dimanche 3 mai 2026

The truth about Ruby Cooper


Résumé : 
If my sister hadn’t been beautiful, none of it would have happened.

Ruby Cooper and her sister, Erin, live an idyllic life in their close-knit church community in Boston. But when Ruby is sixteen, she is involved in an incident that causes her family’s world to implode.

Across decades, the fallout leaves a wake of destruction behind Ruby in Dublin and Erin in Boston.

Not that Ruby wants to think about the past.

But it can’t stay a secret forever.

Mon avis : 
The Truth About Ruby Cooper est un roman qui frappe juste, sans jamais tomber dans le sensationnalisme. Ce qui le rend si puissant, c’est l’alternance des voix des deux sœurs : Ruby, brisée mais opaque, et sa sœur, plus posée en apparence, qui tente de donner du sens à ce qui leur est arrivé.

Ruby est insaisissable, souvent déroutante, parfois même difficile à aimer. Son rapport au passé est fragmenté, presque fuyant, et c’est précisément ce qui la rend crédible. En face, sa sœur incarne une autre forme de survie : plus rationnelle, plus tournée vers le contrôle, mais tout aussi marquée. Là où l’une explose, l’autre contient — et c’est dans cet écart que le roman prend toute sa force.

Le viol n’est jamais traité comme un simple événement déclencheur, mais comme une onde de choc qui continue de modeler leurs vies d’adultes : leurs relations, leur rapport au corps, à la vérité, à la loyauté familiale. Le livre montre avec une grande finesse comment un même traumatisme peut produire des trajectoires radicalement différentes.

La narration à deux voix entretient un doute constant : qui dit vrai ? que reste-t-il de fiable dans les souvenirs ? Cette tension donne au roman une profondeur psychologique rare.
Un livre intense, intelligent, et profondément humain — de ceux qui restent en tête longtemps après la dernière page.

Le père et l'étranger


Résumé : 
Diego et Walid font connaissance dans la salle d’attente d’un centre pour enfants gravement handicapés, où l’un et l’autre mènent leur fils chaque jour.Une amitié se noue entre eux, mais tandis que Diego parle volontiers de lui, de sa culpabilité, de la quasi-impossibilité de communiquer avec son enfant, du malaise de sa confrontation au monde, Walid reste sur la réserve. L’Arabe l’entraîne un soir dans une fête orientale, où Diego rencontre une fascinante danseuse du ventre, puis Walid disparaît. Des agents secrets prennent contact avec lui pour lui demander de les aider à retrouver Walid, qu’ils dépeignent sous les traits d’un terroriste. En superposant l’intrigue prenante d’un roman d’espionnage à la description du vécu douloureux des pères d’enfant handicapé, De Cataldo renonce ici à son détachement habituel devant les folies du monde. Dans un récit tout en émotion retenue, il conte à la fois l’histoire d’une amitié entre hommes de civilisations diverses et les profondeurs de l’amour pour les plus faibles d’entre nous, enfermés à jamais dans une hermétique prison mentale.

Mon avis : 
Une courte lecture, mais une belle intensité. Dans Le père et l’étranger, Giancarlo De Cataldo signe un roman bref et touchant (presque une longue nouvelle), porté par la rencontre de deux hommes que tout semble opposer, mais que rapproche une douleur commune : être père d’un enfant lourdement handicapé.

J’ai beaucoup aimé cette amitié discrète, fragile, presque pudique, qui se construit dans la salle d’attente d’un centre de soin et gagne peu à peu en profondeur. Le roman évite le pathos facile et dit beaucoup en peu de pages, avec une émotion retenue qui rend chaque geste, chaque silence, très fort.

Walid est sans doute le personnage le plus fascinant du livre. Il reste insaisissable, élégant, secret, et l’on se surprend sans cesse à se poser des questions sur son passé, ses intentions et ce qu’il cache vraiment. Cette part de mystère nourrit toute la lecture et donne au roman une tension particulière, presque en contrepoint de la douceur de leur lien.

