouvertement hostiles et agressifs envers elle. Elle retrouve à la fin des cours un mot, glissé dans son sac : « Et toi, combien de temps tu vas mettre à mourir ? »

Raquel est déterminée à découvrir qui est derrière cette menace. Mais très vite, elle se retrouve mêlée à une histoire qui la dépasse : celle de Viruca. Raquel ne peut faire confiance à aucun des habitants du petit village, qui cachent de nombreux secrets. Qui harcèle Raquel ? Son mari est-il impliqué ? Viruca s'est-elle vraiment suicidée ou quelqu'un a-t-il mis fin à ses jours ? Le même schéma se répète-t-il avec Raquel ?

Après toi le chaos est un thriller psychologique intense qui a fait l’objet d’une adaptation sur Netflix.

Mon avis : 
J’avais beaucoup aimé la série TV et depuis très longtemps j’avais envie de découvrir le livre et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Raquel arrive dans le nord de l’Espagne, pour un remplacement dans un lycée. Elle apprend que la professeure qui enseignait avant elle, s’est suicidée et va commencer à enquêter sur sa vie. Mais, les élèves lui mettent des bâtons dans les roues et le harcèlement commence.

C’est une très bonne enquête qui nous emmène sur plusieurs fausses pistes avant que toutes les pièces du puzzle s’emboitent ensemble. Tous les personnages ont des secrets, l’ambiance est assez noire dans cette région de l’Espagne pauvre ou le chômage atteint des chiffres records. Les jeunes sont désabusés, la drogue et la tension sexuelle sont omniprésent.

Comme dans la série, j’ai aimé le personnage de Iago (interprété par Aron Piper), il est violent, n’a pas de limites, mais l’on sent très vite que derrière cette façade de caïd, se cache une véritable blessure.

C’est bien écrit, habillement construit, bref, j’espère que d’autres romans de l’auteur seront traduits.

mercredi 30 août 2023

La cuisinière de Castamar


Résumé : 
Clara, une jeune femme tombée en disgrâce, souffre d'agoraphobie depuis qu'elle a perdu son père de manière soudaine. Sa cuisine prodigieuse lui ouvre les portes du duché de Castamar comme employée, et son arrivée chamboule le monde apathique de don Diego, le duc. Ce dernier, depuis qu'il a perdu son épouse dans un accident, vit isolé dans son grand manoir, entouré de son personnel. Clara découvrira vite que le calme qui entoure la propriété est le prélude d'un orage dévastateur dont le centre sera Castamar, son seigneur et elle-même. Fernando J. Muñez tisse pour son lecteur, avec une prose détaillée et délicate, une trame de personnages, intrigues, amours, envies, secrets et mensonges qui s'entrecroisent dans une impeccable reconstitution de l'Espagne de 1720.

Mon avis : 
La cuisinière de Castamar est un beau pavé de plus de 700 pages dans sa version poche, mais pas de panique car le livre se lit très facilement. C’est un roman parfait pour l’été qui allie romance, roman historique, intrigue et suspense. Cela aurait pu être un coup de cœur mais le roman souffre de deux points faibles : malgré les 700 pages, tout se déroule trop vite, il se passe beaucoup trop de choses en si peu de temps. Et puis, soyons honnête, tout est extrêmement prévisible.

Pourtant on passe un très bon moment car le roman est superbement bien écrit. L’auteur nous fait découvrir le contexte historique avec les guerres d’Espagne, la vie courante dans le pays (entre riches et pauvres) et tout est très bien décrits.

Les recettes de Clara mettent l’eau a la bouche et moi qui suis gourmande j’ai vraiment adoré découvrir ce que l'on servait pendant les banquets et autres fêtes.

