samedi 16 mai 2026

Ces lignes qui tracent mon corps


Résumé : 
En Iran, selon la loi islamique, le père de famille est propriétaire du sang de ses enfants, il ne peut donc être poursuivi pénalement s’il s’en prend à sa progéniture. De là découle en partie la construction de la société iranienne où l’homme a les pleins pouvoirs, notamment sur les femmes, en toute impunité. Mansoureh Kamari se souvient ici de son enfance et de son adolescence sous ce joug masculin. Elle expose des faits : les interdictions multiples (rire, chanter, danser, aimer), la possibilité d’être mariée à 9 ans, exécutée à 15, après avoir été violée... Elle raconte les agressions sexuelles répétées, dans la rue, le taxi, chez le médecin, à la fac... Et la peur constante, l’impuissance, l’incapacité à maîtriser son destin. Mais Mansoureh a fuit l’Iran, elle a réussi à sortir de cette oppression permanente, et cet album est aussi l’histoire d’une métamorphose, celle d’une femme recouvrant sa liberté.


Mon avis :
Je ne pensais pas être autant remué par cette BD. 

Le corps, ici, n’est pas seulement dessiné : il est raconté, marqué, contraint. Et à travers lui, c’est toute la violence d’un système qui se dévoile, sans détour.

Ce qui m’a le plus touché, c’est cette tension constante entre enfermement et désir de liberté. On sent la peur, la surveillance, le poids des règles — mais aussi une forme de résistance presque silencieuse, qui passe par des gestes, des regards, des pensées. 

J’ai aussi été frappé par la sobriété du dessin. Il n’en fait jamais trop, et pourtant tout est là. 

C’est une lecture qui oblige à regarder, à ressentir, à ne pas détourner les yeux. Et surtout, elle rappelle à quel point la liberté — celle de disposer de son propre corps — reste, pour certaines, un combat quotidien.

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