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vendredi 10 avril 2026

L'hacienda


Résumé : 
À mi-chemin entre Mexican Gothic et Rebecca, un premier roman mêlant suspense et surnaturel avec pour toile de fond le Mexique après la guerre d’indépendance. Une maison isolée, des phénomènes paranormaux inquiétants et une femme prise dans leurs griffes…

Lors du renversement du gouvernement mexicain, le père de Beatriz est exécuté et sa maison saccagée. Quand le beau Don Rodolfo Solórzano la demande en mariage, Beatriz ne tient pas compte des rumeurs qui entourent la mort soudaine de sa première épouse et pense trouver la sécurité dans sa propriété à la campagne.

Elle fera de ce lieu son nouveau foyer, quoi qu’il en coûte. Mais l’hacienda San Isidro n’est pas le sanctuaire qu’elle imaginait…
Rodolfo se voit bientôt contraint de retourner à la capitale. Très vite, le sommeil de Beatriz est peuplé de voix et de visions.

Des yeux invisibles l’épient en permanence. Sa belle-sœur Juana raille ses peurs. Alors pourquoi celle-ci refuse-t-elle d’entrer dans la maison la nuit venue ? Pourquoi la gouvernante a-t-elle dessiné ces étranges symboles à l’entrée de la cuisine et fait-elle brûler du copal sur le seuil ?

Qu’est-il réellement arrivé à la première Doña Solórzano ?
Beatriz n’a que deux certitudes : le mal habite cette hacienda et aucun de ses occupants ne la sauvera.

Mon avis :
Une très belle découverte avec L’Hacienda d’Isabel Cañas, un roman entre gothique, fantastique et drame historique. J’ai été immédiatement happé par l’ambiance : on sent la chaleur, la poussière, les odeurs, et surtout le poids de ce Mexique d’après l’indépendance, à la fois fascinant et inquiétant. Je ne m'attendais pas du tout au coté fantastique / horreur du roman, je pensais plus lire un roman a l'atmosphère inquiétante, un peu comme Rebecca de Daphné du Maurier. Au final, c'était différent mais ca m'a plu, une lecture qui m'a fait sortir de ma zone de confort.


Beatriz m’a énormément touchée — son courage, sa détermination à s’imposer dans un monde d’hommes et à affronter cette maison pleine de secrets m’ont tenue en haleine. C’est une héroïne forte sans être idéalisée, humaine jusque dans ses moments de doute.


J’ai trouvé quelques longueurs, surtout lorsque Andrés revient sur son passé : ces passages freinent un peu le rythme, même s’ils éclairent des éléments importants de l’intrigue. Mais cela n’enlève rien à la puissance de l’atmosphère ni à la tension qui monte page après page.


Une lecture dépaysante et sensorielle, entre frissons, mystère et émotion. J’ai adoré découvrir le Mexique à travers ce roman — ses traditions, ses paysages, sa spiritualité — autant qu’explorer les ombres et les secrets de l’Hacienda.

dimanche 7 juillet 2024

Un doux parfum de mort

 

Résumé : 
Un bled du Mexique profond, un cadavre de jeune fille, un assassin trop malin pour se faire pincer, un autre "assassin", innocent, mais tant pis, que chacun voudrait coller à la place du vrai, quelques flics joliment pourris... et un brave garçon timide avec les filles que les bonnes gens de l'endroit poussent à jouer les vengeurs de la société outragée... Le roman d'Arriaga se dévore comme une tortilla bien relevée. On n'en dira pas plus, soucieux de laisser au lecteur la surprise de la dernière bouchée... et le plaisir de suivre un romancier particulièrement retors, qui s'ingénie comme aucun autre à brouiller les pistes et les genres. Polar dévoyé, conte d'amour et de mort, vaudeville sanglant arrosé à la tequila : il y a de tout cela dans ce roman d'une noirceur sans mélange - celle des meilleurs cafés... qui empêchent si bien de dormir.

Mon avis : 
Un gros coup de cœur pour ce roman qui nous plonge en plein cœur du Mexique. Le pays est extrêmement bien décrit : les paysages, la chaleur du désert, le conflit entre traditions et modernité. On a aussi un aperçu de la corruption policière et l’on se rend compte que la population préfère faire justice soit même plutôt que d’impliquer les forces de l’ordre. C’est un pays incroyable aux multiples facettes.

