mardi 16 juin 2026

Ceux qu'on aime


Résumé : 
Le destin poignant de Themis, femme courageuse et engagée au cœur d'une Grèce tourmentée.

Athènes, 1941. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Grèce, après avoir été libérée de l'occupation allemande est ruinée et le pays devient le théâtre d'une guerre civile. Révoltée par les injustices qui touchent ses proches, la jeune Themis décide de s'engager dans l'armée communiste et se révèle prête à tout, même à donner sa vie, pour défendre ses droits et sa liberté. Quand elle est emprisonnée sur l'île de Makronisos, Themis doit prendre une décision qui la hantera à jamais pour protéger ceux qu'elle aime.
Au crépuscule de sa vie, Themis prend conscience qu'il faut parfois rouvrir certaines blessures pour en guérir d'autres, et lève enfin le voile sur son passé tourmenté.


Mon avis : 
« Ceux qu’on aime » m’a laissé une impression mitigée. J’ai retrouvé la plume fluide et accessible de Victoria Hislop, mais j’ai eu plus de mal à me laisser porter que dans ses précédents romans. Le récit m’a semblé parfois long, avec un rythme inégal qui m’a empêché de m’attacher pleinement à l’histoire et aux personnages.

Ce qui m’a surtout frappé, c’est le virage nettement plus politique et sombre du roman. Là où Hislop explore souvent l’histoire à travers des destins humains forts et lumineux, ici le contexte politique prend une place centrale, parfois au détriment de l’émotion. L’atmosphère est plus lourde, plus tendue, et même si cela apporte une certaine profondeur, j’ai trouvé que cela rendait la lecture moins immersive et plus exigeante notamment quand l'histoire de la Grèce ne nous est pas familiere.

Je reconnais néanmoins le travail de recherche et l’ambition du livre, qui aborde des thématiques importantes avec brio. Mais en comparaison de ses autres œuvres, j’ai moins retrouvé cette chaleur et cette intensité émotionnelle qui m’avaient tant marqué avec ses autres romans. Une lecture intéressante, mais qui ne m’a pas complètement convaincu.

lundi 15 juin 2026

A Family Matter


Résumé : 
It’s 2022, and Heron, an old man of quiet habits, has just had the sort of visit to the doctor that turns a life upside down. Sharing the diagnosis with Maggie, his only daughter, seems impossible. Heron just can’t find the words to tell her about it, or any of the other things he’s been protecting her from for so long.

It’s 1982, and Dawn is a young wife and mother penned in by the expectations of her time and place. Then Hazel comes into her life like a torch in the dark. It’s the kind of connection that’s impossible to resist, and suddenly Dawn’s world is more joyful, and more complicated, than she ever expected. But Dawn has responsibilities, she has commitments: Dawn has Maggie.

At once heart-breaking and hopeful, A Family Matter asks how we might heal from the wounds of the past, and what we might learn from them.

Mon avis : 
J’ai beaucoup aimé cette courte lecture. A Family Matter m’a touché par sa pudeur, sa retenue et cette manière très fine de faire remonter à la surface un secret de famille longtemps enfoui. Claire Lynch écrit sans en faire trop, et c’est justement ce qui rend le roman si juste et si émouvant.

J’ai trouvé très fort la façon dont le passé revient peu à peu bousculer le présent, presque en silence. Tout passe par les non-dits, les tensions discrètes, les blessures qui n’ont jamais vraiment cicatrisé. On sent combien ce qui a été tu pèse encore lourdement sur les générations suivantes, et cela donne au récit une vraie profondeur.

C’est une lecture brève, mais qui laisse une empreinte durable. J’ai particulièrement apprécié cette atmosphère de retenue, presque fragile, qui accompagne un sujet douloureux sans jamais tomber dans le pathos. Un roman tout en délicatesse, que j’ai refermé avec l’impression d’avoir lu quelque chose de sincère et de nécessaire. On constate aussi avec effroi combien la société a évoluer, en quarante ans, en matière de sexualité et sur la question de la famille. Les chiffres donnés par l'autrice en fin de livres sont glaçants.

vendredi 12 juin 2026

Le Diable sur mon épaule


Résumé : 
Austin, Texas. Lorsqu'on diagnostique une maladie foudroyante à sa fille, le monde de Mario s'écroule. Il se met à négliger son travail, se fait virer sans ménagement, les factures d'hospitalisation s'accumulent et sa femme cède lentement au désespoir.

