lundi 8 juillet 2024

Welcome to the Hyunam-Dong Bookshop

 

Résumé : 
Yeongju is burned out. With her high-­flying career, demanding marriage, and busy life in Seoul, she knows she should feel successful, but all she feels is drained. Yet an abandoned dream nags at her, and in a leap of faith, she leaves her old life behind. After quitting her job and divorcing her husband, Yeongju moves to a small residential neighborhood outside the city, where she opens the Hyunam-dong Bookshop.

For the first few months all Yeongju does is cry, but the long hours in the shop also give her time to mull over what makes a good bookseller and store. As she starts to read hungrily, host author events, and develop her own bookselling philosophy, she eases into her new setting. Surrounded by friends, writers, and the books that connect them all, she finds her new story as the Hyunam-dong Bookshop transforms into an inviting space for lost souls to rest, heal, and remember it's never too late to scrap the plot and start again.

Mon avis : 
J’ai terminé le livre hier et ce n’est pas facile d’écrire ici mes pensées, car je n’ai pas aimé ma lecture. Je ne pense pas que ce soit un mauvais livre mais ce n’est pas ce à quoi je m’attendais. 

Les chapitres n'ont pas assez de liens entre eux, il s'agit plutôt de plusieurs petits essais écrient par l'auteure, sur ses pensées : "il est normal de se sentir triste et de pleurer", "Il est important de traiter les gens équitablement au travail", "Il ne faut pas travailler trop ou trop tard le soir"…. Cela fonctionne peut-être dans la société coréenne, mais je sentais que je n’avais pas toutes les clés en main pour comprendre la culture asiatique. 

Quelques sentiments m'ont aussi manqué, je sais qu'en Asie on n'exprime pas toujours ce qu'on ressent, on ne dit pas « Je t'aime » aussi facilement comme dans d'autres pays mais ce ton extremement neutre dans la naration m'a dérangé et je me suis ennuyée après quelques pages.  J'aurais adoré avoir une vraie histoire d'amour, un peu de romantisme peut-être mais j'avais l'impression que tous les personnages étaient juste mécontents de leur vie. 

Le seul point positif du livre était le côté convivial et cozy, j'ai apprécié la description de la librairie, la description du café (j'adorerais pouvoir faire une dégustation de café un jour pour pouvoir reconnaître les différents grains de différents pays) mais le reste fut comme une longue conversation qui ne finissait nulle part. Je suis surpris par toutes les bonnes critiques sur Goodreads et sur d’autres sites Web de livres. Pour moi, cela n'a pas fonctionné et je ne recommanderai pas ce roman.


dimanche 7 juillet 2024

Un doux parfum de mort

 

Résumé : 
Un bled du Mexique profond, un cadavre de jeune fille, un assassin trop malin pour se faire pincer, un autre "assassin", innocent, mais tant pis, que chacun voudrait coller à la place du vrai, quelques flics joliment pourris... et un brave garçon timide avec les filles que les bonnes gens de l'endroit poussent à jouer les vengeurs de la société outragée... Le roman d'Arriaga se dévore comme une tortilla bien relevée. On n'en dira pas plus, soucieux de laisser au lecteur la surprise de la dernière bouchée... et le plaisir de suivre un romancier particulièrement retors, qui s'ingénie comme aucun autre à brouiller les pistes et les genres. Polar dévoyé, conte d'amour et de mort, vaudeville sanglant arrosé à la tequila : il y a de tout cela dans ce roman d'une noirceur sans mélange - celle des meilleurs cafés... qui empêchent si bien de dormir.

Mon avis : 
Un gros coup de cœur pour ce roman qui nous plonge en plein cœur du Mexique. Le pays est extrêmement bien décrit : les paysages, la chaleur du désert, le conflit entre traditions et modernité. On a aussi un aperçu de la corruption policière et l’on se rend compte que la population préfère faire justice soit même plutôt que d’impliquer les forces de l’ordre. C’est un pays incroyable aux multiples facettes.

