dimanche 12 août 2018

Le cri

Résumé :

Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…
Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?
Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.
Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…
Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !

Mon avis : 

« Qu’est-ce que tu fais pour les vacances ? » ♪♬
Eh bien quand certains partent siroter des mojitos, au bord de la piscine à profiter du soleil, moi je pars me geler les miches en Norvège ! Chacun son truc n’est-ce pas ?
Au côté de Sarah Geringën, une inspectrice plutôt névrosée, j’ai enquêté sur la mort suspecte d’un patient d’un hôpital psychiatrique. Dans les couloirs oppressants de l’établissement, on découvre une succession de secrets enfouis qu’il n’est pas bon de déterrer.

Premier roman de Nicolas Beuglet que je lis et j’ai été captivé par ce roman prenant et haletant. Tel un film d’action au scénario bourré de cascades, on enchaine les rebondissements à la vitesse de la lumière. Les thèmes de la folie humaine et la peur sont très bien exploités et nous pousse à nous poser des questions. Mon seul regret c’est que c’est trop : trop d’actions, trop d’investigations, trop de secrets… Pour ma part, je n’ai pas réussi à trouver ce scenario crédible.

Coté personnage, le duo Sarah et Christopher fonctionne bien. Ils sont courageux et attachants et se sont finalement bien trouvés. Mis à part le problème de l’intrigue, je dirais que c’est un roman qui m’a plu, qui est efficace et plein de suspense. Une fois commencé, impossible de le lâcher !
 

samedi 11 août 2018

SWAP Histoire... - 2e édition

SWAP Histoire, préhistoire à seconde guerre





Inscrite il y a quelques temps au swap Histoire organisé sur livraddict par lecturedunebretonne ma swappée Grizelda devait me concocter un colis autour de la guerre civile espagnole. Et elle m'a énormément gâtée et a visé juste. Je vous laisse découvrir par vous-même : 

Beaucoup de paquets à déballer et la terrible question : par lequel commencer ?


- Coté Livres, Grizelda a choisi deux livres de ma wishlist : 
=> Dans la grande nuit des temps d'Antonio Muñoz Molina, un livre que j'avais repéré il y a quelques années lors de sa sortie. Un beau bébé de plus de 1000 pages que j'ai prévu de lire à la rentrée.
=> Le crayon du charpentier de Manuel Rivas, un auteur que j'avais découvert avec un recueil de nouvelles. Je suis donc curieuse de le retrouver.
- Adorant cuisiner, j'ai également été gaté avec un livre de recettes pour faire des tapas. J'ai déja reperé quelques bonnes recettes que j'ai hate de tester.
- Un magnifique marque page qui represente une danseuse de flamenco
- Un sac en tissu avec un tableau de Dali
- Et deux gourmandises qui n'ont pas fait long feu




Un grand merci à Grizelda (qui ne devrait pas tarder à recevoir son colis) et à lecturedunebretonne pour l'organisation du swap.

Donna Mimma et autres nouvelles

Résumé : 

En Sicile, Donna Mimma est aussi connue que la sorcière Befana ! Depuis trente-cinq ans, elle pratique l'art des accoucheuses et raconte aux enfants qu'elle a vu naître comment elle est allée les acheter loin, très loin, à Palerme. Mais une jeune pimbêche fraîchement diplômée débarque du continent et l'évince. Pour continuer d'exercer, Donna Mimma doit réapprendre son métier à l'université ! Le chevalier Piccarone a perdu sa femme il y a peu. Pour l'enterrement de sa bien-aimée, il n'a pas regardé à la dépense... Cependant, il s'interroge : à quoi sert un beau cercueil une fois la cérémonie passée ? Convaincu de sa mort prochaine, l'homme déloge la défunte et fait mettre la boîte de côté ! Entre réalisme et théâtralité, et sur fond de folklore sicilien, le recueil réunit cinq nouvelles tour à tour drôles, insolites et cruelles.
 

