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mercredi 25 mars 2026

Avant que tombe la nuit


Résumé : 
Bienvenue dans les fjords de l'ouest de l'Islande. Marsí, 14 ans, entretient une correspondance secrète avec un garçon qui vit à l'autre bout du pays, sous l'identité de sa sœur Stína, âgée de 16 ans. Le jour où ils se décident enfin à se rencontrer, Marsí est empêchée de se rendre au rendez-vous. Dans la nuit, sa sœur disparaît. Son anorak taché de sang est retrouvé à l'endroit où Marsí et son correspondant avaient prévu de se rencontrer.

Dix ans plus tard, l'affaire n'a pas été élucidée. Marsí, qui s'était réfugiée à Reykjavík, revient dans la maison familiale, perchée sur les hauteurs de la ville. Les murs de la vieille bâtisse recèlent toujours leur poids de secrets. Lorsque Marsí reçoit une lettre signée de son ancien correspondant, l'espoir et la culpabilité se ravivent - mêlés à la terreur d'être elle-même en danger.

Mais... Marsí a toujours eu du mal à distinguer ses rêves de la réalité.

Entre souvenirs brumeux, insomnie et paranoïa, la jeune femme se lance dans une quête désespérée. Comment trouver la vérité quand on ne peut pas se faire confiance soi-même ?

Mon avis : 
Une nouvelle fois, l’autrice islandaise confirme tout son talent. Avant que la nuit tombe m’a littéralement happé, du début à la toute dernière ligne. Rien à voir avec la série Elma, même si l’on retrouve ce même sens du suspense nordique et cette atmosphère glacée si particulière — ici, le ton se fait plus intimiste, presque mélancolique, mais la tension reste constante.


L’intrigue est finement construite, rythmée par des rebondissements qui tiennent en haleine jusqu’à la fin. J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’autrice installe une angoisse douce, diffuse, puis accélère soudain, sans qu’on voie venir la chute. Les personnages, comme toujours chez elle, sont nuancés, humains, tiraillés entre silence et vérité.


Un vrai roman de nuit blanche : à chaque page, on se dit “encore une” jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à tourner. Après Elma, ce livre confirme qu’elle fait partie de ces voix islandaises qu’on suit les yeux fermés : une valeur sûre, à la fois dépaysante et captivante.

mercredi 11 février 2026

Froid comme l'enfer


Résumé : 
Aurora vit en Angleterre et sa sœur Isafold en Islande, elles sont très différentes et ont des relations compliquées.
Isafold disparaît et leur mère, ne faisant pas la différence entre enquêtrice financière et enquêtrice policière, supplie Aurora d’aller chercher sa sœur. Aurora ne peut pas s’empêcher de pratiquer ce qu’elle fait de mieux, démasquer les fraudeurs et les faire payer. Elle va donc profiter de ce voyage pour examiner de près certains investissements financiers douteux, et analyser la corruption islandaise tout en testant ses capacités de séduction sur deux hommes.
Elle découvrira surtout la violence domestique à laquelle était soumise Isafold et qu’elle niait farouchement subir ; au cours des témoignages qu’elle reçoit, elle voit évoluer les nuances de ses sentiments pour sa sœur. En même temps, des personnages inquiétants émergent peu à peu.
Nous suivons son enquête au fil des détails qu’elle nous donne sur les façons de vivre et de se parler, et par ce travail de dentelière elle nous fait entrer dans un monde plus complexe que ce dont il a l’air.

Mon avis : 
Froid comme l’enfer de Lilja Sigurdardóttir m’a plongé immédiatement dans cette ambiance glaciale si particuliere des polars islandais, où la nature participe à l’intrigue autant que les personnages eux-mêmes. 

Ce que j’ai le plus aimé, c’est la relation compliquée entre Aurora et sa sœur Isafold : des liens faits d’amour, de reproches et de blessures non cicatrisées. Ces passages sont écrits avec une justesse étonnante, presque douloureuse, et donnent au livre une vraie profondeur.

L’enquête sur la disparition d'Isafold m’a captivé du début à la fin. L’autrice réussit à mêler tension et sensibilité. En revanche, la partie financière m’a un peu moins parlé : elle apporte du réalisme et une dimension politique à l’histoire, mais j’y ai trouvé moins d’émotion.