Je pensais en débutant ma lecture que cette histoire allait être un vrai roman policier mais pas du tout, c’est un roman complètement a part mais vraiment captivant. C’est surtout l’histoire d’un village, ou un meurtre est commis puis de tous les commérages et mensonges qui suivent le drame. On se rend vite compte que la véritable identité du meurtrier n’est pas importante car tout ce qui compte, c'est que justice soit rendue. Et après une série de quiproquo, l’enquête s’enlise tandis que les esprits s’échauffent et crient à la vengeance.

lundi 13 mars 2023

Untamed Shore

Résumé
Baja California, 1979. Viridiana spends her days watching the dead sharks piled beside the seashore, as the fishermen pull their nets. There is nothing else to do, nothing else to watch, under the harsh sun. She’s bored. Terribly bored. Yet her head is filled with dreams of Hollywood films, of romance, of a future beyond the drab town where her only option is to marry and have children.

Three wealthy American tourists arrive for the summer, and Viridiana is magnetized. She immediately becomes entwined in the glamorous foreigners’ lives. They offer excitement, and perhaps an escape from the promise of a humdrum future.

When one of them dies, Viridiana lies to protect her friends. Soon enough, someone’s asking questions, and Viridiana has some of her own about the identity of her new acquaintances. Sharks may be dangerous, but there are worse predators nearby, ready to devour a naïve young woman who is quickly being tangled in a web of deceit.

Silvia Moreno-Garcia is one of the most exciting voices in fiction, and with her first crime novel, UNTAMED SHORE, she crafts a blazing novel of suspense with an eerie seaside setting and a literary edge that proves her a master of the genre.

Mon avis : 
Untamed Shore est le troisième roman de Silvia Moreno-Garcia que je lis et c’est sans aucun doute mon préféré.

Viridiana vit dans la petite ville de Desengaño, dans l'État de Basse-Californie, au Mexique. La principale industrie de cette paisible station balnéaire est la pêche, et beaucoup continue d’attraper et tuer des requins, bien que cela soit de moins en moins rentable. Le village entier est en déclin avec un tourisme presque tari, alors quand trois Américains arrivent, Viridiana saute sur l’occasion de se faire embaucher. Car la jeune fille en veut plus. Elle aspire à partir pour une plus grande ville où elle pourra choisir la vie qu'elle veut pour elle-même. Elle se distrait avec des livres, des films hollywoodiens et rêve du grand amour.

C’est un roman initiatique, une description très réussite du passage a l’âge adulte ou Viridiana passe de la jeune fille extrêmement naïve a un personnage calculateur qui lutte pour réaliser ses rêves, a n’importe quel prix.

J’ai adoré le rythme très lent du début de roman, qui illustre très bien la lenteur de la vie dans cette petite ville ou il ne se passe quasiment rien. Il y a énormément de suspense, l’ambiance est noire, pleine de mensonges, de manipulations, et chacun a quelque chose à cacher. La fin est complètement inattendue mais extrêmement bien réussite. J’ai vraiment adoré ce roman et j’ai hâte de lire le prochain roman de l’auteure.

mardi 20 décembre 2022

La fille du Docteur Moreau

 

Résumé : 

Carlota Moreau : jeune femme ayant grandi dans une propriété isolée à l’environnement luxuriant, loin des conflits qui secouent la péninsule du Yucatán. Fille unique d’un chercheur soit génial… soit fou.

Montgomery Laughton : marginal, chef d’équipe mélancolique au passé tragique, porté sur la boisson. Aide le docteur Moreau dans ses expériences financées par les Lizalde, propriétaires fortunés de splendides haciendas.

Les hybrides : fruit des travaux du docteur, destinés à obéir aveuglément à leur créateur et à rester dans l’ombre. Monstres mi-humains, mi-animaux formant un groupe hétéroclite.

Tous vivent dans un monde stable et routinier ébranlé par l’arrivée soudaine d’Eduardo Lizalde, charmant et insouciant, fils du mécène du docteur Moreau, qui déclenchera sans le vouloir une dangereuse réaction en chaîne.

Car Moreau a des secrets, Carlota des interrogations, et dans la chaleur accablante de la jungle, les passions pourraient bien s’embraser.

Mon avis : 


Second livre de Silvia Moreno-Garcia que je lis et je suis moins enthousiasme par celui-ci que par Mexican gothic, le précédent.

La fille du Docteur Moreau est une réécriture de L'Île du docteur Moreau de H. G. Wells. Je ne connais pas le roman original mais cela ne m’a pas posé de problème durant ma lecture. Pourtant j’ai trouvé le livre long et sans aucune surprise : la première partie ou Carlota est enfant n’apporte rien à l’intrigue mais installe juste les lieux et les personnages. Une fois celle-ci terminait, on s’attend à un sursaut dans l’intrigue qui n’arrive pas. Le secret de Carlotta tarde arrive alors qu’on la devinait depuis le premier chapitre….

