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mercredi 19 août 2026

L'autobus


Résumé : 
Dans une petite ville du fond de l'Argentine, un homme et une très jeune femme attendent un autobus dans un café, il passe mais sans s'arrêter. Il y a quatre jours maintenant que l'avocat Ponce amène sa sœur pour prendre cet autobus et qu'il ne s'arrête pas. Les jeunes gens décident de partir à pied le long de la voie ferrée. Le village s'interroge. Il s'est passé quelque chose dans le pays que tout le monde ignore ici. Sous l'orage qui gronde sans jamais éclater, de chaque côté de la voie ferrée qui sépare parias et notables, la réalité se dégrade subtilement. Des livres disparaissent de la bibliothèque. Les militaires rôdent autour de la ville, des coups de feu éclatent. Les masques tombent à mesure qu'une effrayante vérité se dévoile.

Mon avis : 
L’Autobus est un roman qui se lit d’une traite mais dont l’écho dure bien après la dernière page. Eugenia Almeida y déploie une économie de moyens remarquable pour installer une atmosphère de suspicion et de peur dans un village argentin isolé, microcosme d’un pays tout entier sous la botte militaire.

Tout commence par un détail : l’autobus de 7h30 ne s’arrête plus. Trois soirs de suite, il traverse le village sans ouvrir ses portes. Puis ce sont les trains qui ne passent plus, les barrières qui restent baissées. Les habitants s’interrogent, cherchent des explications rationnelles, tentent de maintenir une vie normale. Mais peu à peu, la réalité se dégrade.

Ce dispositif minimaliste — un village coupé du monde, un temps suspendu — fonctionne comme un véritable huis clos. Almeida n’a pas besoin de décrire la dictature en grandes fresques historiques : elle la fait sentir dans le quotidien, dans les non-dits, dans les regards qui se détournent.

samedi 27 septembre 2025

Dis-le moi tout bas


Résumé : 
Kamila Hamilton pensait que tout, dans son existence, était sous contrôle.
Mais ce qu’elle ne maîtrisait pas, c’était que les frères Di Bianco seraient de retour et bouleverseraient sa vie.

Thiago et Taylor.
Thiago, celui qui lui a donné son premier baiser.
Taylor, celui qui a toujours essuyé ses larmes.

Un secret qui n’aurait jamais dû être prononcé les a séparés pendant sept ans.
Et aujourd’hui Kami n’est plus la jeune fille réservée qu’ils ont connue.
Elle s’est forgé une image parfaite et inaccessible…

Son cœur volera-t-il de nouveau en éclats ?

Mon avis : 
J'avais adoré la trilogie ''A contre sens'', et j'avais hâte de découvrir ce premier tome d'une nouvelle trilogie qui s'annonce encore une fois excellente. 

On fait la connaissance de Kamila qui voit sa vie bouleversait avec le retour de ses voisins qui avaient quitte la ville depuis 7 ans après un drame (on apprendra les circonstance de la tragédie a la fin du roman donc je ne vous en dis pas plus). Kamila se voit bouleversée en voyant Taylor, son ami d'enfance et surtout Thiago son grand frère avec qui elle a échangé son premier baiser bien des années plus tôt.

Le récit est vraiment prenant et j'ai lu le roman d'un trait sans m'arrêter, j'espère donc que la suite sera vite traduite. C'est une histoire de triangle amoureux assez classique mais efficace, Les deux frères sont attachants mais finalement bien différents et font chavirer le cœur de Kamila mais aussi des lectrices. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants et je suis notamment curieuse de découvrir qui est vraiment Julian, car il ne m'inspire pas confiance.... 