Ce que j’ai surtout retenu, c’est la justesse avec laquelle le livre parle de la paternité, de la honte, de la culpabilité, mais aussi de la solidarité entre deux êtres que la société regarde souvent de travers. Un très beau texte, à la fois humain, intime et dérangeant, que l’on referme avec beaucoup de tendresse pour ses personnages et une vraie mélancolie.

vendredi 1 mai 2026

Le chant des innocents


Résumé : 
Lorsque la police arrive, la scène du crime est glaçante : 85 coups de couteau et une gamine de treize ans. Mais ce n’est pas la victime... c’est la meurtrière. Elle est restée là, le poignard encore levé, un sourire diabolique aux lèvres. Quand d’autres crimes violents sont commis par des jeunes collégiens, l’inspectrice Teresa Brusca demande au commissaire Strega, suspendu suite à un ”accident”, d’enquêter officieusement avec elle. Très vite, Strega a l’intuition que ces adolescents tueurs sont unis par un secret. Mais lui aussi a sa part d’ombre. Brillant policier, il est obsédé par un besoin inassouvi de justice qui le met parfois en rage. Face à ces crimes d’enfants, il est prêt à tout pour apaiser en lui le chant assourdissant des victimes.

Mon avis : 
J’ai eu beaucoup de mal à lâcher Le chant des innocents. Dès les premières pages, je me suis laissé happer par cette construction en chapitres très courts, presque saccadés, qui donnent un rythme addictif au récit. Je me disais “encore un”, et forcément, j’en lisais cinq de plus.

Mais ce qui m’a vraiment accroché, ce sont les personnages. Vito Strega, en particulier, m’a marqué. C’est un flic abîmé, clairement, mais jamais caricatural. On sent ses failles, ses obsessions, sans que l’auteur en fasse trop. Je l’ai trouvé profondément humain, parfois même touchant, ce qui n’est pas si fréquent dans ce type de polar.

L’enquête m’a tenu en haleine du début à la fin. J’ai aimé la manière dont Pulixi installe une tension constante, sans effets gratuits. Plus j’avançais, plus j’avais envie de comprendre, et certaines pistes m’ont vraiment surpris.

Au final, c’est un roman qui m’a procuré un vrai plaisir de lecture : prenant, sombre, mais toujours maîtrisé. Une très belle découverte.

mercredi 29 avril 2026

Dans la jungle


Résumé :
Aurélie et Arnaud ont construit la vie dont ils rêvaient : deux enfants, une jolie villa, des vacances à la mer et à la montagne. Pourtant, un soir d'été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider. Le récit remonte leur histoire : la rencontre, le mariage, la mise en place du quotidien puis le malaise qui s'insinue chez Aurélie, la jalousie d'Arnaud et la tension qui monte.

Mon avis : 
Dans la jungle d’Adeline Dieudonné est une vraie claque.
Avec une écriture toujours aussi tranchante, l’autrice parvient à installer un malaise profond à partir de presque rien. Quelques scènes, disséminées dans le temps, suffisent à faire émerger une relation toxique, insidieuse, presque étouffante. C’est d’une précision redoutable, et émotionnellement très juste.

C’est d’ailleurs là que je reste un peu sur ma faim : cette construction fragmentée donne une vision parcellaire du couple. J’aurais aimé une continuité plus marquée, pour m’attacher davantage, pour plonger plus profondément dans leur histoire.
Mais malgré cette réserve, difficile de ne pas être emporté. Le roman est intense, dérangeant, et surtout profondément touchant.

Et cette fin… glaçante, brutale, presque terrifiante. Elle vous reste en tête longtemps après la dernière page.

lundi 27 avril 2026

Woman down


Résumé : 
Après le scandale autour de l’adaptation de son dernier livre, Petra Rose est prise pour cible sur internet. Ruinée, accusée de vouloir seulement la gloire, elle n’a plus écrit depuis des mois. Ses économies fondent et son prochain roman reste bloqué.

Pour sauver sa carrière, elle s’installe dans un chalet au bord d’un lac. C’est là qu’arrive le détective Nathaniel Saint avec des nouvelles inquiétantes : un voisin aurait disparu sans laisser de trace et plusieurs incidents étranges ont été signalés autour du lac. Sa présence réveille en elle une envie d’écrire qu’elle croyait perdue. Son héros de fiction commence même à ressembler au vrai policier qui devient sa source d’inspiration.

Leurs séances de travail brouillent vite la limite entre fiction et réalité. Chaque regard, chaque geste entraîne Petra dans un jeu troublant. Mais cette inspiration a un prix. Quand Saint s’implique trop, Petra doit affronter le désordre qu’elle a créé… au risque de perdre bien plus que la réputation qu’elle essaie de réparer.

Mon avis
Je n'aime pas dire du mal d'un livre car derrière il y a un auteur qui a travaillé des mois a l'écriture de cette histoire mais ici, je suis désolée de dire que c'est un livre extrêmement mauvais. 