La fin, elle, m’a laissé un petit goût d’inachevé. J’aurais aimé une conclusion plus marquante, quelque chose qui referme ce premier tome sans tout suspendre. Pourtant, malgré cette légère frustration, j’ai terminé le livre avec l’envie immédiate de lire la suite. J’espère vraiment que le deuxième tome laissera plus de place à la relation entre Aurora et Daniel — leur complicité naissante est l’un des fils les plus prometteurs du récit.

mardi 9 septembre 2025

Un calme blanc / The mysterious case of the missing crime writer


Résumé : 
Un soir d’hiver, Elín S. Jónsdóttir, la romancière de polars la plus célèbre d’Islande, disparaît sans laisser de trace. Elle menait pourtant une vie paisible, en apparence du moins. Or voilà plus d’une semaine que personne ne l’a vue. Aucun signe de lutte. Aucun indice. S’agit-il d’un départ volontaire ou d’un crime soigneusement dissimulé ?

Chargé de l’enquête, Helgi Reykdal, jeune inspecteur passionné de littérature, doit plonger dans l’univers de l’autrice pour résoudre le mystère. Ses romans, son passé, ses proches – un éditeur, un comptable, un juge à la retraite – deviennent les pièces d’un puzzle complexe. Et derrière l’image lisse de la romancière se dessine bientôt une autre histoire, plus tumultueuse.

Tandis que les médias se déchaînent, Helgi se voit rattraper par sa propre histoire, alors qu’une ancienne compagne ressurgit dans sa vie…

Mon avis : 
Quand Ragnar Jonasson sort un nouveau roman, je suis toujours au rendez-vous et je dois dire que j'ai adoré celui-ci ! D'autant qu'on retrouve Helgi déjà rencontré dans La mort en blanc mais aussi Hulda de la saga La Dame de Reykjavik, bref deux excellents flics pour le prix d'un. 

Helgi, lecteur passionné de romans policiers, se voit confier une enquête particulière : Elín S. Jónsdóttir, une célèbre romancière est, en effet, portée disparue. Mais si la vie publique de la romancière est connue du grand public, sa vie privée reste un mystère et elle cache plusieurs secrets qu'Helgi va réussir a déterrer. 

La construction du roman est parfaite, avec des chapitres courts, des rebondissements et plusieurs retournements de situations que l'on ne voit pas venir. L'enquête est bien menée et les pièce du puzzle s'emboitent parfaitement au dénouement de l'histoire. 

Mon seul bémol serait que la vie privée d'Helgi prend peut-être un peu trop de place et n'apporte pas grand chose a l'histoire. En tout cas, la fin est assez ouverte et j'espère qu'il y aura vite une suite.

samedi 7 juin 2025

Les enfants qui blessent


Résumé : 
Une maison en bois nichée dans l’une des très rares forêts d’Islande : c’est là que l’inspectrice Elma découvre le cadavre d’un homme de quarante ans, poignardé sept fois. Au-dessus de son corps, une inscription : « Lave mes crimes et mes péchés par le sang. »
Qui pouvait en vouloir à un vieux garçon, vivant seul dans ce coin reculé ? Sa mère, une femme très pieuse, qui se trouve être la voisine de l’inspectrice, le dit pourtant : « J’ai toujours su qu’il mourrait jeune. » Et l’acharnement sur le corps de la victime prouve que quelqu’un lui en voulait au-delà de tout.
Avec son compagnon Sævar, resté à la maison pour garder leur enfant venant de naître, Elma va tenter de relier cette histoire à la découverte d’un journal intime retrouvé dans le grenier de la maison où ils viennent d’emménager. Un journal qui relate les événements d’un drame survenu 25 ans plus tôt.
Autour de l’inspectrice Elma, tous semblent avoir intérêt à empêcher la vérité d’éclater au grand jour. Y compris Sævar, le père de son enfant, décidé à protéger leur bonheur, quitte à trahir la vérité.

Mon avis : 
J'ai retrouvé l'inspectrice Elma avec énormément de plaisir dans cette nouvelle enquête sur la mort du fils  de sa voisine, assassiné dans sa maison de vacances. 