Je pensais en débutant ma lecture que cette histoire allait être un vrai roman policier mais pas du tout, c’est un roman complètement a part mais vraiment captivant. C’est surtout l’histoire d’un village, ou un meurtre est commis puis de tous les commérages et mensonges qui suivent le drame. On se rend vite compte que la véritable identité du meurtrier n’est pas importante car tout ce qui compte, c'est que justice soit rendue. Et après une série de quiproquo, l’enquête s’enlise tandis que les esprits s’échauffent et crient à la vengeance.

mardi 2 juillet 2024

First lie wins

 

Résumé : 
Everything she is about to tell them is a lie...
Evie Porter has everything a girl could want: a doting boyfriend, a house with a picket fence, a fun group of friends.
The only catch: Evie Porter doesn't exist.
First comes the identity. Once she's given a name and location by her employer, she learns everything there is to know about the town and the people in it.
Then the mark: Ryan Sumner.
The last piece of the puzzle is the job. For Evie, this job feels different. Ryan has gotten under her skin and she's started to picture another kind of life for herself - one where her boss doesn't pull the strings.
But Evie can't make any mistakes. Because the one thing she's worked her entire life to keep clean, the one identity she could always go back to - her real identity - just walked right into this town. A woman, who looks just like her, has stolen her name - and she wants more. As Evie's past begins to catch up with her, can she stay one step ahead to save her future?

Mon avis : 
Dès les premières pages, j’ai eu le sentiment de lire un roman vraiment différent de ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. Mi-thriller, mi- roman d’espionnage et une fois commencé, le livre est impossible à lâcher. Je suis aussi très contente que ce livre était un des titres choisis par Reese Witherspoon pour son book club, car je serai sans doute passé à côté de ce roman.

La construction est intéressante et les chapitres alternent entre présent et passé, ils nous permettent d’apprendre à connaitre Evie un peu mieux et de comprendre comment elle est arrivée ou elle est aujourd’hui.

Evie est un personnage que j’ai beaucoup aimé, une jeune femme forte (pour une fois !) qui commet des erreurs mais qui rebondit toujours. Elle n’a pas froid aux yeux, n’a rien à perdre et ne se laisse pas dicter sa conduite. Les personnages secondaires sont intéressants mais aurait eu besoin d’être un peu plus étoffés. C’est dommage qu’ils manquent tant de profondeur mais j’ai quand même pu m’attacher à Ryan.

Cependant, le gros bémol de ce roman, c’est la vraisemblance de l’intrigue. Tout est trop gros pour être vrai, on est sur le scenario d’un gros film d’action américain avec plein de rebondissements, mais ou tout s’arrange pour les gentils à la fin et ou les méchants sont punis. De temps en temps, ce genre de livres / films fait du bien mais ça n’empêche pas qu’à certains moments, j’ai roulé des yeux….

mercredi 26 juin 2024

La Terre qui les sépare

 

Résumé : 
En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Égypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s’être opposé dès le début au régime de Kadhafi. La famille reçoit quelques lettres, envoyées secrètement, jusqu’à ce que toute correspondance cesse brusquement. Vingt et un ans plus tard, lors de la chute de Kadhafi, en 2011, le peuple prend les prisons d’assaut et libère les détenus. Mais Jaballa Matar est introuvable. A-t-il été exécuté lors du massacre d’Abou Salim qui a fait 1 270 victimes en 1996? La détention l’a-t-elle à ce point affaibli qu’il erre quelque part, libre mais privé de souvenirs et d’identité?
Hisham Matar va mener l’enquête pendant des années, contactant des ONG et des ambassades, relatant l’histoire de cette disparition dans la presse internationale, se rendant à la Chambre des lords en Angleterre, son pays d’adoption, s’adressant aux personnalités les plus inattendues, de Mandela au fils de Kadhafi.
À travers une méditation profonde et universelle sur la condition des fils qui attendent le retour de leurs pères partis au combat, Hisham Matar retrace aussi l’histoire poignante d’un retour au pays, après une absence de plus de trente ans. Il livre également un portrait subtil de la Libye prise dans la tourmente de la dictature et de la révolution, qui synthétise les espoirs déçus du Printemps arabe.

Mon avis : 
C’est la première fois que je lis un livre d’Hisham Matar et La terre qui les sépare est un recit magnifique.

L’auteur nous emmène dans sa recherche de la vérité sur ce qui est arrivé à son père, kidnappé en Égypte et emprisonné en Libye, pour s'être ouvertement opposé au régime de Kadhafi.

C'est un voyage à travers l'histoire politique de ce pays, mais aussi un voyage à travers le passé familiale.

Lecture prenante, histoire belle et terriblement triste avec laquelle on apprend beaucoup sur la Libye et dont on ne ressort pas indemne.

