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mardi 14 avril 2026

Assassines


Résumé :
Elles s'appellent Corina Rojas, Rosa Faúndez, Carolina Geel et Teresa Alfaro. Quatre noms qui ont été supprimés de l`histoire pour une seule raison : ce sont des assassines.

Un mari abattu par un tueur à gages, un amant brutalement fusillé à l`hôtel Crillon, un autre, poignardé et démembré, et une fratrie empoisonnée ; ces quatre crimes sanguinaires ont été commis par des femmes, puis immédiatement tus. Parce qu'être femme, dans l'inconscient collectif, c'est encore être passive, docile, serviable ou bien sacrificielle. Au point que nous ne pouvons imaginer d'autres motifs à leurs crimes que l'hystérie, la jalousie ou la folie, les condamnant au silence et à l'oubli.

Mais Alia Trabucco Zerán en décide autrement dans son récit : avec Assassines, elle redonne corps et voix à celles qui ont violemment rejeté les rôles domestiques et passifs auxquels leur culture les destinait et nous oblige à les regarder en face.

Mon avis :
Une lecture fascinante pour les amateurs de true crime, à mi-chemin entre récit littéraire et chronique criminelle. Dans Assassines, Alia Trabucco Zerán explore quatre meurtrières sud-américaines dont le geste défie l’imaginaire collectif, oscillant entre monstruosité et condition humaine.


Si les deux premières histoires peinent un peu à dépasser la simple description des faits, les deux dernières, consacrées à Caroline Geel et Teresa Alfaro, m’ont captivé par la complexité de leurs motivations. On y sent toute l’ambition de l’autrice : comprendre, plutôt que juger, ces femmes que l’histoire a rapidement condamnées.


Le style est précis, presque chirurgical, mais jamais froid. Trabucco Zerán mêle enquête et réflexion féministe avec une justesse rare, sans tomber dans le sensationnalisme du genre. Ce livre se lit comme une plongée dans la psyché criminelle, mais c’est surtout une réflexion sur la violence, sociale autant qu’intime.


Un très bon choix pour ceux qui aiment le true crime bien écrit, avec une touche littéraire et un vrai regard sociologique et sur l'évolution de la société chilienne.

mardi 18 novembre 2025

Poète chilien


Résumé : 
Lorsque Gonzalo retrouve par hasard son grand amour de jeunesse dans une boîte de nuit de Santiago, il s'aperçoit que leur attirance réciproque est demeurée intacte ; mais beaucoup de choses ont changé - entre autres, le fait que Carla est désormais la mère d'un garçon de six ans, Vicente. Dix ans plus tard, ce dernier a hérité de son beau-père la passion de la poésie. Et il fait, lui aussi, une rencontre décisive en croisant le chemin de Pru, une journaliste américaine perdue à Santiago. Il l'encourage à se lancer dans un reportage sur les poètes chiliens - non pas les grands noms du passé, mais ceux qui luttent pour survivre et se faire entendre dans la société chilienne d'aujourd'hui. Cette enquête va mener Pru vers une communauté excentrique - un autre genre de famille... L'occasion aussi, peut-être, pour Gonzalo et Vicente de se retrouver ?

Chronique pleine de tendresse, d'humour et de finesse, Poète chilien raconte comment nous choisissons notre famille, et comment chacun d'entre nous se construit à travers les multiples rôles que la vie lui fait endosser - parent, passeur, amant, ami, artiste.

Mon avis : 
Poète chilien est un roman original et plein de tendresse, un coup de cœur complet. On fait la connaissance de Gonzalo et Clara, deux adolescents amoureux qui vivent une première histoire. Dix ans plus tard, ils se retrouvent dans une boite de nuit et se remettent ensemble. La seule différence est qu'aujourd'hui, Clara a un petit garçon de six ans que Gonzalo va élever comme son fils pendant quelques années.