Ce qui m’a aussi dérangé, c’est le manque de narration. En effet, le roman se présente quasi uniquement sous forme de dialogues. Dialogue qui parfois m’ont fait rouler des yeux comme : “Carlota loved everything about Yaxaktun, but most of all she loved her father. He was like the sun in the sky, lighting her days.”

Je suis contente d’etre retournée au Mexique le temps d’une lecture mais ce n’est pas le meilleur roman de l’ateure.

mardi 28 septembre 2021

Mexican Gothic

 

Résumé : 

Après avoir reçu un mystérieux appel à l’aide de sa cousine récemment mariée, Noemí Taboada se rend à High Place, un manoir isolé dans la campagne mexicaine. Elle ignore ce qu’elle va y trouver, ne connaissant ni la région ni le compagnon de sa cousine, un séduisant Anglais.

Avec ses robes chic et son rouge à lèvres, Noemí semble plus à sa place aux soirées mondaines de Mexico que dans une enquête de détective amateur. Elle n’a pourtant peur ni de l’époux de sa cousine, un homme à la fois troublant et hostile, ni du patriarche de la famille, fasciné par son invitée… ni du manoir lui-même, qui projette dans les rêves de Noemí des visions de meurtre et de sang.

Car High Place cache bien des secrets entre ses murs. Autrefois, la fortune colossale de la famille la préservait des regards indiscrets. Aujourd’hui, Noemí découvre peu à peu d’effrayantes histoires de violence et de folie.

Mon avis : 

Mexique, dans les années 50. Noemí est envoyée à High Place par son père qui a reçu une lettre maladroite et suspecte de sa cousine Catalina, récemment mariée. La lettre impliquait qu'elle souffrait d'une maladie mentale et que quelque chose n’allait pas dans le manoir ou elle s’est installée avec son mari Virgil. Noemí s'y rend donc pour vérifier l'état de santé de sa cousine et découvrir la vérité cachée derrière sa lettre. Mais quand elle découvre la maison, elle sent qu’il s’y passe des choses anormales : elle est présentée à la famille de Virgil qui nous ressemble un peu à la famille Addams. Ils sont tous plus bizarres les uns que les autres, vivent selon des règles très strictes, se marient uniquement entre membres de la famille, couvrent les murs de la maison de mariées décédées… Mais il y a aussi une grande tragédie qui affecte encore l'âme de la maison : l’histoire de cette jeune fille qui a tué tous les membres de sa famille avant de se suicider.

Ce récit est captivant, bouleversant, glaçant et effrayant. Il contient énormément d'éléments étranges qui nous alerte : notamment des fantômes, des crises de somnambulisme, de la violence, des effusions de sang, une tension sexuelle. C'est une aventure gothique sombre qui fait froid dans le dos heureusement un soupçon de romance rééquilibre le tout et apporte un peu de légèreté.

J’ai trouvé Noemí extrêmement courageuse puisqu’elle devrait crier à l'aide, s’enfuir à la première occasion, lorsqu’elle rencontre tous ces gens bizarres ou lors de la scène d’agression sexuelle de Virgil mais pourtant elle reste pour sa cousine. C’est un personnage féminin extrêmement forte, têtue et déterminée à être une femme libre et indépendante. Je l’ai trouvé tellement attachante que je suis triste de devoir lui dire au revoir.

Le récit a malheureusement un petit défaut : son rythme. Il ne se passe pas grand-chose dans les 3/4 du roman puis soudain la fin arrive et est très vite bâclée. Tout le début est basé sur le fait que Noemí se morfond dans ce manoir a l’atmosphère étrange et tout s’accélère dans les cinquante dernières pages.

En tout cas j’ai adoré le contexte historique : les années 50 sont vraiment intéressante, on sent que les femmes ont envie d’émancipation mais la société est encore très masculine. Et puis, la façon dont l'auteure a intégré les discussions sur le colonialisme ou le racisme dans l'intrigue est vraiment bien habile. C’est intéressant de découvrir un autre visage du pays car aujourd’hui quand on parle du Mexique, c’est forcément synonyme de drogues et de cartels.