En tout cas, Dis-le moi tout bas est un vrai coup de cœur, une lecture facile, qui fait du bien et que l'on savoure.







samedi 24 mai 2025

L'Uruguayenne


Résumé : 
Lucas Pereyra traverse une mauvaise passe : il n’arrive pas à écrire le roman qu’il doit à son éditeur, l’argent vient à manquer, il soupçonne sa femme de le tromper et n’en peut plus de jouer les pères au foyer pour son petit garçon. Il échappe à ce quotidien morose en se réfugiant dans le souvenir de la brève aventure qu’il a eue avec une sublime Uruguayenne, Guerra, lors d’un festival littéraire, et caresse le rêve lointain de retrouvailles passionnées. Quand l’à-valoir d’un de ses livres arrive enfin d’Espagne, Lucas se prend à rêver de plus belle. Il partira retirer son argent à Montevideo pour éviter les drastiques conditions de change argentines, remboursera ses dettes, sauvera son couple et surtout, il reverra Guerra. Mais le voyage rocambolesque de ce loser magnifique se chargera de le ramener sans ménagement à la dure réalité…

Mon avis : 
J'ai adoré ce roman et c'est vraiment dommage qu'il ne soit pas plus connus. J'ai vu qu'il avait ete adapté en film et j'espère pouvoir le voir très vite. 

Lucas est un écrivain qui n'arrive plus a écrire et fait face a des problèmes financiers. En plus de ca, il pense que sa femme le trompe. Quand enfin il s'apprête a toucher une somme d'argent importante, il décide de faire transiter l'argent via l'Uruguay pour payer moins de taxe. Il va donc faire l'aller-retour sur une journée et revoir Guerra, une uruguayenne avec qui il a eu une aventure par le passé. Il fantasme énormément cette nouvelle rencontre mais rien ne va se passer comme prévue. 

J'ai d'abord adoré Lucas, c'est un anti-héros par excellence, impulsif, et avec de nombreux défauts que l'auteur ne cherche pas a gommer. L'Argentine et l'Uruguay m'ont apporté énormément de dépaysement, n'ayant jamais visité l'Amérique du sud, j'ai adoré voyagé a travers les beaux paysages. 

J'ai beaucoup apprécié l'écriture de Pedro Mairal, je n'avais jamais lu aucun de ses romans mais je vais vite me plonger dans ses écrits. Le rythme est intense, le roman se déroule sur une journée et ce road trip complètement déjanté m'a fait sourire. 

lundi 30 septembre 2024

Our Fault

 

Résumé : 
Nick and Noah's rocky relationship is struggling through its worst moment, and it seems that nothing can go back to the way it was before. They will have to surmount a new and frightening set of challenges to finally understand if they are really made for each other or if being apart is their only chance to be happy.
Love is not always enough, and forgiveness sometimes doesn't fix what's been broken. But can you forget such a strong connection? How can memories tattooed on the heart be erased? Will they be able to leave the past behind and start over?

Mon avis : 
Sans aucun doute le meilleur tome de la trilogie.

Beaucoup de suspense, de tension entre Noah et Nick qui sont séparés mais ne peuvent pas éviter de se croiser et de retomber dans les bras l’un de l’autre avant de se quitter a nouveau. Ce sont un peu les montagnes russes en termes d’émotions et le roman se lit en seulement quelques heures malgré les 500 pages.

Noah et Nick vont beaucoup me manquer, même avec tous leurs défauts et parfois une certaine toxicité dans leur relation, je pense qu'ils ont eu la fin qu'ils méritaient et surtout que les lecteurs attendaient tous.

lundi 9 septembre 2024

Le ghetto intérieur


Résumé : 
Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq en plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire.
Ce roman raconte l'histoire de ce silence - qui est devenu le mien.

Mon avis : 
Le ghetto intérieur aurait pu être un très bon roman mais le style et la construction du roman ont rendu ma lecture laborieuse.

L’écriture de l’auteure est lourde et pleine de répétitions qui alourdissent le roman. Je pense que cela aurait fait une bonne nouvelle mais certainement pas un roman qui est beaucoup trop étiré.