Comme toujours, l'autrice croise les personnages et le passé et le présent se mélangent. Ce n'est pas toujours facile de s'y retrouver en début de roman mais a la fin, les pièces du puzzle s'emboitent toujours pour un bon dénouement. Les anciens secrets sont déterrés petit a petit pour faire la lumière sur le présent et comment les traumatismes de l'enfance vous poursuivent dans votre vie d'adulte.  J'avais deviné l'identité du meurtrier assez rapidement mais cela n'a pas gâché ma lecture, car l'enquête d'Elma est rythmé par pas mal de rebondissements. Surtout, j'ai aimé le dernier chapitre qui laisse supposer un prochain tome plus centré sur Sævar ?

J'aime découvrir l'Islande a travers les romans d'Eva Björg Aegisdóttir, la petite ville d'Akranes, le froid, le vent, ou tout le monde se connait. Et puis, au fil des romans on s'attache forcement aux personnages comme Elma, qui dans ce tome est jeune maman et que l'on suit dans sa vie personnelle et professionnelle. Vivement la suite.....




mardi 3 septembre 2024

Death at the sanatorium


Résumé : 
1983. Un ancien hôpital à Akureyri, petite ville du nord de l’Islande, autrefois sanatorium pour traiter les tuberculeux, est le théâtre d’un événement dramatique : une infirmière est retrouvée sauvagement assassinée dans son bureau, les deux doigts de sa main droite coupés. L’inspectrice Hulda et son collègue Sverrir sont chargés de l’enquête. Seules quatre autres personnes étaient présentes dans le bâtiment au moment du meurtre. Quatre suspects. Quelques jours plus tard, le médecin en chef est lui aussi retrouvé mort au pied du bâtiment. Tout porte à croire qu’il s’est suicidé. Un aveu indirect de culpabilité ?

2012. Trois décennies plus tard, le mystère reste entier. Helgi, un jeune criminologue, se penche sur l’affaire non résolue des meurtres d’Akureyri pour les besoins de sa thèse. Au même moment, il se voit proposer un poste au sein de la police de Reykjavík. Ses recherches le mènent à interroger les anciens suspects de 1983. Lorsque l’un d’entre eux est retrouvé assassiné dans son lit, Helgi décide d’accepter le poste d’enquêteur, pour résoudre enfin les meurtres inexpliqués de l’ancien sanatorium. Une enquête tortueuse qui viendra remuer de vieilles blessures, levant le voile sur de sombres réalités.

Mon avis : 
Précommandé depuis des mois, lu aussitôt après sa sortie la semaine dernière et une nouvelle fois conquise par la plume de l’auteur.

C’est une quatrième enquête qui met en scène Hulda et qui se déroule sur deux époques : les années 80 dans un vieux sanatorium au nord du pays et de nos jours ou Helgi, un flic écrivant un mémoire dans le cadre de ses études déterre ce vieux cold case.

J’ai adoré cette enquête qui est vraiment bien menée. Il y a plein d’indices disséminés au compte-goutte mais les révélations sont toujours des vraies surprises. Chaque personnage a quelque chose à se reprocher, un secret a garder et cela les rend extrêmement humain et attachant.

J’ai adoré Helgi, son amour pour la littérature policière et son secret qu’il tente de protéger. J’aimerais beaucoup le retrouver dans une autre enquête, c’est un policier zélé et plutôt original.

lundi 15 avril 2024

Les garcons qui brulent

 

Résumé : 
En Islande, rien ne brûle autant que les mensonges.

Dans une petite ville paisible non loin de Reykjavík, une maison est ravagée par les flammes. À l’intérieur ?: le cadavre d’un jeune homme de vingt ans. Cette découverte macabre se mêle à la disparition d’une jeune fille au pair quelques mois plus tôt.

Chargée d’enquêter, l’inspectrice Elma découvre bientôt que derrière les volets des maisons familiales a priori sans histoire se cachent des secrets que tous les membres de la communauté cherchent à protéger.

Mais la vérité est-elle souhaitable ?


Mon avis :
Un troisième tome, un tout petit peu moins bon que les deux précédents.

