mardi 18 février 2020

L'île des disparus, tome 2 : Le Secret du brouillard

Résumé : 

Choisis ton destin, Fille de l'eau !

Le printemps est là, et pourtant, un épais brouillard a envahi l'archipel suédois. D'après la légende ancestrale, cette brume opaque annonce de terribles événements. Bientôt, elle va noyer les navigateurs et perturber les signaux des GPS, troublant l'équilibre de l'île.

Changelin parmi les humains, la jeune Tuva tente par tous les moyens de découvrir la vérité, sur elle-même et sur le danger qui menace sa terre natale. Aux côtés de son meilleur ami Rasmus, et de Maria, sa fidèle alliée mara, la jeune fille comprend qu'une créature mythique offensée par les hommes s'est réveillée sous la forme de ce brouillard. Le peuple des océans dont elle pensait être la seule survivante est loin d'avoir dit son dernier mot.

Mon avis : 

Si le tome 1 était un peu long à démarrer et l’intrigue à se mettre en place, ici on n’entre directement dans le vif du sujet. Ce deuxième tome est passionnant (encore plus que le premier ! si si c’est possible) et séduira les jeunes lecteurs comme les plus grands. Il vous procurera quelques frissons et tiendra en haleine du début à la fin. Un seul regret c’est que le livre soit si court, car il est dur de refermer les dernières pages. On voudrait continuer l’aventure avec Tuva. Heureusement, il y a un troisième tome, qu’il me tarde maintenant de lire.

Le roman est aussi beaucoup plus noir, oppressant comme cette brume qui a envahi la Baltique. La tension est différente que dans le premier tome où Tuva avait des cauchemars et ne savait pas vraiment ce qui lui arrivait. Ici toutes les excursions en bateau à travers le brouillard dense, la magie, les créatures magiques et horribles qui émergent de la mer apportent beaucoup à créer un univers sombre et effrayant. Les vieux contes, superstitions et le folklore suédois prennent vie sous nos yeux pour notre plus grand plaisir.

Mais l’ambiance est inquiétante aussi bien par le coté fantastique du roman que dans la vie de Tuva. En effet, l’alcoolisme du père prends de plus en plus d’ampleur, la mère se retrouve vite complétement dépassé et sa honte vis-à-vis de sa fille et de ses branchies n’aide pas la jeune fille à avoir confiance en elle, tandis qu’elle est de plus en plus victime de moqueries et brimade en cours.

Tuva est vraiment adorable et on ne peut que s’attacher à elle. On a envie de l’aider et de devenir son amie. Du haut de ses treize ans, elle fait preuve d’une grande maturité. C’est une jeune fille courageuse qui  n’a pas une adolescence facile. Elle s’exprime à la première personne et l’on a vraiment le sentiment d’être sa confidente et de la voir évoluer et grandir à nos côtés. J’ai beaucoup apprécié de faire enfin plus ample connaissance avec Österman, personnage qui m’intriguait vraiment dans le tome précédent. Je suis contente que le mystère se lève un peu autour de lui et j’apprécie de plus en plus Maria qui semble la vraie seule alliée de Tuva. Rasmus est plus en retrait dans ce tome, c’est un peu dommage, mais ça se comprend et il y a un vrai fossé qui se creuse entre lui et Tuva. Tuva a grandi suite aux précédents évènements, et devenu plus mature tandis que lui reste un adolescent puéril dans toutes ses réactions.

Le livre se veut toujours dénonciateur sur la pollution de la Baltique et de la responsabilité des hommes malgré tout, j’ai trouvé que cela aurait pu être mis plus en avant. En effet, il est important d’éduquer le jeune public à qui s’adresse le roman et le message écologique aurait pu être plus fort.

En tout cas, j'ai adoré me balader sur la Baltique, d'îles en îles et à défaut d'y aller en personne (un jour surement), j'ai adoré le ddépaysement que m'a, une nouvelle fois offert, le duo mère-fille Sten. 
 

samedi 15 février 2020

Une nuit en Crète

Résumé : 

Au fil de dix nouvelles au charme indéniable, Victoria Hislop nous emmène à travers les rues d'Athènes et les parcs ombragés des villages grecs. En évoquant leur atmosphère si particulière, elle donne vie à un grand nombre de personnages inoubliables : un prêtre solitaire, deux frères qui n'arrêtent pas de se quereller, un étranger indésirable ou encore un jeune marié à la mémoire défaillante.
Ces nouvelles douces-amères ont pour thème l'amour, la loyauté, la séparation et la réconciliation et sont écrites avec le style si reconnaissable et propre à Victoria Hislop.