Mon cher mari

 

Résumé : 
À tour de rôle, onze femmes se livrent sans tabou au sujet de leur époux. Adultère ou machiste, prétentieux ou destructeur, l'homme de chaque couple est décrit par sa compagne dans une situation quotidienne qui dévoile l'étendue de ses défauts, mais également à quel point il est difficile de vivre à deux. Car parler de son conjoint, c'est forcément révéler autant sur soi que sur l'autre...Tableau à la fois désopilant et terrible des rôles attribués par la société, Mon cher mari renouvelle la fiction féministe en égratignant tout le monde. Sur un fil d'équilibriste entre ironie décapante et tragique de la banalité conjugale, Rumena Bužarovska pointe les limites sociales comme intimes de notre discours sur le couple et interroge de son irrésistible talent chaque rouage du vaste jeu de l'amour et du mariage

Mon avis : 
Tout d’abord, j’ai été attiré par la couverture. J’avais envie de savoir ce qui se cachait derrière la photo de cette jeune femme souriante, nous faisant un clin d’œil et cet homme de dos tout raturé. Il s’agit en fait d’un recueil de nouvelles écrit par une auteure de Macédoine ou onze femmes partagent leur expérience, un pan de leur vie de famille, de couple. Toutes les nouvelles sont vraiment différentes mais elles ont un point en commun, l’utilisation de la première personne du singulier. 

J’ai aimé toutes ses nouvelles qui nous montre une société bien plus traditionnelle que la nôtre. Les femmes prennent soin de leur mari, de leur intérieur, de leur famille, tandis que les hommes sont bien plus machos et colériques. Les hommes sont vraiment tous plus affreux les uns que les autres : méprisants, lâches, infidèles…. Et toutes ses femmes tentent de survivre, de s’exprimer à leur manière. Mais j’aurais sans doute aimé un peu plus de couples heureux. On peut être marié depuis 20 ans, 30 ans et être heureux. Or tous ces couples sont insatisfaits, caustiques et amers. Ils semblent blâmer la terre entière de choix qu’ils ont fait et qu’ils regrettent aujourd’hui. Cette image du mariage, des hommes est vraiment très réducteur.

L’auteure veut dénoncer le patriarcat ce qui est une bonne chose mais pour autant je ne me suis attachée a aucune de ses femmes. Le style est aussi particulier, très fluide, les nouvelles se lisent très vite mais c’est parfois un langage familier qui m’a dérangé.

mardi 25 juin 2024

Qui a tué Lucy Davis ?

 

Résumé : 
Malgré la tempête qui approche de l’ile, le Capitaine Markou se rend à la soirée très prisée de la richissime Mariama.
Sur l’île de Nissos, la fête bat son plein jusqu’à ce que le corps de Lucy, jeune journaliste anglaise, soit retrouvé dans le débarras de la magnifique maison.
C’est la panique sur l’île paradisiaque car le crime a frappé. Le Capitaine Markou voit voler en éclats ses douces vacances et il n’est pas au bout de ses surprises.
Dix suspects sont identifiés. Dix personnalités inattendues. Tous ont une bonne raison d’avoir voulu tuer cette jeune femme. Mais aucun n’a le même mobile.
L’affaire s’annonce particulièrement tordue.
L’enquête se complique quand l’un des suspects est retrouvé à son tour mort et qu’un dossier criminel non résolu renaît.
Une course contre la montre s’engage pour dénouer ce crime presque parfait avant que l’île ne soit libérée de la tempête qui l’a coupée du reste du monde.

Mon avis : 
Qui a tué Lucy Davis ? est le dernier roman de Christos Markogiannakis mettant en scène le capitaine Markou.

J’avais aimé les précédents romans de l’auteur et j’étais vraiment ravie de pouvoir lire celui-ci mais je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé.

La première moitié du roman est très longue à démarrer, il y a énormément de détails superficiels, un défilé de personnages qu’il n’est pas facile d’identifier. Heureusement la seconde moitié rattrape le coup et j’ai commencé à aimer ma lecture.

Je n’ai pas réussi à m’identifier à aucun personnage, ils sont tous un peu trop caricaturaux pour moi. Le capitaine Markou est le seul personnage que j’ai trouvé extrêmement humain.

J’ai apprécié l’écriture de l’auteur, pleine d’humour, les chapitres courts qui donnent du rythme a l’histoire et l’histoire dans l’histoire avec les extraits du livres de Lucy.

J’aurai aimé sans doute un peu plus de descriptions de la Grèce, pays qui me fait tellement rêver, mais l’auteur a plus misé sur ses personnages et son intrigue.

vendredi 21 juin 2024

Hey, Zoey


Résumé : 
A provocative, tender and darkly funny novel that explores the painful truths of modern-day connection, and all the complicated and unexpected forms that love can take in a lifetime.

Imagine discovering an animatronic sex doll hidden in the garage. What would you do?

Dolores initially does nothing. She assumes the doll belongs to her husband, David, and their relationship is already strained. They're not young, they're not old; they have no children, they keep up with the markers of being middle class and Dolores is well versed in keeping men's secrets.