Décidé à relever la tête, Mario contacte Brian, un ancien collègue devenu dealer de meth. Celui-ci lui propose un marché d'une effroyable simplicité : la vie d'un homme, contre 6 000 dollars. Sans une once d'hésitation, Mario accepte. Et découvre que la violence est un excellent remède à la colère qui l'habite.

Mais La Huesuda, la déesse de la mort, plane sur son existence. Et la tragédie le frappe à nouveau.

Lorsqu'il accepte une ultime mission pour un cartel de Juarez, la spirale de violence qui se déchaine alors finit de le convaincre qu'il n'aurait jamais dû ouvrir la porte au diable.

Mon avis : 
Le diable sur mon épaule m’a laissé une impression très contrastée. J’ai été profondément touché par le début du roman, par cette figure de père de famille brisé, emporté malgré lui dans une spirale tragique.

 Gabino Iglesias capte très bien cette bascule, ce moment où une vie ordinaire déraille. La peinture d’une Amérique en marge, loin de tout fantasme de réussite, est saisissante, presque suffocante de réalisme.

Mais plus j’avançais, plus la violence a pris le dessus — jusqu’à devenir, pour moi, un véritable obstacle à la lecture. Je comprends l’intention : montrer un monde brutal, sans échappatoire, dominé par les cartels et la loi du plus fort. Pourtant, cette violence m’a semblé parfois gratuite, comme si elle finissait par écraser le propos au lieu de le servir.

Là où j’étais au départ impliqué émotionnellement dans la chute du personnage, j’ai fini par me sentir mis à distance, presque anesthésié par l’accumulation de scènes choquantes. À force de vouloir montrer l’horreur, le roman perd, selon moi, une partie de sa puissance émotionnelle.

C’est indéniablement un texte fort, sombre, et maîtrisé dans son ambiance. Mais c’est aussi une lecture que j’ai trouvée éprouvante, voire excessive, et qui m’a laissé un sentiment de malaise plus que de véritable bouleversement.

lundi 8 juin 2026

Le Mécontentement


Résumé : 
Tous les matins, dans son bel appartement en plein coeur de Madrid, Marisa se réveille prise d’une angoisse existentielle à la pensée de la journée qui l’attend. Car elle déteste chaque aspect du travail en entreprise – les mensonges dont l’agence de publicité fait son blé, l’hypocrisie de la hiérarchie, la banalité abyssale des discussions –, et n’y survit que grâce aux vidéos YouTube qu’elle regarde en cachette et à une quantité massive d’antidépresseurs. Un équilibre fragile que viennent mettre en péril un été caniculaire et l’annonce d’un séminaire d’entreprise. Isolée dans la forêt autour de Ségovie et hantée par le souvenir de la seule collègue à laquelle elle ne se soit jamais attachée, Marisa voit son masque social se fissurer peu à peu, et naître en elle les pulsions les plus folles.

Mon avis : 
Le Mécontentement de Beatriz Serrano est une lecture qui m’a profondément marqué. J’ai été happé dès les premières pages par cette plongée lucide et sans concession dans le monde de l’entreprise, où les individus semblent peu à peu perdre leur humanité au profit de logiques absurdes et déshumanisantes.

Le personnage de Marisa est, à mes yeux, l’un des plus grands atouts du roman. Elle est incroyablement attachante, à la fois fragile, lucide et profondément humaine. À travers elle, on ressent toute la tension entre la nécessité de s’adapter à un système oppressant et le besoin de préserver son identité. Son regard sur ce qui l’entoure est souvent empreint d’une ironie discrète, mais aussi d’une grande sensibilité, ce qui la rend d’autant plus proche du lecteur.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la justesse avec laquelle Beatriz Serrano dépeint les dérives du monde professionnel : la perte de sens, les injonctions contradictoires, la pression constante, et cette impression d’être interchangeable. Rien n’est caricatural, tout sonne vrai, presque trop vrai parfois. On se reconnaît, ou on reconnaît quelqu’un.