L’enquête est un peu prévisible et tourne un peu en rond. Elle m’a semblé plus longue à démarrer, le rythme est un peu plus lent. Pour autant, j’ai passé un bon moment.

Malgré cela, j’ai aimé suivre Elma et Sævar, j’ai trouvé les détails de leur vie personnelle plus intéressant que la résolution de l’énigme en elle-même. J’ai vraiment hâte de lire la suite car j’aime beaucoup le style d’Eva Björg Ægisdóttir.

mardi 9 avril 2024

Les filles qui mentent

 

Résumé : 
Une jeune mère désespérée se tient immobile dans une maternité, incapable de regarder son propre enfant qui vient de naître. C’est le début d’une relation étrange et brisée entre la mère et l’enfant, qui mènera à une tragédie redoutable.
Quinze ans plus tard, en effet, le corps d’une femme est retrouvé gisant dans un champ de lave... Cela fait sept mois que cette mère célibataire avait disparu, ne laissant qu’un simple mot d’excuses sur la table de la cuisine. Que s’est-il passé durant tout ce temps ? Le nouveau quotidien de sa fille Hekla, désormais choyée par sa famille d’accueil, ne cache-t-il pas une réalité plus sombre ? Au fur et à mesure que la liste des suspects s’allonge pour le meurtre, de nouvelles lumières sont jetées sur le passé de la mère,­ et sur l’enfance d’une fille qui n’a jamais été comme les autres… Elma, inspectrice de police dans la petite ville d’Akranes, est chargée d’enquêter.

Mon avis : 
Cette deuxième enquête d’Elma est encore meilleure que la première !

Eva Björg Ægisdóttir confirme son statut d’auteure de romans policiers avec cette deuxième enquête vraiment réussie. L'intrigue est bonne, tous les fils sont bien tissés, le suspense est omni présent du début à la fin et il y a un joli rebondissement dans l’intrigue final.

Elma est aussi plus attachante dans ce roman. On connait maintenant mieux son histoire passée et son traumatisme et j’ai été contente de la voir plus heureuse a la fin de ce livre.

L’Islande fait toujours autant rêver et j’ai aimé découvrir une autre petite ville plus éloigner de Reykjavik.

mardi 2 avril 2024

Miss Islande


Résumé :
Islande, 1963 – cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d’accomplir son destin : elle sera écrivain.
Sauf qu’à la capitale, on lui conseille de tenter sa chance à l’élection de Miss Islande au lieu de perdre son temps à noircir du papier. Entre deux petits boulots, Hekla se réfugie chez Ísey, amie d’enfance convertie en mère de famille par un amour de vacances. Ou auprès de Jón John, fils illégitime d’un soldat américain qui rêve de quitter son île pour vivre de stylisme et de l’amour d’un autre homme…
Avec la sensibilité, l’humour et la délicatesse qui lui sont si personnels, Auður Ava Ólafsdóttir interroge dans son sixième roman la relation de deux pionniers qui ne tiennent pas dans les cases, prisonniers d’un monde lilliputien et conservateur. Miss Islande est un magnifique roman sur la liberté, la création et l’accomplissement.

Mon avis : 
Miss Islande est un livre qui parle de l'incroyable beauté d'avoir un rêve : de vouloir quelque chose, d’y croire et de vivre avec ce rêve.

On voit toujours l’Islande comme un pays pionnier en matière de droits de femmes, d’égalité des sexes, un pays extrêmement progressiste. Ólafsdóttir nous raconte que tout ça est en réalité le résultat d’une longue bataille pour changer les mentalités.

Les trois personnages principaux sont étrangers à une société et à un environnement qui ne peuvent pas les comprendre et les soutenir : un garçon gay, une jeune femme qui ne veut pas devenir mère, une femme qui écrit. Je les ai trouvé tellement attachants. J’aurais voulu que le roman soit plus long pour les suivre dans leur vie. Jon John m’a beaucoup touché, comme dans beaucoup de livres qui traitent de l’homosexualité, je perçus sa solitude, cette tristesse de ne pas pouvoir aimer qui l’on veut, et de devoir vivre cacher toute sa vie.

