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samedi 16 mai 2026

Le camino


Résumé : 
La mort rôde toujours et son visage n'est jamais le même.

Lotte Bonnet, chocolatière-confiseuse à la carrière florissante, vit heureuse aux Pays-Bas avec son époux Emil, un ancien réfugié bosniaque. Après le cancer qu'il vient de vaincre, rien ne la prépare à la nouvelle brutale qu'elle s'apprête à recevoir : Emil s'est suicidé alors qu'il marchait sur le chemin de Compostelle, pour fêter sa guérison.

Dévastée, Lotte se rend en Bosnie pour disperser ses cendres. Là, elle découvre l'impensable : l'homme qu'elle a aimé n'était pas celui qu'il prétendait être. Le passé sanglant de ce pays l'a-t-il poussé à mentir sur son identité ? Lotte décide de faire le Camino, dans les pas de son mari, afin de comprendre. Mais quelqu'un l'observe. Quelqu'un prêt à tout pour enterrer le passé.

Un thriller haletant, entre quête personnelle et mémoire collective, porté par une tension constante et une profondeur historique saisissante.

Mon avis : 
Le Camino d’Anya Niewierra est un roman qui m’a profondément marqué, malgré quelques longueurs dans les premiers chapitres qui peuvent parfois ralentir le rythme. Mais au final, cela n’enlève rien à la force de l’ensemble du roman, bien au contraire : j’ai vraiment adoré cette lecture.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la manière dont l’autrice entremêle l’intime et l’Histoire. À travers Lotte, on suit un double cheminement : celui du deuil, avec la perte de son mari, et celui, plus vertigineux encore, de la quête de vérité sur le passé de cet homme qu’elle pensait connaître apres toutes ses années ensemble. Lotte est un personnage très attachant, sincère dans ses doutes, courageuse dans sa démarche, et profondément humaine.

Le cadre du Camino apporte une dimension supplémentaire au récit. Bien au-delà de l’aspect religieux, c’est ici un espace de réflexion, de transformation et presque de renaissance. C’est un pèlerinage qui m’attire moi-même pour ces raisons-là : son poids historique, sa richesse culturelle et cette dimension spirituelle ouverte, accessible à chacun.

Enfin, l’arrière-plan historique lié à l’ex-Yougoslavie est sans doute l’un des aspects les plus fascinants du roman. Complexe, parfois dur, mais remarquablement bien restitué, il apporte une profondeur inattendue à l’intrigue. On sent un vrai travail de documentation, au service d’une histoire à la fois personnelle et universelle.

Un roman prenant, intelligent et émouvant, qui donne autant à réfléchir qu’à ressentir.

dimanche 20 juillet 2025

Au crépuscule

 

Résumé : 
En 1963, Frieda rencontre Otto, un homme marié avec lequel elle entame une histoire d'amour tumultueuse. Quand elle tombe enceinte, un scandale dans son milieu catholique très strict, elle est obligée d'abandonner l'enfant. Tout au long de sa vie, elle en dissimule le douloureux souvenir. Mais au soir de sa vie, Frieda ose affronter son histoire et part à la recherche de ce qu'elle a perdu.

Mon avis : 
Il y a des romans dont on ressort chamboulé, émue et touché et Au crépuscule va rester gravé dans ma mémoire pour un bon bout de temps. 

Frieda est une dame âgée qui a du mal a se déplacer et dont le mari, Louis vient de mourir. Ne pouvant plus vivre seule, son fils l'envoie en maison de retraite. C'est pour elle l'occasion de se replonger dans ses souvenirs et sa rencontre avec Otto, en 1963 alors qu'elle n'avait que 16 ans. Otto était douze ans plus vieux et surtout déjà marié. Cette rencontre va changer sa vie pour toujours et la fin tragique de leur histoire aura des conséquences sur la vie de Frieda. 

Je ne connaissais pas du tout cet auteur hollandais mais j'ai adoré son écriture. Le récit est bien écrit, les chapitres alternent entre présent et passé pour reconstituer la vie de Frieda. On devine son secret, et le poids de tous ses non-dits au fil des pages, mais c'est apporté avec énormément de pudeur.

