mardi 11 janvier 2022

Trompe-l'œil

 

Résumé : 

Copenhague. Lukas, un écolier, a disparu. Pour tout indice : le profil Instagram du garçon, qui révèle sa passion pour la paréidolie, un phénomène qui donne l'impression de distinguer des visages sur des objets. Et cette photo, récurrente : la porte d'une grange. Qui Lukas y a-t-il vu? La photo permettra-t-elle de retrouver sa trace ? La journaliste Héloïse Kaldan et l'inspecteur Eric Schäfer remontent une piste aussi difficile qu'effroyable.

Mon avis : 

J’avais adoré Fleur de cadavre mais je dois avouer que Trompe-l’œil est encore meilleur. Une fois commence, impossible de lâcher ce roman et jusqu’à la dernière ligne Anne Mette Hancock va vous surprendre.

On retrouve avec plaisir les deux héros rencontrés lors de la précédente enquête : Héloïse Kaldan, la journaliste et Erik Schäfer le flic. Héloïse vit une période difficile dans sa vie personnelle et se jette dans le travail : un petit garçon disparu. Erik, lui rentre au Danemark après plusieurs semaines de vacances au soleil et a un peu de mal à retrouver la grisaille. Malgré tout, il va enquêter avec zèle pour retrouver Lukas.

J’ai beaucoup aimé l’intrigue qui est vraiment prenante. L’enquête est bien menée et j’ai aimé le coté humain des policiers qui passent a coté d’indices, qui font des erreurs. J’ai adoré la fin mais je ne peux pas en dire plus.

Le duo Erik et Héloïse est encore une fois à la hauteur. Erik est attendrissant et forme vraiment un beau couple avec son épouse. Héloïse est une femme qui fait de ses faiblesses des forces. Elle est indépendante et j’aime vraiment son personnage. J’espère vraiment qu’il y aura une suite.


Extraits : 

Il détesté le silence. L'attente l'avait toujours rendu nerveux. Elle lui donnait des aigreurs d'estomac. Il préférait l'action, le mouvement.



La température à Copenhague oscillait depuis plusieurs jours autour de zéro degré, mais la violence du vent donnait aux habitants l’impression de vivre l’hiver le plus froid du siècle. Les rues étaient désertes. On se serait cru dans une ville fantôme.

jeudi 6 janvier 2022

Madame Hayat


Résumé : 

Fazil, le jeune narrateur de ce livre, part faire des études de lettres loin de chez lui. Devenu boursier après le décès de son père, il loue une chambre dans une modeste pension, un lieu fané où se côtoient des êtres inoubliables à la gravité poétique, qui tentent de passer entre les mailles du filet d’une ville habitée de présences menaçantes.

Au quotidien, Fazil gagne sa vie en tant que figurant dans une émission de télévision, et c’est en ces lieux de fictions qu’il remarque une femme voluptueuse, vif- argent, qui pourrait être sa mère. Parenthèse exaltante, Fazil tombe éperdument amoureux de cette Madame Hayat qui l’entraîne comme au-delà de lui-même. Quelques jours plus tard, il fait la connaissance de la jeune Sila. Double bonheur, double initiation, double regard sur la magie d’une vie.

L’analyse tout en finesse du sentiment amoureux trouve en ce livre de singuliers échos. Le personnage de Madame Flayat, solaire, et celui de Fazil, plus littéraire, plus engagé, convoquent les subtiles métaphores d’une aspiration à la liberté absolue dans un pays qui se referme autour d’eux sans jamais les atteindre.

Pour celui qui se souvient que ce livre a été écrit en prison, l’émotion est profonde.

Mon avis : 

Premier coup de Coeur de cette année 2022, Madame Hayat est une petite pépite qui captive le lecteur dès les premières pages.