Mon avis : 

Lecture légère et courte, ce recueil de 10 nouvelles nous offre un portrait de la Grèce d’hier et d’aujourd‘hui. Un voyage à Athènes, mais aussi dans les petites îles les plus reculées. J’aime toujours quand un auteur s’essaie à l’exercice des nouvelles car il me semble bien plus difficile que le roman. Dans ce dernier, on prend le temps d’installer son intrigue, de présenter ses personnages alors que dans une nouvelle, le temps et les mots doivent être comptés et surtout la chute est à mes yeux le plus important. Toutes ces nouvelles ont peu en commun, si ce n’est la Grèce, mais sont toutes réussies et m’ont conquise.

Le recueil s’ouvre sur Le pope et le perroquet, ou l’histoire d’un prêtre qui est ordonnait dans une petite paroisse ou toutes les femmes sont au petit soin pour lui. Jusqu’au jour où il se rend au chevet de l’institutrice malade et qu’il tombe sous son charme. C’est une histoire mignonne au scenario classique mais pourtant, elle apporte le sourire et fait du bien, surtout en cette période de grisaille hivernale.

Vient ensuite, Le kafenion, un café bistrot qui se transmet de générations en générations, mais voici que des jumeaux, deux frères veulent reprendre le café mais ne sont d’accord sur rien. La mère a plus d’un tour dans son sac et pense avoir trouvé une solution. Mais ses deux fils vont lui donner du fil à retordre. C’est une nouvelle très rigolote et une de mes préférés. Ce n’avait qu’une envie, m’installer à la terrasse de cette endroit avec un bon roman et ne plus jamais quitter ces lieux si bien décrit.

Vient, la troisième nouvelle, Embrassement à Athènes qui est totalement différente des autres. Ici, on suit l’histoire d’amour d’une jeune fille naïve qui arrive dans une grande ville pour étudier à l’université sur fond des manifestations étudiantes de fin 2008. J’aurai aimé avoir plus d’informations sur ces événements qui ont marqué le début de la récession qui a durement touché la Grèce. Et au final, tout ça n’est que survolé ce qui est bien dommage d’autant que l’histoire dans cette nouvelle n’est pas vraiment à la hauteur. C’est sans doute celle qui m’a le plus déçu.

Par la suite Le cœur d’Angeliki, ou l’on retrouve une histoire mignonne et sucrée. Angeliki travaille dans une boulangerie pâtisserie et sa mère Sofia désespère de la voir se marier un jour. Pourtant le cœur de cette dernière est pris. C’est une jolie histoire d’amour, sur fond de chocolat et de pâtisserie. Attention, cette nouvelle vous mettre l’eau à la bouche.

Puis Le periptero, où un père désespère que sa fille ne vive sa vie que par procuration à travers des magazines. Quand un jour, elle tombe sous le charme d’un vendeur de meuble, le père reste sur ses gardes. C’est une nouvelle intéressante mais qui souffre d’un problème de rythme et ou quelques longueurs auraient pu être évitées.

Ensuite Une soirée crétoise nous montre le sort des femmes et des préjugés sur une petite île grecque pris dans les traditions. Une femme a vécu presque recluse sans que personne ne lui adresse jamais véritablement la parole pendant des années car elle était considérée comme étrangère (j’entends pas née sur cette ile). Mais qui était-elle vraiment ? C’est une nouvelle bien triste, émouvante et terriblement touchante.

Avec Le boucher de Karapoli, encore une fois, on découvre que les traditions et coutumes, que les histoires de familles ont la vie dure en Grèce ou l’on ne fréquente que les mêmes commerçants de générations en générations à cause d’histoires et de conflits qui datent de trop nombreuses années au point que l’on ne s’en souvient plus. Pourtant Anna, va faire une terrible découverte sur son grand-père tyrannique.

