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mercredi 13 mai 2026

Mater Dolorosa

Résumé : 
Automne 2022. Après la saison touristique, Split se dirige lentement vers l’hibernation d’après-saison.
Ines est une jeune femme qui travaille à la réception d’un hôtel. Sa mère, Katja, est femme de ménage et s’occupe de la maison, d’Ines et de son jeune frère, Mario.
Zvone est un policier prometteur qui reçoit un appel du travail : un corps a été retrouvé dans une usine désaffectée à proximité de la ville. Il s’agit du corps d’une jeune fille de 17 ans, Viktorija, fille d’un éminent médecin.
Le meurtre de la jeune fille bouleversera à jamais le destin des trois personnages principaux….

Que sommes-nous prêts à sacrifier pour protéger ceux que nous aimons, et quelles en seront les conséquences inévitables ?
 
Mon avis : 
Mater dolorosa est un roman que j'ai adoré (comme tous ceux de l'auteur que j'ai pu lire avant). 

Ce qui m’a frappé, c’est la description de cette Croatie encore habitée par la guerre, presque malgré elle. On sent que tout est là, sous la surface — dans les silences, dans les non-dits, dans les trajectoires des personnages. Et puis il y a ce tourisme de masse, omniprésent, qui donne l’illusion d’un pays tourné vers l’avenir, alors qu’il semble parfois écraser ce qu’il reste d’authentique. 

Mais ce qui m’a vraiment accroché, c’est Inès. Je me suis beaucoup attaché à elle. Sa manière d’avancer, de faire face à tout — ses responsabilités, ses doutes, ses contradictions — m’a semblé profondément humaine. Elle ne prend pas toujours les bonnes décisions, mais justement, c’est ce qui la rend si vraie. On sent le poids de ses choix, le tiraillement constant entre ce qu’elle voudrait être et ce que la réalité lui impose. 

À l’inverse, Katja m’a laissé plus perplexe. J’ai eu du mal à la comprendre, et parfois même à accepter ses choix. Peut-être parce que, en tant que parent, certaines décisions résonnent différemment — on projette forcément ses propres limites, ses propres peurs. Là où j’arrivais à suivre Inès dans ses hésitations, Katja m’a semblé presque étrangère. J'en oublierai presque de mentionner Zvone, le flic qui pousse l'enquête quand ses collègues veulent juste une arrestation quitte a maquiller un peu les preuves. Lui aussi subit le passé de son pays et essaie tant bien que mal d'avancer.


lundi 20 janvier 2025

Le collectionneur de serpents


Résumé : 
Un portrait saisissant de la Croatie et de la Dalmatie contemporaine en 5 actes.
On découvre à travers ces cinq nouvelles finement ciselées la Croatie d’avant la Guerre de Yougoslavie, mais surtout celle d’après : l’impact qu’elle a eu sur la société ainsi que sur les familles : des frères et des sœurs séparés, des héros de guerre ayant fait de mauvais choix, les deuils, la violence et l’émergence de la corruption…
Mais même face à ces sombres tableaux subsisteront l’amour, l’espoir et la fraternité comme autant de facteurs rédempteurs pour continuer à vivre et survivre.
Jurica Pavicic confirme ici son talent d’écrivain méditerranéen à la fois sombre et lumineux. Il parvient à raconter brillamment une Croatie solaire à travers le destin des gens ordinaires.

Mon avis : 
Après ''L'eau rouge'' et ''La femme du deuxième étage'', je continue d'explorer les livres de Jurica Pavičić et je suis une nouvelle fois conquise. 

Ici, il s'agit d'un recueil de cinq nouvelles dont le point commun est l'impact de la guerre de Yougoslavie. On découvre l'innocence de l'enfance brisée par la guerre, des familles séparées, la corruption et les trafics mais surtout la vie au quotidien merveilleusement bien décrites par l'auteur. 

Toutes les nouvelles sont belles, la dernière est sans doute celle que j'ai le moins aimé, je l'ai trouvé plus lente que les autres. Parr contre, la nouvelle ''Le collectionneur de serpents'' qui donne son nom au recueil est extrêmement émouvante et on en ressort vraiment secoué.  

mardi 24 septembre 2024

L'eau rouge


Résumé : 
Croatie, 1989. Dans un bourg de la côte dalmate, Silva, 17 ans, disparaît durant la fête des pêcheurs.
L'enquête menée par Gorki Sain fait émerger un portrait complexe de cette jeune fille qui prenait et revendait de la drogue.
Quand le régime de Tito s'effondre, l'inspecteur est poussé à la démission et l'affaire classée. Seule la famille de Silva poursuit obstinément les recherches.
À travers ce drame intime et la quête de la vérité par la famille, L’Eau rouge déploie dans une grande fresque les bouleversements de la société croate : chute du communisme, guerre de 1991 à 1995, effondrement de l’économie et de l’industrie, statut des vétérans de guerre, explosion de l’industrie touristique et spéculation foncière, investissements étrangers et corruption…
Ou comment les traumatismes de l’Histoire forgent les destins individuels.

Mon avis : 
L’eau rouge débute en 1989 à Misto, une petite ville fictive près de Split. La famille Vela – père, mère, fils et fille – dîne, puis une fête est organisée dans le village. Le lendemain matin, Silva Vela, dix-sept ans, a disparu. Ses parents, son frère et la police la recherche sans savoir que les recherches dureront 27 ans. En effet, cette disparition n'aurait pas pu arriver à un pire moment : le pays est en pleine transition, les troubles politiques commencent, la guerre se profile à l'horizon. Avec tout ce qui se passe, la disparition de la jeune fille finit par tomber dans l'oubli. D’autant que chaque piste se termine par une impasse et que certains éléments indiquent que Silva n'a pas disparu, mais qu'elle s'est peut-être volontairement enfuie de chez elle.