On fait la connaissance de Fazil, étudiant en littérature et désargenté à la suite du décès de son père. Pour joindre les deux bouts, il travaille comme figurant pour une émission de télé. Et c’est là qu’il fait la rencontre de Madame Hayat. Elle est tellement différente de lui, cinquantenaire épicurienne, sensuelle, riche et qui ne s’intéresse qu’aux documentaires animaliers diffusés à la télévision. Pourtant, ils vont former un couple qui se complète merveilleusement bien. Leur histoire est belle mais on préssent qu’elle ne pourra pas durer bien longtemps. En parallèle, Fazil rencontre Sila, son double féminin. Elle aussi est pauvre suite a un revers de médaille de son père. Elle aussi étudie la littérature, est érudite et s’attache à Fazil.

Le roman est puissant car la tension monte progressivement : entre les personnages, bien sûr, mais surtout c’est le climat de terreur qui s’installe dans le pays. De plus en plus de personnes sont emprisonnées tout autour de Fazil et plus personne ne se fait confiance. Cette tension est accentuée encore plus par le vécue de l’auteur qui a rédigé ce roman dans une prison. Il nous montre les difficultés des jeunes en Turquie qui perdent leur emplois, espoirs, avenir a cause de la répression.

J’ai adoré les personnages et comment l’auteur les avaient décrits. J’ai en effet, trouvé les personnages féminins très forts, déterminés dans leur choix, qui prennent les commandes. A l’inverse, Fazil est indécis, n’arrive pas à prendre des décisions.

C’est un roman initiatique magnifiquement écrit, une ode a la liberté qui a du permettre a l’auteur de s’évader mentalement de l’univers carcéral. Un trio amoureux superbement décrit et une fin qui m’a rendu heureuse.



Extraits : 

La vie ne sert à rien d'autre qu'à être vécue. La stupidité, c'est d'économiser sur l'existence, en repoussant les plaisirs au lendemain, comme les avares. Car la vie ne s'économise... Si tu ne la dépenses pas, elle le fera d'elle-même, et elle s'épuisera.



Mais on n’apprend pas grand-chose sur l’existence, dans les familles heureuses, je le sais à présent, c’est le malheur qui nous enseigne la vie.



- Et si demain vous aviez besoin de cet argent ?
- Et si demain je n'avais pas besoin de cet argent ?
- Vous seriez quand même plus tranquille...
- Et si être heureuse m'intéresse plus que d'être tranquille...



J’étais persuadé de la désirer telle qu’elle était, ni plus jeune ni plus belle. Je me souvenais de la phrase de Proust : Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination.

mardi 4 janvier 2022

Double vitrage

Résumé : 

Dans son petit appartement au centre de Reykjavík, une veuve de 78 ans contemple le monde à travers le double vitrage. Isolée et vulnérable, elle n’a pas d’autres perspectives que la solitude et la mort.
Mais un miracle se produit : un homme lui déclare sa flamme. Son existence se remplit de joie et d’espoir, tout comme de doutes et de craintes. Ont-ils le droit de s’aimer dans un monde qui tourne en dérision les dernières amours ? Trouveront-ils le courage d’aller à contre-courant des prescriptions de la société ? Et que peut encore offrir l’amour au crépuscule de la vie ?
Un roman délicat et poignant sur un sujet rarement abordé dans la littérature.

Mon avis : 

Un très court roman ou une longue nouvelle, il ne fait pas grand-chose pour faire une très belle histoire.

L’auteure aborde avec merveille la vieillesse et le temps qui passe mais surtout l'amour. Quand sommes-nous trop vieux pour tomber amoureux ? Voilà la question que pose Halldóra Thoroddsen avec Double vitrage.

Notre héroïne, une veuve de 78 ans va vivre un amour inattendu qui lui donne la légèreté des plus belles années. Mais l’amour chez les seniors reste un sujet tabou et mal vu et pas seulement en Iceland.

C’est un bel hommage à la vie, même si elle n'est pas parfaite et à l'amour de toute une vie. Jamais triste mais plutôt mélancolique, cette vieille dame regarde passer le temps par les fenêtres de son appartement avec en bruit de fond la radio allumée, le cliquetis des aiguilles à tricoter mais surtout son esprit clair regardant toujours vers l'avenir.