But then, Dolores and Zoey start to talk ...What surfaces runs deeper than Dolores could have ever expected, with consequences for all of the relationships in her life, especially her relationship to herself.

Hey, Zoey is a propulsive story of love, family, and trauma in our tech-buffered age of alienation, as strange as it is familiar.

Mon avis :
Dolores a une vie bien rangée, professeure dans un lycée, mariée depuis des années avec David, anesthésiste. Tous leurs proches pensent qu’ils forment un beau couple, jusqu’au jour ou Dolores trouve une poupée sexuelle dans leur garage.

Le résumé était intriguant, c’est pour ça que je me suis précipitée sur ce roman et je ne suis pas déçue.

L’intrigue d’abord est originale, on parle de plus en plus d’intelligence artificielle, et j’ai adoré les interactions entre Dolores et Zoey qui sont parfois à mourir de rire. Mais Zoey n’est finalement qu’un personnage secondaire. L’histoire repose uniquement sur Dolores. On se rend très vite compte de l’extrême solitude de cette femme et des nombreux traumatismes jamais guéris qui l’ont transformé. C’est uniquement dans les dernières pages qu’on comprend le pourquoi de l’échec de son mariage.

J’ai aimé la relation entre Zoey et Dolores. Finalement, c’est l’intelligence artificielle qui parvient à aider Dolores à surmonter sa séparation et à faire sortir tous les traumatismes trop longtemps garder à l’intérieur. Les robots font peur mais ici j’ai trouvé cela vraiment positif.

Le style d’écriture est parfois déroutant car le roman se compose uniquement de phrases courtes, d’aller-retours constants dans le passé et le présent de Dolores. Cette dernière a parfois des réactions extrêmement étranges que l’on ne comprend pas forcément immédiatement. Et ce n’est qu’aux fils des pages et des souvenirs que l’on arrive à mieux la cerner. C’est assez étrange car en tant que lecteurs on ne sait absolument pas ou Sarah Crossan va nous emmener et dans les derniers chapitres toutes les pièces du puzzle finissent par s’emboiter.





mercredi 19 juin 2024

Les cris de l'innocente

 

Résumé : 
Amantle accomplit son service national dans un dispensaire de brousse, du côté des superbes paysages du delta de l'Okavango. Affectée à des tâches subalternes, elle découvre une boîte contenant les vêtements d'une petite fille, couverts de sang. Il s'avère que ce sont ceux de la jeune Neo, disparue cinq ans plus tôt. La police avait classé l'affaire : " attaque par un lion, aucune trace de l'accident ".
Véritable empêcheuse de danser en rond, Amantle va relancer l'enquête, au grand dam des autorités locales. Dans les hautes sphères aussi on s'inquiète de cette exigence de vérité qu'osent poser des villageois supposés dociles. On ne parle plus de lion mais d'erreur humaine, d'élimination de preuves, de crime rituel perpétré par des gens haut placés. La découverte des vêtements gêne du monde, les coupables sans doute, ceux qui ont peur des pouvoirs occultes certainement, ceux aussi qui craignent et jalousent leurs supérieurs.
Mais Amantle ne lâche pas, elle contacte une amie avocate et se fait des alliés parmi les villageois qui voient en elle la seule chance d'en savoir plus, de coincer peut-être les coupables impunis de ces meurtres rituels relativement réguliers qui frappent de petites campagnardes. Maîtrisant parfaitement les dialogues, les portraits, les cadres de vie, Unity Dow écrit là non seulement un bon thriller sur fond d'Afrique partagée entre modernité et tradition mais aussi un réquisitoire contre des pratiques excessivement barbares.

Mon avis : 
Je suis déçue par Les cris de l’innocente, tout d’abord parce que le personnage principal : Amantle n’est pas crédible. C’est une toute jeune fille de 22 ans qui tient tête à tout monde et qui n’a peur de rien.

Le roman est aussi très long à démarrer et la fin beaucoup trop rapide et entre deux, il y a peu de suspense.

