Résumé :
Anna Estcourt, vingt-cinq ans, emménage dans une petite propriété du Nord de l'Allemagne dont elle hérite à la mort de son oncle. Jolie, intelligente mais sans fortune, elle a grandi jusque-là avec son frère, sous la coupe de la femme de celui-ci, Susie.
Désormais en possession d'un revenu confortable, elle contrevient aux convenances de l'époque en ne se mariant pas, afin de conserver son indépendance. Mieux, elle propose généreusement un toit aux dames en détresse de sa nouvelle contrée, afin que celles-ci puissent faire de même - altruisme dont elle ne tardera pas à peser les inconvénients...
D'autant qu'Axel Lohm, un gentleman de la région que son oncle espérait lui voir épouser, est tombé amoureux d'elle. Il va tenter de la faire changer d'avis...
Mon avis :
Je ressors assez déçue de La Bienfaitrice d’Elizabeth von Arnim. Le roman avait tout pour me plaire sur le papier — une héroïne indépendante, une critique supposée du carcan social imposé aux femmes — mais j’ai trouvé que l’ensemble avait terriblement mal vieilli.
La narration traîne, les personnages secondaires semblent figés dans une époque où la bienséance écrase toute nuance, et le ton ironique de von Arnim, censé dénoncer les conventions, m’a souvent paru confus. On m’avait promis une héroïne libre ; j’y ai plutôt vu une femme prise au piège de la morale victorienne, et surtout une fin qui contredit tout le propos féministe qu’on voudrait y lire. Que vaut une critique du mariage si tout se résout… par un mariage ?
Certes, on peut replacer le texte dans son contexte historique, mais même avec cette indulgence, le roman manque d’intensité et de cohérence. Là où d’autres autrices de la même époque parviennent encore à nous atteindre, von Arnim m’a laissé froide. En refermant le livre, je n’ai ressenti ni admiration pour l’héroïne ni compassion, juste la sensation d’une leçon morale démodée.