Extraits : 

Les amours des vieux ne sont pas les amours saines du mariage dont l’objectif est de peupler la Terre. Elles ne répondent pas non plus aux critères esthétiques, ni à la célébration des plaisirs de la chair dans l’esprit des gens, elles sont au contraire repoussantes lorsque la vieillesse transparente est impliquée. Même l’imagination devient timide à l’idée des corps secs et froissés de vieilles personnes se sautant l’une sur l’autre avec l’aide de lubrifiant. Le sexe est la seule chose qui leur vient à l’esprit, possédés comme ils le sont par cette unique vision des rapports humains. Les héritiers tremblent de nervosité. Les vieux amoureux ont parfois tendance à dépenser leur argent dans des délices futiles et à oublier leur rôle suprême dans la bataille pour la survie de leurs gènes.


L’odorat est devenu plus subjectif avec l’âge, il m’envoie constamment des parfums de ma jeunesse. J’ai probablement cessé de sentir le présent.

mardi 14 décembre 2021

Les mamies font parler la poudre


 Résumé : 

Dagny Svensson, 74 ans, a tout pour passer une retraite heureuse. Son centre de divertissement et bien-être pour personnes âgées, qu’elle a fondé avec sa sœur dans la campagne suédoise, rencontre un franc succès. Elle décide pourtant de se lancer dans un nouveau défi : créer le collectif « Les Mamies pour la paix » pour lutter contre la prolifération des armes.
Le jour où ses nouveaux voisins, officiellement en train de développer le premier champagne nordique, se révèlent être des trafiquants d’armes, Dagny comprend que cette nouvelle étape ne sera pas un long fleuve tranquille ! Quant à la police locale, elle n’a pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds…

Mon avis : 


Un livre amusant sur un groupe de mamies qui lancent un mouvement pour la paix dans le monde. Malgré cela, je m’attendais à quelque chose de différent et je suis légèrement déçue. Je pensais avoir à faire à un cosy murder, ces romans policiers à la mode mais on est plus sur un roman feel-good.

On passe un bon moment avec Dagny et sa sœur mais le roman est long et les nombreuses péripéties n’arrivent pas à susciter l’intérêt du lecteur. J’aurais aimé un peu plus d’interaction avec leurs voisins, trafiquants d’arme. Or le roman est plus une succession de situations cocasses et peu réalistes malheureusement.

C’est un roman léger qui fait sourire mais il manque quelque chose pour que ce soit un coup de cœur. Malgré tout, il apporte matière à réflexion sur la course à l’armement mais il ne me lassera pas un grand souvenir. Dommage….



Extraits : 

Voyons, de nos jours, les gens font ce qu'on leur dit : ils font la guerre et tirent sur d'autres hommes parce qu'une espèce de cinglé leur dit de le faire. Mais si plus personne n'obéit, il n'y aura plus de guerre.

lundi 13 décembre 2021

The heights


 Résumé : 

He thinks he’s safe up there. But he’ll never be safe from you.

The Heights is a tall, slender apartment building among the warehouses of Tower Bridge, its roof terrace so discreet you wouldn’t know it existed if you weren't standing at the window of the flat directly opposite. But you are. And that’s when you see a man up there – a man you’d recognize anywhere. He’s older now and his appearance has subtly changed, but it’s definitely him.

Which makes no sense at all since you know he has been dead for over two years. You know this for a fact.

Because you’re the one who killed him. It’s time to confess what we did up there.

Mon avis : 

Première rencontre avec Louise Candlish et quelle rencontre ! J’ai littéralement dévoré ce roman.

On fait la connaissance d’Ellen, qui croise par hasard la route d’un jeune homme mais dès les premières lignes, elle nous confesse pourquoi cette rencontre est improbable : elle a tué cet homme deux ans auparavant. Finalement, on se replonge dans le passé et on va découvrir comment Kieran est entré dans la vie de son fils Lucas et comment Ellen en est venue à cette haine.

La construction du roman tout d’abord est très intéressante : on alterne entre les parties ou Ellen est le personnage central puis Vic fait son entrée. Il est le père de Lucas et l’ex-mari d’Ellen. Et leurs deux manières de penser nous donne une image totalement différente de l’autre.

