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vendredi 10 juin 2022

Mathilde ne dit rien


 Résumé : 

La fin de la trêve hivernale approche, et Mathilde découvre que ses voisins sont menacés d'expulsion. Les recours légaux n'ont rien donné. Mathilde n'a pas toujours été travailleuse sociale. Mathilde porte en elle de sombres secrets. Mathilde ne dit rien, mais Mathilde va prendre les choses en main. Dans ce premier roman des Chroniques de la place carrée, suspense et tension viennent bouleverser le portrait d'une femme brisée qui fait face à son dernier choix : se battre ou disparaître.

Mon avis


Lu dans le cadre du Prix du Bureau des lecteurs Folio – RTL

Mathilde ne dit rien est un bon roman mais qui malheureusement a quelques petits défauts qui m’ont dérangé.

Mathilde est personnage atypique, une femme sans histoire au premier abord mais son passé est dévoilé au fur et à mesure des chapitres, nous montre qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

L’ambiance lourde de la banlieue et des travailleurs sociaux est très bien décrite et donne beaucoup de réalisme au roman. La France des gilets jaunes est présente en toile de fond, l’auteur a de bonnes réflexions sur la France et le monde d’aujourd’hui.

La construction sur 7 jours est comme un compte à rebours ou la tension progressivement monte au fil du récit. Entre temps, on assiste à des flashbacks dans le passé de Mathilde qui nous permettent de mieux la cerner. C’est une construction efficace, qui ménage le suspense et un fois commencé, il est difficile de lâcher le roman.

Mais il y a pour moi un bémol, c’est le scénario de l’intrigue que j’ai vraiment trouvé tiré par les cheveux. Mathilde qui s’introduit chez ce couple, son excès, sa personnalité, tout ça m’a paru bien peu crédible. L’intrigue est originale, mais peut-être un peu trop pour moi.




mercredi 9 juin 2021

Seule la haine


 Résumé :

Persuadé que Larry Barney, psychanalyste spécialisé dans les troubles de l'adolescence, est responsable du suicide de son frère, Elliot, quinze ans, se présente armé dans son cabinet.
Séquestré, Larry n'a d'autre choix que de laisser le jeune homme lui relater les derniers mois. Mais très vite, c'est l'escalade de l'horreur: Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l'abject et de l'inhumanité.
Au fil du récit, tandis que les détails se succèdent, une seule idée l'obsède: celle de s'en sortir, à tout prix...

 Mon avis : 

Seule la haine avait tout pour me plaire mais je ressors un peu déçue par cette lecture…

On fait la connaissance d’Elliot, quinze ans, qui prend en otage un psychologue. J’ai beaucoup aimé la partie en huis-clos avec toute la tension qui est présente au fil des pages. C’est un exercice périlleux mais l’auteur s’en sort très bien.

Niveau personnage, je suis moins convaincue : Elliot, tout d’abord, me semble peu crédible. Certes il est surdoué mais il tient vraiment des propos beaucoup trop adulte pour son âge. Je n’ai pas réussi a vraiment le cerner. Le personnage du psy est lui assez déconcertant et je trouve qu’il doute beaucoup et qu’il a une manière étrange de gérer cette situation.

J’ai trouvé que le récit était parfois confus et qu’on sautait un peu du coq à l’âne. Parfois, Elliot allait enfin se dévoiler un peu et l’on allait connaitre ses motivations et hop, on rebondissait sur une autre pensée du psy. Je me doute bien que l’auteur veut préserver le suspense mais la démarche m’a parfois semblait maladroite. De ce fait, il y a quelques petites longueurs par-ci par-là malgré le fait que le roman est court.

Je ne pense pas que le roman soit pour autant mauvais, il y a énormément de potentiel mais je n’ai pas réussie a rentrer pleinement dans le récit. Dommage.


Extraits : 

Il arrive quelquefois que la détresse soit si grande pour les adultes qu’ils en oublient celle des enfants qui gravitent autour d’eux, suppliant des explications qui parfois ne viennent pas. L’effet est souvent désastreux. Les mensonges détruisent l’être, mais l’ignorance torture l’esprit. Elle est plus vile, car invisible, elle s’implante dans la tête, provoque des idées noires et à terme, la pousse dans les méandres de la folie. 

 

« Elliot, pourquoi as-tu apporté cette arme dans mon cabinet ? »
Son regard se voile soudain.
« Parce qu’à mes yeux vous êtes en grande partie fautif.
– De… sa mort ?
– De son suicide ! »
Je suis pris de court. J’ignorais ce détail. Et je n’ai pas l’habitude que les rôles soient ainsi inversés. Puis, je suis pris d’un doute. Un furieux doute qui me noue le ventre et me sèche la gorge. Un doute qui va au-delà de tout ce que j’avais pu imaginer.
« Qui est-ce ? Quel est le nom de ton frère ?
– Quel était son nom ! » me reprend-il.
Dans un geste de folie, Elliot retourne soudain l’arme contre lui, et j’imagine déjà l’horreur. Il va se faire sauter la cervelle ici, devant moi. Il va se loger une balle en pleine tête et souiller mon cabinet d’éclats d’os et de morceaux de cervelle, et contaminer la pièce entière de l’odeur de la mort ! Et je n’aurais rien pu faire pour l’éviter !
Le gosse se fiche alors le canon du revolver dans la bouche, ferme les yeux et imite le geste du tir. Il bascule sa tête en arrière et émet un son rauque, un son totalement absurde et incohérent, un son sorti tout
droit de ces mauvais films de série B qui tentent d’approcher avec un minimum de professionnalisme l’agonie d’un mourant.  