Je ne sais pas cependant comment interpréter la fin / le dernier chapitre qui est extrêmement ouvert. Pourquoi Hekla fait ce choix ? Qu’arrive-t-il lors de ce tremblement de terre ?

J’ai en tout cas adoré les descriptions de l’Islande : sa nature sauvage, ses paysages incroyables, ses villes pleines de librairies, de cette tradition fabuleuse de s’offrir des livres pour noël. C’est vraiment un pays que je rêve de découvrir.


mardi 4 janvier 2022

Double vitrage

Résumé : 

Dans son petit appartement au centre de Reykjavík, une veuve de 78 ans contemple le monde à travers le double vitrage. Isolée et vulnérable, elle n’a pas d’autres perspectives que la solitude et la mort.
Mais un miracle se produit : un homme lui déclare sa flamme. Son existence se remplit de joie et d’espoir, tout comme de doutes et de craintes. Ont-ils le droit de s’aimer dans un monde qui tourne en dérision les dernières amours ? Trouveront-ils le courage d’aller à contre-courant des prescriptions de la société ? Et que peut encore offrir l’amour au crépuscule de la vie ?
Un roman délicat et poignant sur un sujet rarement abordé dans la littérature.

Mon avis : 

Un très court roman ou une longue nouvelle, il ne fait pas grand-chose pour faire une très belle histoire.

L’auteure aborde avec merveille la vieillesse et le temps qui passe mais surtout l'amour. Quand sommes-nous trop vieux pour tomber amoureux ? Voilà la question que pose Halldóra Thoroddsen avec Double vitrage.

Notre héroïne, une veuve de 78 ans va vivre un amour inattendu qui lui donne la légèreté des plus belles années. Mais l’amour chez les seniors reste un sujet tabou et mal vu et pas seulement en Iceland.

C’est un bel hommage à la vie, même si elle n'est pas parfaite et à l'amour de toute une vie. Jamais triste mais plutôt mélancolique, cette vieille dame regarde passer le temps par les fenêtres de son appartement avec en bruit de fond la radio allumée, le cliquetis des aiguilles à tricoter mais surtout son esprit clair regardant toujours vers l'avenir.






Extraits : 

Les amours des vieux ne sont pas les amours saines du mariage dont l’objectif est de peupler la Terre. Elles ne répondent pas non plus aux critères esthétiques, ni à la célébration des plaisirs de la chair dans l’esprit des gens, elles sont au contraire repoussantes lorsque la vieillesse transparente est impliquée. Même l’imagination devient timide à l’idée des corps secs et froissés de vieilles personnes se sautant l’une sur l’autre avec l’aide de lubrifiant. Le sexe est la seule chose qui leur vient à l’esprit, possédés comme ils le sont par cette unique vision des rapports humains. Les héritiers tremblent de nervosité. Les vieux amoureux ont parfois tendance à dépenser leur argent dans des délices futiles et à oublier leur rôle suprême dans la bataille pour la survie de leurs gènes.


L’odorat est devenu plus subjectif avec l’âge, il m’envoie constamment des parfums de ma jeunesse. J’ai probablement cessé de sentir le présent.

lundi 29 novembre 2021

Elma

 

Résumé : 

Dans la petite ville d'Akranes, une femme est retrouvée morte près du phare.

Qui pouvait en vouloir à cette mère de famille sans histoires ? L'enquête est confiée à Elma, inspectrice, de retour après vingt ans passés à Reykjavik.

Aux prises avec ses propres démons depuis une rupture douloureuse, elle se retrouve plongée dans les plus sombres secrets de cette tranquille communauté.

Mon avis : 

Elma est dans ma PAL depuis plus d’un an et je regrette de ne pas l’avoir lu avant car c’est un vrai coup de cœur.

J’ai pris la direction de la petite ville d’Akranes en Islande (rien que ça, ça me fait rêver !). Elma, une jeune flic revient dans la ville de son enfance après un drame. Quand une jeune femme est retrouvée morte, elle et ses collègues se chargent de l’enquête.

L’enquête d’abord est habillement menée, l’auteure nous entraine sur une fausse piste tandis qu’Elma suit son intuition. Et elle a entièrement raison de vouloir creser davantage. C’est une flic qui a beaucoup d’intuition.