En effet, les personnages sont extrêmement complexes et difficile à cerner. Kieran est-il bon ou mauvais ? Ellen est-elle une mère stable et protectrice ou étouffante et psychologiquement instable ? Vic quand a lui est-il un homme qui ne veut pas d’histoire avec son ex ou est-il manipulateur ? On passe vraiment par tous les sentiments concernant les personnages et j’ai vraiment adore me poser toutes ses questions d’autant que l’auteure attend les dernières pages pour nous révéler l’intrigue complète.

J’ai vraiment adoré ce roman qui se dévore. Le suspense est omniprésent du début a la fin et la tension monte progressivement. Certains passages font froid dans le dos et j’ai eu certains frisons lors de ma lecture.

Je ne connaissais pas l’auteure mais je lirai prochainement un autre de ses romans qui j’espère sera aussi bon que celui-ci.



Extraits : 

Kieran Watts has been dead for over two years when I see him standing on the roof of a building in Shad Thames.




It can't be Kieran Watts, I tell myself. And if anyone can be sure of that it is me.
Because I'm the one who killed him.

lundi 29 novembre 2021

Elma

 

Résumé : 

Dans la petite ville d'Akranes, une femme est retrouvée morte près du phare.

Qui pouvait en vouloir à cette mère de famille sans histoires ? L'enquête est confiée à Elma, inspectrice, de retour après vingt ans passés à Reykjavik.

Aux prises avec ses propres démons depuis une rupture douloureuse, elle se retrouve plongée dans les plus sombres secrets de cette tranquille communauté.

Mon avis : 

Elma est dans ma PAL depuis plus d’un an et je regrette de ne pas l’avoir lu avant car c’est un vrai coup de cœur.

J’ai pris la direction de la petite ville d’Akranes en Islande (rien que ça, ça me fait rêver !). Elma, une jeune flic revient dans la ville de son enfance après un drame. Quand une jeune femme est retrouvée morte, elle et ses collègues se chargent de l’enquête.

L’enquête d’abord est habillement menée, l’auteure nous entraine sur une fausse piste tandis qu’Elma suit son intuition. Et elle a entièrement raison de vouloir creser davantage. C’est une flic qui a beaucoup d’intuition.

Les personnages sont attachants et il me tarde de retrouver Elma dans la suite de ses enquêtes. Mais j’ai aussi beaucoup aimé qu’elle nous livre un peu de sa vie personnelle. Ce n’est pas juste une flic, c’est une femme blessée avant tout. Les autres policiers qui travaillent avec elle sont tous sympa, tout comme sa famille. J’ai beaucoup aimé l’ambiance petite ville ou tout le monde connait tout le monde.

L’Islande, me fait rêver, et après ce roman, j’ai encore plus envie de découvrir un jour ce pays complètement fascinant. C’est un petit pays qui n’est pas très loin de nos frontières et pourtant si différents culturellement.

Vous l’aurez compris, c’est un premier tome très prometteur et une de mes premières lectures de 2022 sera la suite, déjà parue en anglais.




mercredi 17 novembre 2021

Alabama 1963

 Résumé : 

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent…

Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime.

Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge : « Les petites filles, ça disparaît pas comme ça… »

Deux êtres que tout oppose. A priori.

Mon avis : 

Alabama 1963 a été la surprise de la rentrée littéraire de septembre 2020. Un roman écrit a quatre mains par deux français qui nous plonge au cœur de l’Amérique profonde des années 1960. J’étais intriguée depuis sa sortie et je suis contente d’avoir participé à la lecture commune organisée par Julie27 sur Livraddict pour enfin sortir ce roman de ma PAL. J’ai vraiment adoré ce roman même s’il y a quelques maladresses aux fils des pages.

On fait la connaissance de deux personnages centraux : Adela, femme de ménage noire, veuve et mère de trois enfants et Bud, ancien flic, alcoolique, reconverti en détective privé. Et c’est ici le premier défaut : même si les personnages sont extrêmement attachants, on est vraiment dans la caricature parfaite. Et autour d’eux gravitent encore plus de personnages caricaturaux : Edwin, le flic blanc super raciste membre du KKK ou encore la femme blanche canadienne ultra naïve et ingénue.