« Je m’appelle Elliot. J’ai 15 ans aujourd’hui. Mon nom de famille ? Il n’a aucune importance. En tout cas pas maintenant, à l’instant où je vous parle. L’important ici, en ce moment précis, c’est que j’ai apporté un flingue. Il reste quelques balles dedans. Et je m’apprête à tuer un homme… »

samedi 8 mai 2021

Et pour le pire


 Résumé :

Bénédicte et Vincent auraient pu vieillir paisiblement ensemble. Malheureusement, le destin en a décidé autrement, il y a vingt ans…
Vingt ans. Vingt ans à attendre… à attendre que les assassins de sa femme sortent de prison.
Depuis vingt ans, Vincent Dolt n'a qu'une seule idée en tête : venger sa douce Bénédicte…
Depuis vingt ans, seule la haine le maintient en vie.
Mais une vengeance n'est jamais simple, surtout à 86 ans.
Il a vécu le meilleur, il se prépare au pire…

 Mon avis : 

Je débute cette critique en remerciant les éditions Taurnada et plus particulièrement Joël pour l’envoi de ce nouveau titre à paraitre dans les jours qui viennent.

J’ai beaucoup de mal à vous parler de ce roman car je suis bien incapable de dire si j’ai aimé ou pas. Je crois qu’avec les nombreux coups de cœur que j’ai pu avoir avec les romans parus chez Taurnada, la barre est maintenant très haute et j’ai été dérangé par certains aspects de ce nouveau thriller.

Commençons par le positif : Vincent est sans aucun doute le personnage le plus atypique de tous les romans que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. L’auteur a été très audacieux sur ce coup la car difficile d’imaginer un thriller palpitant avec comme personnage principal, un papi de plus de quatre-vingt ans. Et pourtant, ça marche parfaitement bien. Il n’a pas froid aux yeux, ni sa langue dans sa poche, et est avide de vengeance.

Le rythme est efficace, les journées se répètent parfois mais c’est le quotidien d’une personne âgée qui veut ça. Pourtant pas de temps mort, le suspense est présent dès les premières pages.

C’est un roman qui est aussi très drôle, il faut dire que Vincent a une sacrée repartie, il se qualifie lui-même de vieux con, et ne rate jamais une occasion de dire franchement ce qu’il pense.

Mais (et oui il y a un mais), j’ai été gêné par la violence décrite dans ces pages, le calvaire de Bénédicte par exemple. Je n’ai pas compris pourquoi l’auteur a inclus ça dans le livre car cela laisse un sentiment de malaise. Peut-être qu’il s’agit de justifier le sentiment de vengeance de Vincent ? En tout cas, c’est très dérangeant.   

Enfin, j’ai trouvé que le scenario manqué un peu de crédibilité. En effet, tout arrive un peu trop facilement, ou manque d’explication. Vincent qui arrive à voler un chien dans un refuge aussi facilement que d’attraper un livre sur une étagère alors qu’il a quatre-vingt ans passé et des difficultés pour mettre ses chaussures sans chausse-pied par exemple. Ou encore la scène du supermarché ou les vigiles agressent Vincent et sa voisine qui justement est policière et provoque une bagarre qui semble tellement improbable. J’ai eu beaucoup de mal à m’identifier a un personnage ou à rentrer dans ce roman.

Ca n’en reste pas moins un bon roman, qui se lit très vite et avec lequel on passe un bon moment.


Extraits : 

Elle ne se fâchait pas souvent, ma Bénédicte, mais lorsque cela lui arrivait son vocabulaire était aussi fleuri que celui d’un capitaine Haddock non censuré.  


Vers 21 heures, la sonnette d’entrée retentit de nouveau. Je m’apprêtais à éteindre pour aller me coucher. La télévision est une compagne dans ma solitude, mais passé une certaine heure, je me dis qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné. 

 

Après avoir dégusté le succulent repas préparé par Bao, nous passons sur la terrasse ombragée. Les saveurs des épices tournent encore dans ma bouche. Le soleil déchaîné, l’accent léger mais bien présent de mes hôtes, et pendant quelques instants je me crois revenu au Sénégal. Et bon sang ! je me sens aussi bien que le curé lorsqu’il se tripote en écoutant les cochonneries que ses ouailles lui balancent dans le confessionnal.  


C’est la sonnette de l’entrée qui me réveille. J’ai dormi comme un loir, il est 9 heures, je n’ai pas dû me lever aussi tard depuis la mort de Pompidou en 1974.