C’est un roman à la fois critique et profondément humain, qui questionne notre rapport au travail et à nous-mêmes. Une lecture que je recommande vivement, autant pour sa finesse psychologique que pour sa pertinence.

dimanche 7 juin 2026

La vie dont nos rêvions


Résumé : 
Sam et Merry ont quitté New York pour s’installer dans un cottage en Suède et élever leur bébé au grand air. Loin de la grande ville, de ses tentations, de sa souillure, les voilà libres de se réinventer.
Sam, en homme viril et fidèle qui assure le confort et la protection des siens.
Merry, en tendre épouse qui s’adonne à ses nouveaux devoirs de mère au foyer.
Le tableau idéal : au cœur de la nature, l’homme, la femme, l’enfant.

Mais aussi Francesca, la meilleure amie de toujours, venue leur rendre visite.
Francesca, la citadine, la sublime, la femme libre.
Francesca, qui ne se sent chez elle nulle part, qui n’a jamais été choisie par un homme, et qui a de très vieux comptes à régler…

Dans ce lieu de quiétude absolue, l’espace infini a tôt fait de devenir une prison, et la solitude, un miroir tendu à la noirceur des âmes. Tout n’est que mensonge, duplicité et, tandis qu’à la clarté de l’été succède l’obscurité de l’hiver, l’idylle se meut peu à peu en un huis clos hautement toxique.

Mon avis : 
La vie dont nous rêvions de Michelle Sacks est un roman aussi troublant que captivant, qui m’a tenu en haleine du début à la fin. Dès les premières pages, l’autrice installe un huis clos étouffant où le malaise s’insinue progressivement, jusqu’à devenir presque palpable.

Ce qui m’a particulièrement marqué, ce sont les trois personnages principaux, profondément dérangeants. Chacun porte en lui une part d’ombre, des failles, des non-dits, et surtout quelque chose à se reprocher. Michelle Sacks excelle à les rendre à la fois fascinants et profondément antipathiques : on oscille constamment entre rejet et curiosité, dans une dynamique où l’on adore les détester.

Le suspense est savamment dosé. Il ne repose pas sur des rebondissements spectaculaires, mais sur une tension psychologique qui ne cesse de croître, alimentée par les silences, les regards et les mensonges. Ce climat oppressant donne au roman une intensité remarquable, renforcée par une écriture précise et immersive.

Au-delà de l’intrigue, le livre explore avec finesse les thèmes de la culpabilité, du désir et des illusions que l’on entretient sur soi-même et sur les autres. C’est un roman dérangeant, parfois inconfortable, mais terriblement efficace.

Une lecture que j’ai beaucoup aimée, autant pour son atmosphère que pour la complexité de ses personnages, et qui laisse une impression durable une fois la dernière page tournée.

jeudi 4 juin 2026

Les fleuves du ciel


Résumé : 
Londres, 1840. Arthur, un garçon à la mémoire prodigieuse né sur les rives de la Tamise, est engagé comme apprenti dans une imprimerie. Bientôt, son monde s'ouvre bien au-delà des taudis de la capitale anglaise, vers un autre fleuve, le Tigre, et une ancienne cité de Mésopotamie qui abrite les fragments d'un poème oublié. Turquie, 2014. Chassées de leur village au bord du Tigre, Naryn, une petite fille yézidie, et sa grand-mère entreprennent un long voyage, traversant des terres en guerre dans l'espoir d'atteindre la vallée...

Mon avis : 
Les Fleuves du ciel d’Elif Shafak est un roman foisonnant, avec  quelques longueurs au fil de la lecture mais c'est aussi un roman passionant.

Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est ce fil conducteur autour de l’eau, à la fois élément vital, mémoire des civilisations et lien invisible entre les époques et les destins. Shafak tisse avec finesse plusieurs temporalités et parvient à donner à l’eau une dimension presque spirituelle, comme si elle portait en elle les traces de l’humanité tout entière.

J’ai également été passionné par la richesse des sujets abordés : les civilisations anciennes, les systèmes d’écriture, les peuples de Mésopotamie… On sent un véritable travail de recherche, qui nourrit le récit sans jamais le rendre inaccessible, même si certains passages peuvent sembler un peu denses ou ralentir le rythme.