Cela n’enlève rien au fait qu’Adela et Bud forment un duo d’enquêteurs hors-pair. L’intrigue est intéressante et prenante, des disparitions d’adolescentes noires dont la police se désintéresse à cause de leur couleur de peau. L’enquête est bien menée et les auteurs nous entraine sur de fausses pistes. La tension monte progressivement et l’étau se referme progressivement sur le meurtrier mais il y a là un deuxième défaut selon moi : la fin arrive beaucoup trop rapidement.

J’ai aimé la plongée dans les années 1960, on revit vraiment l’époque a travers son actualité : l’assassinat de JFK, les chansons qui passe sur le jukebox, les magazines que lisent les femmes…. Cette époque en pleine mutation est vraiment très réaliste et bien décrite. Le racisme envers les noirs aux Etats-Unis reste malheureusement toujours d’actualité.



Extraits : 

Dorothy manqua de glisser sur le parquet fraîchement lustré.
« Ouh, vous avez failli me tuer, Adela, dit-elle en s’esclaffant.
- Ah… » fit Adela, une pointe de regret dans la voix.


« Si c’est pas malheureux de voir ça. Des blancs qui traînent avec des négresses !
- Mais je vous emmerde, Monsieur. »
Le vieil homme en resta pantois. De même qu’Adela. Bud et elle poursuivirent leur chemin. Plus loin, Adela se mit à rire.
« Quoi ? » fit Bud.
Elle le regarda et se remit à rire.
« Quoi ? J’ai été poli, j’ai dit ´monsieur’. »


-Vous préférez qu'on dise de vous que vous êtes une femme noire ou que vous êtes une femme de couleur ?
-Je préfère qu'on dise que je suis une femme bien.


- T'es allée voir pour l'annonce ?
- Oui. C'était une porcherie. Et le type, soi-disant un détective... Agressif, grossier, sale. Et arrogant. Et fainéant.
- Un Blanc, quoi.


Et voilà comment une femme de ménage noire de Birmingham se retrouva à feuilleter McCall's, un chocolat chaud à la main, dans le salon de sa patronne qui passait l'aspirateur. Le livreur qui assista à cette scène n'en crut pas ses yeux.

jeudi 11 novembre 2021

Le murder club du jeudi


 Résumé : 

Elizabeth, Joyce, Ibrahim et Ron frisent peut-être les quatre-vingts ans, mais ils en ont encore sous le capot. Leur passe-temps favori : s’atteler, tous les jeudis, à de vieilles affaires de meurtre, pour en découvrir le fin mot là où la police a échoué. Jusqu’à ce que la nouvelle leur parvienne : Tony Curran, l’associé du directeur de leur village de retraite, vient d’être retrouvé assassiné dans sa cuisine. Ni une ni deux, Elizabeth convoque ses trois acolytes et lance le Murder Club sur la piste du tueur, toutes cannes dehors. Quand il s’agit de tromper l’ennui et de doubler la police, il ne faut jamais sous-estimer les personnes âgées.
Succès absolu au Royaume-Uni, Le Murder Club du jeudi nous entraîne, entre rires et larmes, sur le chemin tortueux des émotions humaines. Car, derrière le meurtre, ce sont les liens tissés au crépuscule d’une vie que Richard Osman dépeint avec brio.

 Mon avis : 

Un nouveau cosy murder venu d’Angleterre et qui a beaucoup de succès. Le tome 2 vient d’ailleurs de paraître en anglais et le tome 3 est prévu pour septembre 2022.

Ce roman est le premier roman de l’auteur et même si j’ai passé un bon moment, il y a malgré tout quelques petits défauts.

Commençons par le positif :

- l’originalité du scénario : 4 petits vieux qui mènent l’enquête depuis un village de retraités. Ils ont créés leur « murder club » pour résoudre des enquêtes classées sans suite. C’est étrange et un peu morbide mais pourquoi pas, ça met un peu de piment dans leur vie, sans doute plus que les sudokus ou le tricot.