Les personnages sont attachants, Clara est une jeune femme forte, au caractère bien trempée. Je suis bien sûr tombée sous le charme de Diego que j’ai trouvé extrêmement charmant et protecteur. J’aurais aimé une suite, ou une fin un peu moins abrupte et je suis déjà triste de dire au revoir aux personnages que j’ai aimé suivre. Il me reste, malgré tout, la série que je n’ai pas encore regardé pour prolonger le plaisir.

mardi 28 mars 2023

La petite fille sous la neige


Résumé : 
Ne cesse jamais de chercher... New York, 1998. Pendant la parade de Thanksgiving, Kiera Templeton, trois ans, disparaît. Après avoir fouillé toute la ville, on ne retrouve que quelques mèches de cheveux à côté des vêtements que portait la petite fille. En 2003, le jour où Kiera aurait fêté ses huit ans, ses parents reçoivent un colis inattendu : une cassette VHS avec un enregistrement d'une minute où l'on voit leur fille jouer dans une pièce inconnue.
Attirée par l'affaire, Miren, une jeune étudiante en journalisme à l'université de Columbia, entreprend des recherches et trouve bientôt de nouveaux indices. Sa détermination à retrouver coûte que coûte l'enfant n'est pas un hasard car Miren porte aussi de lourds secrets...

Mon avis : 
J’avais adoré la série sur Netflix avec l’incroyable Milena Smit dans le rôle de Miren et j’étais vraiment curieuse de découvrir le roman. Les deux sont vraiment époustouflants et j’espère vraiment que d’autres romans de Javier Castillo seront très vite traduits. D’ailleurs, le tome deux est paru en Espagne et je serai au rendez-vous des sa parution en France.

A New-York, en 1998, Kiera, une petite fille de trois ans disparait. La police et ses parents la cherchent pendant des années sans succès. A la même époque, Miren, étudiante en journalisme, traumatisé par un viol lors d’une soirée étudiante, se jette corps et âme pour retrouver Kiera. Mais l'état de New York, la démesure de la ville et de ses environs donne l'impression de « chercher une aiguille dans une botte de foin » et malgré le fait que la ville ne se repose jamais, personne n'a rien vu.

Sur la couverture, Joel Dicker écrit « Le nouveau phénomène littéraire » et il n’a pas tort. D’ailleurs pendant toute ma lecture, j’ai trouvé des similitudes entre Joel Dicker et Javier Castillo. Leurs romans se deroulent aux Etats-Unis et arrivent à nous faire voyager, les chapitres sont courts avec de sauts de temps constants, avec une alternance des personnages… Tout cela constitue un puzzle fantastique. L’écriture de l’espagnol est peut-être un peu plus sombre, avec une ambiance un peu plus polar mais les deux écrivains arrivent à me séduire.

L'une des pires craintes d’un parent c’est que son enfant disparaisse. La douleur des parents dépeinte ici est si bien décrite qu'elle nous déchire de l'intérieur. En fait, toutes les émotions du roman sont si bien rendues qu'elles sont presque palpables. Le désespoir, la tristesse, la colère, la jalousie, l’impuissance dans l’enquete et la frustration du manque de moyens et de ressources des policiers.

C'est une histoire de douleur, de perte, de peur et d'égoïsme. Mais surtout, c'est un livre sur l'amour et l'espoir, qui nous insiste à ne faut jamais renoncer. L'histoire de Miren m'a beaucoup ému et m'a serré le cœur. Je suis impressionnée par le fait que l’auteur, un homme, arrive a si bien décrire une femme, son traumatisme, et que tant de lectrices puissent être capable de s’identifier à Miren. C’est un personnage incroyablement attachant. J’ai beaucoup aimé sa relation avec le « professeur » que j’ai trouvé très touchante.

Enfin j’ai aimé revivre les années 1990 et 2000, voir l’évolution des nouvelles technologies, l’impacte d’internet puis des réseaux sociaux sur les étudiants et le monde de la presse. Tout ça est encore une fois merveilleusement bien décrit.

lundi 16 mai 2022

La gitane aux yeux bleus


Résumé : 

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce superbe roman. Il n’est pas facile de le résumer tant il s’en passe : action, quiproquos, mensonges, retournements de situation. 380 pages denses mais que l’on lit avec plaisir.

Atticus est un jeune anglais, travaillant dans l’entreprise de son père. Il doit se rendre en Espagne pour licencier 4 femmes qui travaillent pour une revue littéraire. Mais elles vont lui donner du fil à retordre….

C’est un roman drôle, frais qui donne vraiment le sourire. L’intrigue est vraiment bien menée et j’ai adoré les multiples rebondissements. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres, les stéréotypes sur les espagnols et les anglais sont tellement gros qu’ils prêtent eux aussi à sourire. En tout cas, ça donne vraiment envie de découvrir Grenade et sa région.

