mardi 24 mars 2026

La bienfaitrice


Résumé :
Anna Estcourt, vingt-cinq ans, emménage dans une petite propriété du Nord de l'Allemagne dont elle hérite à la mort de son oncle. Jolie, intelligente mais sans fortune, elle a grandi jusque-là avec son frère, sous la coupe de la femme de celui-ci, Susie.
Désormais en possession d'un revenu confortable, elle contrevient aux convenances de l'époque en ne se mariant pas, afin de conserver son indépendance. Mieux, elle propose généreusement un toit aux dames en détresse de sa nouvelle contrée, afin que celles-ci puissent faire de même - altruisme dont elle ne tardera pas à peser les inconvénients...
D'autant qu'Axel Lohm, un gentleman de la région que son oncle espérait lui voir épouser, est tombé amoureux d'elle. Il va tenter de la faire changer d'avis...

Mon avis :
Je ressors assez déçue de La Bienfaitrice d’Elizabeth von Arnim. Le roman avait tout pour me plaire sur le papier — une héroïne indépendante, une critique supposée du carcan social imposé aux femmes — mais j’ai trouvé que l’ensemble avait terriblement mal vieilli.


La narration traîne, les personnages secondaires semblent figés dans une époque où la bienséance écrase toute nuance, et le ton ironique de von Arnim, censé dénoncer les conventions, m’a souvent paru confus. On m’avait promis une héroïne libre ; j’y ai plutôt vu une femme prise au piège de la morale victorienne, et surtout une fin qui contredit tout le propos féministe qu’on voudrait y lire. Que vaut une critique du mariage si tout se résout… par un mariage ?


Certes, on peut replacer le texte dans son contexte historique, mais même avec cette indulgence, le roman manque d’intensité et de cohérence. Là où d’autres autrices de la même époque parviennent encore à nous atteindre, von Arnim m’a laissé froide. En refermant le livre, je n’ai ressenti ni admiration pour l’héroïne ni compassion, juste la sensation d’une leçon morale démodée.

Le magnat

Résumé :
Un auteur surnommé « Le John Grisham indien » par le magazine Glimpse, et fréquemment cité par la presse comme le « maître du roman policier et du thriller judiciaire » et « le meilleur page-turner indien ».

L’un des hommes les plus puissants d’Inde accusé de meurtre. Une bataille judiciaire et médiatique sans pitié qui menace de faire s’écrouler un empire. Un périple dans les tréfonds de l’âme humaine, et une ambiguïté insoutenable.

LE MAÎTRE DU JEU
Suscitant à la fois la crainte et l’admiration, Prem Bedi, surnommé « Le Magnat », est l’une des trois plus grandes fortunes d’Inde. Un jour, alors qu’il est en voyage à l’étranger, on lui annonce que son ex-femme, ainsi que son nouveau mari, viennent d’être assassinés.

UN COUPABLE IDÉAL
Une bataille judiciaire et médiatique sans merci l’attend à son retour, car s’il possède un alibi solide et de nombreux témoignages en sa faveur, les preuves sont accablantes... Comme si ce crime avait été commandité.


UNE OMBRE AU TABLEAU
Mais si tout semble mener à Prem, un autre suspect est également présent sur le banc des accusés ; le beau-frère, qui aurait eu, lui aussi, tout à gagner de la disparition du couple. Le tribunal devient bientôt le théâtre d’un face-à-face brutal où tout est permis pour que les masques tombent.

Alors que tous les projecteurs sont braqués sur la cour d’assises, une question, entêtante, revient sans cesse : qui est derrière ce double meurtre ? Et pourquoi ?

Mon avis : 
Une excellente lecture ! Le Magnat de Vish Dhamija m’a littéralement happée dès les premières pages. 

J’ai particulièrement aimé la manière dont l’auteur construit le procès — précis, tendu, presque cinématographique. On a vraiment l’impression d’assister à l’audience aux côtés des avocats, tant chaque argument et chaque rebondissement sont finement détaillés.