Extraits : 

La réalité du mariage soutenait difficilement la comparaison avec les belles histoires d'amour des livres. Noemí pensait même qu'il s'agissait d'un jeu de dupes. Les hommes se montraient polis et attentionnés lorsqu'ils courtisaient une femme, l'invitant à des fêtes, lui offrant des fleurs, sauf qu’après les noces, les fleurs fanaient vite. Un homme marié n'envoyait pas de lettres d'amour à sa femme. Voila pourquoi Noemí passait d'un soupirant à l'autre : elle craignait toujours que son admirateur du moment finisse par se lasser d'elle. De plus, elle appréciait les plaisirs de la chasse, la joie qui coulait dans ses veines lorsque son numéro de charme fonctionnait. Mais, au final, elle trouvait les garçons de son age sans intérêt, ne sachant parler que de leurs fêtes de la semaine précédente et de celles prévues la semaine suivante. Des hommes trop simples, trop ennuyeux. 'pourtant, la perspective de s'attacher à quelqu'un de plus solide la rendait nerveuse. Elle se sentait prise entre deux feux, le désir d'une relation perenne et l'envie de ne jamais changer, de vivre une jeunesse éternelle.



Lorsque Noemí était encore petite fille et que Catalina lui lisait des contes de fées, cette dernière évoquait souvent « la forêt », l’endroit où Hansel et Gretel jetaient leurs morceaux de pain, ou le Petit Chaperon rouge croisait la route du loup. Enfant de la ville, Noemí avait compris sur le tard que les forets existaient réellement et pouvaient être placées sur une carte. Sa famille passait les vacances dans l’Etat de Veracruz, en bord de mer, sans l’ombre d’un grand arbre en vue. Même après toutes ces années, la forêt restait associée dans son esprit aux images des livres pour enfants, avec lignes au fusain et à-plats de couleur.



Noemí gardait un très mauvais souvenir de sa dernière conversation avec Virgil. Surtout des allégations sur la manière dont elle menait les hommes par le bout du nez. Cela la gênait d’être si mal perçue ; au contraire, elle voulait qu’on l’apprécie. Ce qui expliquait peut-être toutes ces fêtes, le rire cristallin, les belles coiffures, le sourire travaillé. Elle pensait que les hommes avaient le droit de se montrer sévères, comme son père, ou froids, comme Virgil, mais que les femmes devaient savoir se faire apprécier pour éviter les ennuis. Une femme mal perçue devenait une salope, or toutes les portes se fermaient devant les salopes.



Comme toute bonne mondaine, Noemí faisait ses emplettes au Palacio de Hierro, portait du rouge à lèvres Elizabeth Arden, possédait deux jolis manteaux de fourrure, parlait un excellent anglais grâce aux bonnes sœurs de Monserrat – établissement privé, bien sûr – et était censé dévouer ses heures a deux occupations principales : les loisirs et la traque de son futur époux.

dimanche 15 février 2015

Vif comme le désir

Résumé :


«Ce qui m’émeut le plus dans les paroles, c’est leur capacité à transmettre de l’amour. Tout comme l’eau, les paroles se prêtent extraordinairement bien à la conduction du courant électrique. L’énergie amoureuse possède un énorme pouvoir transformateur, et mon père en avait à revendre.»

En plongeant dans le passé de sa famille, Lluvia ressuscite une étonnante histoire d’amour. Celle qui unit Lucha, d’origine bourgeoise, au télégraphiste Jubilo, capable de percevoir les pensées de ceux qui l’entourent. Pourquoi se sont-ils séparés? Lluvia saura-t-elle les réconcilier?

Mon avis :


Ne vous fiez pas au titre qui laisse présager a un roman de plage, une romance a l'eau de rose car ce roman est tout sauf ça. Laura Esquivel m'avait déjà conquise avec chocolat amer, et ce deuxième roman est encore un gros coup de cœur.

C'est une magnifique histoire d'amour que l'on découvre au fil des pages. On s'attache énormément aux personnages, on rit, on pleure, on vit tous les événements de leur vie a leur coté.

Et puis surtout, l'auteur nous fait voyager et l'on part a la découverte d'une autre culture : les mayas, on se promène dans le Mexique du début du XXe siècle.

L’écriture de Laura Esquivel est magnifique, j'ai commencé ce livre hier en début d’après midi et je ne l'ai pas lâché avant d'avoir atteint la dernière page. C'est fluide, poétique, plein de sensualité.

Jubilo et Lucha forment un couple magnifique et l'amour que pour Lluvia a son père est très touchant. On ne sort pas indemne de ce genre de roman et je ne suis pas prête de l'oublier.


Lu dans le cadre des challenges :
- Variété : Un livre traduit d'une autre langue
- Le tour du monde en huit ans : le Mexique