dimanche 10 mai 2026

Pourquoi tu danses quand tu marches ?


Résumé : 
Un matin, sur le chemin de l’école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette… ? Le père ne peut pas se dérober. Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d’eau, au pays de l’enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d’abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l’ont rendu différent, unique. Il était le « gringalet » et « l’avorton » mais aussi le meilleur élève de l’école, le préféré de Madame Annick, son institutrice venue de France, un lecteur insatiable, le roi des dissertations.
Abdourahman Waberi se souvient du désert mouvant de Djibouti, de la mer Rouge, de la plage de la Siesta, des maisons en tôles d’aluminium de son quartier, de sa solitude immense et des figures qui l’ont marqué à jamais : Papa-la-Tige qui vendait des bibelots aux touristes, sa mère Zahra, tremblante, dure, silencieuse, sa grand-mère surnommée Cochise en hommage au chef indien parce qu’elle régnait sur la famille, la bonne Ladane, dont il était amoureux en secret. Il raconte le drame, ce moment qui a tout bouleversé, le combat qu’il a engagé ensuite et qui a fait de lui un homme qui sait le prix de la poésie, du silence, de la liberté, un homme qui danse toujours.

Mon avis :
J’ai refermé Pourquoi tu danses quand tu marches ? avec cette impression d’avoir lu quelque chose de profondément intime.

Ce que j’ai aimé avant tout, c’est la fluidité du récit. On entre dans le texte sans effort, porté par une écriture légère et délicate, qui donne pourtant beaucoup de place aux émotions. Rien n’est lourd, rien n’est appuyé, et c’est justement ce qui rend le livre si touchant.

Le cadre de Djibouti encore française m’a particulièrement marqué. On sent que ce n’est pas seulement un décor, mais une part vivante de l’identité du narrateur. Il y a une vraie subtilité dans la manière dont l’histoire et l’intime s’entrelacent. Tout passe par petites touches, par souvenirs, par sensations.

Mais ce qui m’a le plus ému, c’est cette adresse à la fille. Ce fil discret mais essentiel qui traverse le livre. Le narrateur grandit, se construit, et en même temps, il transmet. Comme s’il cherchait à préserver quelque chose de fragile — des racines, une mémoire, une manière d’être au monde. J’ai trouvé ce geste très juste, très humain.

C’est un livre qui se lit facilement, mais qui reste. Il a cette douceur qui cache une vraie profondeur, et qui donne envie, une fois terminé, d’y repenser encore un peu.

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