Et le petit plus : beaucoup de références littéraires viennent ponctuer la lecture pour le plus grand bonheur de tous les amoureux des livres.

J’espère vraiment que d’autres romans de Mamen Sanchez seront traduits.

Mon avis : 

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce superbe roman. Il n’est pas facile de le résumer tant il s’en passe : action, quiproquos, mensonges, retournements de situation. 380 pages denses mais que l’on lit avec plaisir.

Atticus est un jeune anglais, travaillant dans l’entreprise de son père. Il doit se rendre en Espagne pour licencier 4 femmes qui travaillent pour une revue littéraire. Mais elles vont lui donner du fil à retordre….

C’est un roman drôle, frais qui donne vraiment le sourire. L’intrigue est vraiment bien menée et j’ai adoré les multiples rebondissements. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres, les stéréotypes sur les espagnols et les anglais sont tellement gros qu’ils prêtent eux aussi à sourire. En tout cas, ça donne vraiment envie de découvrir Grenade et sa région.

Et le petit plus : beaucoup de références littéraires viennent ponctuer la lecture pour le plus grand bonheur de tous les amoureux des livres.

J’espère vraiment que d’autres romans de Mamen Sanchez seront traduits.




Extraits : 

Elle pénétra dans l’église pour la messe de dix heures, se signa, s’agenouilla et mobilisa ses cinq sens pour prier de toutes ses forces. Une fusée de détresse, voilà ce qu’elle envoya à Dieu.— Mon Père, si possible, que cette coupe s’éloigne de moi. Ne me laisse pas perdre mon travail, allez, mon Dieu, je t’en supplie. Que ta volonté soit faite, mais si tu pouvais éviter précisément que je me retrouve à la rue, enfin si c’est possible, quoi. Je sais bien que ta priorité, c’est la faim, la guerre et tout ça... Si tu es trop occupé, tu peux peut-être demander à un saint. Quelqu’un qui n’a pas trop de clients, saint Pantaléon, ou saint Lambert, ou saint Job, avec un nom pareil il devrait pouvoir m’aider.




A l'inverse des hommes, les femmes sont capables de discuter d'un problème des heures durant sans chercher de solution.



Où qu’il aille, Atticus Craftsman avait coutume d’emporter avec lui sa petite bibliothèque érotique. Elle se composait de cinq livres reliés en cuir rouge, sans aucun nom imprimé sur la couverture. Ce n’était pas des éditions très longues, elles occupaient à peu près autant de place que sa trousse de toilette. Elles n’avaient pas de préface ni d’appareil critique, aucune note de bas de page ou d’index. Juste le texte, sans commentaires.
C’était, à la vérité, son unique perversion. Il n’avait jamais vu de film pornographique ni acheté de revue cochonne, et les sites internet à contenu sexuel ne l’intéressaient pas. Il n’avait pas le goût du vice ni de la débauche.Pourtant, inexplicablement, il se sentait incapable de faire un pas sans sa bibliothèque portative.
Ce fut la première chose qu’il sortit de sa valise quand le bagagiste eut refermé la porte : les cinq livres, enveloppés dans du papier de soie. Après avoir pris soin de déplacer le téléphone et la lampe, il les déposa sur la table de chevet, dans l’ordre alphabétique comme toujours : Duras, Lawrence, Miller, Nabokov et Sade. Cinq façons de comprendre la sensualité féminine.

dimanche 9 mai 2021

Le mystère de la maison Aranda

 Résumé : 

Ancien délinquant promu sous-inspecteur, Victor Ros intègre le commissariat de la Puerta del Sol, au cœur de Madrid. Idéaliste et passionné, le jeune homme est chargé d’élucider trois meurtres perpétrés dans une riche demeure. L’affaire passionne le Tout-Madrid, car on dit cette maison maudite. Mais Victor est bien trop rationnel pour y croire. Trop humaniste aussi pour ne pas vouloir démêler une autre série d’assassinats, moins populaires, commis à l’encontre de prostituées. En cette fin de XIXe siècle, des bas-fonds madrilènes aux hautes sphères de l’aristocratie, règne la même horreur… les mêmes ombres déroutantes, les mêmes sinistres fantômes. Victor Ros devra se montrer pugnace pour remonter les fils d’Ariane qui traversent la ville et qui mènent aux coupables.

