jeudi 16 juillet 2026

Si tu ne dors pas


Résumé : 
Personne n'a rien vu. Sauf eux.
Avec deux enfants en bas âge à la maison, Mary ne dort plus. Quant à Tim, c'est son passé traumatique qui lui fait perdre le sommeil. Par une étouffante nuit caniculaire londonienne, Mary et Tim se rencontrent dans un parc. Ils ne se connaissent pas, mais ils vont très vite nouer un lien indéfectible : ce sont les seuls témoins d'un drame. Dans la maison d'en face, à travers la fenêtre, ils ont assisté à ce qui ressemblait à une violente agression. Lorsque les journaux annoncent la disparition d'une femme, qui a été vue pour la dernière fois marchant seule dans le quartier, ils sont convaincus qu'il s'agit de la personne qu'ils ont aperçue. Mais la police ne les croit pas. Et Mary commence à douter d'elle-même... et de Tim. Peut-on se fier à un homme qui ne dort jamais ?

Mon avis : 
Claire McGowan signe avec Si tu ne dors pas un thriller domestique efficace, porté avant tout par ses personnages profondément humains. J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’autrice dépeint deux trajectoires cabossées par la vie : Mary, jeune mère épuisée, submergée par son quotidien et privée de sommeil, et Tim, ancien correspondant de guerre hanté par un stress post-traumatique après un attentat en Syrie. Leur rencontre, en tant que voisins londoniens, donne lieu à une dynamique touchante et crédible.

L’enquête autour de la disparition de Samantha sert de fil conducteur solide, avec un rythme soutenu qui en fait un véritable page-turner. On tourne les pages avec facilité, porté par une écriture fluide et immersive. Cela dit, l’intrigue reste assez prévisible dans son déroulé, ce qui atténue quelque peu la tension et l’effet de surprise attendu dans ce type de roman.

Là où le livre m’a le plus convaincu, c’est dans son exploration de la fragilité mentale et émotionnelle de ses personnages. Mary et Tim sont imparfaits, fatigués, parfois perdus — et c’est précisément ce qui les rend attachants. Leur relation, faite de soutien mutuel et de compréhension silencieuse, est l’un des points forts du roman.

J’avoue néanmoins être resté un peu sur ma faim concernant leur lien : une évolution plus marquée vers une forme de romance aurait apporté une dimension supplémentaire à l’histoire. Ce choix de retenue est cohérent, mais laisse une légère frustration.


The divorce


Résumé : 
What is a happily ever after really worth?
Naomi was living the quintessential love story. Boy meets girl. They fall in love, get married, buy a dream house, start a family...
Then—he kicks her out, hires the city’s best divorce lawyers, drains their accounts, and takes up with a 20-something.
It’s a brutal end to the story. Naomi should accept defeat: move into a dingy apartment, get back into the workforce, and piece together the shattered remains of her life.
Except, why should she?
Instead, Naomi fixates on her husband’s new girlfriend. What begins as cynical curiosity soon twists into obsession—and then into something far darker. As Naomi uncovers secrets she never imagined, she realizes her own life may be in danger.
But if it keeps her perfect family intact, isn’t it worth it?

Mon avis :
« The Divorce » de Freida McFadden s’inscrit parfaitement dans la lignée de ses thrillers domestiques : une lecture addictive, tendue du début à la fin, où chaque détail semble anodin avant de prendre un sens plus sombre. Dès les premières pages, l’autrice installe une atmosphère oppressante, jouant habilement avec les non-dits et les faux-semblants.

Comme souvent chez McFadden, les personnages sont au cœur du suspense. Chacun cache son jeu, dissimule ses intentions, et le lecteur avance avec une méfiance constante, incapable de distinguer le vrai du faux. Cette ambiguïté permanente crée une tension très efficace, renforcée par un rythme rapide qui donne envie d’enchaîner les chapitres.

Le twist final, même si je l’avais en partie anticipé, n’en reste pas moins percutant. Il recontextualise l’ensemble de l’intrigue et confirme le talent de l’autrice pour construire des retournements intelligents et satisfaisants.

mercredi 15 juillet 2026

Elle et son chat


Résumé : 
C’était au début du printemps, par un jour de pluie. Ce jour-là, elle m’a recueilli. Depuis, je suis son chat à Elle.