Mon avis : 

Donna Mimma et autres nouvelles est un recueil de cinq courtes nouvelles toutes plus passionnantes les unes que les autres. Toutes écrites entre 1900 et 1917, on y découvre la plume de Pirandello qui n’a pas pris une ride, son humour, ses intrigues.

Le recueil s’ouvre sur Donna Mimma, la nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage. Donna Mimma arrive presque à la soixantaine et a toujours été la seule sage-femme du village. Depuis près de 35 ans, elle met au monde les bébés et s’est forgé une bonne réputation. Mais voilà qu’arrive une jeune femme tout juste diplômée qui vient lui prendre sa place et que l’on interdit à Donna Mimma l’exercice de ses fonction. Mais elle n’a pas dit son dernier mot. C’est drôle, plein de quiproquo et cette Donna Mimma est un sacré personnage ! « Son cœur saigne. Elle est seule depuis trente-cinq ans à remplir cet office au pays. Ou pour mieux dire, elle était seule jusqu’à hier.
Voici maintenant qu'est arrivée du Continent une pimbêche de vingt ans, une Piémontaise, jupe courte jaune, jaquette verte, les mains dans les poches comme un gars, sœur encore célibataire d'un employé de la douane, Diplômée de l’université royale de Turin. De quoi faire le signe de croix des deux mains, grand Dieu !
 »

Ensuite vient Cédrats de Sicile, ou l’on rencontre un jeune homme qui sauve une femme de la misère. Il va dépenser tout son argent pour lui payer des cours de chants voyant en elle une future grande cantatrice. Pour cela, il doit se séparer d’elle et l’envoyer en ville mais quelques années plus tard quand il l’a retrouvé prêt à l’épouser la jeune femme à beaucoup changé. C’est une nouvelle que j’ai beaucoup aimé car le personnage masculin de Micuccio m’a beaucoup touché. En bonus à la fin du recueil, on y retrouve cette intrigue mais sous sa forme d’origine : une courte pièce de théâtre.
« Micuccio tendit la main vers la bouteille, mais la porte de la salle venait de se rouvrir : le froufrou de la soie, quelques pas rapides, un éblouissement comme si le réduit s’était soudain violemment illuminé pour l'aveugler.
«Teresina...»
Sa voix mourut sur ses lèvres. A quelle reine !
Le visage en feu, les yeux écarquillés, bouche bée, il resta à la contempler, stupéfait. Mais comment, elle... ainsi? La gorge et les épaules nues, les bras nus... tout étincelante de bijoux et d’étoffes précieuses. Impossible d'arriver à la voir comme un être vivant et réel. Que lui disait-elle ? La voix, les yeux, le rire, cette apparition de rêve ne lui restituait rien d'elle. 
»

Le cercueil en réserve, ou l’histoire d’un homme fortuné mais très radin. Cette nouvelle est vraiment très drôle et vous aurez un énorme sourire du début à la fin. On y retrouve aussi des quiproquos et des retournements de situations proches du théâtre.
«Hum, hum... L'Italie... Il parait qu'on a fait l'Italie ! Belle merveille, hum, l'Italie ! Des ponts, des routes... hum... l'éclairage public... l'armée, la marine nationale, hum, hum... l'instruction obligatoire. Et si j'entends rester un âne? Eh bien, non m'sieur ! Obligatoire, l'instruction... Autrement dit les impôts ! Et qui est-ce qui casque : Piccarone. »
A vrai dire, il ne payait rien ou presque rien à force d'arguties chicaneuses qui fatiguaient, exaspéraient la patience la plus exercée. Il concluait toujours ainsi :
«En quoi tout cela me concerne-t-il? Les chemins de fer? Je ne voyage pas. L'éclairage? Je ne sors pas le soir. Je ne demande rien, moi, merci bien, je n'ai vraiment besoin de rien. Juste un peu d'air pour respirer. Cet air oui, c'est peut-être vous qui l'avez fait ? Je devrais le payer? L'air qu'on respire, ça se paye aussi?
»

Certaines obligations est l’histoire d’un homme, allumeur de lampadaire qui passe son temps à se faire insulter. En effet, la population lui répète sans cesse qu’il est cocu. Un jour, il explose et rentre chez lui, prêt à tuer sa femme. Je ne vous en dis pas plus mais le twist final vaut le détour !