L’alternance des points de vue apporte une belle dynamique à la narration : on découvre peu à peu les motivations de chacun, et cela rend le roman encore plus captivant. En revanche, la place donnée à la corruption m’a parfois semblé un peu excessive — mais c’est peut-être aussi un reflet réaliste de certains milieux où l’argent et le pouvoir dictent les règles, en Inde comme ailleurs.


Et puis cette fin… totalement inattendue ! Vish Dhamija parvient à surprendre jusqu’à la dernière page, avec un retournement aussi crédible que percutant.


En somme, un thriller judiciaire brillant, rythmé, et d’une grande intelligence narrative. Je referme ce livre conquise et avec une seule envie : découvrir d’autres romans de cet auteur.

vendredi 20 mars 2026

Les hirondelles de Kaboul


Résumé : 
Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie & le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre à également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...

Mon avis : 
Même si la plume de Yasmina Khadra reste reconnaissable — sobre, puissante et pleine d’humanité — Les Hirondelles de Kaboul m’a semblé en deçà de ses autres romans. L’écriture m’a parfois laissé à distance, surtout dans les dialogues, qui sonnent un peu creux et manquent de naturel.

Malgré cela, impossible de nier la force et la pertinence de ce récit, vingt-cinq ans après sa parution. La description d’un Afghanistan étouffé par la peur et l’injustice résonne toujours, notamment dans son évocation de l’absence de droit et de liberté pour les femmes. Cette actualité glaçante donne au roman une gravité que le style seul ne suffit peut-être pas à porter, mais qui continue de frapper le lecteur.

Un texte imparfait, certes, mais nécessaire — ne serait-ce que pour rappeler combien la voix de Khadra reste engagée et indispensable.

mercredi 18 mars 2026

Le sentier des citrons


Résumé : 
Italie, années 1940. Telles de vaillantes fourmis, des générations de femmes sillonnent le " sentier des citrons ", en transportant ces fruits sur leur dos de la montagne jusqu'à la mer, le long de la côte amalfitaine. Parmi elles, des soeurs jumelles que tout oppose. Rachele, attachée à sa terre et aux traditions. Nannina, idéaliste dans l'âme, qui ne rêve que d'aventure et d'évasion. Quatre-vingts ans plus tard, Ninfa et sa petite soeur Alelì se lancent sur les traces de leur grand-mère disparue et de ces femmes du passé. Leurs découvertes ne tardent pas à les mettre sur la piste d'un secret de famille jalousement gardé depuis des décennies par le sentier des citrons.

Mon avis : 
Je ressors de cette lecture avec un sentiment plutôt mitigé. L’idée de départ m’avait séduite : deux histoires parallèles, deux générations de femmes liées par un secret, un parfum d’été et de Méditerranée… Sur le papier, tout y était pour me plaire.

Malheureusement, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, notamment aux sœurs du présent, dont les trajectoires m’ont semblé un peu fades. À l’inverse, le récit du passé, autour des jumelles et de leur mode de vie, m’a davantage émue —la description de leur vie extrêmement difficile : le manque de nourriture, le travail éreintant, les violences masculines...  Ca donne l'impression que les sœurs d'aujourd'hui se plaignent pour des tous petits tracas et manque de profondeurs. 

Le style m’a parfois paru confus ce qui a sans doute contribué à maintenir une distance émotionnelle.
En somme, Le Sentier des citrons m’a laissée sur ma faim : une histoire prometteuse et quelques beaux passages, mais un ensemble qui peine à toucher durablement.

mardi 17 mars 2026

Le Crime de l'Indian Pacific


Résumé : 
Dans un célèbre roman d'Agatha Christie, une amie de Miss Marple affirme avoir assisté à un meurtre depuis la fenêtre d'un train... sans que personne ne la prenne au sérieux. C'est exactement ce qui arrive à Alicia Finlay, alors qu'elle traverse l'Australie à bord de l' Indian Pacific , en compagnie de ses comparses du Club des amateurs de romans policiers. Ceux-ci avaient justement décidé de mettre à profit le voyage pour s'entretenir des " polars ferroviaires ". Alicia aurait-elle subi l'influence de ces lectures, en croyant voir un corps tomber du train ? Ou bien aurait-elle abusé du champagne ? Peut-être les deux à la fois ? Les membres de notre Club, tous passionnés de meurtres en huis clos, ne résistent pas à l'envie de mener l'enquête. Y a-t-il vraiment eu crime ? Et si oui, l'assassin se cache-t-il encore quelque part à bord ? Nos détectives ne sont pas au bout de leurs surprises !