La relation entre Gonzalo et son beau-fils Vicente est vraiment touchante et bien écrit. On parle souvent du rôle de parent dans la littérature mais rarement des beaux-parents alors que les familles recomposées sont de plus en plus nombreuses.

C'est aussi une ode a la littérature et la poésie chilienne avec des écrivains connus mais aussi toute cette nouvelle génération d'auteurs prêt a prendre la révèle. Alejandro Zambra dénonce aussi le peu de femme publiée ou encore les inégalité face a l'éducation dans son pays.

vendredi 21 mars 2025

Propre

 

Résumé : 
La fillette meurt. Voici le fait par lequel Estela commence son récit. Estela, qui a quitté sa famille dans le sud du Chili pour la capitale où elle travaille comme employée de maison. Estela, qui s'est occupée pendant sept ans de la jeune victime, l'a bercée, nourrie, rassurée, grondée aussi. Qui connaît chaque étape ayant mené au drame : la chienne, les rats, les aveux, le poison, le pistolet. Chaque étape jusqu'à l'inéluctable.

Un roman psychologique haletant, angoissant et addictif, à travers lequel notre époque se dessine - une société fracturée par les rapports de domination et d'argent, où les uns vivent dans l'ombre des autres.

Mon avis : 
Propre est un roman a la construction originale, une longue confession de la part d'Estela, une domestique dans une famille aisée chilienne. Elle va nous raconter la mort de la petite fille de 7 ans. Dès les premières pages, nous savons le décès mais le récit va remonter a l'arrivée d'Estela dans cette famille, jusqu'à la tragédie. 

Estela est bavarde, et ne va jamais droit au bout, elle préfère expliquer, raconter, analyser les situations vécues. Pour autant, le récit se lit très vite, la tension monte progressivement, et on éprouve une sorte de fascination, on se sent un peu voyeur, et il est difficile de lâcher le roman tant on veut connaitre la fin. Attention malgré tout, l'atmosphère est parfois pesante, c'est parfois glauque, parfois dérangeant mais sacrement addictif. 

J'ai bien aimé ma lecture mais ca se lit avec un certain détachement, on n'arrive jamais a s'attacher a l'un des personnages. Le récit est froid, j'aurais aimé un peu plus de sentiments. 

dimanche 2 mars 2025

Kramp


Résumé : 
Chili, années de la dictature Pinochet. M, une petite fille, accompagne D, son père représentant en quincaillerie, dans ses tournées et se passionne pour les objets qu'il vend tant ils lui paraissent être l'ordre même de l'univers.

Elle rencontre ainsi les autres voyageurs de commerce, qui constituent "une famille sans parents et donc plus supportable qu'une autre", aide son père à falsifier ses notes de frais, écoute les histoires, drôles ou tragiques, des uns et des autres...
jusqu'au jour où son monde se délite.

Mon avis : 
J'ai toujours un peu de mal avec les romans dont l'histoire est racontée par un enfant. Ici, c'est M qui nous raconte son histoire, elle suit son père, représentant en quincaillerie dans ses déplacements. Ils font des rencontres sur les routes et pendant les trois quart du roman, je me suis demandée ou l'auteure voulait en venir. Le dernier quart est plus émouvant, on découvre la réalité de la dictature de Pinochet.

C'est finalement un bon roman initiatique, ou cette petite fille doit grandir plus vite, comprend des choses avec le recul. J'aurai sans doute mieux apprécié ma lecture si le roman était rentré plus dans le sujet, nous avait fait découvrir plus sur le Chili. C'est peut-être suffisant là-bas, car les souvenirs de cette période sont encore malheureusement très présent mais pour nous lecteurs européens, cette période est beaucoup plus floue. En tout cas, j'ai beaucoup aimé la relation pere-fille entre M et D.

lundi 8 janvier 2024

The wind knows my name


Résumé : 
Vienna, 1938. Samuel Adler is five years old when his father disappears during Kristallnacht - the night their family loses everything. As her child's safety seems ever harder to guarantee, Samuel's mother secures a spot for him on the last Kindertransport train out of Nazi-occupied Austria to England. He boards alone, carrying nothing but a change of clothes and his violin.