Un chat au franc-parler amoureux de sa maîtresse, une chatte rêveuse abandonnée, un chaton perdu dans sa nouvelle famille d’accueil et un chat de gouttière railleur… Ils vivent à Tokyo, dans le même quartier, se croisent et fraternisent au gré des saisons. Et non contents de bouleverser le quotidien de leurs humaines respectives, ils finissent par entremêler leurs vies.

Dans ce magnifique récit choral, femmes et félins se lient d’amitié et s’entraident pour apprendre, ensemble, la beauté de la vie. Un tableau urbain poétique sur la fragilité de la vie, son charme, la solitude et le jeu des apparences, porté par un style délicat et épuré.

Mon avis : 
Un roman tout en douceur, délicatement tissé autour de solitudes urbaines et de rencontres inattendues. Dans Elle et son chat, Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa proposent une mosaïque de portraits reliés par un fil discret mais touchant : la présence des chats, observateurs silencieux et passeurs de liens entre les humains.

Chaque chapitre donne voix à une femme, à un moment charnière de sa vie, et à son chat, dont le regard à la fois naïf et lucide apporte une profondeur inattendue au récit. Ce procédé narratif fonctionne particulièrement bien : il crée une proximité immédiate avec les personnages tout en instaurant une forme de poésie du quotidien, presque contemplative.

Ce qui fait la force du roman, c’est son atmosphère. On est ici dans un registre résolument cozy, sans grands bouleversements dramatiques, mais avec une attention sincère portée aux petits riens : un appartement un peu vide, une relation qui s’effiloche, une rencontre qui change imperceptiblement le cours des choses. Les chats deviennent alors des catalyseurs d’émotions, des présences rassurantes qui facilitent les connexions humaines.

Le style est simple, fluide, parfois presque minimaliste, mais toujours juste. Il accompagne parfaitement le propos et renforce cette impression de calme et de tendresse qui se dégage de l’ensemble. On ressort de cette lecture apaisé, avec l’impression d’avoir partagé un moment suspendu.

Un roman mignon, certes, mais surtout sincère et plutôt réussi dans sa manière de capturer ces instants fragiles où les vies se croisent et se réparent doucement.

samedi 11 juillet 2026

Le calamity club

Résumé :
Meg, onze ans, a appris à ne compter sur personne. Depuis que sa mère l'a abandonnée, elle fait partie des grandes filles " inadoptables " de l'orphelinat, où elle se bat chaque jour pour garder espoir malgré le mépris et la cruauté de la présidente.

Birdie, missionnée d'aller retrouver sa sœur récemment mariée à un riche banquier pour sauver sa famille ruinée, découvre un foyer parfait en apparence mais qui repose en réalité sur un tissu de mensonges.

Charlie, internée de force dans un asile après avoir été jugée " faible d'esprit ", est prête à tout pour récupérer sa fille perdue et retrouver sa dignité.

Trois destins qui vont se rencontrer par la force du hasard autour de l'orphelinat du comté de Lafayette, puis converger avec celui d'un groupe de femmes intrépides qui élaborent un plan audacieux : le " Calamity Club ". Mais dans une ville où règne l'hypocrisie, le moindre acte de défi vous expose à tous les dangers... Quel sera le prix à payer pour leur désobéissance ?


Mon avis : 
Plonger dans Le Calamity Club de Kathryn Stockett, c’est plongler au coeur du Mississippi des années 1930. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette atmosphère dense, où se mêlent les échos de la prohibition, les injustices de la ségrégation raciale et l’ombre glaçante des programmes de stérilisation. L’autrice réussit avec finesse à rendre ce contexte historique aussi vivant qu’oppressant, sans jamais alourdir le récit.

Mais ce qui fait toute la force du roman, ce sont ses personnages. Birdie et Meg, en particulier, qui m’ont profondément marqué. Leur relation, faite de fragilité, de courage et d’une humanité désarmante, donne au récit une intensité émotionnelle rare. Elles incarnent, chacune à leur manière, une forme de résistance face aux normes sociales et aux violences de leur époque. On s’attache à elles presque malgré soi, et il est difficile de les quitter une fois le livre refermé.