Mon avis : 
Septième tome déjà pour C.A. Larmer et sa série Le Club des amateurs de romans policiers, et je dois dire que Le crime de l’Indian Pacifique est encore une réussite ! 

L’autrice parvient une fois de plus à combiner intrigue policière soignée, humour léger et décors qu’on aimerait ne jamais quitter.

L’enquête est particulièrement prenante cette fois : l’atmosphère confinée du train, les secrets qui se dévoilent au rythme du voyage, et ce petit goût d’Agatha Christie qui plane à chaque page – tout y est ! Le clin d’œil à l’Orient-Express est évident, mais Larmer parvient à y apporter sa touche australienne, lumineuse et dépaysante.

L’Indian Pacifique devient presque un personnage à part entière : on ressent le souffle du désert, la vastitude du paysage, et on rêve forcément d’embarquer à notre tour pour ce voyage mythique. Pour ma part, j’espère sincèrement le faire un jour !

En somme, un roman cosy, élégant et parfaitement rythmé – la série ne s’essouffle pas, bien au contraire. Avis aux amateurs de mystères raffinés et d’escapades exotiques : ce tome est un petit bijou.

lundi 16 mars 2026

Dame merveille et autres contes d'Egypte


Résumé : 
Beautés silencieuses, vizirs félons, nomades rusés ou reines infanticides, toutes les figures des légendes orientales se trouvent réunies dans ces contes cruels, tendres, drôles ou grinçants.
Puisant dans le fonds traditionnel mondial, ces textes sont néanmoins spécifiquement égyptiens : ici, les femmes aiment la magie, le pauvres fument du haschisch à la lueur des bougies, les crânes humains tiennent leurs macabres promesses, et les tricheurs signent des pactes avec le diable.
Recueillis par une conteuse, traduits de l'arabe ou adaptés par elle, les contes d'Egypte que voilà ont été mis en bouche : de l'oralité, ils ont gardé la vivacité et la fraîcheur, mais aussi la force.

Mon avis : 
Un beau recueil de contes qui nous plonge au cœur de l’Égypte des sables et des légendes. 

Praline Gay-Para nous offre des contes riches, parfois poétiques, toujours nourris d’un vrai travail de collecte et de transmission. On sent la passion et la rigueur de l’autrice derrière chaque récit. 

Toutefois, l’ensemble m’a paru un peu inégal : certains textes m’ont captivé par leur mystère et la morale de fin, d’autres — plus brefs — m’ont semblé passer trop vite, certains textes ne font qu'une page. 

Reste une lecture dépaysante, entre mythe et sagesse populaire, qui fait rêver d’oasis, de pharaons et de vizirs.

Les miettes


Résumé : 
Fille d'immigrés italiens et petite-fille d'un partisan de Mussolini, Adelina naît à Zurich dans les années 50. Elle a dix-huit ans lorsque, à la mort de son père, elle hérite de ses dettes. Forcée d'interrompre son apprentissage pour entrer à l'usine, elle rencontre Toto, un saisonnier dont elle tombe amoureuse. Mais peu après la naissance de leur fille, Toto disparaît. En ce début des années 70, dans une Suisse que l'essor économique rend impitoyable, Adelina n'a pas le choix : elle va devoir faire confiance à des hommes qui ne veulent pas tous son bien.
En racontant tambour battant la vie quotidienne de son héroïne - mère célibataire, précaire et épuisée, mais qui ne se résigne pas -, Lukas Bärfuss brosse une redoutable fresque de la société libérale et signe un grand roman sur l'injustice et la dépossession.