On assiste à la destruction de Vicente, qui culpabilise d’avoir fui la Pologne, tandis que sa mère et son frère subissent le nazisme à l’intérieur du ghetto de Varsovie. Je n’ai pas compris pourquoi, il fait payer à sa famille surtout sa femme qui fait tout pour maintenir l’unité familiale, a ses enfants qui n’y sont pour rien. A cause de ce style si froid, on n’arrive qu’à éprouver de l’agacement pour lui.

lundi 8 avril 2024

Your fault

 

Résumé : 
When Noah fell in love with Nick, she knew their relationship would never be easy. They're fire and electricity, and when they're together, every kind of sparks fly. After last summer, Noah thought their passion had grown stronger than their fear, but her life is about to turn upside-down again now that she's starting university. Moving again while maintaining her relationship with Nick will be a difficult hurdle, with their age difference, campus life, dangerous parties, and inner demons stalking them both, reminding them of all they still don't know about each other.

No matter how hard they try, there will always be wounds that won't close. Is Noah really prepared to overcome her fears and truly trust someone again? Will Nick be able to put his past behind him and keep his heart open?

Or are they doomed only to burn each other's worlds down?

Mon avis :
Ce deuxième tome de la saga est encore meilleur que le premier, beaucoup plus addictif. Le premier tome passé beaucoup de temps sur la rencontre, le début de relation entre Nick et Noah alors que dans celui-ci l’accent est mis sur leur relation. Ils font tout pour que ça marche mais toutes les personnes de leur entourage viennent leur dire que leur relation est toxique.

Nick et Noah ont chacun des blessures qui ne sont pas guéries et qui resurgissent ce qui fait qu’ils passent leur temps à se disputer puis à se réconcilier sur l’oreiller mais sans jamais vraiment régler leur problème. C’est un scenario classique de romance mais ici, avec les chapitres très courts, on ne s’ennuie pas un instant et le livre se dévore du début a la fin.

Le twist final est renversant, je ne l’avais absolument pas vu venir et j’ai maintenant hâte de lire la suite. J’aime beaucoup le personnage de Nick, le bad-boy qui renoncent aux bêtises par amour et j’ai eu le cœur brisé pour lui a la fin de l’histoire. En revanche, Noah est plus difficile à aimer. C’est une vraie adolescente qui n’arrive pas à faire des choix, elle ne sait pas ce qu’elle veut et j’ai parfois eu envie de la secouer.

Je suis vraiment curieuse de savoir ce que nous réserve la suite et fin de cette trilogie.

lundi 29 janvier 2024

My fault

 

Résumé : 
Il y a trois mois, ma mère m’a annoncé une terrible nouvelle : nous déménageons en Californie, chez son nouveau mari millionnaire. Non, ce n’est pas le rêve, c’est un cauchemar ! Je dois quitter mes amis, mon copain et, par-dessus le marché, j’hérite d’un « demi-frère »…

Nick a tout pour me déplaire. Surtout quand je découvre son secret, sa double vie : courses de voiture, filles, bagarres… En plus d’être un gosse de riches, Nick est dangereux. Et puis un jour je me retrouve mêlée à son univers malgré moi. Alors mes certitudes se mettent à vaciller et ma vie à basculer…

Mon avis :
Après plusieurs livres un peu sombres au sujet difficile, j’ai eu une soudaine envie de légèreté et une bonne dose d’amour. J’ai donc sorti, ce premier tome dans le but de me détendre en découvrant Noah et Nick.

Mercedes Ron utilise les mêmes ficelles que dans toutes les romances : un jeu de séduction entre deux jeunes. Le garçon est rebel, il collectionne les conquêtes et n’a pas la langue dans sa poche, tandis que la jeune fille est innocente, sage et bonne élève. Mais la ou ce roman se démarque, c’est que nos deux héros ont des secrets, des blessures de jeunesse qui les hantent et les faits toujours souffrir. D’ailleurs Noah va vite ne plus faire face a tous ses cauchemars et va, elle aussi se rebeller, boire, sortir. Heureusement Nick est là pour la protéger.