Arizona, 2019. Eight decades later, Anita Diaz and her mother board another train, fleeing looming danger in El Salvador and seeking refuge in the United States. But their arrival coincides with the new family separation policy, and seven-year-old Anita finds herself alone at a camp in Nogales. She escapes her tenuous reality through her trips to Azabahar, a magical world of the imagination. Meanwhile, Selena Duran, a young social worker, enlists the help of a successful lawyer in hopes of tracking down Anita's mother.

Intertwining past and present, The Wind Knows My Name tells the tale of these two unforgettable characters, both in search of family and home. It is both a testament to the sacrifices that parents make, and a love letter to the children who survive the most unfathomable dangers - and never stop dreaming.

Mon avis : 
The wind knows my name est un ensemble d'histoires qui finissent par n'en faire qu'une. Les personnages sont tous très différents et viennent de tout horizons mais se retrouvent tous à la fin. Si pendant, ma lecture j’ai parfois été perplexe, ne comprenant pas le parallèle entre tous, le roman prends finalement tout son sens dans les dernières pages et j’ai trouvé cette construction vraiment réussite.

En effet, le roman commence en Autriche ou l’antisémitisme fait rage avec Hitler au pouvoir en Allemagne et aborde en parallèle les lois anti-immigrations prisent par Donald Trump dont la séparation des jeunes enfants migrants de leurs parents lorsqu'ils traversent illégalement la frontière du Mexique et des États-Unis.

Même si fictive, l’histoire de ces personnages m’a beaucoup touché. On réalise que finalement les années passent mais il y a certaines choses qui ne changent pas, qui se répètent tristement.

Mes personnages favoris sont Selena et Franck, pour leur lutte acharnée pour défendre et aider les plus démunis. Et puis comment, ne pas tomber amoureuse de ce bel avocat ?

C’est un roman magnifique, très bien écrit, qui nous fait voyager entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique Centrale.

mardi 23 mai 2023

Une ardente patience


Résumé : 
Réfractaire au métier de pêcheur, Mario Jimenez trouve son bonheur grâce à une petite annonce du bureau de poste de l'île Noire. Facteur il sera, avec pour seul et unique client le célèbre poète Pablo Neruda. Leur relation, d'abord banale et quotidienne, se transforme, par la magie du verbe et de la métamorphose, en amitié profonde. Mais malgré leur isolement, l'Histoire les rattrape.

Mon avis :
J’ai Une ardente patience dans ma PAL depuis très longtemps et je regrette de ne pas l’avoir lu avant car j’ai passé un bon moment. On suit Mario, facteur sur une petite ile ou le seul habitant à recevoir du courrier et le très célèbre Pablo Neruda. Mario va tomber amoureux de la poésie de l’auteur mais aussi de la jolie Beatriz.


L’histoire est drôle, mais pas uniquement. C’est un bel hommage à la poésie, à Neruda mais le roman nous permet aussi de découvrir en toile de fond, l’histoire du Chili avec l’arrivée d’Allende au pouvoir, les conséquences sur la vie des Chiliens puis le coup d’état de Pinochet et la mort de Neruda.   

Le seul bémol que je pourrais trouver c’est la transition entre les deux parties du roman. Elle est brutale et aurait pu être plus fluide.


mardi 30 mai 2017

Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre

Résumé :

Fidèle à la tradition latino-américaine, Luis Sepulveda écrit des nouvelles. Il en a choisi 27 pour ce recueil, autour du thème du rendez-vous manqué en amitié, avec soi-même, avec le temps qui passe ou en amour. Ces histoires racontent des situations marquées par ces brisures, ces glissements que les protagonistes n'ont pas su ou pu éviter.