Un moment m’a particulièrement marqué : l’arrivée d’Arthur à Istanbul, encore Constantinople à son époque. Cette scène est magnifiquement décrite, presque sensorielle. Ayant moi-même découvert la ville il y a peu, j’ai ressenti un écho très personnel à cette description, comme si le passé et le présent se superposaient l’espace de quelques pages.

Si le roman souffre parfois de quelques longueurs, notamment dans ses passages les plus explicatifs, cela n’enlève rien à la beauté globale de l’œuvre. Les Fleuves du ciel est un livre ambitieux, riche et profondément réfléchi, qui invite à ralentir et à contempler les liens invisibles entre les êtres, les lieux et les époques.

lundi 1 juin 2026

Dear Debbie


Résumé :
Sometimes, enough is enough…
Debbie Mullen is losing it. For years, she has compiled all of her best advice into her column, Dear Debbie, where the wives of New England come for sympathy and neighborly advice. Through her work, Debbie has heard from countless women who are ignored, belittled, or even abused by their husbands. And Debbie does her best to guide them in the right direction.
Or at least, she did.
These days, Debbie’s life seems to be spiraling out of control. She just lost her job. Something strange is happening with her teenage daughters. And her husband is keeping secrets, according to the tracking app she installed on his phone. Now, Debbie’s done being the bigger person. She’s done being reasonable and practical. It’s time to take her own advice.
And now it’s time for payback against all the people in her life who deserve it the most.

Mon avis : 
Au départ, j’étais plutôt sceptique face à Dear Debbie. Debbie m’a immédiatement semblé trop lisse, trop parfaite, presque caricaturale  avec son côté BCBG, ce qui a rendu mon entrée dans le roman un peu froide. J’avais du mal à m’attacher à elle et je craignais une intrigue assez convenue.

Mais très vite, tout bascule. Dès que Debbie commence à reprendre le contrôle sur sa vie et à «se venger», je me suis totalement laissée embarquer. Le personnage gagne en épaisseur et révèle une intelligence redoutable, presque fascinante. À côté d’elle, son mari paraît parfois étonnamment naïf, ce qui crée un contraste assez savoureux et renforce encore le plaisir de lecture.

L’intrigue devient alors particulièrement prenante. Freida McFadden maîtrise parfaitement le rythme et distille juste ce qu’il faut de tension pour maintenir l’attention du lecteur. On se surprend à tourner les pages sans s’arrêter, porté par cette mécanique psychologique bien huilée.

Et bien sûr, fidèle à elle-même, l’autrice nous réserve un twist final qu’on ne voit pas venir. Même en s’attendant à un retournement, elle réussit à surprendre, ce qui est loin d’être évident dans ce genre. Une lecture addictive qui confirme le talent de McFadden pour les thrillers domestiques efficaces.

samedi 30 mai 2026

Les coeurs sont faits pour être brisés


Résumé : 
Dans les années 1980, Audrey et Marlo, étudiantes à l'université d'East Anglia à Norwich, travaillent à un projet commun, raconter la mort tragique d'Oscar Wilde à Paris. Des décennies plus tard, Audrey, libraire, apprend que Marlo, devenue une célèbre romancière, s'est noyée dans le lac d'Annecy. Elle hérite d'un manuscrit inédit dans lequel sont révélés des secrets sur leurs années d'études.

Mon avis : 
Tatiana de Rosnay tisse avec Les cœurs sont faits pour être brisés un roman délicat et mélancolique qui explore les traces que laissent les rencontres et les absences à travers le temps. La construction en trois époques donne au récit une profondeur particulière, comme si chaque période faisait écho à une autre, en miroir.

Les derniers jours d’Oscar Wilde ouvrent le roman avec une émotion contenue, presque feutrée. On y découvre un homme diminué, mais toujours traversé par son esprit et sa sensibilité, et cette entrée en matière donne immédiatement une tonalité élégiaque à l’ensemble.

Le cœur du récit se situe cependant dans les années 1980, avec la rencontre entre Marlo et Audrey. Tout les oppose — leurs tempéraments, leurs origines, leurs aspirations — et pourtant, leur amitié s’impose avec une intensité presque inexplicable. Tatiana de Rosnay capte avec justesse cette période de la vie où tout semble possible, où les liens se nouent avec une force absolue, mais aussi une certaine fragilité.