Je ne connaissais que brièvement Colleen Hoover, je l'avais découverte avec Verity que j'avais moyennement aimé et j'ai eu envie de me faire une seconde opinion. D'autant que j'aimais l'intrigue de départ : une autrice qui est prise pour cible sur internet, l'avis des lecteurs et comment la carrière d'un écrivain peut être en dent de scie. 

Mais des le deuxième chapitre, j'ai trouvé qu'il y avait quelque chose d'extrêmement dérangeant avec les personnages : Saint est une personne red flag. Il est jaloux, possessive, violent, dominateur, voyeur, bref absolument détestable. Je ne vois même pas ce que Petra peut lui trouver mais justement Petra est encore plus un personnage dérangeant car elle a vraiment des problèmes psychologiques qui nécessitent de l'aide. Ses doutes permanents, son besoin de s'attacher a un homme détestable (alors qu'elle a un super mari et deux petites filles adorables), sa consommation d'alcool au début du livre et ses réactions complètement irrationnelles passant de la peur a l'attraction sexuelle en même pas deux minutes.... Il y a clairement quelque chose qui ne tourne pas rond chez elle. 

L'intrigue est cousu de fil blanc et on se doute du final des le début du livre bref je suis allée jusqu'au bout car j'attendais un retournement de situation qui n'est jamais venu. Bref, un livre a fuir absolument. 

vendredi 24 avril 2026

Les sept soeurs, tome 2 : La soeur de la tempête


Résumé : 
À la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a adoptées aux quatre coins du monde lorsqu'elles étaient bébés, Ally d'Aplièse et ses soeurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, un magnifique château sur les bords du lac de Genève. Ally, la deuxième soeur au tempérament tempétueux, est navigatrice et musicienne. Lorsqu'une nouvelle tragédie la touche, la jeune femme décide de partir sur les traces de ses origines. Les indices que lui a laissés son père en guise d'héritage vont la mener au coeur de la Norvège et de ses fjords sublimes. Entourée par la beauté de son pays natal, Ally découvre l'histoire intense d'une lignée de virtuoses célébrés pour leur talent, un siècle plus tôt, une famille aux lourds secrets…

Quel est son lien avec la belle Anna Landvik, merveilleuse chanteuse qui fut une proche d'Edvard Grieg et interpréta son célèbre Peer Gynt ? Et, plus que tout, Ally arrivera-t-elle à laisser son passé pour construire son avenir ?

Mon avis : 
« La sœur de la tempête » m’a totalement emportée, bien plus encore que le premier tome de la saga des Sept Sœurs. J’ai immédiatement été touchée par Ally, un personnage profondément humain, à la fois forte et vulnérable, dont le parcours résonne avec justesse et émotion.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la construction du récit, avec cette double — voire triple — temporalité qui enrichit considérablement l’histoire. Les allers-retours entre passé et présent sont fluides et captivants, et permettent de dévoiler peu à peu des secrets fascinants. J’ai adoré redécouvrir l’intrigue sous un angle différent, plus intense, plus chargé d’émotion.

Lucinda Riley parvient une fois encore à mêler destins personnels, grande Histoire et mystère familial avec beaucoup de talent. Chaque révélation donne envie d’aller plus loin, et l’on tourne les pages avec impatience.

Un deuxième tome réussi, émouvant et prenant, qui confirme tout le potentiel de la saga. Il me tarde déjà de découvrir la suite !

dimanche 19 avril 2026

Le musée de l'innocence


Résumé :
Kemal, un jeune homme d’une trentaine d’années, est promis à Sibel, issue comme lui de la bonne bourgeoisie stambouliote, quand il rencontre Füsun, une parente éloignée et plutôt pauvre. Il tombe fou amoureux de la jeune fille, et sous prétexte de lui donner des cours de mathématiques, la retrouve tous les jours dans l’appartement vide de sa mère. En même temps, il est incapable de renoncer à sa liaison avec Sibel.
C’est seulement quand Füsun disparaît, après les fiançailles entre Sibel et Kemal célébrées en grande pompe, que ce dernier comprend à quel point il l’aime. Kemal rend alors visite à sa famille et emporte une simple réglette lui ayant appartenu : ce sera la première pièce du musée qu’il consacrera à son amour disparu. Puis, il avoue tout à Sibel et rompt les fiançailles. Quand, quelque temps après, Kemal retrouve la trace de Füsun, mariée à son ami d’enfance Feridun, son obsession pour la jeune femme montera encore d’un cran…

Mon avis :
Une lecture absolument inoubliable – sans doute l'un des plus beaux romans que j'aie jamais lus.

