dimanche 6 mai 2018

Le port secret

Résumé : 

Un jeune Anglo-Espagnol, élevé à Londres, revient à Santander transformer la vieille demeure héritée de sa mère en hôtel de charme. Pendant les travaux, les ouvriers exhument de la cave le cadavre d'un bébé qui semble dater de la guerre civile, et la cohorte de questions que soulève la macabre découverte. Passionnant thriller sur les passions interdites entre maîtres et serviteurs, et les terribles secrets de familles dans une côte cantabrique sauvage et mystérieuse balayée par les vents océaniques.

Mon avis : 

J’ai posé mes valises en Espagne avec ce fabuleux roman de María Oruña. J’ai découvert la Cantabrie au fil des pages : Santander, Suances, Santillana del Mar que des noms qui me font rêver avec leurs plages, falaises et vieux villages en pierre. Bref ce roman est avant tout une invitation à découvrir une magnifique région mais pas que… 

L’enquête est, elle aussi, vraiment prenante. Oliver vient d’hériter d’une maison sur la côte espagnole. Il décide de la transformer en hôtel mais pendant les travaux, le cadavre d’un bébé est retrouvé. L’enquête commence ici et l’on va de révélations en révélations tandis que les morts se succèdent. « Un court instant, sa forteresse intérieure a failli la trahir, mais le labyrinthe qui reliait son âme, son cerveau, son cœur brisé et sa colère lui a donné la force d’achever ce qu’elle avait entrepris. Si la scène devait être décrite par un rythme atroce ou une mélodie, les premiers accords de Carmina Burana résonneraient dans le salon, accompagnés de leur percussions, des vois des sopranos, des ténors et des barytons à la limite du cri apocalyptique. Leur chant deviendrait assourdissant du premier au dernier coup de hache alors que le sang d’Ignacio giclait sur les meubles, le fauteuil baroque et les carreaux de la fenêtre, abreuvant de sa source puissante le tapis de la bibliothèque ; il s’épanchait encore, tel un rideau de sang liquide et dense, lors que le silence inonda enfin la pièce. »

Oliver est attachant, son coté britannique et son humour m’ont beaucoup plu. Mais c’est la flic, Valentina Redondo qui reste mon personnage préférée. Je l’ai trouvé touchante par son histoire familiale, bosseuse dans son enquête, et dur d’apparence mais qui tombe doucement sous le charme de notre anglais au fil des pages. « Valentina démarra et mit en marche la radio, un réflexe qu'elle avait chaque fois qu'elle voyageait seule. Back to black d'Amy Winehouse passait à l'antenne, et ses accents désespérés collaient parfaitement avec cette journée grise et pluvieuse. »

Enfin l’auteur nous offre tout un pan sombre de l’histoire de la guerre civile. Le récit est vraiment très documenté et j’ai appris beaucoup. « Dans les manuels d’histoire, il est écrit que la Guerre civile espagnole dura trois ans. Qu’elle éclata sur cette plage de Suances en mille fléchettes de sable, bouleversant à jamais la vie de Jana, jusqu’à prendre fin dans les premiers bourgeons d’avril 1939. N’en croyez rien ; ce n’est qu’un mensonge de plus parmi ceux qui voguent au gré des marées de nos voix et de nos silences. L’un de ces mensonges qui se cachent derrière des vérités minuscules paraphées au bas des documents officiels. Les manuels d’histoire ne sont pas toujours exacts. Ils ne reflètent pas les nuances qui font toute la profondeur de la réalité. Ils ne disent pas que ce furent des temps sordides, des heures grises qu’il fait bon oublier. »

María Oruña est donc définitivement un auteur à suivre et j’espère que ses prochains romans seront traduits en français. 

Lu dans le cadre des challenges:
-ABC policier/thriller 2018
-Les dames en noir 2018

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