 

Mon avis : 

Le mystère de la maison Aranda est la première enquête qui met en scène Victor Ros, ancien délinquant qui est aujourd’hui sous-inspecteur de police. A ses côtés, on plonge au cœur de l’Espagne à la fin du XIXe siècle, pour enquêter sur deux affaires mystérieuses.

J’ai vraiment aimé ce roman et c’est presque un coup de cœur. J’ai juste un bémol à émettre sur la fin. Non pas qu’elle ne soit pas réussite mais elle n’est pas a mon gout. En effet, je n’aime pas les romans policiers ou la solution arrive comme un cheveu sur la soupe et qu’ensuite, l’enquêteur entame un long monologue pour nous expliquer comment il en est arrivé à cette conclusion.

Mis à part, cette construction de roman que je n’ai pas vraiment apprécié, j’ai adoré le reste. Victor est très attachant, flic zélé, attendrissant à cause des sentiments qu’il développe pour la jolie Clara, il est drôle, naïf parfois mais extrêmement malicieux grâce à sa jeunesse qui n’a pas été toute rose.

Les enquêtes sont prenantes, j’ai aimé le dénouement de l’affaire sur la maison hantée. L’enquête sur la mort des prostituées est un peu plus tirée par les cheveux mais n’en reste pas moins agréable a lire.

Cette saga a été adaptée sur petit écran, et je suis curieuse de voir ce que cela peu donner. Sans doute plus par curiosité de me plonger dans le passé plutôt que pour le coté palpitant des intrigues. En tout cas, je trouve ce premier tome plutôt réussi et je lirai la suite. 

 


 


vendredi 27 novembre 2020

Derrière les portes du café des chats


 Résumé : 

Pas besoin d'avoir sept ou neuf vies, il suffit d'être heureux dans celle-ci ! A l'aube de ses quarante ans, Nagore a le sentiment que sa vie est un fiasco. Elle vient de rompre avec son copain, de quitter son boulot à Londres et de retourner vivre à Barcelone, où elle doit tout reconstruire de zéro. Le seul travail qu'on lui propose est serveuse dans un bar à chats, le Neko Café, or elle déteste les chats ! N'est-ce pas le sort qui s'acharne ainsi sur Nagore ? Lorsqu'elle pousse la porte du café des chats et qu'elle entrevoit non pas un, ni deux, mais sept félins, Nagore s'attend à vivre un nouveau désastre.
Mais c'est sans compter sur la malice et le pouvoir de ces chats, au caractère bien trempé. Et si cette expérience était pour Nagore l'occasion de se confronter à ses peurs et à ses blocages ? A mesure qu'elle côtoie ses nouveaux " amis ", elle découvre sept maîtres de vie prêts à lui délivrer une part de leur sagesse, à lui enseigner comment s'accepter, relativiser, garder l'esprit ouvert et, qui sait, retrouver le chemin du bonheur !

Un joli roman feel good, frais et attachant, sur l'infinie sagesse des chats, comme une invitation très féline au bonheur.

 Mon avis :

Derrière les portes du café des chats est un livre qui fait du bien. Si vous avez envie de souffler et décompresser en ces temps difficiles c’est le livre idéal.

Nagore, la quarantaine, reprend sa vie en main après une rupture sentimentale douloureuse et dix ans passés à Londres, la voici de retour à Barcelone. Pas facile pour elle de joindre les deux bouts et elle a du mal à trouver un travail. Jusqu’au jour où elle est embauchée dans un café à chats, seulement il y a un hic, elle a peur des chats….

Ce roman est une bouffée d’oxygène, mon seul bémol serait qu’il est bien trop court. Mais c’est une lecture idéale pour un après-midi d’hiver accompagné d’une tasse de café.

On apprend beaucoup sur les félins et leur sagesse donne de bonnes leçons de vie aux humains. C’est une jolie histoire, qui se lit comme un conte de fée avec une happy end qui fait plaisir.

Je n’ai encore jamais mis les pieds dans un café à chats mais j’avoue que l’expérience me tente bien. Et puis j’ai adoré redécouvrir en toile de fond Barcelone, ville que j’ai eu la chance de visiter il y a quelques années de cela. Une évasion en période de confinement est toujours la bienvenue.