Il reste malgré tout intéressant pour ses descriptions du Botswana, des paysages magnifiques mais aussi de la corruption, de l’instabilité politique et du poids des traditions et de la sorcellerie. Malgré tout, je préfère les romans feel good d’Alexander McCall Smith pour découvrir le pays.

mardi 18 juin 2024

L' Odysée de Pénélope

 

Résumé : 
" Depuis toujours nous étions tous deux, de notre propre aveu, des menteurs émérites et éhontés. " Ainsi Pénélope évoque-t-elle le couple qu'elle formait avec Ulysse - Pénélope qui, comme son époux, recourut à la ruse et à l'artifice pour sauver sa vie.
Selon Homère, Ulysse à son retour de Troie massacra tous les prétendants à son trône qui, en son absence, avaient courtisé son épouse. Mais il fit aussi pendre les douze servantes de Pénélope qu'il accusa de l'avoir trahi. Dans cette relecture originale du mythe grec que nous propose Margaret Atwood, Pénélope, hantée par la mort de ses servantes, raconte depuis les Enfers sa propre version de l'histoire, celle d'une femme, d'une épouse, d'une mère et surtout d'une reine bien plus lucide et plus forte que ce que les hommes ont voulu croire jusqu'à aujourd'hui.

Mon avis : 
Je n’ai encore vraiment jamais lu Margaret Atwood mais je connais la série La servante écarlate que j’ai commencée et est dû arrêter tant elle était difficile à regarder émotionnellement.

L’odyssée de Penelope me rendait vraiment curieuse, j’avais envie de découvrir le mythe sous les traits d’une femme. Autant le confesser tout de suite, je ne connais pas grand-chose à la mythologie mais je suis toujours fascinée pour toutes ses histoires de Dieux, de Déesses, de monstres et d’épopées.

J’ai donc débuté ma lecture pleine de curiosité et j’ai découvert un court roman très moderne et féministe. En effet, cette Penelope casse peu à peu tout le mythe : Ulysse n’est pas le héros que pourrait croire, il aura passé pas mal de temps dans des bordels et le fameux cyclope serait en réalité un aubergiste un peu trapu. Penelope n’aurait peut-être pas été si fidèle que l’on voudrait le croire. Bref, on rétablit une sorte d’égalité des sexes au fil des pages. Leur couple est aussi remis en cause ou en réalité, il faisait tout deux semblants de s’aimer, d’un commun accord. C’est un point de vue intéressant, peut-être difficile à assimiler par le lecteur tellement conditionné par les récits d’Homère. En tout cas, peu importe la vérité, les deux formes un couple qui aime raconter des histoires, en enjolivant sans doute beaucoup les choses et ce livre se lit comme un conte. "Dans la vie, tout est question de point de vue : c'est souvent celui qui raconte l'histoire qui emporte le morceau car, en l'absence de récit contradictoire, on est bien obligé de le croire sur parole."

Ensuite, le livre nous donne un bel aperçu de la société grecque de l’époque avec ses codes et l’on découvre que certains aspects n’ont pas trop changé. Pénélope parle beaucoup de sa cousine Helene, de sa beauté alors qu’elle est juste une femme intelligente. De nos jours, ces critères de beauté sont toujours présents : dans les magazines de mode, sur Instagram et autres réseaux sociaux. On demande toujours aux femmes d’être belle mais l’on craint toujours les femmes intelligentes, les femmes carriéristes ou les femmes de pouvoir.

J’ai quand même un point qui m’a dérangé c’est le fil du récit qui est extrêmement décousu. L’auteure tisse son histoire comme Pénélope son linceul et entremêle les récits de l’héroïnes avec des chants des servantes qui continuent d’hanter Ulysse. C’est habile mais parfois extrêmement frustrant pour le lecteur.

J’ai aussi aimé le prologue de Christophe Ono-dit-Bit qui est tout aussi moderne que la plume de Margaret Atwood mais j’aurais préféré découvrir ce texte dans un dossier a la fin car malheureusement il dévoile beaucoup trop de choses de l’intrigue.

Le piano oriental


Résumé : 
Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d'un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d'Orient de d'Occident, ce piano au destin méconnu n'aura vu le jour qu'en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s'abatte sur le Liban.

Une métaphore amusante - et touchante - de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son oeuvre.

Mon avis : 
Le piano oriental nous offre deux histoires parallèles du grand père musicien dans les années 1960 à Beyrouth, parlant français couramment puis de sa petite fille de nous jour qui quitte le Liban pour venir vivre a Paris.

C’est un roman graphique plein de contrastes : entre Orient et Occident, entre arabe et français, entre musique tonale (tradition européenne, basée sur les tons et demi-tons) et microtonale (tradition orientale, basée sur les quarts de ton), entre une Beyrouth belle et luxuriante d’hier et celle d’aujourd’hui, détruite et pleine de contrastes.

Pour illustrer l’histoire, les dessins géométriques luxuriants et magnifiques uniquement en noir et blanc comme les touches d'un piano.

J’ai vraiment adoré cette lecture qui m’a fait voyager dans le Liban d’avant-guerre civile. Je ne connaissais pas Zeina Abirached mais j’ai maintenant très envie de découvrir ses autres écrits.