Ce roman est vraiment une magnifique découverte. 

vendredi 22 mars 2024

La ville dévastée

 

Résumé : 
14 mai 1940. La ville de Rotterdam est dévastée par le bombardement le plus violent que les Pays-Bas aient jamais connu. Les rues animées et joyeuses que Katja chérissait depuis son enfance ne sont plus que gravats fumants arpentés par les nazis. Miraculeusement rescapée, la jeune femme doit se rendre à l'évidence : quelque part sous les décombres gît sans doute la moitié de sa famille et de ses amis.
Avec le soutien de son mari Daniel, elle accueille ses frères et soeurs survivants, mais la connivence de ses beaux-parents envers les exactions nazies, le deuil de ses proches impossible à faire, les rations alimentaires de plus en plus rares et la mise au ban progressive et fatale de la population juive de la ville mettent en danger son avenir...
Simone van der Vlugt raconte une femme précipitée dans un rôle de mère qu'elle n'était pas prête à assumer, et dont le formidable courage n'a d'égal que l'amour porté à sa famille. Avec une grande puissance d'évocation, elle interroge : comment rester fidèle à ses valeurs humanistes et protéger ceux qu'on aime quand le monde autour de soi est devenu cendres ?

Mon avis : 
Avec La ville dévastée, on suit le déroulement de la Seconde Guerre mondiale à Rotterdam avec la famille de Katja.

J’ai appris beaucoup avec ce roman, je ne savais pas que les Pays-Bas avait tant souffert pendant la guerre et l’on ressent énormément de compassion pour ses habitants qui subissent chaque jour : la peur, la faim, le froid, la résistance, la clandestinité, la trahison.

On voit que l’auteure a fait un gros travail de recherches car il y a énormément de détails, peut-être un peu trop a certains passages mais cela n’a pas gâcher ma lecture. Je ne sais pas si tous les faits sont exactes mais j’ai tout de même un peu de mal à croire que les gens avaient autant d’information à l’époque. Mes grands-parents ont connu la guerre en France et m’ont toujours dit qu’ils ne savaient rien.

En tout cas, je me suis attachée à cette famille, on s’imagine forcément à leurs places et on se demande quel choix on aurait fait.



dimanche 24 janvier 2021

Le prénom de mon Oncle


 Résumé : 

Un roman riche et puissant sur le poids de la mémoire. Une enquête passionnante qui mêle le personnel et l'historique.

Marjolijn, trente ans, a toujours pensé nommer son premier fils Frans, en hommage à son grand-oncle - comme elle l'avait promis, plus jeune, à sa grand-mère. Mais de ce légendaire " cousin à la bombe " qui aurait fait exploser l'immeuble d'un collaborateur en 1946 à Amsterdam et dont elle porte depuis des années la chevalière, elle ne sait rien.

Sa grossesse lui fait soudain considérer cette promesse sous un jour nouveau et elle se lance dans une quête qui a désormais quelque chose d'urgent et d'indispensable. Qui était vraiment l'oncle Frans ?

Peu à peu, le héros décoré par le général Montgomery et organisateur d'une série d'actions spectaculaires se révèle sous un jour plus sombre et la mythologie familiale si étincelante se délite.

Mon avis : 

Je suis bien embêtée au moment d’écrire ma critique sur ce roman, terminé il y a déjà quelques jours, car je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non. J’ai trouvé l’intrigue intéressante mais je n’ai pas réussi à m’attacher à l’héroïne ce qui m’a empêché de bien apprécier ce livre.

Marjolijn a fait une promesse à sa grand-mère, appeler son fils Frans comme l’oncle, héros de la famille qui a commis un attentat contre des collaborateurs à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Une promesse qui aujourd’hui prend toute sa grandeur car notre héroïne est enceinte de son premier enfant. Mais qui est vraiment cet oncle Frans ? Elle va mener l’enquête sur le passé familiale.

Comme je le disais plus haut, impossible de m’attacher à Marjolijn. J’ai pourtant récemment eu deux enfants qui ont aujourd’hui 19 et 6 mois, je n’ai absolument pas réussi à m’identifier à elle, a revivre mes grossesses grâce à elle. Je ne sais pas si c’est les hormones, mais je l’ai trouvé extrêmement détachée de sa grossesse, s’obsédant dans son enquête sur Frans aux risques et périls de sa santé et de son bébé.

L’histoire de Frans est intéressante et j’ai aimé en apprendre d’avantage sur lui, mettre un visage humain avec des défauts sur le héros de départ. J’ai aimé découvrir tout le travail de recherche, d’abord avec les membres de la famille puis aux archives, sur le net. Tout ce travail de fourmi est passionnant et donne envie de faire des recherches sur sa propre famille.

J’ai aimé le voyage au Pays-Bas, quand on pense à ce pays, c’est nécessairement à Amsterdam, parfois Rotterdam mais on n’imagine rarement plus. Hors ici, j’ai adoré visiter d’autres parties du pays moins touristiques, de sortir des sentiers battus. C’est aussi intéressant de vivre et découvrir la Seconde Guerre mondiale, la résistance, la collaboration ou encore l’occupation allemande d’un autre œil que celui des français et on remarque beaucoup de similitudes avec notre histoire nationale.