Kathryn Stockett signe ici un roman à la fois sensible et engagé, qui interroge sans jamais juger, et qui laisse une empreinte durable. Une lecture marquante, portée par une écriture immersive et des personnages inoubliables.

mardi 30 juin 2026

L'irrésistible appel de la vengeance


Résumé : 
Amanda n’est pas au mieux de sa forme : auteure de polar has been, malheureuse en amour et un peu trop portée sur le gin, elle s’aperçoit avec dépit qu’il est difficile de se remettre en selle à cinquante ans. En attendant des jours meilleurs, elle anime un atelier d’écriture.
Sous sa direction, un petit groupe de prétendants à la gloire littéraire s’exerce à l’art du crime parfait. Parmi eux, Rutger, le beau tennisman, Vanessa, la MILF tirée à quatre épingles, Giovanni, le romantique octogénaire, et Ludovica, l’insupportable agent littéraire d’Amanda. Chapitre après chapitre, professeur et élèves se plongent dans les mécanismes subtils d’une intrigue romanesque, mais aussi dans ceux, plus insidieux, des passions qui les lient les uns aux autres.

Mon avis : 
J'ai absolument adoré ce roman !

Ce livre est un régal, tant par son style léger mais vraiment bien écrit, que par son intrigue entrelacée qui constitue une analyse très pertinente de l'art de la narration et de l'écriture.

L'atelier d'écriture créative et l'entrelacement des personnages sont les outils narratifs permettant de construire un mystère parfait, une métafiction au sein même du roman. Chaque participant se verra attribuer un chapitre de l'histoire travaillée en classe, chaque chapitre mettant en valeur le style d'écriture de son personnage. Les principes clés de l'écriture policière – rythme, suspense, surprise et rebondissement – ​​seront expliqués en détail pour chaque chapitre.

J'ai trouvé la fin un peu précipitée par rapport au reste du roman : quelques pages supplémentaires auraient certainement enrichi l'histoire. 

lundi 29 juin 2026

Selon Barbara


Résumé : 
En 1976, une nuit d'été à Marseille, une série de gestes minuscules déplace silencieusement des vies entières. Barbara traverse alors un drame. Sa soeur, Nathalie, âgée de quinze ans, n'a pas les armes pour tout comprendre. Trente ans plus tard, devenue chroniqueuse judiciaire, elle tente de saisir ce qui, dans l'histoire de sa soeur, résiste encore à la logique. Pourquoi l'affaire la concernant n'a-t-elle jamais été résolue ? Il y a des archives incomplètes, un journal destiné à ne jamais être lu, une île battue par les vents, et cette impression persistante que le hasard n'explique pas tout. Entre maternité et renoncement, vérité et protection, ce roman explore ces instants où des décisions presque invisibles - un mensonge, une omission, un réveil en pleine nuit - deviennent le point de bascule d'une existence. Car parfois, ce ne sont pas les grandes tempêtes qui bouleversent le monde, mais les plus infimes variations.

Mon avis : 
J’ai beaucoup aimé Selon Barbara, un roman que j’ai lu avec une vraie sensation d’immersion. Dès les premières pages, on est pris dans cette histoire de femmes liées par un secret, et j’ai trouvé très réussi ce côté enquête, où les vérités se dévoilent peu à peu, presque par petites secousses.

Ce que j’ai le plus apprécié, c’est la façon dont Sophie Astrabie aborde des sujets forts sans lourdeur. La maternité, le désir d’enfant, la contraception dans les années 70, les silences imposés aux femmes : tout cela est traité avec beaucoup de sensibilité et de justesse.

Mais au-delà du sujet, ce sont surtout les liens entre les personnages qui m’ont touché. J’ai aimé cette sororité qui se dessine, parfois discrète, parfois évidente, mais toujours précieuse. On sent à quel point ces femmes se protègent, se comprennent, se manquent aussi, et cela donne au roman une vraie profondeur émotionnelle.

