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mercredi 8 avril 2026

Le jardinier et la mort


Résumé : 
C’est l’histoire d’un jardinier en Bulgarie, un homme né à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui avait connu le communisme puis son effondrement. Un homme qui soignait son potager avec constance, qui guettait les bourgeons sur le point d’éclore, qui détachait délicatement des feuilles de menthe verte pour les disposer sur des tranches de tomates cueillies de sa main.
Cet homme était le père du narrateur, qui vit un immense chagrin au moment de se retrouver orphelin. Comment dire à son père l’amour qu’on lui porte ? Comment devenir à son tour celui qui raconte les histoires et fait poindre de nouvelles racines ?
Avec ce livre très attendu après Le pays du passé, Guéorgui Gospodinov nous invite à écouter la musique silencieuse de la pudeur des sentiments paternels et à observer quels sont les trésors véritables que l’on peut transmettre à son fils. Le grand écrivain bulgare nous offre le portrait délicat d’une relation à la fois unique et universelle, où les mots entrelacent l’amour et le souvenir, et continueront, comme les fleurs, de renaître à chaque printemps.

Mon avis : 
Le jardinier et la mort est moins une histoire qu’un adieu : celui d’un fils qui accompagne son père dans ses derniers jours, dans une atmosphère suspendue où la nature, le temps et la mémoire tissent une même trame. Gospodinov signe ici un texte d’une simplicité bouleversante.

Le jardin devient le symbole d’un lien fragile entre vie et mort : un espace où chaque geste – planter, arroser, observer – devient une manière de tenir tête à la disparition. Ce père jardinier, silencieux et obstiné, incarne la continuité du soin, du vivant, même au seuil de la fin. Le fils, narrateur attentif et empreint de tendresse, ne cherche ni consolation ni leçon : il accompagne, il regarde, il écrit. La mort, ici, n’est pas dramatique, elle est presque végétale, inscrite dans le cycle naturel des choses.

Ce texte s’impose par son ton juste et sa sobriété. On sort de cette lecture avec la sensation d’avoir parcouru un jardin intérieur, celui des souvenirs partagés et des gestes simples qui deviennent éternels. Un hommage émouvant, d’une grande délicatesse.

mercredi 17 avril 2024

Rhapsodie balkanique

 

Résumé : 
Bulgarie au début du XXe siècle, une société pétrie de préjugés religieux, de superstitions et de normes morales. Myriam, jeune fille indépendante, fière et obstinée, tombe amoureuse d'Ahmed, le Turc. Elle brave le refus de ses parents de la voir épouser un musulman, décide de vivre avec lui, puis de le suivre à Istanbul. Mais le destin s'acharne et afin de survivre, un impossible choix se pose devant elle.

Mon avis : 
Ce roman est un véritable coup de cœur et je trouve qu’il mériterait d’être plus connu. On suit une famille sur trois générations :
- Theotitsa, la grand-mère grecque installé en Bulgarie, mariée à Todor qui a déjà perdu 8 enfants et qui en vieillissant, noie son chagrin dans la religion.
- Miriam, sa fille qui tombe amoureuse d’Ahmed, un musulman pauvre avec lequel elle ne pourra pas officialiser son union à cause de leur confession différente.
- Puis Haalim, leur fils, qui grandit entre Istanbul et la Bulgarie.

J’ai vraiment adoré Miriam et Ahmed, je les ai trouvé tellement beau ensemble face au reste du monde. Puis le petit Haalim m’a énormément touché par son courage des son plus jeune âge. C’est une histoire incroyable et je suis triste de refermer le livre car je n’ai pas envie de dire au revoir à cette famille.

J’ai beaucoup aimé la structure du récit, les chapitres courts racontés par les différents personnages, et entre deux, des interviews de l’auteur à ces personnages pour comprendre leurs décisions et choix.

La Bulgarie, la Grèce et la Turquie sont trois pays qui me font rêver et j’ai adoré le dépaysement et le voyage que m’a procuré cette lecture.