C’est un cours roman qui se lit vite, j’ai aimé la plume de Marjolijn Van Heemstra même si j’ai encore un petit bémol à apporter. J’ai été dérangé par les personnages secondaires dont on ne cite jamais les prénoms et qui sont simplement cités par une simple lettre : D. ou encore A. Je trouve dommage de réduire des personnages de cette façon car ça contribue à la difficulté a vraiment rentrer dans l’histoire. En tout cas, ce roman a éveillé ma curiosité et j’espère que l’auteure en écrira d’autres que je m’empresserai de lire pour me faire une autre opinion.

Pour finir, j’ajouterai que j’adore la couverture de l’édition 10/18 que je trouve pleine de mystères et qui m’a donné envie de lire ce roman.


Extraits : 

Je pense au cartographe qui a dessiné la carte de l’Antarctique. A-t-on déterminé pour lui la quantité de blanc qu’il devait y mettre ? Y a-t-il eu concertation à propos de l’opportunité ou non d’inscrire sur la carte l’une ou l’autre superficie encore non découverte ? Comment représente-t-on L’inconnu ? Tout commence par l’échelle, évidemment. Un sur autant. Telle est la première question du cartographe : quelle échelle utiliser ? 

 

J’ai toujours pensé que la grossesse rapprochait l’homme et la femme. Ce cliché est omniprésent : sur les sites de naissance, dans les journaux féminins, dans les brochures qu’on trouve chez la sage-femme, et sur la cheminée des jeunes parents, on voit une photo montrant le futur père, derrière sa compagne, qui pose tendrement les mains sur son gros ventre. Cette image est censée illustrer le lien qui unit les deux futurs parents. Maintenant seulement j’en comprends la vraie signification : l’homme se cache, et il s’accroche à ce gros ballon de chair parce que lui-même a les mains vides. Hormis les moments où il peut partager un tout petit bout de l’expérience de la grossesse – à l’échographie, aux premiers mouvements du bébé visibles sous la peau –, il n’a aucune prise sur ce qui se passe. La grossesse tout entière instaure un processus de distanciation à vitesse grand V. Un des deux membres du couple prend des allures de baleine, devient d’une faiblesse affligeante, se met à pleurer pour un oui ou un non, se dédouble, doit constamment faire face à un scénario de science-fiction, devant assumer la présence en son sein d’un étranger qui grandit en elle. Et l’autre, pendant ce temps-là, eh bien, l’autre demeure pareil à lui-même.  


Cela a quelque chose d'absurde pour moi de retrouver sur de simples courriers de la mairie des dates que j'associe à la guerre et aux camps de concentration. En octobre 1944 aussi, les gens payaient des taxes et des amendes pour excès de vitesse. J'ai toujours envisagé l'occupation des Pays-Bas comme une période d'anarchie et de chaos. de paralysie des institutions. Or, en novembre 1941, Frans souscrit une assurance vie pour 71,30 florins. La boîte contient vingt-huit amendes pour excès de vitesse. Sur les autoroutes d'avant guerre, la vitesse autorisée était manifestement de soixante kilomètres heure ; Frans faisait régulièrement du quatre-vingts. Durant l’Occupation, il ne commet plus d’excès de vitesse, mais il reçoit sept procès-verbaux pour stationnement interdit et un autre pour conduite a contresens.

dimanche 1 octobre 2017

En mer

Résumé : 

Las du quotidien de sa vie de bureau, Donald décide de partir naviguer seul pendant trois mois en mer du Nord. Maria, sa fille de sept ans, le rejoint pour la dernière étape qui doit les ramener du Danemark aux Pays-Bas, où ils retrouveront sa femme.
Mer étale, complicité entre le père et la fille: la traversée s annonce idyllique. Mais rapidement, les nuages noirs se profilent à l horizon, et Donald semble de plus en plus tourmenté. Jusqu à cette nuit cauchemardesque où Maria disparaît du bateau alors que la tempête éclate...

Mon avis : 

Voila longtemps que je voulais lire  En mer et je dois dire que je ne suis pas déçue, bien au contraire. Toine Heijmans nous livre ici un roman très court mais tellement intense qu'on le dévore d'une traite. 