L’écriture m’a également beaucoup plu : elle est fluide, délicate, et elle accompagne parfaitement cette histoire faite de non-dits, de mémoire et de révélations. C’est un roman que je referme avec le sentiment d’avoir lu quelque chose de beau, de sensible, et de nécessaire.

dimanche 28 juin 2026

Le Chardonneret

 

Résumé : 
Theo Decker a treize ans. Il vit les derniers instants de sa vie d’enfant. Survivant miraculeux d’une explosion gigantesque en plein New York, il se retrouve seul dans la ville, orphelin, et se réfugie chez les parents d’un ami pour échapper aux services sociaux. Mais cette situation ne pourra être que temporaire. Désormais Theo va comprendre très jeune, qu’il ne peut compter que sur lui-même. Tout ce qui lui reste de cette journée où il a perdu sa mère, c’est un tableau, une toile de maître minuscule, envoûtante, infiniment précieuse et qu’il n’a pas le droit de posséder. Mais il ne peut plus s’en détacher. Et elle va l’entraîner dans les mondes souterrains et mystérieux de l’art.

Mon avis :
Dès les premières pages, j’ai été happé par l’idée de départ : un adolescent marqué par un drame, lié presque malgré lui à un tableau.

Il y a là une promesse forte, esthétique et psychologique, et Donna Tartt sait créer une atmosphère dense. Cependant, cette promesse s’étire, et finit par se diluer a mesure qu'on avance dans l'histoire. Là où j’attendais une tension constante autour du tableau et de la trajectoire de Theo, le récit se disperse dans de longues digressions, parfois intéressantes, souvent répétitives. Certaines parties — notamment à Las Vegas — apportent une vraie profondeur aux personnages (avec l'apparition de Boris, sans aucun doute mon personnage préféré), mais d’autres donnent le sentiment de tourner en rond, comme si le roman peinait à justifier sa propre ampleur.

Le principal défaut du livre reste pour moi la longueur : plus de 1100 pages dans la traduction française, c’est considérable, et difficile à soutenir sans un renouvellement narratif plus marqué. À force d’étirer les situations et les introspections, l’émotion s’émousse. Ce qui aurait pu être un roman puissant et resserré devient une expérience de lecture inégale, oscillant entre fascination et fatigue.

Cela dit, il serait injuste de ne pas reconnaître les qualités du livre : une écriture précise, une réelle sensibilité dans la construction des personnages, et une réflexion intéressante sur l’art, la perte et l’identité. Mais pour ma part, l’enthousiasme initial n’a pas résisté à la longueur excessive du récit.

vendredi 26 juin 2026

Tout ce que nous n’avons jamais été


Résumé : 
Leah est brisée. Leah ne peint plus. Leah n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis l’accident qui a emporté ses parents.
Axel est le meilleur ami de son grand frère. Lorsqu’il accepte d’héberger Leah quelques mois, il veut aider à recoller les morceaux de la jeune fille pleine de vie qu’elle a été. Mais il ne sait pas qu’elle est amoureuse de lui depuis toujours, ni que sa vie entière est sur le point de basculer.
Parce qu’elle lui est interdite, quand bien même elle embrase ses sens.
Parce qu’elle représente la mer et les nuits étoilées au son des vinyles des Beatles.
Parce que parfois, il suffit de lâcher prise et de se laisser tenter pour tout avoir.

Mon avis : 
Tout ce que nous n’avons jamais été est une lecture qui m’a profondément touchée, autant par son intensité émotionnelle que par la justesse de ses personnages. Alice Kellen parvient à créer une histoire à la fois douce et poignante, où les sentiments prennent toute la place sans jamais tomber dans l’excès.

Leah est un personnage particulièrement attachant. Fragile mais déterminée, elle avance malgré ses blessures et découvre peu à peu ce que signifie aimer. Sa relation avec Axel est au cœur du roman, et c’est justement cette dynamique qui rend l’histoire si prenante. Axel, avec ses défauts — égoïste, fêtard, séducteur — n’est pas idéalisé, et c’est ce qui le rend crédible et profondément humain. Derrière cette façade, il devient celui qui aide Leah à retrouver le sourire, à se reconstruire, et à vivre son premier amour avec une intensité rare.

Leur relation, marquée par la différence d’âge et le lien initial (meilleur ami du frère), apporte une tension constante, entre désir, culpabilité et tendresse. Alice Kellen explore avec finesse ces contradictions, rendant chaque interaction vibrante et sincère.