Le musée de l’innocence d’Orhan Pamuk est une lecture vertigineuse. Peu de romans parviennent à mêler avec une telle intensité l’amour, le temps qui passe et la mémoire. C’est un livre qui ne se contente pas de raconter une histoire : il la collectionne, comme Kemal collectionne les objets liés à Füsun, avec une minutie presque sacrée.

Ce qui m’a profondément marqué, c’est cette passion dévorante, à la frontière de l’obsession. L’amour de Kemal n’est ni idéalisé ni véritablement sain, et pourtant il touche à quelque chose d’universel : la peur de perdre, le besoin de retenir ce qui nous échappe. Pamuk réussit à rendre cette fixation à la fois troublante et poignante, sans jamais tomber dans le jugement. On est happé, parfois mal à l’aise, mais toujours fasciné.

Le roman est aussi une magnifique déclaration à Istanbul. À travers les rues, les objets du quotidien, les habitudes sociales et les transformations de la ville, Pamuk dresse un portrait en creux de plusieurs décennies. J’ai eu l’impression de voyager dans un Istanbul intime, loin des clichés touristiques, presque comme si la ville elle-même devenait un personnage du récit.

La construction du roman, lente et immersive, peut dérouter, mais elle participe justement à cette sensation de mémoire accumulée. Chaque détail compte, chaque objet devient une relique, et l’ensemble forme une sorte de musée littéraire profondément émouvant.

En parallèle a ma lecture, j'ai regardé l’adaptation avec l'excellent Selahattin Paşalı dans le rôle de Kemal. Il incarne avec justesse cette mélancolie obsessionnelle, cette tension constante entre désir et perte. Cela rend l’histoire encore plus incarnée, presque tangible.

C’est un livre qui reste longtemps après l’avoir refermé. Et l’idée de pouvoir visiter le véritable musée à Istanbul donne au roman une résonance unique, comme si la frontière entre fiction et réalité s’effaçait complètement.

mardi 14 avril 2026

Assassines


Résumé :
Elles s'appellent Corina Rojas, Rosa Faúndez, Carolina Geel et Teresa Alfaro. Quatre noms qui ont été supprimés de l`histoire pour une seule raison : ce sont des assassines.

Un mari abattu par un tueur à gages, un amant brutalement fusillé à l`hôtel Crillon, un autre, poignardé et démembré, et une fratrie empoisonnée ; ces quatre crimes sanguinaires ont été commis par des femmes, puis immédiatement tus. Parce qu'être femme, dans l'inconscient collectif, c'est encore être passive, docile, serviable ou bien sacrificielle. Au point que nous ne pouvons imaginer d'autres motifs à leurs crimes que l'hystérie, la jalousie ou la folie, les condamnant au silence et à l'oubli.

Mais Alia Trabucco Zerán en décide autrement dans son récit : avec Assassines, elle redonne corps et voix à celles qui ont violemment rejeté les rôles domestiques et passifs auxquels leur culture les destinait et nous oblige à les regarder en face.

Mon avis :
Une lecture fascinante pour les amateurs de true crime, à mi-chemin entre récit littéraire et chronique criminelle. Dans Assassines, Alia Trabucco Zerán explore quatre meurtrières sud-américaines dont le geste défie l’imaginaire collectif, oscillant entre monstruosité et condition humaine.


Si les deux premières histoires peinent un peu à dépasser la simple description des faits, les deux dernières, consacrées à Caroline Geel et Teresa Alfaro, m’ont captivé par la complexité de leurs motivations. On y sent toute l’ambition de l’autrice : comprendre, plutôt que juger, ces femmes que l’histoire a rapidement condamnées.


Le style est précis, presque chirurgical, mais jamais froid. Trabucco Zerán mêle enquête et réflexion féministe avec une justesse rare, sans tomber dans le sensationnalisme du genre. Ce livre se lit comme une plongée dans la psyché criminelle, mais c’est surtout une réflexion sur la violence, sociale autant qu’intime.


Un très bon choix pour ceux qui aiment le true crime bien écrit, avec une touche littéraire et un vrai regard sociologique et sur l'évolution de la société chilienne.

samedi 11 avril 2026

Juste après Dieu, il y a papa


Résumé : 
« Papa ! », le plus beau mot du monde, celui qui naguère suffisait à effacer tous les tracas.

Le petit Wolfgang adore son père, Léopold Mozart, son guide, son modèle, son dieu vivant. Mais vient le temps où l'enfant prodige s'élève plus haut que le maître, et l'admiration se mue en dédain. L'un rompt, s'émancipe, grisé de passions nouvelles ; l'autre souffre, se résigne, cède sa place, contraint d'inventer des liens différents. Un drame silencieux qui, peut-être bien, s'immisce dans toute relation entre père et fils...

