Résumé :
Personne n'a rien vu. Sauf eux.
Avec deux enfants en bas âge à la maison, Mary ne dort plus. Quant à Tim, c'est son passé traumatique qui lui fait perdre le sommeil. Par une étouffante nuit caniculaire londonienne, Mary et Tim se rencontrent dans un parc. Ils ne se connaissent pas, mais ils vont très vite nouer un lien indéfectible : ce sont les seuls témoins d'un drame. Dans la maison d'en face, à travers la fenêtre, ils ont assisté à ce qui ressemblait à une violente agression. Lorsque les journaux annoncent la disparition d'une femme, qui a été vue pour la dernière fois marchant seule dans le quartier, ils sont convaincus qu'il s'agit de la personne qu'ils ont aperçue. Mais la police ne les croit pas. Et Mary commence à douter d'elle-même... et de Tim. Peut-on se fier à un homme qui ne dort jamais ?
Mon avis :
Claire McGowan signe avec Si tu ne dors pas un thriller domestique efficace, porté avant tout par ses personnages profondément humains. J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’autrice dépeint deux trajectoires cabossées par la vie : Mary, jeune mère épuisée, submergée par son quotidien et privée de sommeil, et Tim, ancien correspondant de guerre hanté par un stress post-traumatique après un attentat en Syrie. Leur rencontre, en tant que voisins londoniens, donne lieu à une dynamique touchante et crédible.
L’enquête autour de la disparition de Samantha sert de fil conducteur solide, avec un rythme soutenu qui en fait un véritable page-turner. On tourne les pages avec facilité, porté par une écriture fluide et immersive. Cela dit, l’intrigue reste assez prévisible dans son déroulé, ce qui atténue quelque peu la tension et l’effet de surprise attendu dans ce type de roman.
Là où le livre m’a le plus convaincu, c’est dans son exploration de la fragilité mentale et émotionnelle de ses personnages. Mary et Tim sont imparfaits, fatigués, parfois perdus — et c’est précisément ce qui les rend attachants. Leur relation, faite de soutien mutuel et de compréhension silencieuse, est l’un des points forts du roman.
J’avoue néanmoins être resté un peu sur ma faim concernant leur lien : une évolution plus marquée vers une forme de romance aurait apporté une dimension supplémentaire à l’histoire. Ce choix de retenue est cohérent, mais laisse une légère frustration.

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