dimanche 22 février 2026
La mort de Vivek Oji
Résumé :
Le lendemain d'une grande émeute au marché, la mère de Vivek Oji découvre le corps de son fils allongé sur leur véranda, sans vie. Une simple toile imprimée d'hibiscus rouges recouvre son corps nu.
Comment un destin si tragique a-t-il pu frapper ce jeune homme de vingt ans, promis à un bel avenir ? La mère se met alors à explorer le passé à l'affût de bribes de réponses, de signes. Vivek était certes né avec une étrange tache près de la cheville. Puis il s'était curieusement laissé pousser les cheveux, de plus en plus long, malgré le courroux de son père.
Parfois, il semblait aussi planer, ailleurs. En filigrane, son cousin prend également la parole pour nous dévoiler la part secrète de Vivek, son plaisir caché de se vêtir en femme, son attirance pour les hommes... Au fil de la lecture se compose ainsi le portrait complexe et bouleversant d'un être né dans une société nigériane et dans une famille qui ne l'acceptent pas tel qu'il voudrait être au grand jour.
D'une plume lumineuse et sensuelle, Akwaeke Emezi signe un deuxième roman d'une splendeur troublante, au style aussi doux que fiévreux. La mort de Vivek Oji mêle puissamment les questions d'identité, de genre, de tolérance et d'innocence. Mais c'est avant tout le roman bouleversant et universel d'une jeunesse injustement brisée en plein vol.
Mon avis : Akwaeke Emezi s'attaque a un sujet difficile : l'homosexualité et la transexualité au Nigéria, pays encore tres conservateur, je pense notamment a cette scene terrible de passage à tabac religieux, où l’on prétend frapper un « démon » plutôt que la personne, révélant la cruauté derrière le discours de protection de l'Eglise.
Pour autant, on ne tombe jamais dans le melodramatique, au contraire le texte met en scène la joie, la sensualité et la créativité d’une jeunesse qui invente ses propres codes pour survivre.
J'ai beaucoup aimé la narration où s’entrelacent les voix de la mère, du père, d’Osita, des amis et parfois de Vivek lui‑même : chacun ne détient qu’un morceau de l’histoire, un fragment de la personne perdue. Mais Le roman se présente aussi comme une enquête autour d’un corps déposé sur un perron, nu, enveloppé dans un tissu, et d’une question : que s’est‑il vraiment passé pour que Vivek meure ainsi ?
samedi 18 octobre 2025
Comme une mule qui apporte une glace au soleil
Mon avis :
Un très beau roman sur le temps qui passe.
samedi 11 janvier 2025
Bitter Honey
Résumé :
Mon avis :
Tout d'abord merci Netgalley et la maison d'éditions Heus of Zeus pour m'avoir permis de lire ce super roman avant sa publication en Mai. Apres la lecture de ce roman, je devrais plutôt dire : Tusen Tack !
On fait la connaissance de Tina, une jeune chanteuse a l'avenir prometteur. En parallèle, on découvre sa mère Nancy, une jeune femme originaire de Gambie, venue en Suède pour finir ses études. Les deux femmes sont très différentes mais elles vont toutes les deux tomber amoureuse d'hommes qui vont les faire souffrir. Des les premiers chapitres, on a envie de découvrir leur destin et secrets et c'est avec plaisir qu'on les suit sur plusieurs décennies.
J'ai adoré cette lecture : le style de l'auteure est vraiment prenant, les chapitres sont courts, la double temporalité amène du suspense et les personnages sont attachants. J'ai beaucoup aimé les phrases dans les différentes langues qui apportent un peu de dépaysement : le suédois mais aussi dans des langues que j'ai découvert au fils de ma lecture comme le Wolof ou le Mandinka.
Les personnages sont terriblement attachants, j'ai trouvé Nancy, incroyablement moderne et courageuse. J'ai aimé découvrir son parcours avant de devenir mère.
mardi 6 février 2024
Ma soeur, serial killeuse
Résumé :
Mon avis :
jeudi 27 juillet 2023
Sous les branches de l'Udala
Résumé :
Mon avis :
J’ai été très triste pour Ijeoma, qui pendant les trois quarts du roman, se sent en fait seule, écrasée par la culpabilité et la pression de sa mère et de la société. Le résultat : un mariage malheureux et étouffant, que l'auteure décrit avec des coups de pinceau efficaces et violents.
Même si la fin apporte une petite note positive pour l’héroïne, l’homosexualité est toujours sévèrement punie au Nigeria.
samedi 7 novembre 2020
Reste avec moi
Résumé :
Yejide espère un miracle. Un enfant. C'est ce que son mari attend, ce que sa belle famille attend, et elle a tout essayé. Mais quand une délégation familiale se présente à sa porte escortant une jeune femme, son univers vacille. Accepter une seconde épouse, c'est au-dessus de ses forces.
Mon avis :
Reste avec moi est un vrai coup de cœur et surtout le roman qui m’a redonné l’envie de lire après 6 mois sans lecture. Ce roman m’a beaucoup touché et je me suis vraiment attaché à nos deux protagonistes. J’ai écouté la version audio lue par Mélissa Windal et Frédéric Lubansu, et je dois dire que ces deux donneurs de voix ont ajouté beaucoup. J’avais vraiment l’impression d’être la confidente privilégié de Yejide et son mari.
