mercredi 19 août 2026

Les lionnes persanes


Résumé : 
Des shir zan, des lionnes. Nous deux. Tu ne le vois pas, Ellie ? Un jour, toi et moi, on accomplira de grandes choses. On vivra notre propre vie, et on aidera les autres. On est sans doute que des lionceaux, pour l'instant, mais on deviendra des lionnes, des femmes fortes qui font bouger les choses.

Téhéran, 1950. L'année de ses sept ans, Ellie a tout perdu : son père, son confort, et l'insouciance de son enfance dorée. Dans les ruelles modestes de son nouveau quartier, elle trouve refuge dans l'amitié lumineuse de Homa, une fillette courageuse et indomptable. Ensemble, elles apprennent à cuisiner, explorent les allées bigarrées du grand bazar et rêvent de devenir aussi fortes et libres que des lionnes.

Mais lorsqu'Ellie retrouve le luxe et l'élitisme d'une vie bourgeoise, leurs chemins se séparent. Leurs retrouvailles, des années plus tard, viennent de nouveau bouleverser leur existence et réveiller leurs ambitions communes. Jusqu'à ce qu'un jour, la politique instable d'un Iran en pleine tourmente les pousse à une trahison lourde de conséquences.

Mon avis :
J’ai adoré Les Lionnes persanes de Marjan Kamali, un roman qui m’a profondément touché pendant mes vacances. À travers le destin de deux amies, séparées par l’histoire et contraintes de prendre des chemins très différents entre l’Iran et les États-Unis, l’autrice raconte avec beaucoup de sensibilité la force des liens, les choix de vie et le prix de la liberté.

Les deux héroïnes sont des femmes fortes, courageuses et déterminées, qui refusent de se laisser enfermer dans le rôle que la société veut leur imposer. Leurs parcours, parfois douloureux, montrent combien il peut être difficile de rester fidèle à soi-même lorsque les événements politiques, la famille et les traditions viennent bouleverser les existences. Malgré la distance et les années, leur amitié demeure un fil conducteur particulièrement émouvant.

J’ai beaucoup apprécié la manière dont le roman fait dialoguer deux mondes : l’Iran, marqué par les bouleversements politiques et les restrictions imposées aux femmes, et les États-Unis, qui représentent une forme de liberté mais aussi une autre réalité, avec ses propres difficultés et ses propres renoncements. Marjan Kamali ne propose pas une vision simpliste de l’exil ou de l’émancipation : elle montre au contraire que la liberté peut prendre des formes différentes et qu’elle se conquiert parfois lentement, au prix de choix difficiles.

Le contexte historique est très présent, mais il ne prend jamais totalement le pas sur l’intime. Ce sont avant tout les personnages, leurs émotions et leurs espoirs qui m’ont retenu. J’ai été particulièrement sensible à cette sororité, à cette capacité de résister et de se reconstruire malgré les épreuves.

Un roman poignant et lumineux sur l’amitié, l’exil, la transmission et la liberté. Une très belle lecture de vacances, à la fois dépaysante et profondément humaine, que je recommande volontiers.

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