On fait la connaissance de Donald, qui prend trois mois pour partir réaliser un rêve de longue date : naviguer en solitaire sur un voilier. Pour conclure cette aventure, il embarque sa fille de sept ans pour une dernière escale : "Elle comprenait ce qui allait se passer. D'après moi, elle en avait même envie. Quelques jours seule avec son père, le pirate. Oui, elle se sentirait comme Fifi Brindacier. une enfant qui ne recule devant rien. Dans les bras de son père, et dans les bras de la mer."
Mais tout ne se passe pas vraiment comme prévu... 
"Ce fut mon choix à moi. Je voulais l'aventure. Quand on lit des livres d'aventure, on lit des récits de héros. L'homme contre l'eau. L'homme contre la montagne. L'homme contre la jungle, contre la nature. Mais maintenant que moi-même je me retrouve dans une aventure, ça n'a rien de romantique. Ici règne un froid de pierre.
Les gens normaux évitent l'aventure - ils ont raison. Quand tu escalades une montagne, ton sort est entre les mains de la montagne. Qu'est-ce que ça peut lui faire, à la montagne, si tu tombes?
"

Le suspense monte progressivement et la construction du roman est habile : des le départ on sait qu'il se passe quelque chose de grave mais l'auteur choisit un flashback pour nous faire doucement patienter. Il joue avec ses lecteurs avec cette fin qui bouscule toutes nos certitudes de lecture. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman et cette première rencontre avec l'auteur. Le personnage de Donald est lui aussi attachant même si au final, il reste un grand mystère. Je reste sur ma fin et je suis curieuse de savoir ce qu'il est devenu après son arrivée au port....

lundi 27 mars 2017

Petits meurtres entre voisins

Résumé : 

Karen et Michel ne regrettent pas d'avoir quitté la capitale pour le petit village où ils viennent de s'installer. En plus d'un rythme de vie apaisé, ils ont trouvé un cercle social des plus grisants : un groupe d'urbains convertis aux bienfaits de la campagne qui partagent comme eux le goût de la bonne chère, des boissons et de l'argent. Ensemble, ils fondent un club et passent leur vie les uns chez les autres.
Subrepticement, pourtant, l'équilibre vacille. Un violent incendie éclate en pleine nuit chez un des couples, tuant le mari. Autour de cette mort brutale, les jalousies et les rancœurs commencent à affleurer : adultère, soupçons de malversations. Et lorsque, quelques jours plus tard, un autre membre se défenestre depuis une chambre d'hôtel, le doute s'installe pour de bon. Puis la peur. Puis l'angoisse : un assassin se cache-t-il parmi eux ?..

Mon avis : 

Petits meurtres entre voisins est un thriller efficace que j'ai beaucoup aimé. Je découvrais la plume de Saskia Noort pour la première fois et je suis conquise.

Ici, pas de sang, de descriptions morbides mais un suspense qui monte au fils des pages. On fait la connaissance de Karen et Michel, un couple qui a décidé de quitter la ville pour s'installer à la campagne. Ils se font vite des amis et mènent une vie tranquille. Jusqu'au jour où un incendie ravage une des maisons du quartier et cause la mort d'un homme. Très vite les tensions, secrets et autres rancœurs vont faire surface.

C'est un roman habillement construit, comme toujours j'ai soupçonné tous les personnages sauf le bon et bien évident, la fin m'a totalement surprise. Le suspense omniprésent, fait que l'on tourne les pages à grande vitesse et il est difficile de le lâcher une fois commencer. C'est donc une belle découverte et j'ai hâte de découvrir d'autres romans de l'auteur.

jeudi 16 février 2017

Le dîner

Résumé : 


Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam. Hors-d'œuvre : le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition. Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?

Mon avis :

Le dîner était depuis longtemps dans ma PAL depuis longtemps et je me suis enfin lancée à la découverte d'un roman d'Herman Koch. Si le début d'un roman s'annonce comme un dîner de famille plutôt banal entre deux couples, très vite le roman prend une tournure beaucoup plus noire. On comprend rapidement qu'un secret entoure les enfants des deux couples. Ils évitent le sujet aussi longtemps que possible mais l’atmosphère est tendue.

C'est un roman habilement construit : un huis-clos oppressant, des chapitres qui se divisent par le nombre de plats que les couples consomment et des révélations qui arrivent au compte goutte. Les personnages sont tous complexes, sombres, plein de secrets et cachent pas mal de secrets. Le roman m'a beaucoup fait penser a Carnage de Yasmina Reza dans sa construction. Je comprend maintenant le succès de ce livre au Pays-Bas. Le roman a d'ailleurs été adapté au cinéma et je serai curieuse de découvrir ce que cela peut donner à l’écran. 

Lu dans le cadre du challenge :
- ABC 2017
- Le tour du monde en 8 ans