Les personnages sont attachants et il me tarde de retrouver Elma dans la suite de ses enquêtes. Mais j’ai aussi beaucoup aimé qu’elle nous livre un peu de sa vie personnelle. Ce n’est pas juste une flic, c’est une femme blessée avant tout. Les autres policiers qui travaillent avec elle sont tous sympa, tout comme sa famille. J’ai beaucoup aimé l’ambiance petite ville ou tout le monde connait tout le monde.

L’Islande, me fait rêver, et après ce roman, j’ai encore plus envie de découvrir un jour ce pays complètement fascinant. C’est un petit pays qui n’est pas très loin de nos frontières et pourtant si différents culturellement.

Vous l’aurez compris, c’est un premier tome très prometteur et une de mes premières lectures de 2022 sera la suite, déjà parue en anglais.




vendredi 11 juin 2021

The girl who died


 Résumé : 

'TEACHER WANTED ON THE EDGE OF THE WORLD . . .'

Una knows she is struggling to deal with her father's sudden, tragic suicide. She spends her nights drinking alone in Reykjavik, stricken with thoughts that she might one day follow in his footsteps.

So when she sees an advert seeking a teacher for two girls in the tiny village of Skalar - population of ten - on the storm-battered north coast of the island, she sees it as a chance to escape.

But once she arrives, Una quickly realises nothing in city life has prepared her for this. The villagers are unfriendly. The weather is bleak. And, from the creaky attic bedroom of the old house where she's living, she's convinced she hears the ghostly sound of singing.

Una worries that she's losing her mind.

And then, just before midwinter, a young girl from the village is found dead. Now there are only nine villagers left - and Una fears that one of them has blood on their hands . . .

 

Mon avis : 

Un nouveau roman de Ragnar Jónasson, forcement je me suis précipitée dessus. Il faut dire que je l'avais précommandé plusieurs semaines avant sa sortie et je l'attendais donc avec impatience. D'autant que celui-ci ne fait pas partie d'une saga mais est un roman indépendant.  

Nous sommes en 1985 et Una répond à une petite annonce dans le journal, qui cherche une institutrice pour un petit village complètement isolé au nord-est du pays. Elle débarque donc à Skalar, ou il n'y a que 10 habitants. Très vite elle doit apprivoiser cette nouvelle vie rude et difficile, coupée du monde ou la population lui est plutôt hostile. 

J'ai vraiment adoré ce roman qui est très noir. On est loin des romans policiers à suspense, ici l'intrigue est très longue à se mettre en place et l'on aperçoit enfin un début d'intrigue après 190 pages sur 355. L’auteur prend le temps de décrire ses personnages mais surtout l'environnement, le village et ses secrets. Pourtant on ne s'ennuie pas une seule seconde et on savoure chaque page. 

Quand enfin arrive l'intrigue policière, il est difficile de cerner s'il y a réellement matière à enquêter ou si Una a sombré dans la folie du a son isolement. On doute de plus en plus et il devient difficile de deviner le vrai du faux. Encore une fois, Ragnar Jónasson nous entraine sur des fausses pistes et ce n'est que dans les dernières pages que tout s'éclaire enfin. 

J'ai vraiment adoré l'intrigue, le dépaysement au cœur de cette Islande sauvage et de ses habitants solitaires et secrets. J'ai dévoré ce nouveau roman et il me tarde d'être à l'année prochaine pour découvrir un nouveau roman de l'auteur. Mon édition de ce roman contient le premier chapitre du prochain roman de l'auteur qui paraitra en anglais en 2022. Quelle torture de devoir attendre une nouvelle année. 

 


 

Extraits : 

'You're not very receptive to that sort of thing, are you?' Una said. 'The down-to-earth type, I take it?'
His answer was a while in coming and, when it did, his manner was unusually grave. 'The thing is, as I've learned from bitter experience, the world is difficult, dangerous and unfair enough without needing to believe in ghosts and monsters.'
Una nodded again. This was a truth she knew only too well.  