- J’ai aimé la relation entre Donna et Chris et leur petit jeu de séduction. C’est un couple de flic que j’ai aimé même s’ils manquent tout deux d’un peu de flair.

Je suis malgré tout dubitative concernant les points suivants :

- Le rythme est très lent. Malgré une construction intéressante avec des chapitres courts qui alternent les points de vue, le roman manque de dynamisme.

- Les personnages qui sont bien trop caricaturaux : l’ancien syndicaliste barbant, le vieux psy qui analyse la situation, le polonais qui travaille dans le bâtiment... Ce n’est pas vraiment recherché et ça empêche de vraiment s’attacher à un personnage en particulier. Je suis également un peu déçue de ne pas en avoir appris un peu plus sur le passé d’Elizabeth.

- La fin m’a également déçue. Je l’ai trouvé trop complexe et brouillonne.

Je suis maintenant curieuse de découvrir la suite et de donner une seconde chance à l’auteur.


lundi 11 octobre 2021

Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette, tome 2 : À Knokke-le-Zoute !

Résumé : 

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague...
Enfin les vacances, direction Knokke-le-Zoute ! Le peintre Magritte et sa femme Georgette se préparent à savourer les plaisirs de la côte belge : promenades en cuistax, croquettes de crevettes et moules-frites. Mais avant ça, ils profitent de la plage, bien installés dans leur transat. Un peu plus loin, les aboiements de leur chienne Loulou sonnent la fin du farniente. En grattant dans le sable, elle a déterré une main. Une aubaine pour René et Georgette qui vont se livrer à leur plaisir secret : traquer le meurtrier.

Mon avis : 

René et Georgette m’ont tellement plu lors de notre première rencontre que j’ai voulu lire immédiatement la suite de leurs aventures.

On quitte Bruxelles pour la côte belge où les Magritte prennent quelques jours de vacances. C’est aussi l’occasion pour eux de mener l’enquête sur la disparition d’une femme qui très vite est suivie par la mort de son mari.

Encore une fois, je me suis régalée avec cette enquête. Difficile à dire si j’ai préféré le premier ou second tome. En tout cas, l’enquête est prenante, l’auteurs nous entraine sur de fausses pistes et pendant les ¾ du livre on se demande vraiment où l’on va. Et puis les pièces du puzzle s’emboitent et la résolution de l’enquête est à la hauteur de nos attentes.

Concernant les personnages, je les ai trouvés encore plus attachants ici car il y a beaucoup moins de personnages secondaires puisque notre couple est loin de chez eux. Dans le premier tome, René ramenait les informations pêchées au café ou lors de ses rencontres et Georgette faisait preuves de déductions. Ici, on est plus sur une enquête classique. Et si le procédé est différent les deux tomes sont vraiment prenants.

J’ai beaucoup aimé croiser du beau monde belge, après une rencontre avec Jacques Brel dans le premier tome, on fait la rencontre de Hergé dans celui-ci. Il me tarde de lire la suite te j’espère que de nombreux tomes verront le jour.

Nadine Monfils nous entraine dans son pays, nous le fait vivre grâce à ses personnages, son histoire, sa culture et sa gastronomie et je ne m’en lasse pas. Il faut dire que le récit est truffé d’humour, les dialogues sont vraiment très drôles et l’on savoure chaque page.



Extraits : 