Yejide est mariée mais n’arrive pas à tomber enceinte. Dans notre société, c’est malheureusement un problème courant mais dans le Nigéria traditionnel, c’est beaucoup plus problématique. La belle-famille de la jeune femme ne voit pas l’infertilité de Yejide d’un très bon œil et un jour, elle découvre que son mari à épouser une seconde femme. Elle est prête à tout pour lui donner un enfant.
Forcément le sujet de départ m’a beaucoup touché, moi qui suis maman de deux très jeunes enfants, j’ai été au côté de notre héroïne dans son combat. Je l’ai senti très seule très souvent malgré le fait qu’elle ait un mari aimant ce qui ne doit pas être très fréquent dans cette société.
J’ai adoré le voyage au Nigéria, on suit l’instabilité politique dans laquelle le pays s’enfonce en même temps que le couple qui traverse les épreuves les plus terribles.
C’est un récit touchant et poignant avec une richesse de thèmes évoqués : mensonges, tromperies, infidélités… Bref les révélations se suivent et j’ai vraiment été impressionné car les personnages ne sont pas toujours aussi lisses qu’ils peuvent paraitre aux premiers abords.
Je ne connaissais pas du tout l’auteure et je suis conquise par cet exotisme que l’on ne croise pas tous les jours et c’est vraiment un roman que je recommande à toutes les femmes.
mardi 5 septembre 2017
La fille du roi araignée
Résumé :
Mon avis :
- Challenge de l'été 2017
mardi 17 janvier 2017
Baba Segi, ses épouses, leurs secrets
Résumé :
Malgré les études qu’elle a menées brillamment et qui pourraient lui assurer un avenir différent, Bolanle devient la quatrième femme de Baba Segi, de vingt ans son aîné. Elle n’est pas la bienvenue auprès des autres épouses qui cumulent sept enfants : elle est la nouvelle, la plus jeune, et pire que tout elle est instruite. Bolanle comprend vite que, pour se faire accepter, elle va devoir devenir mère. Mais les mois passent sans qu’elle tombe enceinte, et sa stérilité supposée menace l’équilibre de la maisonnée…
C’est avec hardiesse et humour que Baba Segi, ses épouses, leurs secrets s’empare d’un sujet de société en n’éludant aucun de ses aspects psychologiques, économiques, sexuels. Quand le vaudeville polygame tourne au drame pour dénoncer l’hypocrisie du Nigeria contemporain, qui exalte la maternité et dénie toute autonomie à la femme, Lola Shoneyin s’impose avec talent comme l’une des voix les plus engagées de la jeune garde nigériane.
Mon avis :
J’étais curieuse de découvrir un roman du Nigeria, ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre et finalement ce roman a été un vrai coup de cœur. On découvre ici, un autre pays avec des coutumes différentes, des croyances et des traditions encore bien marquées.""Pourquoi les chauves-souris volent juste à la tombée de la nuit ? avais-je un jour demandé à maman.
- Parce que ce sont des sorcières ailées. Les sorcières, ça vole à la tombée de la nuit."
Ce n’était pas une réponse satisfaisante pour une enfant de neuf ans. "Mais les chauves-souris, ce ne sont pas des sorcières ?
- Si, parce qu’elles se suspendent la tête en bas. Si tu restais la tête en bas, que t'arriverait-il ?
- Je mourrais?" avais-je demandé, inquiète. J'avais laissé tomber les bons haricots dans le tas de mauvais.
"Tout à fait, tu mourrais? Mais elles, non. Elles peuvent dormir la tête en bas parce qu'elles ont des pouvoirs maléfiques. Arête de discuter et trie les haricots, Bolanle."
Bolanle, une jeune fille qui a fait des études, surprend tout le monde en épousant Baba Segi, qui a déjà trois épouses et qui est bien plus vieux qu'elle. On va alors suivre le quotidien de la jeune fille, qui n'est pas forcement accueillie a bras ouverts par les autres femmes, ses difficultés à concevoir un enfant et sa vie de femme mariée. On découvre également au fil des chapitres, l'histoire des épouses ainsi que celle de Baba Segi et peu a peu, on s'attache a eux.
"Les enfants n'ont pas su dissimuler leur déception en me voyant, mais Baba Segi n'a semblé rien remarquer. Il a bombé le torse et a demander à l'assemblée de saluer leur nouvelle tatie. Les filles ont exécuté une révérence brusque et les garçons m'ont adressé un rapide salut.
"Baba Segi, ils tiennent tous de toi, trait pour trait, ai-je dit.
- A quoi de petits léopards peuvent-ils ressembler, sinon à un grand léopard ? [...]""
Il y a comme je le disais plus haut également une intrigue qui tourne autour du fait que Bolanle ne tombe pas enceinte et on sent petit à petit la tension montée, jusqu'au dénouement. J'ai trouvé ce roman magnifiquement bien écrit et construit de manière habile. Le rythme est assez lent et pourtant le suspense est bien présent malgré tout. C'est vraiment une belle découverte et ce roman mérite vraiment le détour.
Lu dans le cadre du challenge :
- Le tour du monde en huit ans