En 2011, le roman prend une dimension plus introspective. Audrey, confrontée à la mort de Marlo, remonte le fil des souvenirs pour tenter de comprendre ce qui les a unies… et peut-être aussi ce qui les a éloignées. Cette partie apporte une douceur teintée de nostalgie, mais aussi une réflexion sur la mémoire, les regrets et les non-dits.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est la manière dont l’autrice relie ces trois temporalités sans jamais alourdir le récit. Chaque époque éclaire les autres, et le roman se construit progressivement comme une mosaïque d’émotions. L’écriture est fluide, accessible, mais suffisamment sensible pour toucher sans tomber dans le pathos.

C’est un roman sur l’amitié, sur le passage du temps, et sur ces liens qui continuent de nous habiter longtemps après leur disparition. Une lecture émouvante et élégante, qui laisse une impression douce-amère une fois la dernière page tournée.

jeudi 28 mai 2026

La psy

Résumé :
Tricia et Ethan sont des jeunes mariés à la recherche d'une maison. Pendant qu'ils visitent le manoir isolé d'une psychiatre renommée qui a disparu quatre ans plus tôt, une tempête de neige les empêche de quitter les lieux. Pour patienter, Tricia écoute les cassettes des séances du Dr Adrienne Hale avec chacun de ses patients qui retracent les événements ayant conduit à sa disparition.



Mon avis :
Freida McFadden confirme avec La psy son talent pour les thrillers efficaces et addictifs. J’avais envie d’une lecture légère, sans prise de tête, et le contrat est parfaitement rempli.

Le roman se lit très vite, porté par une écriture fluide et des chapitres courts qui enchaînent les révélations. Le suspense est omniprésent : chaque détail semble anodin jusqu’à ce qu’il prenne soudain une autre dimension. On retrouve ce côté « page-turner » qui fait qu’on a du mal à reposer le livre, un peu dans la même veine que La femme de ménage.

Mais ce qui fait vraiment la force du roman, c’est son retournement final. Freida McFadden maîtrise clairement l’art de surprendre son lecteur, avec un twist qu’on ne voit pas venir et qui rebat totalement les cartes. Sans être un thriller psychologique très profond, La psy réussit là où il veut aller : divertir, tenir en haleine et surprendre.

Une lecture idéale si vous cherchez un roman prenant, rapide et efficace, parfait pour s’évader sans trop réfléchir.

dimanche 24 mai 2026

Ida (suivi de La comédie bourgeoise)


Résumé :
Les paillettes, les plumes et les strass, les bouquets de fleurs, les hommes fous d'amour, l'ivresse des applaudissements... tel est le quotidien de la belle Ida Sconin, célèbre meneuse de revue parisienne. Mais le temps passe impitoyablement et il devient de plus en plus difficile de faire illusion.
Deux nouvelles d'une douloureuse lucidité, deux destins de femmes cruels et intimistes.

Mon avis :
Un recueil de deux nouvelles Ida, d'abord, une meneuse de revue de cabaret, prisonnière de son image qui voit son pouvoir sur le public, sur les hommes et sur son entourage diminué. On observe la déchéance progressive d'Ida bientôt remplacé par une jeune fille de vingt ans. L'autrice dénonce la violence sociale exercée sur les femmes qui ne correspondent plus aux attentes de beauté et de séduction imposée par la société. Le texte est court, bref parfois cruel sur une jeunesse qu'Ida essaie de retenir et montre la fragilité de cette gloire, l'illusion du succès.

La second nouvelle, La comédie bourgeoise, dresse un portrait cruel de la bourgeoisie avec au centre du récit, Madeleine, qui est destinée a épouser un homme qu'on a choisi pour elle. Ce n'est pas le grand amour, loin de la, avec cet homme constamment infidèle mais Madeleine choisit de fermer les yeux et de maintenir ce rôle d'épouse et de mère qui lui est prédestiné. L'autrice montre ici, comment une femme peut être enfermée dans une vie correcte mais vide, ou le bonheur passe après le devoir social. Madeleine traverse sa vie entre le silence, la résignation et le désenchantement.