Mon avis :

Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre était dans ma PAL depuis très longtemps et c'est à l'occasion d'un challenge que j'en ai profité pour l'en sortir. 

La littérature sud-américaine est toujours l'occasion d'un voyage et puis ceux qui me connaissent savent a quel point j'aime les nouvelles. 

Malgré tout, je reste sur ma faim car j'ai trouvé le recueil très inégal. Certaines nouvelles sont excellentes, touchantes, pleine de suspense et surtout avec une chute ou un retournement de situation totalement inattendue comme je les aime. D'autres par contre m'ont laissé complétement indifférentes, comme si on avait affaire à un autre auteur. 

Je suis quand même bien contente d'avoir retrouvé Luis Sepúlveda, que je n'avais pas lu depuis un petit bout de temps.

Lu dans le cadre du challenge : 
- Challenge Bookineurs en couleurs #3.4 - NOIR

lundi 22 février 2016

La maison aux esprits


Résumé : 



Entre féérie et cauchemar la saga de la famille Trueba avec son chef Esteban, riche propriétaire parti de rien, tyran familial et sénateur musclé, sa femme Clara hypersensible et qui dialogue volontiers avec les esprits et une foule de personnages, enfants légitimes ou non, employés, paysans. Portrait d'un pays passé sans transition des traditions rurales à l'horreur des tyrannies modernes. Premier roman de la nièce de l'ancien président du Chili.

Mon avis : 


Isabel Allende est une auteure que j'adore et j'ai a nouveau été conquise par ce magnifique roman qu'est "La maison aux esprits". 

Elle retrace ici, une fresque familiale sur plusieurs générations. Tout commence quand Clara est enfant puis on l'a suite adulte et enfin grand-mère. Elle retrace la vie de sa famille, ses parents, son frères et sœurs, son mari, ses enfants et sa petite fille au travers le Chili qui connait des grands changements. Changement politique, car bien sur la dictature et les différents gouvernements sont en toile de fond, mais on découvre aussi le mouvement des suffragettes, l’arrivée des automobiles....

Le réalisme magique est présent et donne beaucoup de charme au roman : les cheveux verts de Rosa et Alba, les objets qui bougent d'un seul regard de Clara, les dons pour lire l'avenir..... 
J'ai prolongé le plaisir de ma lecture en regardant le film de 1993. Forcément,  difficile de rendre plus de 500 pages en seulement 2h de film. Beaucoup de détails sont donc passer à la trappe. 

Malgré tout le casting est à la hauteur : Meryl Streep, Jeremy Irons, Antonio Banderas, Glenn Close..... Bref que des grands noms du cinéma.

Je vous conseille les deux si vous ne connaissez pas encore La maison aux esprits.

Lu dans le cadre du challenge :
- Adaptations 

dimanche 17 janvier 2016

Zorro

Résumé : 


Qui est Diego de la Vega, alias Zorro, le justicier masqué que nous connaissons tous ? Isabel Allende, avec l’humour qui la caractérise, nous emmène dans les coulisses de la légende. Né dans le sud de la Californie à la fin du XVIIIe siècle, Diego de la Vega est l’enfant de deux mondes. Son père, un gentilhomme espagnol, et sa ravissante mère à moitié indienne façonnent sa double personnalité. Formé au maniement de l’épée et initié aux rites de sa tribu, il embarque à quinze ans pour Barcelone où le maître d’armes Manuel Escalante parfait son éducation. Avec à ses côtés le fidèle Bernardo, Zorro retourne en Californie pour combattre les injustices.