C’est un excellent premier tome et il me tarde de lire la suite même si je me demande ce que la suite peut nous réserver vu que nos deux tourtereaux ont déjà vécu de choses tellement intenses au fil des pages de ce roman.

Certains aspects semblent un peu caricaturaux, les gangs, la grosse fortune de William et Nick, les grosses cylindrées…. Mais c’est bien décrit et ça n’a pas gâché ma lecture.

J’ai aimé les descriptions de la Californie, un état tellement beau que j’ai adoré visiter il y a quelques années et cette petite escale à Las Vegas, cette ville a la démesure totale.

jeudi 4 mai 2023

Le promontoire du reptile


Résumé : 
En se réveillant dans son salon, John Brenner, ancien alcoolique, découvre à côté de lui le cadavre d'une jeune femme tuée par balle, une bouteille de vodka et le pistolet de son père. Même si tout l'accuse, il est en certain : il n'a pas tué cette inconnue.
Pire encore, le temps que John sorte de chez lui pour retrouver son calme, le corps et toute trace du crime disparaissent. Est-il victime d'une hallucination ? S'est-il remis à boire ? Et quelle est cette amnésie dont il est atteint et qui l'empêche de se souvenir des événements de la veille ? John mène son enquête, mais ses pertes de mémoire se répètent, et de plus en plus de coupables potentiels apparaissent.

Grand architecte de ce récit aux multiples facettes, Federico Axat nous fait entrer dans un univers où la frontière entre rêve et réalité se fait de plus en plus mince et inquiétante.

Mon avis : 
Première rencontre avec Federico Axat et je suis conquise par ce roman.

John se réveille avec une bouteille de vodka vide et le cadavre d’une jeune femme a ses côtés. Il ne se rappelle rien, il panique et s’enfuit mais quand il revient, la jeune femme a disparu. A-t-il rêvé ? Est-il victime d’hallucinations ?

L'histoire est captivante dès la première ligne. Tous les livres ne s'ouvrent pas sur la confession d'un meurtre. Et ce détail suffit à nous entrainer dans une spirale infernale. C’est un thriller efficace, plein de rebondissements, un peu complexe parfois car a coté de l’intrigue on revit certains passages de la jeunesse de John et plusieurs personnages secondaires font leur apparition.

La fin est complètement inattendue et peut-être un peu rapide. Je l’ai relu plusieurs fois et je ne suis toujours pas certaine de l’avoir complétement comprise. Et c’est bien là mon seul bémol concernant l’intrigue : à trop vouloir ajouter des rebondissements et retournement de situation, l’auteur prend le risque de perdre son lecteur. Malgré cela, je suis conquise et je lirai avec plaisir d’autres romans de Federico Axat.

jeudi 30 mars 2023

Elena knows


Résumé : 
After Rita is found dead in the bell tower of the church she used to attend, the official investigation into the incident is quickly closed. Her sickly mother is the only person still determined to find the culprit. Chronicling a difficult journey across the suburbs of the city, an old debt and a revealing conversation, Elena Knows unravels the secrets of its characters and the hidden facets of authoritarianism and hypocrisy in our society.

Mon avis : 
Troisième roman de Claudia Pineiro que je découvre et c’est sans doute celui que j’ai le moins aimé.

On fait la connaissance d’Elena dont la fille vient de mourir. Tout semble a croire que Rita se soit suicidée mais la mère est persuadée que sa fille a été assassinée. On va donc la suivre durant 24h, qui vont la mener à Isabel.

C’est un bref roman (143 pages) pourtant j’ai trouvé certains passages très longs. Il faut dire qu’il n’y a aucune ponctuation et chaque chapitre est juste un gros bloc de texte ou les dialogues sont insérés. Ce qui ne rend pas toujours la lecture facile.