— Rien de tel que l’iode pour se requinquer, avait décrété Georgette.
Chaque fois qu’ils allaient à la côte, ils séjournaient au même endroit, à l’hôtel de la Plage donnant sur la mer. C’était un hôtel chic mais familial et on s’y sentait comme chez soi. Georgette aimait beaucoup parce qu’on lui lançait du « madame Georgette » à tout bout de champ : « Tout va bien madame Georgette ? Besoin de rien madame Georgette ? », et que le personnel se souvenait de son prénom d’une année à l’autre. Elle faisait en quelque sorte partie de la famille ! René y retrouvait le tic-tac rassurant des pendules et le décor qui faisait penser aux salons de thé des vieilles ladies ou de Miss Marple. Tasses en porcelaine décorées de roses, buffet en bois foncé et fauteuils confortables recouverts de chintz. Ici, il était aussi à l’aise que dans ses pantoufles malgré le parfum de luxe que laissaient derrière elles les veuves argentées à la peau ridée par le soleil. Le personnel était aux petits soins pour la clientèle et voltigeait d’une table à l’autre, telles des mouches affairées soucieuses de satisfaire les moindres désirs et caprices de ces messieurs-dames. Le must est que leur chienne Jackie, qu’ils appelaient affectueusement Loulou, avait sa gamelle en faïence et quelques douceurs de bienvenue.
La chambre était dans le style du reste, avec une armoire flamande en chêne et un lit recouvert d’une parure fleurie assortie aux tentures. Chaque fois que René se trouvait dans un endroit où il se sentait bien, il avait coutume de dire : « On est ici comme dans un presbytère. »



Une fois leur valise déballée et les vêtements légers rangés dans l’armoire, les Magritte descendirent à la salle à manger, située dans une grande rotonde d’où on voyait la mer.
Au menu : croquettes de crevettes, bisque de homard et moules avec des frites, bien sûr ! Et pour accompagner ces délices des fonds marins, un petit chablis dont vous me direz des nouvelles.




- René, y a quelque chose de pas net, je le sens…
Au loin, la mer grondait comme si elle annonçait une tempête.




- […] Me dis pas que tu n’as pas une idée derrière la tête…
Georgette regarda son mari avec ses grands yeux bleus et lui adressa ce petit sourire énigmatique qu’il connaissait bien et qui lui annonçait que les vacances n’allaient pas de tout repos.




La mer c’est toujours magique. Ce sont les vagues violettes et leurs éclats d’émeraude qui déposent sur le sable nos souvenirs d’enfance. Des couleurs, des odeurs, le sel marin, le parfum sucré des beignets et celui des ballons en caoutchouc. Les halls des hôtels encombrés de malles. Les cris des enfants qui ont peur de l’eau et de ceux qui s’y éclatent en s’éclaboussant. Ou encore ces pêcheurs de crevettes avec leur filet… Les femmes en maillot, le regard attentifs des mères, les gosses qui creusent leurs rêves et font des châteaux de sable. Est-ce si différent lorsqu’on devient adultes ? Magritte se disait que les emmerdants, les gens creux, sont ceux qui ont oublié que tout ce que l’on construit n’a pas plus d’importance que les châteaux de sable de notre enfance. Tout est éphémère. Seul compte le plaisir de l’instant.





- Si tu veux mon avis, a l’heure qu’il est, cette journaliste est sur un yacht en compagnie d’un milliardaire.
- Tu vois trop de films, René !
- Vu le rastaquouère qu’elle a épousé, ça doit être le genre à suivre un vieux plein de pognon. Ces gens-là ne m’intéressent pas.
- Ah non ? Pourtant elle parle de ta fresque au casino…
Georgette lui tendit le magazine en pointant du doigt un passage ou la journaliste faisait son éloge, le qualifiant de « plus grand peintre belge, qui fait parler les images pour traduire la pensée, et qui utilise la peinture pour penser et non pour s’exprimer ». Elle terminait son article par « ne manquez pas d’aller admirer les œuvres de ce génie au Grand Casino de Knokke. »
- Finalement, je crois que tu as raison mon p’tit poulet, conclut Magritte en lui rendant sa revue. Cette dame mérite qu’on s’intéresse à ce qu’elle est devenue.
Georgette sourit, Même s’il s’en défendait, clamant qu’il n’aimait pas qu’on lui cire les pompes, René n’était pas insensible aux compliments. En plus venant d’une jolie femme, car sur la photo trouvée sur son défunt mari, Daisy ressemblait à une star de cinéma. Si elle n’avait pas disparu, Georgette en aurait été jalouse.

jeudi 7 octobre 2021

Sans passer par la case départ


 Résumé : 
Skurusundet, détroit huppé dans l'archipel de Stockholm, réveillon de la Saint-Sylvestre. Quatre jeunes sont réunis pour fêter la nouvelle année. Pour braver l'ennui, ils décident de jouer au Monopoly. Mais ils ne sont plus des enfants : il faut pimenter les règles et les enjeux. La partie d'action ou vérité dans laquelle ils se lancent les entraîne vers des révélations de plus en plus fracassantes et des mises en situation de plus en plus dangereuses, jusqu'au point de non-retour...