 Mon avis : 


Encore une fois je suis conquise par la merveilleuse plume d'Isabel Allende. Elle se livre ici a une exercice difficile, écrire un roman mi-biographique, mi-aventure sur un personnage de fiction, j'ai nommé le grand Zorro. Vous devez (ou alors les plus anciens), tous vous souvenirs de la série qui commencé par :
♪♫ Un cavalier, qui surgit hors de la nuit
Court vers l'aventure au galop
Son nom, il le signe à la pointe de l'épée
D'un Z qui veut dire Zorro ♪♫
Et bien c'est bien ce Zorro, que l'on retrouve ici et l'auteur a choisi de nous raconter sa vie, de retracer son parcours.

Le livre s'ouvre en Haute-Californie, à la mission San Gabriel, en 1790. On y fait la connaissance du père Mendoza et des parents de Diego : son père un riche espagnol et sa mère, une indienne. Le père Mendoza essaie de convertir les Indiens d’Amérique au Catholicisme :
"En Californie plusieurs autres religieux, exerçant dans vingt-trois missions, étaient chargés de répandre la doctrine du Christ chez plusieurs milliers de gentils des tribus chumash, shoshone et autres, qui ne se prêtaient pas toujours de bonne grâce a la recevoir. Les natifs de la côte californienne avaient un réseau de troc et de commerce qui fonctionnait depuis des milliers d'années. Leur environnement, très riche en ressources naturelles, avait permis à chaque tribu de développer des spécialités différentes. Les Espagnols étaient impressionnés par l'économie chumash, si complexe qu'elle pouvait se comparer avec celle de la Chine. Les Indiens utilisaient des coquillages comme monnaie et organisaient régulièrement des foires où, en plus d’échanger des biens, on arrangeait les mariages.
Déconcertés par le mystère de l'homme torturé sur une croix que les Blancs adoraient, les Indiens ne voyaient pas l’intérêt de vivre mal en ce monde pour jouir d'un hypothétique bien-être dans l'au-delà. Au paradis chrétien, ils pourraient s'installer sur un nuage et jouer de la harpe avec les anges, mais la majorité d'entre eux préférait en réalité, après la mort, chasser l'ours avec leurs ancêtres sur les terres du Grand-Esprit. Ils ne comprenaient pas non plus pourquoi les étrangers plantaient un drapeau en terre, marquaient des lignes imaginaires, la déclaraient leur propriété et s'offensaient si quelqu'un y entrait en poursuivant un cerf. L'idée de posséder la terre leur paraissait aussi invraisemblable que celle de se partager la mer
."

Diego vient au monde en même tant que Bernardo, le fils d'une autre indienne, et vont devenir frère de lait et ne plus se quitter. Ils vont passer leur enfance, en Californie, faire plein de bêtises et passer un rite indien pour devenir adulte. Puis à l'âge de 15 ans, ils vont embarquer pour Barcelone pour parfaire leur éducation. La traversée est périlleuse mais après plusieurs mois de voyage, ils vont découvrir une vie bien différente de la leur.

Diego passera cinq ans avant de revenir en Californie. Cinq ans ou il va commencer a se travestir et créer son personnage de Zorro au nom de la justice. Ses aventures sont vraiment passionnante et le récit ne nous laisse pas une minute de répit. Les références a l'histoire sont nombreuses et le ton porte toujours une petite pointe d'humour :
"Les hommes portèrent un toast à la lointaine patrie et à leur amitié, commençant la révolution qui avait soulevé en armes le peuple de France. L'événement avait eu lieu voilà plus d'un an, mais la nouvelle venait d'arriver à Monterrey. Ils tombèrent d'accord sur le fait qu'il n'y avait pas de raison de s'alarmer : L'ordre avait sûrement été rétabli dans ce pays et le roi Louis XVI devait être de nouveau sur son trône, même s'il le considéraient comme une homme pusillanime, peu digne de pitié."