C’est un roman féministe ou trois destins de femmes sont prisonnières, non libres de leur choix, de leur corps ou juger. Les thèmes abordés sont difficiles : la vieillesse et la maladie, le suicide et le poids de la religion, l’avortement et les violences conjugales. Claudia Pineiro écrit ici une vraie critique de la société argentine, il est bon de rappeler que l’avortement n’est légal là-bas que depuis 2020…. Elle expose plusieurs points de vue, les confronte mais laisse au lecteur le choix de ses opinions.

C’est un très bon roman mais je m’attendais à quelque chose de plus léger, un roman policier avec une vraie enquête. Bref, je pense être passée à côté de cette lecture.

jeudi 3 juin 2021

Le bonheur, c'était ca

 

Résumé : 

A 14 ans, Sofia vient de perdre sa mère. Seule, elle prend le train pour Moron, en banlieue de Buenos Aires, où vit son père, Lucas, qui jusqu'alors ignorait son existence. Coup de tonnerre pour cet homme qui découvre qu'il a une fille, orpheline ! Et la jeune ado va littéralement bouleverser le train-train pantouflard de Lucas, écrivain introverti ayant développé une tendance exacerbée à la passivité.
La cohabitation promet d'être rythmée et ce n'est pas toujours du goût de Fabiana, sa femme. Propulsé père du jour au lendemain, il s'attelle à construire le bonheur de Sofia et l'aide à se réapproprier un quotidien, loin des tracas qui étaient autrefois les siens. Très vite père et fille tissent une complicité éclatante et attendrissante qui accompagnera le bouleversement de leur existence. Toutefois une question reste en suspens : quel est donc le mystère qui entoure la mort de la mère de Sofia ? Le bonheur, c'était ça met en scène l'émouvante rencontre de deux âmes solitaires qui ensemble parviendront à se frayer un chemin vers le bonheur.
Grâce à ses dialogues percutants et saupoudrés de notes felliniennes, une galerie de personnages irrésistibles et parfois décalés, Eduardo Sacheri ménage le suspens, nous émeut et immanquablement, fait mouche !

Mon avis : 

Il y a longtemps qu’un roman ne m’a pas autant touchée et émue. Le bonheur, c'était ça est juste un magnifique coup de cœur, qui n’est, sans doute, pas assez connu.

Je connaissais Eduardo Sacheri pour avoir lu Dans ses yeux, et je suis très contente d’avoir retrouvé sa plume ici. On fait la connaissance de Sofia, quatorze ans, qui débarque dans la banlieue de Buenos Aires, pour y rencontrer son père. Sa mère vient de mourir et Sofia se retrouve seule avec juste une adresse et deux photos de ce fameux père qu’elle ne connait pas. Lucas, quand à lui, se retrouve a endosser le rôle de père du jour au lendemain.

J’ai adoré Sofia et Lucas, il forme un splendide duo. Tous les deux, un peu paumés, ils vont se serrer les coudes et s’apporter du bonheur mutuellement. Sofia est un ado tellement attendrissante, tellement loin des clichés d’ado en pleine crise, elle est une jeune fille adorable. Lucas, lui, subit sa vie depuis trop longtemps. Il a des rêves qu’il n’arrive pas à réaliser, trop heureux de toujours chercher à satisfaire son épouse exigeante. Sofia, va l’aider à aller au bout de ses envies.

J’ai, enfin, beaucoup aimé le dépaysement qu’offre ce roman : un voyage en Argentine, dans la banlieue de Buenos Aires, mais aussi dans la petite station balnéaire où Sofia a grandi. J’ai aimé vivre au fil des saisons inversées de l’hémisphère sud ou découvrir le système scolaire argentin.