Apres La leçon est une nouvelle bien cruelle. Une institutrice de village se montre bien cruelle avec un jeune garçon de sa classe. Bien des années plus tard, celui-ci va avoir l’occasion de se venger à son tour. J’ai trouvé cette nouvelle glaçante et elle m’a vraiment fait froid dans le dos. Qui est le plus pervers dans l’histoire, je me le demande toujours.

Enfin Le sapin nous montre un pan de l’histoire tragique de Chypre à travers les yeux d’une jeune anglaise qui a suivi son amoureux grec de retour sur son ile. Mais l’accueil de sa belle-mère est bien moins chaleureux que le soleil. Pourquoi ça ? Lejeune homme va tenter de lui expliquer.

Et pour clore ce recueil La dernière danse, très émouvante et terriblement touchante. Un homme se mari aujourd’hui avec une femme. Difficile de dire s’il l’aime vraiment et il ne cesse de penser à cette première fiancée qu’il a eu dix ans plus tôt. Quand il la retrouve le soir de son mariage, trop tard.

J’ai beaucoup aimé ce recueil et je suis vraiment conquise par toutes ses nouvelles. J’ai toujours la crainte d’avoir entre les mains des nouvelles assez inégales, avec de très bonnes histoires et d’autres de qualité bien inférieures mais ici ce n’est pas le cas. J’ai maintenant envie de me replonger très vite dans une saga de Victoria Hislop, comme seule elle sait les écrire.
 

jeudi 13 février 2020

Les fantômes de Reykjavik

Résumé : 

Inquiets pour leur petite-fille dont ils savent qu’elle fait du trafic de drogue, un couple fait appel à Konrad, un policier à la retraite, suite à sa disparition. Dans le même temps une amie de Konrad lui parle d’une jeune fille retrouvée noyée dans l’étang devant le Parlement en 1947. Elle lui demande de l’aider car l’enfant hante ses rêves. Il découvre que l’enquête sur la mort de cette dernière a été menée en dépit du bon sens. Lorsqu’on trouve le cadavre de la jeune trafiquante, il met encore en doute les méthodes de la police.

Konrad mène les deux enquêtes de front. Il nous apparaît comme un personnage solide, têtu, coléreux et rompu, par son enfance auprès de son père, à toutes les ruses des voyous. Toujours aux prises avec son enquête sur l’assassinat de son propre père, il avance vers la vérité.

Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspens et des attentes sur des plans différents et surprenants. Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. On peut dans ce volume saluer la naissance d’un nouvel enquêteur attachant, sensible mais violent, n’hésitant pas à faire le coup de poing. Par ailleurs l’auteur nous introduit au merveilleux islandais très insolite et terre à terre.

Mon avis : 

Deuxième enquête de Konrad, personnage que je découvre car je n’ai pas lu sa première aventure, c’est un personnage bien complexe que nous offre Arnaldur Indriðason. Flic zélé, pourtant à la retraite, il va se pencher sur deux enquêtes en même temps : une enquête actuelle aux cotés de la police et une enquête classée et bâclée qui a eu lieu dans les années 1960.

C’est un roman plaisant et j’ai passé un très bon moment de lecture mais je n’ai pourtant pas eu de véritable coup de cœur. Konrad est distant, têtu et m’a parfois énervée avec certaines de ses réactions. Il est trop impulsif pour être un bon flic selon moi et ne prends pas assez de reculs.

Les enquêtes sont bien menées et elles m’ont beaucoup plu, aussi bien celle du présent qui traite d’un trafic de drogue qui a mal tourné, que celle dans le passé ou une jeune fille de 12 ans a été retrouvé morte dans un lac (accident ou meurtre ?).

J’ai aimé cette plongée dans l’Islande noire et déprimante, c’est je pense, un peu cliché de résumé un pays a cela car l’Islande est bien plus que ça, mais au fil des pages, il se détache une atmosphère particulière qui apporte beaucoup au roman.

Deuxième incursion dans l’univers de l’auteur et je dois dire que j’aime beaucoup sa plume qui me donne envie d’en découvrir davantage.