Avec la grâce du compositeur, Éric-Emmanuel Schmitt fait vibrer le plus déchirant des chants, celui de l'amour filial et paternel quand il est nourri d'un attachement aussi tendre que maladroit, celui de deux êtres que la vie sépare mais que la musique ne cessera jamais de réunir.

Mon avis : 
J’ai été profondément touché par ce roman qui explore la relation entre Mozart père et fils d’une manière à la fois humaine et musicale. À travers leurs échanges, leurs silences et leurs notes, on découvre bien plus qu’une histoire familiale : une quête de liberté, d’amour et de reconnaissance. Le père, figure imposante et parfois étouffante, incarne le dévouement absolu à la musique et à son enfant prodige ; le fils, lui, cherche à s’émanciper sans jamais renier cette filiation qui l’a façonné.

Ce qui rend le livre si juste, c’est la façon dont l’auteur capture la complexité du lien père-fils — fait d’admiration, de jalousie, d’incompréhension, mais aussi d’un amour indestructible. La musique devient ici un langage commun, à la fois refuge et champ de bataille. J’ai aimé découvrir Mozart autrement : non pas le génie isolé dans sa légende, mais le jeune homme traversé par ses sentiments, reconnu et blessé par celui qu’il voulait aimer librement.

Une lecture sensible, magnifiquement écrite, qui résonne longtemps après la dernière page — comme une mélodie entre deux âmes qui ne cessent de se répondre.

vendredi 10 avril 2026

L'hacienda


Résumé : 
À mi-chemin entre Mexican Gothic et Rebecca, un premier roman mêlant suspense et surnaturel avec pour toile de fond le Mexique après la guerre d’indépendance. Une maison isolée, des phénomènes paranormaux inquiétants et une femme prise dans leurs griffes…

Lors du renversement du gouvernement mexicain, le père de Beatriz est exécuté et sa maison saccagée. Quand le beau Don Rodolfo Solórzano la demande en mariage, Beatriz ne tient pas compte des rumeurs qui entourent la mort soudaine de sa première épouse et pense trouver la sécurité dans sa propriété à la campagne.

Elle fera de ce lieu son nouveau foyer, quoi qu’il en coûte. Mais l’hacienda San Isidro n’est pas le sanctuaire qu’elle imaginait…
Rodolfo se voit bientôt contraint de retourner à la capitale. Très vite, le sommeil de Beatriz est peuplé de voix et de visions.

Des yeux invisibles l’épient en permanence. Sa belle-sœur Juana raille ses peurs. Alors pourquoi celle-ci refuse-t-elle d’entrer dans la maison la nuit venue ? Pourquoi la gouvernante a-t-elle dessiné ces étranges symboles à l’entrée de la cuisine et fait-elle brûler du copal sur le seuil ?

Qu’est-il réellement arrivé à la première Doña Solórzano ?
Beatriz n’a que deux certitudes : le mal habite cette hacienda et aucun de ses occupants ne la sauvera.

Mon avis :
Une très belle découverte avec L’Hacienda d’Isabel Cañas, un roman entre gothique, fantastique et drame historique. J’ai été immédiatement happé par l’ambiance : on sent la chaleur, la poussière, les odeurs, et surtout le poids de ce Mexique d’après l’indépendance, à la fois fascinant et inquiétant. Je ne m'attendais pas du tout au coté fantastique / horreur du roman, je pensais plus lire un roman a l'atmosphère inquiétante, un peu comme Rebecca de Daphné du Maurier. Au final, c'était différent mais ca m'a plu, une lecture qui m'a fait sortir de ma zone de confort.


Beatriz m’a énormément touchée — son courage, sa détermination à s’imposer dans un monde d’hommes et à affronter cette maison pleine de secrets m’ont tenue en haleine. C’est une héroïne forte sans être idéalisée, humaine jusque dans ses moments de doute.


J’ai trouvé quelques longueurs, surtout lorsque Andrés revient sur son passé : ces passages freinent un peu le rythme, même s’ils éclairent des éléments importants de l’intrigue. Mais cela n’enlève rien à la puissance de l’atmosphère ni à la tension qui monte page après page.


Une lecture dépaysante et sensorielle, entre frissons, mystère et émotion. J’ai adoré découvrir le Mexique à travers ce roman — ses traditions, ses paysages, sa spiritualité — autant qu’explorer les ombres et les secrets de l’Hacienda.