'[...] But I've read a thing or two as well.'
'You're always reading.'
He laughed. 'It is ironic, really, because I never used to read anything. Reading makes you a better person.'
'As a teacher, I can hardly contradict you there,' 

 

'It's so nice of you to come round and see us'. Gudrún beamed at Una, then poured her coffee. The cup was genuine Danish seagull china, of the kind Una hadn't seen for donkey's years. An elderly aunt of hers in Reykjavík used to have a set. Come to think of it, Gudrún's sitting room might have been cut out of a magazine from twenty years ago.  



It was an unusually fine August day, mild with not a breath of wind stirring the leaves, and even the odd glimpse of sun.
Una tended to find August rather depressing. It marked the end of the brief Icelandic summer, the point at which the first proper darkness began to creep back after weeks of light nights, but this year she felt different.

samedi 5 décembre 2020

L'incendiaire

 

Résumé : 

Sur les hauteurs de la petite ville islandaise de Seydisfjördur, un incendie a ravagé la maison d'un capitaine de chalutier, alors que celui-ci passait des vacances en Espagne avec sa famille. Un an plus tôt, la maison du pasteur avait elle aussi brûlé. Pour Smari Josepsson, brigadier-chef en charge de l'enquête, l'intention criminelle ne fait aucun doute.

Mon avis : 

Il n’y a pas à dire les polars venant du Nord sont quand même les meilleurs. L’incendiaire en est encore la preuve et je me suis régalée. J‘ai pu par la même occasion découvrir Jon Hallur Stefansson, un auteur que je lirai à nouveau car il a su me transporter en Islande le temps d’une enquête.

Valdemar est envoyé dans un petit village ou un pyromane fait des siennes. Il va devoir mener une enquête difficile au cœur de ce petit village ou tout le monde se connait.

L’investigation est passionnante et bien construite, l’auteur nous apporte les éléments par petites touches, nous entraine sur de fausses pistes et le suspense est présent du début à la fin. Fin que je n’avais pas vu venir du tout.

Tous les personnages sont intéressants et l’auteur nous dresse une belle galerie mais c’est Valdemar qui a retenu mon attention. C’est apparemment sa seconde enquête, puisqu’il apparait déjà dans « Brouillage » que je n’ai pas lu. Mais c’est quelqu’un d’attachant, de mystérieux, qui ne se livre pas beaucoup mais un flic extrêmement zélé. Bref, le policier parfait à mes yeux. Du coup, je lirai très vite sa première enquête et j’espère en apprendre un peu plus sur lui.

Ce roman nous offre aussi un voyage fascinant au cœur d’un village islandais ou tout le monde se connait. Il nous montre la vie là-bas en plein hiver ou le village est recouvert de neige et balayé de vents froids. Tout tourne essentiellement autour de l’église, et certains trouvent du réconfort en l’alcool. C’est une vision un peu sombre de ce village ou l’ennui, le repli sur soi, le manque d’activité et les jeunes en manque de sensations fortes font partie du quotidien. J’ai adoré toutes ses descriptions et je m’y suis vue parfois. Je ne peux que vous recommander ce livre, vous ne serez pas déçus.


Citation préférée : 

"Les incendies étaient les pires des affaires sur lesquelles enquêter. Les lieux étaient toujours partiellement voire complètement détruits quand ils n’avaient pas tout bonnement disparu. Les indices étaient masqués par ceux laissés par l’intervention des pompiers et n’avaient, par conséquent, aucune utilité. En outre, il était rarement possible d’établir un rapport entre l’auteur et les victimes. Du reste, nombre d’incendies criminels n’étaient jamais élucidés.
Ce que les enquêteurs avaient en main se résumait à quelques connaissances de base à propos des pyromanes. La plupart d’entre eux
étaient des adolescents confrontés à des problèmes d’ordre psychologique
ou social. Nombre d’entre eux avaient, dans le passé, tué ou torturé des animaux, des bestioles plus ou moins grosses. Valdimar avait entendu un enquêteur étranger affirmer que si des chats se mettaient à disparaître quelque part ou qu’on les retrouvait brûlés, il fallait s’attendre à ce qu’un pyromane adulte se manifeste prochainement. À l’époque, il avait essayé de poser des questions sur ce thème aux gens de Seyðisfjörður, mais cela ne l’avait conduit nulle part."