Mon avis : 
Un roman percutant sur la pauvreté et la violence sociale, porté par une très belle description de l’engrenage dans lequel est prise Adelina, jeune mère étranglée par les dettes et la précarité. Lukas Bärfuss réussit particulièrement bien a cerner la misère et comment le corps et le temps d’Adelina deviennent sa seule monnaie d’échange. 

Mais l’accumulation de malheurs, les décisions de plus en plus discutables de l’héroïne et une fin qui force un peu le trait donnent parfois le sentiment d’un roman trop démonstratif, qui s’acharne sur son personnage au risque de perdre en crédibilité, de la décrire comme un personnage de caricature. Une lecture forte et dérangeante, mais qui laisse aussi une impression de longueur et de construction un peu artificielle.

mardi 10 mars 2026

Trouver ma voie


Résumé : 
« À quinze ans, une balle a changé la trajectoire de mon existence ; elle m’a arrachée à mon pays pour me projeter dans l’inconnu. »

Malala a quinze ans lorsque les talibans prennent le pouvoir dans sa région montagneuse du Pakistan. Rapidement, ils interdisent l’école pour les filles et alors que Malala résiste publiquement, elle devient une cible. Le 9 octobre 2012 en rentrant du collège, des terroristes tentent de la tuer, la laissant dans un état critique.

Arrivée en Europe afin de recevoir des soins d’urgence – et en dépit des menaces de mort –, elle continue son combat. Depuis, elle est devenue une icône pour toutes celles et tous ceux qui luttent au Pakistan et dans le monde contre les violences faites aux femmes.

Trouver ma voie est un témoignage exceptionnel, intime et bouleversant où Malala évoque sa vie, ses convictions mais surtout la nécessité d’oser devenir soi, envers et contre tout.

Mon avis : 
Je trouve que Malala est une jeune femme tellement inspirante que j'ai eu envie immediatement de lire son nouveau livre. Il fait suite a Moi, Malala qui racontait son combat contre les les talibans. Ici, avec Trouver ma voie, elle raconte son arrivée a l'université. Dans les premières pages, je trouvais le récit plutôt banal : Malala est comme toutes les autres étudiantes, elle découvre les fêtes, les sorties, le sport, elle rencontre des garçons, bref une vie d'étudiante. 

Ce qui m'a lu plus plu c'est quand, elle évoque des sujets plus personnels comme la santé mentale et le stress post-traumatique dont elle souffre depuis cette tentative d'assassinat. J'ai été également extrêmement touché par les derniers chapitres qui racontent la prise de pouvoirs des talibans en Afghanistan et les conséquences désastreuses sur l'éducation et la vie des filles et femmes en général. 

Son combat est une juste cause et je suis ravie d'avoir pu découvrir un peu plus sur la jeune femme qui se cache derrière ce prénom Malala. 

lundi 23 février 2026

Le Champ des Méduses


Résumé : 
" C'est comme ca qu'un sceptique est devenu le Sceptique. " Dans le Belgrade des années 2020, Le Sceptique, ancien journaliste devenu détective et grand amateur de vinyles, se lance dans une enquête à la demande d'un ancien camarade slovène de l'armée populaire yougoslave, Ales. Celui-ci lui demande de retrouver Marijana son épouse, disparue dix ans plus tôt après un mystérieux séjour à Belgrade.
L'enquête du Sceptique le mène de Belgrade à Rovinj en Istrie, le Saint-Tropez croate, qui fut le théâtre d'un drame survenu trente ans auparavant. Il s'agit de la disparition de Bisera, la mère de Marijana, lors d'un séjour dans une villa au coeur du cercle fermé de familles influentes et dépravées. Peu à peu, les masques tombent : le groupe de vacanciers est lié par un pacte de silence mêlant libertinage, argent et pouvoir.
Se dévoile alors le portrait d'une élite corrompue et complice, prête à tout pour protéger ses secrets. Ce qui semblait être une banale affaire de disparition se transforme rapidement en une plongée vertigineuse dans l'histoire trouble de l'ex-Yougoslavie. Entre jeux de pouvoir, secrets familiaux et crimes non résolus...