La fin, quant à elle, est particulièrement bouleversante. Elle laisse un goût d’inachevé et une émotion persistante qui donne immédiatement envie de se plonger dans la suite. 

Un roman que j’ai adoré, et dont j’attends désormais avec impatience de voir l’adaptation au cinéma.

Dernier Nouvel An


Résumé : 
Au douzième coup de minuit, plus rien ne sera comme avant.
Ebba et Marlon sont fous amoureux comme on peut l'être à dix-sept ans. Ils ont retardé l'échéance, mais il est temps que leurs parents se rencontrent. Réunis sous le même toit pour un repas du nouvel an intime, les deux adolescents découvrent avec horreur que les adultes se connaissent déjà trop bien. Ils veulent faire bonne figure, mais les masques tombent vite et le passé qu'ils avaient tant voulu étouffer s'invite à la table. Au menu de ce repas de fête : soupçons, rancoeurs et trahisons.

Mon avis : 
Avec Dernier Nouvel An, Martin Österdahl propose un huis clos qui avait tout pour fonctionner, mais qui se révèle au final assez décevant.

La promesse d’un dîner entre amis où les masques tombent est séduisante, et la construction en trois temps — entrée, plat, dessert — entrecoupée de flashbacks, est originale. Malheureusement, cette construction du récit ne suffit pas à masquer les faiblesses du fond.

Le principal problème du roman réside dans sa prévisibilité. Très tôt, les secrets des personnages se laissent deviner sans grande difficulté, et les révélations attendues tombent souvent à plat. Là où le genre exige finesse et ambiguïté, Österdahl opte pour des ficelles assez grossières, donnant au lecteur une longueur d’avance constante sur le récit. Le suspense en pâtit fortement, et la tension, pourtant annoncée, peine à réellement s’installer.

La fin, spectaculaire et dramatique, semble chercher à compenser cette linéarité, mais elle arrive presque trop tard pour surprendre. Si elle impressionne par son intensité, elle ne parvient pas à effacer l’impression d’un roman globalement convenu et sans réelle prise de risque.

Au final, Dernier Nouvel An donne le sentiment d’un exercice de style maîtrisé mais creux, où la forme prend le pas sur un fond trop attendu pour convaincre.

jeudi 25 juin 2026

L'étranger dans la maison


Résumé : 
" Comment te sens-tu ? " Elle voudrait répondre " terrifiée ". À la place, elle dit, avec un faible sourire : " Heureuse d'être à la maison. "
Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d'avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s'est volatilisée. Alors qu'il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d'un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d'ordinaire
jamais les pieds. À son réveil à l'hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d'amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est
décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu'un s'introduit en leur absence dans la maison...

Mon avis : 
J’ai retrouvé avec L’étranger dans la maison tout ce que j’aime chez Shari Lapena — et encore une fois, je me suis fait complètement happer. Dès les premières pages, cette impression que quelque chose cloche s’installe, et impossible de lâcher le livre ensuite.

Ce que j’adore chez elle, c’est cette capacité à semer le doute partout. Ici, je n’ai cessé de changer d’avis : un personnage me semblait crédible, puis suspect quelques pages plus loin. Tout le monde cache quelque chose, tout le monde a ses failles, et ça crée une tension presque inconfortable. On ne sait plus à qui se fier, et c’est exactement ce qui rend la lecture aussi addictive.

J’ai aussi beaucoup aimé cette atmosphère très “quotidien qui déraille”. On part d’une situation banale, presque rassurante, pour glisser progressivement vers quelque chose de beaucoup plus sombre. Et plus on avance, plus les révélations s’enchaînent, sans jamais faire retomber la pression. Jusqu’aux derniers chapitres, j’ai douté — et ça, c’est exactement ce que j’attends d’un thriller.

Alors oui, ce n’est peut-être pas le roman le plus surprenant du genre, mais honnêtement, je m’en fiche un peu : j’ai pris énormément de plaisir à le lire. C’est fluide, efficace, terriblement prenant. Typiquement le genre de livre qu’on ouvre “juste pour quelques pages”… et qu’on finit bien trop tard dans la nuit.

Encore une réussite pour moi — Shari Lapena reste une valeur sûre.