Enfin Le bouton du balandran, c’est la nouvelle qui est un peu en dessous des autres, celle qui n’a pas éveillé ma curiosité. Dommage mais il faut dire qu’après les quatre nouvelles précédentes, la barre était très haute.

Bref, je ne peux que vous recommander ce recueil, d’autant que mon édition ne couter que 3,70€. C’est une belle découverte et j’espère vite découvrir d’autres écrits de l’auteur.

mardi 10 juillet 2018

Little infamies / Histoires infâmes

Résumé : 

Au bout d’une route battue par les vents, quelque part en Grèce, il y a "un village tellement pauvre qu’il n’a même pas de nom." Sur la place aux pavés défoncés, vous croiserez sans doute Nectario, le coiffeur, dont le rêve le plus cher est de devenir dompteur d‘animaux ; le docteur Panteleon qui, à la place du diplôme de médecine qu’il n’a jamais obtenu, a accroché au mur de son cabinet un certificat de pêche, puisque personne n’est en mesure de faire la différence ; le pope, soucieux de ses fidèles fort peu fervents ; un visiteur aux cheveux gominés flanqués d’un orgue de barbarie ; ou encore un homme squelettique en costume de deuil élimé, arpentant les rues, le regard fou, une carabine à l’épaule. La pétarade d’un moteur attirera votre attention. Ce pourrait être le car, véhicule antédiluvien dont on vient de prolonger l’itinéraire jusqu’au village, ou bien l’oiselière dans son camion déglingué, ou encore le cirque ambulant avec sa femme tatouée et son véritable centaure.Installez vous au café, tenu par un géant au coeur tendre, et laissez ces hommes et ces femmes vous raconter les histoires du village. Ils vous parleront du tremblement de terre, de la visite de l’évêque, de la fête célébrant la fin des moissons. Mais au-delà des petits secrets et menus larcins, attendez-vous au pire…Avec chacune de ces Histoires infâmes, Panos Karnezis nous plonge dans un univers où se mêlent la farce et la noirceur, le grotesque et le sordide, le mystique et le réel. Comme dans les Diaboliques de Barbey D’Aurevilly, les personnages qui peuplent ce lieu sans nom semblent habités par une force presque satanique, la même qui déchaîne la nature hostile autour d’eux. Mais ce village qui ne compte plus assez d’âmes pour figurer sur les cartes officielles a-t-il jamais existé ?

Mon avis :

Envie d’un moment d’évasion en Grèce ? Histoires infâmes est fait pour vous.

Nous atterrissons dans un village reculé et isolé et suivons ses habitants aux fils de nouvelles. Les personnages et les situations loufoques vous feront forcement rire notamment le curé du village ou encore le docteur. Autant vous dire que vous allez rencontrer une belle brochette de personnages hauts en couleurs.

Certaines nouvelles sont courtes et ne font que quelques pages, d’autres sont beaucoup plus longues mais toute se savoure. Elles sont indépendantes les unes des autres même si on retrouve régulièrement certains personnages. J’ai donc picoré et lu ces nouvelles au gré de mes envies.

J’ai quand même un petit bémol concernant l’écriture et le style de l’auteur. J’ai lu ce roman en anglais, je ne sais donc pas ce que vaut la traduction française mais j’ai trouvé l’anglais assez complexe, avec des longues phrases et un style un peu ampoulé. Malgré tout c’est une très belle découverte et une chouette première rencontre avec l’auteur.

Lu dans le cadre des challenges : 
- Read in English
- Le temps à l'envers (2017/1900)