lundi 7 septembre 2026

Le couple d'a coté


Résumé : 
La baby-sitter leur a fait faux bond, et alors ? Invités à un dîner chez leurs voisins, Anne et Marco décident de ne pas renoncer à leur soirée. Cora, leur bébé de six mois, dort à poings fermés et ils ne sont qu'à quelques mètres. Que peut-il arriver ? Toutes les demi-heures, l'un ou l'autre va vérifier que tout va bien. Pourtant, quand à une heure déjà avancée, le couple regagne son domicile, c'est un berceau vide qui les attend.
Désespérés mais aussi dépassés, les jeunes parents attirent les soupçons de la police : Anne en dépression depuis son accouchement, Marco au bord de la ruine... les victimes ont soudain des allures de coupables. Dans cette sombre histoire, chacun semble dissimuler, derrière une image lisse et parfaite de terribles secrets. L'heure de la révélation a sonné.

Mon avis : 

J’ai adoré ce thriller domestique où chaque personnage possède sa zone d’ombre et où les secrets, patiemment enfouis, refont surface au fil de l’enquête. L’intrigue est efficace, rythmée par des retournements qui maintiennent la pression jusqu’au dénouement.

Le point de départ est simple et angoissant : un couple laisse son bébé seul à la maison pendant un dîner chez les voisins, et revient pour découvrir un berceau vide. À partir de là, Shari Lapena transforme un cadre ultra-domestique en huis clos étouffant où chacun devient suspect. Les allers-retours entre les versions des personnages, les indices distillés au bon moment et les révélations progressives font de ce roman un page-turner très addictif.

Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est la psychologie des personnages : Anne, fragilisée par un post-partum difficile et une culpabilité lancinante ; Marco, maladroit, sous pression financière et professionnelle ; les voisins, trop parfaits pour être honnêtes ; et même les beaux-parents, dont la méfiance envers Marco ajoute une couche de tension. Personne n’est tout blanc ou tout noir : chacun dissimule quelque chose, et c’est précisément ce qui rend l’enquête si prenante.

Le détective Rasbach est effectivement très zélé, parfois presque trop, et son insistance peut irriter. Mais cette opiniâtreté sert l’intrigue : c’est lui qui force les masques à tomber et qui empêche le lecteur de se reposer sur une version trop confortable des faits. Son rôle est essentiel pour que les secrets finissent par exploser.

Un thriller domestique très réussi, parfait pour les lecteurs qui aiment les enquêtes où tout le monde ment un peu, où les apparences sont trompeuses et où la vérité finit par faire très mal. 

La fleuriste


Résumé : 
Dans le milieu floral, Helena Bardo est une véritable star. Fleuriste de talent et propriétaire de la boutique de fleurs Chloris, connue pour ses magnifiques bouquets dont chacun semble raconter une histoire, elle disparaît un jour mystérieusement, ne laissant derrière elle que des gouttes de sang sur ses ciseaux et ses bobines. Sonia, sa meilleure amie et collègue, se lance alors à sa recherche avec l’aide de la police pour tenter d’élucider sa disparition. Cependant, à chaque jour qui passe, elle est de plus en plus convaincue qu’elle ne peut faire confiance à personne, pas même au mari de son amie disparue. Un soir, elle reçoit un mystérieux message qui l’avertit que cette affaire la concerne également. Helena était-elle vraiment aussi parfaite qu’elle ne le prétendait ? Cachait-elle de sombres secrets ? Avait-elle des ennemis qui en voulaient à sa vie ? Une chose est sûre : les racines des secrets de famille sont très profondes et difficiles à déterrer.

Mon avis :
La Fleuriste est un thriller psychologique polonais qui m’a tenue en haleine du début à la fin.

Le roman démarre de manière intrigante : Helena Bardo, fleuriste talentueuse et propriétaire de la boutique Chloris, disparaît mystérieusement, ne laissant derrière elle que quelques gouttes de sang sur ses ciseaux. C’est Sonia, sa meilleure amie et collègue, qui se lance dans une enquête obsessionnelle, aidée (ou entravée) par la police et par Dorian, le mari d’Helena.

Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est le suspense. J’ai soupçonné presque tout le monde au fil des chapitres : le mari, la famille, des connaissances, même Sonia elle-même. Et pourtant, je n’avais pas deviné le dénouement de l’intrigue, ni surtout le retournement final dans le dernier chapitre, qui vient tout remettre en question et donne une tout autre lumière à l’histoire.

Les personnages sont vraiment complexes et nuancés. Helena, d’abord présentée comme une figure presque idéalisée du monde floral, se révèle peu à peu pleine de zones d’ombre et de secrets. Sonia, quant à elle, est attachante par sa loyauté et sa détermination, mais aussi par ses propres failles et doutes. Le fait que l’histoire se déroule en Pologne ajoute une saveur particulière : on sort des cadres habituels du thriller scandinave ou américain, avec des lieux comme Oława, Zakopane et les Hautes Tatras qui donnent une vraie couleur locale à l’enquête.