Mon avis :
Le Champ des méduses d’Oto Oltvanji est un roman venu de Serbie. C'est un roman tres noir, sombre qui dénonce la corruption, les privilèges et les secrets.

L'intrigue a pour point de départ : la demande d’un ancien camarade slovène de retrouver Marijana, sa femme, disparue dix ans plus tôt. L’enquête fait circuler le lecteur de Belgrade à Rovinj en Croatie, et nous emmène très rapidement dans une énigme complexe : celle de Marijana, mais aussi celle, plus ancienne, de Bisera, sa mère, volatilisée trente ans auparavant dans une villa mondaine sur la cote adriatique. Cette double chronologie donne une profondeur au récit.

L'intrigue est lente, il n'y a pas de retournements de situation spectaculaire et il faut être patient pour comprendre ce qui se cache derrière le libertinage, l’argent et le pouvoir, qui soude un cercle de familles influentes yougoslaves.

Le détective Ales, surnommé le Sceptique est ancien journaliste devenu enquêteur privé et collectionneur de vinyles. C'est un enquêteur réfléchi, qui fait marcher ses anciens contacts, il est plutôt convaincant dans son rôle d'enquêteur mais son scepticisme justement a fait que j'ai eu du mal a m'attacher a lui ou même aux autres personnages.

dimanche 22 février 2026

La mort de Vivek Oji


Résumé : 
Le lendemain d'une grande émeute au marché, la mère de Vivek Oji découvre le corps de son fils allongé sur leur véranda, sans vie. Une simple toile imprimée d'hibiscus rouges recouvre son corps nu.

Comment un destin si tragique a-t-il pu frapper ce jeune homme de vingt ans, promis à un bel avenir ? La mère se met alors à explorer le passé à l'affût de bribes de réponses, de signes. Vivek était certes né avec une étrange tache près de la cheville. Puis il s'était curieusement laissé pousser les cheveux, de plus en plus long, malgré le courroux de son père.

Parfois, il semblait aussi planer, ailleurs. En filigrane, son cousin prend également la parole pour nous dévoiler la part secrète de Vivek, son plaisir caché de se vêtir en femme, son attirance pour les hommes... Au fil de la lecture se compose ainsi le portrait complexe et bouleversant d'un être né dans une société nigériane et dans une famille qui ne l'acceptent pas tel qu'il voudrait être au grand jour.

D'une plume lumineuse et sensuelle, Akwaeke Emezi signe un deuxième roman d'une splendeur troublante, au style aussi doux que fiévreux. La mort de Vivek Oji mêle puissamment les questions d'identité, de genre, de tolérance et d'innocence. Mais c'est avant tout le roman bouleversant et universel d'une jeunesse injustement brisée en plein vol.

Mon avis : 

Akwaeke Emezi s'attaque a un sujet difficile : l'homosexualité et la transexualité au Nigéria, pays encore tres conservateur, je pense notamment a cette scene terrible de passage à tabac religieux, où l’on prétend frapper un « démon » plutôt que la personne, révélant la cruauté derrière le discours de protection de l'Eglise.

Pour autant, on ne tombe jamais dans le melodramatique, au contraire le texte met en scène la joie, la sensualité et la créativité d’une jeunesse qui invente ses propres codes pour survivre.

J'ai beaucoup aimé la narration où s’entrelacent les voix de la mère, du père, d’Osita, des amis et parfois de Vivek lui‑même : chacun ne détient qu’un morceau de l’histoire, un fragment de la personne perdue. Mais Le roman se présente aussi comme une enquête autour d’un corps déposé sur un perron, nu, enveloppé dans un tissu, et d’une question : que s’est‑il vraiment passé pour que Vivek meure ainsi ?