Résumé :
Dans une petite ville du fond de l'Argentine, un homme et une très jeune femme attendent un autobus dans un café, il passe mais sans s'arrêter. Il y a quatre jours maintenant que l'avocat Ponce amène sa sœur pour prendre cet autobus et qu'il ne s'arrête pas. Les jeunes gens décident de partir à pied le long de la voie ferrée. Le village s'interroge. Il s'est passé quelque chose dans le pays que tout le monde ignore ici. Sous l'orage qui gronde sans jamais éclater, de chaque côté de la voie ferrée qui sépare parias et notables, la réalité se dégrade subtilement. Des livres disparaissent de la bibliothèque. Les militaires rôdent autour de la ville, des coups de feu éclatent. Les masques tombent à mesure qu'une effrayante vérité se dévoile.
Mon avis :
L’Autobus est un roman qui se lit d’une traite mais dont l’écho dure bien après la dernière page. Eugenia Almeida y déploie une économie de moyens remarquable pour installer une atmosphère de suspicion et de peur dans un village argentin isolé, microcosme d’un pays tout entier sous la botte militaire.
Tout commence par un détail : l’autobus de 7h30 ne s’arrête plus. Trois soirs de suite, il traverse le village sans ouvrir ses portes. Puis ce sont les trains qui ne passent plus, les barrières qui restent baissées. Les habitants s’interrogent, cherchent des explications rationnelles, tentent de maintenir une vie normale. Mais peu à peu, la réalité se dégrade.
Ce dispositif minimaliste — un village coupé du monde, un temps suspendu — fonctionne comme un véritable huis clos. Almeida n’a pas besoin de décrire la dictature en grandes fresques historiques : elle la fait sentir dans le quotidien, dans les non-dits, dans les regards qui se détournent.

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