 


 

 

Extraits : 

Soudain un homme apparaît. Il ne sort pas de l'ascenseur : il se contente de passer la tête, sans quitter la cabine. Sofia suppose qu'il veut vérifier qu'il y a bien quelqu'un en train de l'attendre. Que ce n'est pas un mauvais tour comme cette blague qu'ils font l'été à Villa Gesell. En voyant Sofia, il sort enfin de l'ascenseur, s'approche de la porte d’entrée et l'ouvre.
«Oui ?
- Tu es Lucas ? demande-t-elle.
- Oui.
- Je suis... Je m'appelle Sofia.»
Elle s’arrête. Elle a peur que le type referme la porte et s'en aille en quatrième vitesse. Mais si elle ne dit rien, elle court le même risque. Mieux vaut se décider.
«Je suis là parce que... c'est ma mère qui m'a donné ton adresse. Ma mère s'appelait Laura Kruppswickz. Elle t'a connu à Villa Gesell.»
Il fronce les sourcils comme pour fouiller dans ses souvenirs, mais on dirait qu'il a trouvé parce qu'il fait oui de la tête. OK. C'est maintenant ou jamais.
«Ben voilà : apparemment, tu es mon père.»  



S’il y a une chose que Sofía ne supporte pas, c’est qu’on ait pitié d’elle. Ce petit regard qu’ont les gens quand ils pensent « la pauvre, avec ce qui lui est arrivé... », elle le déteste. Elle les déteste. Ça lui donne envie de leur dire, leur crier: «Mais pourquoi tu regardes pas ailleurs? Si je te fais pitié, t’as qu’à penser à autre chose!» Mais elle ne le dit pas. Elle se tait, ou change de sujet, ou leur pose une question pour les détourner de cette compassion qu’elle refuse, qui ne l’aide pas, dont elle ne sait que faire.


mercredi 12 mai 2021

Cadavre exquis


 Résumé :

Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation. Ce roman est l’histoire d’un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de « première génération » reçue en cadeau. Or, tout contact inapproprié avec ce qui est considéré comme un animal d’élevage est passible de la peine de mort. À l’insu de tous, il va peu à peu la traiter comme un être humain.

Mon avis : 

Un message du type  « âmes sensibles s’abstenir » devrait être apposé sur la quatrième de couverture de Cadavre exquis parce qu’il faut vraiment avoir le cœur bien accroché pendant cette lecture. C’est un roman coup de poing qui touche et qui laisse un drôle de sentiment au final. Peut-être qu’en plus, la situation actuelle ou l’on ne parle que de Covid, de morts, de vaccins a tendance à accentuer le sentiment de malaise que laisse ce roman. En tout cas, je suis scotchée par l’imagination de l’auteure qui n’épargne rien à ses lecteurs.

On fait la connaissance d’un homme qui travaille dans un abattoir. Mais pas n’importe lequel, puisqu’ici on n’y tue des humains que l’on destine à la viande. En effet, on vit dans un monde bien différent (ou pas) du notre : un virus a touché tous les animaux et les a rendu mortel pour l’homme. Il a donc fallu les tuer et pour combler le déficit d’un régime sans protéine, les hommes sont devenus cannibales. Ils élèvent des humains dans le but de les manger.

C’est un roman très dur, les descriptions de l’abattoir et de ses différentes salles où l’on abat ou transforme la viande. C’est un monde étrange ou les hommes n’ont plus d’humanité, de compassions, ou l’on tue pour le plaisir. Ce livre révèle les pires instincts de l’espèce humaine.

Mais l’auteure ne s’arrête pas ici, elle dénonce aussi une société ou la propagande du gouvernement fait rage. On ne s’aura jamais si ce virus est réel ou s’il s’agit d’un complot de l’état totalitaire qui autorise les exécutions, la torture et les contrôles constants de sa population.

La fin est glaçante et fait froid dans le dos. On ne s’y attend absolument pas et gare aux aprioris sur les personnages qui sont tous plus mauvais les uns que les autres.