Les chapitres se succèdent, avec entre chacun, quelques lignes d'Isabel Allende pour introduire la suite ou elle s'adresse directement à ses lecteurs :
"Nous sommes arrivés à la cinquième et dernière partie de ce livre. Nous devrons bientôt nous dire adieu, chers lecteurs, car l'histoire prend fin au moment ou le héros revient au point de départ, transformé par ses aventures et par les obstacles surmontés. C'est ce qui se passe habillement dans les récits épiques, de l'Odysée aux contes de fées, et je n'ai pas l'intention d'innover en la matière."

Bref c'est un roman passionnant, qui mélange le coté historique, l'aventure, avec une petit pointe d'amour. Il y a bien sur aussi comme dans beaucoup de roman sud-américain, ce coté réalisme magique ou certain fait imaginaire, magique viennent s'insérer dans le récit. C'est un excellent roman et si vous ne l'avez pas encore lu, il faut vite vous y plonger.

Lu dans le cadre des challenges : 
- ABC 2016 : lettre A
- pavés 2015-2016

dimanche 28 septembre 2014

D'amour et d'ombre

Résumé :


Irène, fille de bourgeois, est la maîtresse de son fiancé de toujours, le beau capitaine Gustavo Morante. Journaliste, elle noue avec Francisco, fils d'émigrants rescapés de la guerre civile espagnole, qui travaille avec elle comme photographe, une relation d'amitié complice. Mais Irène et Francisco vont se trouver incidemment à l'origine de la révélation d'un de ces massacres politiques dont abondent les annales des dictatures d'Amérique du Sud. La répression se tourne alors contre eux... Ce qu'ils vont vivre transforme peu à peu leurs sentiments fraternels en un amour indissoluble.

Mon avis :


Quatrième lecture de mon challenge le tour du monde, j'ai donc fait escale cette fois au Chili avec Isabel Allende. D'amour et d'ombre a été pour moi un vrai coup de cœur. C'est une lecture très prenante et dont on ne sort pas indemne. L'auteur parle des dictatures sud-américaine et nous offre ici un triste témoignage. Elle nous montre les luttes et les combats du peuple.

La première partie du roman est la pour présenter les personnages et mettre en place l'intrigue. On y rencontre une multitude de personnages et l'on se demande ou l'auteur veut nous emmener. Mais une fois que commence la seconde partie, toutes les pièces du puzzles s'emboîtent et l'intrigue commence vraiment. Les deux personnages principaux sont Irene, jeune journaliste issu de la bourgeoisie et Francisco qui l'accompagne comme photographe dans ses reportages. Ces deux la entretiennent une relation très fusionnelle et en partant pour faire un simple reportage, ils vont découvrir un secret d’état qui va mettre leur vie en danger.

On découvre l'horreur de la dictature, la censure, l'omniprésence de l'armée et les horreurs qu'elle commet... Rien n'est épargné au lecteur et la troisième partie est vraiment dure et triste.

C'est en tout cas un très beau témoignage qui nous montre le courage des hommes face au totalitarisme.

Et puis bien sur, je ne peux terminer cette critique sans parler de la plume d'Isabel Allende qui est magnifique. Ces romans nous font voyager grâce a ses descriptions de Amérique du Sud :
"Il se laissa également dévorer par la littérature et s'aventura avec fascination dans l’œuvre des écrivains latino-américains, se rendant compte que lui-même vivait dans un pays miniature,
une simple tache sur la carte, immergé dans un immense et prodigieux continent
où le progrès ne faisait encore qu'arriver avec des siècles de retard : terre de cyclones et de séismes,
de fleuves aussi larges que des mers, forêts si denses que la lumière du soleil ne peut y pénétrer,
sol couvert d'un humus immémorial où se traînent des bêtes mythologiques et où vivent des êtres inchangés depuis la nuit des temps ; géographie sens dessus dessous où l'on naît avec une étoile au front emblème du merveilleux ; région enchantée de vertigineuses cordillères où l'air est aussi léger qu'un voile, déserts absolus, bois ombreux, vallées placides. Là s'étaient mêlées toutes les races dans le creuset de la violence : Indiens emplumés, voyageurs de lointaines républiques, nègres errants,
Chinois débarqués en contrebande dans des cargaisons de pommes, Turcs et assimilés, filles de feu, frères prêcheurs, prophètes et tyrans, tous au coude à coude, les vivants comme les fantômes de ceux qui foulèrent au fil des siècles cette terre sanctifiée par tant de passions. Partout y sont chez eux les hommes et les femmes de l'Amérique, qu'ils souffrent et suent dans les champs de cannes,
qu'ils grelottent de fièvre dans les mines de cuivre et d'argent, disparus sous les ondes à la pêche aux perles ou survivant envers et contre tout au fond des geôles. "