C’est un récit passionnant, une chronique vivante sur les changements et la guerre qui a conduit à l’éclatement de la Yougoslavie. Le roman s’étend de 1989 à 2016 est l’on entrevoit le déclin des usines, la guerre, l'essor du tourisme et l'émergence d'appartements et d’hôtels qui changent complètement l'apparence des petites villes dans toute la Dalmatie. Pour avoir visiter le sud de la Croatie, la Bosnie et le Monténégro, l’année dernière, j’ai adoré retrouver certains endroits dans ce roman et surtout je comprends mieux que certains endroits portent toujours les marques de cette guerre.

C’est un roman qui est différent des romans policiers classiques, on est plus sur un roman social qui montre comment la disparition de Silva a eu un impact sur ses parents, son frère et sur leur vie de famille. Les dernières pages font des révélations que l’on n’attendait pas. J’ai aimé cette fin même si je l’espérais plus positive.

mercredi 13 septembre 2023

La femme du deuxième étage

 

Résumé : 
C’est l’histoire de Bruna, qui tombe amoureuse de Frane, un beau marin. Ils se marient et emménagent au deuxième étage de la maison familiale. Au premier vit la redoutable Anka, la mère de Frane. Trois ans plus tard, Bruna est à la prison de Požega, où elle purge une longue peine pour le meurtre de sa belle-mère...

La Femme du deuxième étage est l’anatomie d’une tragédie dans laquelle des gens ordinaires deviennent acteurs de la rubrique faits divers. À la recherche des ressorts du drame, l’écrivain s’enfonce dans la peau de son héroïne et explore les circonstances qui ont conduit au meurtre. Excellent chroniqueur et critique de la réalité sociale, Pavi?i? traite des mutations d’une société en transition et de leur impact sur le microcosme d’une famille, sur fond d’images idylliques de la Méditerranée.

Mon avis : 
Je pars en Croatie la semaine prochaine alors j’ai eu envie de découvrir un auteur Croate sans trop savoir à quoi m’attendre, j’ai choisi ce livre. Et c’est une très belle découverte.

Bruna rencontre Frane, ils s’aiment, il est marin et ils finissent par se marier. Ils s’installent dans la même maison qu’Anka, la mère de Frane. Elle vit au premier tandis que le couple, est au deuxième étage. Très vite, le quotidien devient difficile avec Anka. Quelques années plus tard, Bruna est en prison. Pourquoi ? On va le découvrir aux fils des pages.

J’ai beaucoup aimé le récit, assez lent, au départ, mais passionnant. L’auteur prend le temps de nous dévoiler toutes les raisons qui a débouchés sur ce drame domestique.

J’ai bien aimé Frane, le marin qui part régulièrement en mer mais qui revient toujours amoureux. Malgré, tout je l’ai trouvé un peu lâche de ne jamais vraiment prendre parti entre sa mère et sa femme. Mais je suppose que beaucoup d’hommes sont comme cela. Bruna m’a fait de la peine, j’ai été touché par cette relation qui petit a petit s’est transformé en prison. Elle m’a fait de la peine. Je n’ai pas toujours compris ses propres choix. Pourquoi avoir subi ? Pourquoi être restée ? Pourquoi ne pas s’être confiée ? C’est un personnage très complexe pour qu’on l’aime mais on éprouve forcément énormément d’apathie.

L’intrigue est bien construite, et même si le thème du roman a déjà été exploité par d’autres, je ne me suis pas ennuyée une seconde. J’ai aimé le dépaysement, la découverte de la Croatie, de l’histoire difficile du pays. J’ai aimé le style, la mélancolie que dégage ce récit et il me tarde de lire L’eau rouge.


dimanche 8 juillet 2018

Le huitième envoyé

Résumé :

En tant que commissaire du gouvernement croate, un homme est envoyé sur une île isolée de la mer Adriatique en vue d'organiser des élections locales. Avant lui, sept autres personnes ont échoué dans cette mission. Il découvre ainsi les coutumes et traditions pour le moins farfelues des habitants. Roman lauréat de cinq prix littéraires en Croatie.
 

Mon avis :

J’ai posé mes valises en Croatie le temps de cette lecture et j’y ai rencontré des personnages pour le moins atypiques. Siniša doit se faire oublier : il avait un avenir prometteur en politique mais le camp adverse l’a piégé et son parti l’envoi en exil sur une île très lointaine : « - Tu as déjà entendu parler de Terzola ?
Siniša s’était certes attend à un tournant, mais pas aussi radical.
- Terzola ? Vous voulez dire, l’île ?
- L’île, l’île
- Qu’est-ce que j’en sais… Juste dans les mots croisés. Numéro douze horizontalement, en six lettres « Notre île habitée la plus lointaine. » C’est tout
.»
Sa mission est de réussir à organiser des élections locales sur cette terre reculée mais la mission s’annonce on ne peut plus périlleuse. Il est le huitième envoyé et ses sept prédécesseurs ont échoué, la population locale parle un dialecte incompréhensible et puis il n’y a absolument rien sur cette île (pas de réseaux, pas d’internet, pas d’électricité…).

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, tout d’abord à cause du dialecte car est difficilement compréhensible a moins de lire certains passages à haute voix. Chapeau bas a la traductrice pour qui cela n’a pas du être facile. Ensuite à cause du langage parfois un peu cru de notre personnage. Mais très vite, passé ces deux barrières, je me suis prise au jeu et j’ai vraiment aimé cette lecture qui sort de l’ordinaire. Tonino fils m’a beaucoup plu, c’est un personnage sacrement drôle et tellement attachant. Dommage que la fin du roman ne soit pas plus favorable pour lui. 

Lu dans le cadre du challenge :
- Le tour du monde littéraire