Mon avis : 


Avec Camilla Lackberg, je ne suis jamais déçue et une fois de plus, ce nouveau roman est à la hauteur de mes attentes.

On fait la rencontre de 4 adolescents qui sont réunis pour célébrer le Nouvel an. Ils sont issus de familles aisés, sont dans la villa des parents qui font la fête dans celle d’à côté. Ils boivent énormément et pour patienter jusqu’à minuit, décident de se lancer dans une partie de monopoly en modifiant les règles avec un jeu d’action ou vérité. Très vite, les langues se délient et l’on découvre que chaque jeune cache un sombre secret.

J’ai vraiment adoré ce roman ou la construction est vraiment habile. On sent la tension et le suspense monter progressivement. C’est un huis clos qui fait froid dans le dos. Encore une fois, l’écriture est crue, sans fioriture, c’est troublant et dérangeant au départ mais on s’y fait rapidement. Les pages se tourne très rapidement tant le roman est fascinant.

Nos quatre jeunes semblent froids, désagréables et superficiels au premier abord, issu de la jeunesse dorée, qui ont toujours été gâtés et qui ne connaissent rien a la vie. Mais au fil du roman, on se rend compte que derrière les portes closes, ils ont, en réalité, vécus des choses traumatisantes. Et c’est la toute l’habilité de l’auteure à nous faire changer de regard sur ces quatre personnages.

La fin du roman est étonnante, on ne s’y attend pas mais elle est vraiment réussie. Ce roman est court et je pense que certains lecteurs diront qu’il aurait pu être plus long mais je ne trouve pas. Il se suffit à lui-même et n’a pas besoin de plus de pages.

C’est un roman subversif, avec des personnages brisés qui reproduisent ce qu’on leur a inculqué. Excellent thriller psychologique qui pointe du doigt les travers de la société moderne en toile de fond : les écarts entre riches et pauvres, le problème de l’immigration en Suède, les réseaux sociaux ou l’on s’invente une vie.

Vivement le prochain roman de l’auteur !




Extraits : 

Le père de Max dirige une grande banque, sa mère est femme au foyer.
Quoique la notion de femme au foyer soit plutôt trompeuse. Car elle ne prend pas particulièrement soin de la maison, pas plus qu’elle ne s’occupait des enfants quand ils étaient petits. Ils ont des employés pour tout. Max est le plus jeune d’une fratrie de quatre et le seul à vivre encore sous le même toit que ses parents.


C’est ici, du côté chic de Skurusundet à l’extérieur du centre-ville, qu’elle a grandi. Elle avait quatre ans quand sa famille a quitté Örebro pour venir s’y installer. Les villas sont grandes, tournées vers l’étroit bras de mer. Les plus cossues ont un accès privé à la mer, bien sûr. Vues d’un bateau, les vastes baies vitrées font penser à des aquariums où des gens fortunés vivent leur vie. Liv sait de quoi elle parle : sa famille habite l’un de ces aquariums. Il n’y a plus que des taxis qui tournent encore, les SUV et les voitures de sport sont garés dans les allées des propriétés ou dans les garages. La plupart des maisons sont dans le noir. Les habitants de Skurusundet fêtent en général le réveillon du Nouvel An à l’étranger. À Chamonix, aux Seychelles, à St Anton ou aux Maldives. L’Instagram de Liv est un véritable tour du monde à cette période de l’année.




Secrets et mensonges sont étalés, déballés au grand jour. Des abîmes s’ouvrent. Parfois, celui qui raconte pleure, parfois ceux qui écoutent pleurent. Ils remplissent leurs verres et continuent leurs confessions.