dimanche 1 juin 2014

Le dernier fakir et autres nouvelles

Résumé :


Quatre nouvelles drôles, émouvantes ou tragiques, pour découvrir un grand auteur de la littérature sud-américaine : Le dernier fakir. Un artiste de cirque très pauvre est transformé en fakir par son "impresario". Désireux de bien faire, le malheureux va mourir en tentant d'avaler un sabre. Le champion. L'histoire d'un boxeur. A propos de quelque chose que j'ai perdu dans un train. Un enfant voyageant avec son père côtoie, dans un train un bandit enchaîné à un policier, et imagine de l'aider à s'enfuir pour mener avec lui une vie libre et sauvage de cavalier héroïque sur la Cordillère.
Une voiture s'est arrêtée. Une voiture noire s'est arrêtée au bas d'un immeuble, pour l'arrestation ou l'assassinat d'un opposant qui l'observe de sa fenêtre.

Mon avis :


J'adore les éditions bilingues, deja parce qu'elle me permette de lire en VO sans stress : la traduction est sur la page en face. Et puis souvent on découvre des petites pépites méconnus, des textes d'auteurs célèbres mais moins connus....
Luis Sepulveda n'est plus a présenter mais les quatre nouvelles présentes dans ce recueil étaient pour moi complètement inconnues.

On découvre en premier Le dernier fakir, qui donne son nom au recueil. C'est une nouvelle tres courte et plutôt dramatique. Le narrateur parle avec un fakir, c'est lui qui l'a repéré dans un cirque et qui a fait de ce fakir ce qu'il est devenu aujourd'hui. Le narrateur essaie de se justifier mais on sent la pression monter jusqu’à cette fin tragique. Je n'en dis pas plus pour ne pas vous dévoilez l'intrigue.

Vient ensuite A propos de quelque chose que j'ai perdu dans le train. C'est la nouvelle que j'ai preferé. Le narrateur est un jeune garçon de 14 ans, très attachant, qui rêve de liberté. Il voyage avec son pere quand dans un train, il voit un prisonnier menotté au bras d'un policier. Il s'imagine déjà l'aidant a s'évader, a partir a ses cotés. Un voyage qui va transformé sa vie mais pas comme il l'imagine.

Une voiture s'est arrêtée au milieu de la nuit. Cette nouvelle est angoissante, elle commence doucement et simplement puis petit a petit l’étau se resserre. Un homme se cache chez lui, a peur, essaie de se persuader que cette voiture va repartir.... Cette nouvelle est encore une fois tres courte et se lit tres vite tant on est préssé de découvrir la fin.

Enfin Le champion vient conclure ce recueil. C'est la nouvelle que j'ai le moins apprécié. Elle est interessante et tres bien écrite mais elle ne me laissera pas un grand souvenir.

Je suis vraiment ravie d'avoir lu et découvert ces quatre nouvelles. Elles m'ont beaucoup plu. J'aime aussi avoir le texte original et surtout cette édition est tres riche en explications. On y découvre certaines expressions propres a l'Amérique du Sud qui change de l'espagnol d'Espagnol ou celui que l'on apprends a l'école.
Amateur de nouvelles, de littérature sud-américaine ou juste curieux, je vous conseille ce livre.